:: ILE-DE-FRANCE

LA TRIBUNE – 06/01/2016

Île-de-France : la région réduit la voilure sur le logement social

 

La présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse souhaite que la métropole du Grand Paris assume sa compétence logement.

 

La région Île-de-France veut que la métropole du Grand Paris finance à sa place les logements sociaux en petite couronne francilienne. Car elle en a désormais la compétence.

La région Île-de-France va réduire ses financements au parc locatif social de 30 millions d’euros en 2017. De 70 millions d’euros en 2016, le budget logement social de la région l’Île-de-France passera en effet à seulement 40 millions d’euros cette année. Cette baisse importante est en partie due à un doublon en matière de compétence territoriale : la métropole du Grand Paris (MGP), créée en 2016, a récupéré une compétence logement ce 1er janvier 2017… que la région possède aussi.

C’est pourquoi la présidente de la région Valérie Pécresse, qui a toujours été opposée à la création de la MGP, souhaite se désengager du financement du logement social sur le périmètre de la métropole du Grand Paris, c’est-à-dire Paris et 130 communes du centre de l’agglomération francilienne. Deux exceptions à ce retrait : les logements destinés aux jeunes et aux étudiants, et les logements sociaux situés dans les quartiers concernés par le nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU).

Pas question pour la région de se substituer à la métropole

Quid tout de même de la compensation du désengagement de la région par la MGP, dont le budget total en 2016 n’était que de 65 millions d’euros et avoisinerait les 100 millions en 2017 ? Pourra-t-elle compenser l’action de la région sur son territoire ? Ce n’est, du reste, pas le problème de Valérie Pécresse. « L’État nous réduit la dotation globale de fonctionnement de 75 millions d’euros en 2017, et il redonne la compétence logement à la métropole », indique la présidente de la région.

Selon elle, la compensation du désengagement de la région dans le logement social est donc désormais le problème de l’État et de la MGP.

En matière de logement, la région s’attelle toutefois à mettre en oeuvre sa nouvelle stratégie foncière par le biais l’Établissement public foncier d’Île-de-France (EPFIF), que Valérie Pécresse préside. Son but est « de libérer davantage de foncier disponible par une politique de cession de ses terrains à prix coûtant et d’accélérer la construction de nouveaux logements », indique Valérie Pécresse. La région indique que 23 sites sont d’ores et déjà mobilisables et sont à même de permettre la construction de près de 1.300 logements.

Pour en finir avec les ghettos ?

Mais pour justifier ses investissements dans le logement, la région élargit en fait le spectre à la politique de la ville. Ainsi elle compte engager, d’ici à 2021, 2 milliards d’euros en faveur du logement et de la politique de la ville « pour en finir avec les ghettos ». La région consacrera notamment 250 millions d’euros dans le cadre du NPNRU, qui concernera 102 quartiers en Île-de-France dont 43 sont d’intérêt régional. Et plutôt que d’axer tout sur le logement, la région investira dans ces quartiers autour de trois priorités : « la sécurité, le développement des services et commerces de proximité et de pied d’immeuble, et les équipements pour l’enfance et la jeunesse (crèches, équipements sportifs et périscolaires, etc.) ».

Pour lutter contre les ghettos et désenclaver des quartiers, la région compte également investir dans les transports. Ainsi, d’ici la fin du mandat engagé, « ce sont 86 millions d’euros qui seront consacrés au débranchement T4 à Clichy-Montfermeil  (…) En Essonne, la Région soutient le projet de Tzen4, et en Seine-Saint-Denis, elle mobilise 348 millions d’euros pour le prolongement de ligne 11 du métro à Rosny-Bois Perrier qui permettra aux habitants de Montreuil d’être à 25 minutes de Châtelet », indique Valéry Pécresse.

De quoi entretenir, en partie, une dynamique d’inclusion des populations délaissées en Île-de-France.

Mathias Thépot

 

 

LE PARISIEN – 06/01/2016

Feu vert pour la future gare du Grand Paris Express

Elle sera situéeà l’intersection entre Châtillon, Montrouge, Bagneux et Malakoff, et se connectera en 2022 à l’actuelle station, qui marque l’arrêt de la ligne 13. Le préfet des Hauts-de-Seine vient de signer le permis de construire de la future gare de Châtillon-Montrouge, qui fera partie de la ligne 15 du Grand Paris Express (Noisy-Champs – Pont de Sèvres). Les travaux préparatoires avaient déjà démarré pendant l’été 2015, avec notamment des déviations des réseaux et la réorganisation de la gare routière. En 2022, la partie Sud de la ligne desservira 22 communes, principalement réparties entre les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne. Elle espère accueillir 300 000 voyageurs chaque jour.

 

 

::: ECONOMIE

LES ECHOS – 06/01/2016

Emploi des seniors : ce qu’a changé la retraite à 62 ans

Le report de l’âge de départ en retraite a accru le taux d’emploi des seniors. Mais il n’a pas eu d’effet d’entraînement pour les seniors au chômage.

La retraite à 62 ans n’a pas changé fondamentalement la donne pour l’emploi des seniors, du moins pas à court terme. C’est ce que montre une étude de l’Insee publiée ce jeudi. La réforme de 2010, qui a retardé de deux ans l’âge d’ouverture des droits à retraite, a eu pour « effet dominant » de « figer les situations atteintes à l’approche de la soixantaine », selon les auteurs. Autrement dit, les travailleurs sont restés un peu plus longtemps au travail et les chômeurs un peu plus longtemps au chômage, ces derniers basculant parfois dans l’inactivité en fin de droits. La réforme a, certes, permis d’accroître l’emploi global, mais de façon mécanique, par l’allongement de la durée d’emploi des seniors encore en emploi entre 58 et 60 ans.

L’Insee s’est concentrée sur les comportements à 60 et 61 ans des générations nées en 1951 et 1952, qui ont dû respectivement attendre 4 mois et 9 mois de plus que les générations 1949 et 1950 pour partir à la retraite. Elle a exclu de son champ la génération 1953, qui a dû patienter 14 mois de plus, car l’élargissement du dispositif de départ anticipé pour carrières longues en novembre 2012 risquait de fausser l’analyse.

Les temps partiels augmentent

Résultat : après 60 ans et jusqu’à leur âge d’ouverture des droits à retraite, les hommes voient leur probabilité d’être à la retraite chuter de 27 points à 30 %. Pour les femmes, elle baisse de 22 points à 18 % – elles doivent généralement travailler plus longtemps pour compenser des carrières plus heurtées. En miroir, la probabilité d’être en emploi à temps plein croît de 14 points à 38 % chez les hommes et de 9 points à 32 % chez les femmes. A noter, les temps partiels augmentent de 3 points pour eux, et de 7 points pour elles. Cela peut traduire des conditions de travail aménagées pour tenir compte d’un état de santé dégradé, mais aussi un regain de temps partiel subi. La probabilité d’être au chômage s’accroît en parallèle de 7 points chez les hommes, et de 6 points chez les femmes. Et l’inactivité croît de 3 points pour eux, alors qu’elle est stable pour elles.

Vu sous un autre angle, à 58 ans, la probabilité de rester en emploi jusqu’à l’âge légal de la retraite quand on est déjà en poste augmente de 9,5 points à 91,3 %, pour compenser la baisse de la probabilité de se retrouver à la retraite, tandis que le risque de tomber au chômage demeure très limité, passant de 1,2 % à 1,7 %. Les travailleurs se maintiennent donc massivement en place. Les chômeurs se « pétrifient » eux aussi de plus en plus souvent dans leur statut, puisque pendant la période de transition avant la retraite, ils sont 54 % à rester au chômage, soit 9,4 points de plus qu’avant la réforme. Ces chômeurs voient par ailleurs leurs chances de retrouver un emploi in extremis chuter de 6,8 points, à 24,2 %. Le recul de l’âge de la retraite n’a donc pas eu d’effet multiplicateur sur l’emploi des seniors dans l’immédiat. Mais le changement viendra peut-être dans la durée.

Solveig Godeluck

 

 

LES ECHOS – 06/01/2016

Les bas salaires plus affectés par la hausse de l’âge légal

Le recul des bornes d’âge de la retraite a un effet antiredistributif : les chômeurs et les bas salaires sont les premiers perdants.

Les assurés les plus fragiles seront ceux qui pâtiront le plus des récentes réformes des retraites. Ils rallongeront plus que les autres leur durée de cotisation, et le montant de leur pension sera plus affecté. C’est ce que montre une étude réalisée en décembre par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) du ministère des Affaires sociales pour le compte du Conseil d’orientation des retraites.

Première responsable de cet effet « antiredistributif », la réforme de 2010, qui a décalé de deux ans à la fois l’âge minimum pour partir à la retraite (62 ans) et l’âge auquel on peut automatiquement toucher une retraite à taux plein, même si l’on n’a pas cotisé suffisamment de trimestres (67 ans). Au sein de la génération née en 1980, qui atteindra donc l’âge de faire valoir ses droits en 2042, les 25 % de revenus les plus faibles devraient reculer de 22 mois leur âge de départ moyen, contre 21 mois pour les plus hauts salaires. Quant aux populations « hors emploi », elles devraient patienter deux ans de plus.

Cet écart entre les hauts salaires et l’autre extrémité du spectre s’explique par la discontinuité des carrières en bas de l’échelle. Chômeurs, précaires, peu qualifiés courent plus le risque d’arriver à 62 ans sans avoir cotisé suffisamment pour toucher le taux plein ou le minimum contributif, et de devoir jouer les prolongations jusqu’à 67 ans. Autre issue pour eux : attendre d’être « délivrés » avant l’âge du taux plein, pour inaptitude au travail ou invalidité. « De plus, comme ces deux catégories sont souvent éloignées du marché du travail, le recul de deux ans des âges légaux entraîne quasiment un recul identique de leurs âges de départ, dans la mesure où elles ne valident que peu de trimestres supplémentaires », écrit la DREES.

Les « hors emploi » plus touchés

L’élargissement des conditions d’accès à la retraite anticipée pour carrière longue, fin 2012, a lui aussi eu un effet de bord antiredistributif. Car les premiers concernés par ce dispositif sont les revenus intermédiaires, voire élevés. Enfin, la pension moyenne des plus modestes, cumulée sur le cycle de vie, devrait baisser plus fortement que celle des plus riches. Dans la projection du ministère, les « hors emploi » de la génération 1980 subissent une chute de plus de 10 % de leurs pensions cumulées. A comparer avec une glissade de 6 % pour la moitié de la population la moins bien payée et de 3 % pour l’autre moitié. Cet écart s’explique d’abord par la réforme de 2010, explique la DREES : « Les deux années de report de départ à la retraite ne sont que très peu compensées par une rente plus élevée [24 mois de report pour une hausse de 5 % en moyenne]. »

La réforme de 2014, qui va accroître la durée de cotisation jusqu’à 43 ans, jouera aussi un rôle, car les personnes éloignées de l’emploi demeurent confrontées à l’impossibilité de travailler plus. Mais l’effet de cette évolution est plus limité, conclut l’étude : « En termes de pension cumulée sur le cycle de vie, les mesures d’âge sont plus antiredistributives – au sens de la redistribution verticale des plus aisés vers les plus modestes – que les mesures de durée. »

Solveig Godeluck

 

 

LE FIGARO – 06/01/2016

Depuis le 1er janvier, la Garantie jeunes est devenue un droit pour tous les jeunes

Pas moins de 150.000 jeunes pourraient emprunter ce dispositif d’accompagnement intensif vers l’emploi en 2017. Il a été généralisé dans le cadre de la loi El Khomri.

La Garantie jeunes est devenue, depuis le 1er janvier, un droit pour tous les jeunes de moins de 26 ans en situation de précarité et sans situation stable, c’est-à-dire ni en emploi, ni en études. Le dispositif d’accompagnement intensif vers l’emploi avait été expérimenté dès 2013, puis peu à peu étendu. Depuis 2013, 100.000 jeunes en ont bénéficié. En 2017, le gouvernement espère enrôler 150.000 participants, alors que le programme est désormais généralisé à l’ensemble du territoire.

Piloté par les missions locales, le cursus dure pendant une année. Sous réserve de leur assiduité, les jeunes perçoivent une indemnité de 470,95 euros par mois. Les animateurs organisent des ateliers pour faciliter leur insertion sur le marché du travail. Ils travaillent en parallèle avec les services sociaux pour lever les freins annexes au retour à l’emploi: santé, logement, formation… Les participants sont répartis par les missions locales en petits groupes d’une quinzaine de jeunes. Chaque mois, une nouvelle promotion démarre le programme.

Un budget de 500 millions d’euros pour 2017

Selon la Cour des comptes, très positive sur cet accompagnement intensif, le coût s’élève à 6000 euros par an et par jeune. L’Union européenne finançant un quart du programme, le coût total pour l’État français devrait tourner autour de 675 millions pour 150.000 jeunes, répartis sur plusieurs budgets, la formation courant en général sur deux années civiles. Le budget alloué pour 2017 s’élève à 498,54 millions d’euros, en augmentation de 77% en un an.

L’effet du dispositif apparaît modeste, mais est réel. Selon les données du ministère du Travail, quatorze mois après l’entrée dans le dispositif, le taux d’emploi total des jeunes augmente de 6,3 points et celui d’emploi durable de 4,6 points. La part des jeunes ayant suivi le dispositif en emploi durable s’élève ainsi à 20,5%, contre 15,9% pour une cohorte similaire non prise en charge.

Anne de Guigné

 

 

LES ECHOS – 06/01/2016

Fiscalité des successions : le rapport qui relance le débat

Une note de France Stratégie publiée jeudi prône une refonte radicale.
La taxation dépendrait des sommes héritées tout au long d’une vie.

« Mal adaptée », favorisant « une société d’héritiers », « inéquitable »... La fiscalité des successions est à revoir de fond en comble, estime France Stratégie, un organisme de réflexion dépendant de Matignon (mais dont les propositions n’engagent pas l’exécutif). Dans une note publiée jeudi, le think tank s’alarme d’une augmentation des inégalités, à la fois entre générations mais aussi au sein d’une même génération.

Premier constat : le patrimoine a augmenté beaucoup plus vite que les revenus ces trente dernières années. En conséquence, les héritages représentent 19 % du revenu net disponible des ménages, contre 8,5 % il y a trente ans. « Dans un contexte de croissance économique ralentie, ce mouvement risque d’accentuer la reproduction sociale, puisque les destins individuels dépendront moins de la trajectoire des revenus individuels et davantage de l’importance des héritages reçus », relève France Stratégie. Qui plus est, l’allongement de l’espérance de vie fait que les ménages héritent de plus en plus tard, à 50 ans aujourd’hui environ, soit huit ans de plus qu’en 1980. Ce qui fait que les sexagénaires sont quatre fois plus riches que les trentenaires, alors que l’écart était de 1 à 2 dans les années 1980.

Inciter les ménages à transmettre plus tôt

D’où la nécessité de rendre la fiscalité sur les successions plus progressive et d’inciter les ménages à transmettre plus tôt leur patrimoine, estime France Stratégie. Des préconisations qui s’opposent à une autre vision des droits de succession : celle qui consiste à dire que, comme l’argent gagné tout au long d’une vie a déjà été taxé, il ne doit pas l’être encore lorsqu’il est transmis aux descendants. C’est cette conception qu’a défendue Nicolas Sarkozy pendant la primaire de la droite, en proposant de relever l’abattement sur les frais de succession de 100.000 à 400.000 euros pour les descendants directs.

Pour appuyer son propos, France Stratégie souligne certaines incohérences de la fiscalité actuelle. « La progressivité est mal construite, avec un fort effet lié au lien de parenté », juge Clément Dherbécourt, chef de projet au sein de l’organisme. Pour les transmissions entre parents et enfants, le taux moyen d’imposition se situe entre 2 % et 3 %, alors qu’il est de l’ordre de 25 % pour les individus sans enfants. Les écarts entre individus viennent aussi du fait que le taux d’imposition ne tient pas compte des sommes déjà héritées par le passé. Ainsi une personne qui hérite successivement de 200.000 euros de chacun de ses parents paiera moins de droits qu’une autre ayant reçu en une seule fois 400.000 euros d’un parent. Enfin, il n’y a pas d’incitation à transmettre aux jeunes générations, puisque l’abattement est le même pour les successions et les donations. Face à ce constat, France Stratégie propose d’abaisser, voire même de supprimer l’abattement sur les droits de succession, tout en maintenant celui sur les donations. L’organisme préconise également une réduction des frais en cas de donation à un héritier de moins de 40 ans. Mais, pour pallier les défauts du système actuel, il faudrait, selon France Stratégie, aller plus loin en prenant compte l’ensemble du patrimoine hérité tout au long d’une vie, une proposition relayée dans la primaire socialiste par Vincent Peillon (lire ci-dessous). Certains économistes ont même imaginé un système d’impôt négatif qui doterait chaque individu âgé de 18 ans d’un patrimoine minimal. Une idée qui avait séduit François Hollande dans la perspective d’une nouvelle candidature à la présidentielle, finalement abandonnée. Mais France Stratégie reconnaît qu’une telle mesure soulève quelques difficultés « sur son montant, son financement et sur les conditions éventuelles de son utilisation ».

Ingrid Feuerstein

 

::: ENTREPRISES

LE MONDE – 06/01/2017

A 500 ans, le port du Havre craint d’être rayé de la carte maritime mondiale

En retard sur ses rivaux d’Europe du Nord, le deuxième port de commerce français cherche à redevenir compétitif.

Les responsables de la ville du Havre (Seine-Maritime) auraient rêvé d’un contexte plus guilleret pour célébrer les 500 ans de leur cité. Le 7 février 1517, François Ier ordonnait la création à l’embouchure de la Seine d’un port fortifié, « un bon havre destiné à recevoir et tenir en sécurité les vaisseaux navigant sur la mer Océane ».

Cinq siècles plus tard, le port craint de se retrouver doucement effacé de la carte. « Nous devons bouger rapidement si nous ne voulons pas disparaître, c’est simple ! », s’exclame Michel Segain, le président de l’Union maritime et portuaire du Havre (UMEP), qui présente, jeudi 5 janvier, un plan stratégique destiné à éviter le naufrage.

Il y a péril en la demeure, assure M. Segain, un transitaire en viande. Certes, Le Havre reste le deuxième port de commerce français par le volume de marchandises embarquées et débarquées derrière Marseille, et le premier pour les seuls conteneurs. Mais il perd du terrain par rapport aux grands ports du nord de l’Europe. Le mouvement, engagé depuis plusieurs années, devient de plus en plus préoccupant.

2,5 millions de conteneurs traités par an

En 1995, Le Havre traitait 1 million de conteneurs, Anvers 2 millions, et Rotterdam près de 5 millions. En 2016, le port français a vu passer quelque 2,5 millions de conteneurs. Une progression d’environ 150 % en vingt et un ans. Mais Anvers a, de son côté, annoncé fin décembre avoir franchi le cap des 10 millions, tandis que Rotterdam dépasse largement les 12 millions de conteneurs par an. Dans le même temps, Shanghaï a doublé tous ses rivaux : plus de 36 millions de « boîtes » y ont transité en un an… La part de marché du Havre s’effrite donc par rapport aux ports du « delta d’or », Rotterdam, Anvers et Zeebruges, qui profitent bien davantage de la mondialisation.

L’écart s’est amplifié en 2016. Lors des grèves contre la loi El Khomri, les dockers et les personnels portuaires du Havre se sont fortement mobilisés, entraînant l’annulation des escales de plus de soixante-dix navires. Résultat, les volumes traités par le port normand ont reculé de 4 % à 5 %, alors qu’ils ont au contraire progressé de plus de 4 % à Anvers.

« La question de la marginalisation du Havre est posée », constate le géographe Antoine Frémont, directeur de recherche à l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux.

Menacé par un projet de canal à grand gabarit

Deux éléments risquent d’accélérer le phénomène. Les grands armateurs mondiaux (Maersk, MSC, CMA-CGM, etc.) sont en train de reconfigurer leurs alliances commerciales, et de choisir les ports dans lesquels s’arrêteront leurs porte-conteneurs. « Nos dirigeants ont effectué le tour du monde pour convaincre les compagnies de maintenir leur présence en Normandie », indique-t-on chez Haropa, la structure qui réunit les ports du Havre, de Rouen et de Paris.

Mais les responsables des principaux ports concurrents ont fait de même. Qui l’emportera ? Le départ de l’un des champions du transport maritime pourrait être terrible pour Le Havre. Des décisions sont attendues d’ici à la fin du trimestre.

Une deuxième menace plane. Celle provoquée par le projet de canal à grand gabarit reliant la Seine à l’Oise, et au-delà, au réseau des canaux belges, néerlandais et allemands. Evoqué depuis des lustres mais sans cesse repoussé, ce chantier de 4,5 milliards d’euros a fait l’objet en novembre d’un accord entre l’Etat et les régions Hauts-de-France et Ile-de-France. Si bien que les travaux devraient enfin commencer en 2017, pour aboutir en 2024.

Cette infrastructure de 107 kilomètres pourrait alors devenir une « autoroute à conteneurs » entre Anvers et la région parisienne. De quoi inciter les transporteurs à décharger leurs marchandises en Belgique plutôt qu’en France. « Cela risque vraiment de désertifier le port du Havre », peste M. Segain, qui a tenté en vain de bloquer ce projet qu’il juge aberrant.

Le Havre peut-il remonter la pente ? « Ce n’est pas facile, dans la mesure où l’axe de la Seine est un peu périphérique dans la géographie européenne, estime M. Frémont. Le Havre n’est que le port naturel de Paris. Anvers et Rotterdam, eux, constituent les portes de l’Europe rhénane et de la puissante machine économique allemande. » En ce sens, le déclin relatif du Havre reflète celui de la France, dont la part dans les exportations de marchandises de la zone euro a baissé d’un tiers depuis 1999.

Concentrer les efforts sur Marseille et Le Havre

Les responsables havrais ne lâchent pas prise pour autant. Tel est le sens du plan présenté par l’UMEP. Il prévoit de concentrer les efforts maritimes français sur Le Havre et Marseille. « On ne peut plus faire de saupoudrage entre les sept grands ports maritimes actuels, argumente le président de l’UMEP. Les autres, comme Dunkerque ou Bordeaux, doivent devenir de simples ports régionaux. »

Dans ce schéma, Le Havre bénéficierait d’investissements de 16 milliards d’euros à l’horizon 2050, sous réserve de décrocher les fonds publics nécessaires. Priorité à court terme, la création d’une « chatière » entre le port à conteneurs actuel et la Seine. Les barges remplies de conteneurs pourraient ainsi accéder par tous les temps aux terminaux du port. Coût estimé : 100 millions d’euros. « Anvers s’est développé grâce aux infrastructures construites sur place, nous devons faire de même », plaide M. Segain.

Le précédent du terminal multimodal du Havre incite toutefois à la prudence. Après quatre mois d’activité, la société qui exploite ce système destiné à faire passer les conteneurs d’un bateau à un train ou à un camion, et vice versa, a déposé son bilan en octobre 2015. Reprise par le port, la structure fonctionne de nouveau depuis quelques mois. Mais cet investissement de 137 millions d’euros censé améliorer la compétitivité du Havre est loin d’être rentabilisé.

Denis Cosnard

 

 

LE FIGARO – 06/01/2017

Le marché des données marketing pèse 1,7 milliard d’euros en France

Le marché du data traverse une période de forte consolidation.

Appliqué à l’univers marketing, le marché du big data est devenu l’or noir de l’industrie publicitaire. Estimé aujourd’hui à un peu plus de 28 milliards de dollars dans le monde, il devrait plus que doubler d’ici à 2021 pour atteindre près de 67 milliards de dollars (plus de 64 milliards d’euros), selon MarketsandMarkets. Ce qui représente une croissance de près de 20 % par an pendant cinq ans!

En France, l’estimation la plus récente est celle qui a été faite par l’institut BVA Limelight pour le compte de Mediapost, la filiale de La Poste spécialisée dans le marketing direct. Il l’a estimé pour 2014 à un peu plus de 1,7 milliard d’euros, pour un périmètre n’incluant que les 274 acteurs de la data à finalité marketing et communication qui réalisent plus de 1 million d’euros de chiffre d’affaires.

En 2014, ce marché a progressé de 4,6 % en France. Il aurait depuis continué à croître de façon plus marquée, entre 5 % et 10 % par an. On peut donc l’estimer pour 2016 dans une fourchette allant de 1,7 à 1,8 milliard d’euros. Avec deux segments qui continuent de se démarquer par leur forte croissance: ceux sur lesquels opèrent des acteurs de l’analyse et de l’intelligence (datamining, dataresearch…) et ceux de la diffusion et du ciblage. Les premiers connaîtraient des rythmes de croissance de 5 % à 10 % et les seconds supérieurs à 20 %. Normal, ce sont des activités portées par le dynamisme du marché de la publicité en ligne, seul secteur de la communication en croissance constante depuis quinze ans.

Collecte et vente en baisse

Ce marché du data marketing évolue rapidement car la valeur est en train de se déplacer. La publicité en ligne n’est-elle pas devenue le premier marché dans l’achat d’espace en France? Très longtemps dominantes, pesant la moitié du marché du data marketing, la collecte et la vente sont désormais des activités en pente douce. C’est dans cette catégorie d’acteurs que se rangent notamment les «brokers d’e-mails», qui achètent et vendent des listes d’e-mails, et ont longtemps fait la pluie et le beau temps dans le marketing en ligne. Mais depuis quelques années, l’économie du secteur – et donc les investissements – s’est déportée vers le ciblage comportemental, dont l’essor est assuré par l’amoncellement de données de surf et d’achat généré par la massification des usages sur Internet fixe et mobile. À l’inverse, les activités de structuration et de stockage, qui représentent environ 10 % du marché, sont orientées à la baisse.

Outre le fait qu’il accélère, ce marché du data traverse une période de forte consolidation. Dans le business de l’analyse et de l’intelligence en particulier, des acteurs européens voire mondiaux apparaissent, qu’ils soient des acteurs historiques du data comme Acxiom, fusion de plusieurs poids lourds du secteur, ou des SSII mondiales comme Adobe ou Oracle. Le même phénomène est observable dans le ciblage.

Alexandre Debouté

 

 

LES ECHOS – 06/01/2017

Bruxelles va pousser Engie à payer 300 millions d’euros au Luxembourg

 

La Commission européenne estime qu’Engie a économisé 300 millions d’euros d’impôts au Luxembourg entre 2009 et 2015.

La Commission européenne dénonce le traitement fiscal accordé au groupe de 2009 à 2015 par le Grand-Duché.

Les pratiques fiscales d’Engie au Luxembourg auraient permis au groupe d’économiser quelque 300 millions d’euros d’impôts de 2009 à 2015. C’est ce qui ressort des documents publiés jeudi par la Commission européenne, qui dévoilent le détail de son enquête préliminaire sur les avantages fiscaux accordés par le Grand-Duché au groupe, détenu à 33 % par l’Etat français.

Le 19 septembre, la commissaire à la Concurrence, Margrethe Vestager, avait lancé une enquête approfondie, estimant que les rescrits fiscaux accordés à l’ex-GDF-Suez constituent des aides d’Etat déguisées faussant la concurrence – et à ce titre en infraction avec les règles européennes. Mais aucun chiffre n’avait été évoqué. C’est désormais chose faite. Ces 300 millions représentent la somme qu’Engie risque de devoir verser au Luxembourg en arriérés d’impôts au terme de la procédure. Un montant qui pourrait être réévalué à la hausse en fonction de nouveaux éléments.

Deux transactions en causes

Les 56 pages de l’enquête préliminaire dévoilées décrivent dans le détail la mécanique mise en oeuvre par le groupe, présent au Luxembourg depuis quatre-vingt ans ans pour y échapper à quasiment tout impôt sur ses profits. En cause : deux emprunts convertibles en actions contractés en 2009 puis 2011 par deux filiales d’Engie, LNG Supply (LNG) puis GDF Suez Treasury Management (GSTM), auprès de deux autres filiales, LNG Luxembourg puis Electrabel Invest Luxembourg. Le problème est que, en vertu de rescrits fiscaux accordés en 2008, le Luxembourg a traité ces opérations comme des emprunts pour GTSM et LNG mais aussi, dans le même temps, comme des prises de participation pour les filiales prêtant.

En conséquence, les premières ont pu déduire les intérêts versés de leurs revenus imposables, ce qui a ramené ces derniers à quasi-zéro ; et les secondes ont pu éviter d’être imposées sur les revenus perçus, assimilés à des dividendes non taxés. Or « une même entreprise ne peut pas gagner sur les deux tableaux pour une seule et même transaction », insiste un expert de la Commission, qui dénonce le blanc-seing délivré par les autorités luxembourgeoises à une telle « double non-imposition ».

Engie ne fait pas de commentaires

Les documents collectés par Bruxelles l’amènent à estimer que GSTM a, de 2011 à 2015 et au prix d’un montage complexe, abusivement déduit de ses revenus imposables un total cumulé de 600 à 650 millions d’euros, et LNG, de 2009 à 2015, un total de 400 à 450 millions. Soit, en tout, un gros milliard d’euros. Cette somme aurait dû être imposée au taux en vigueur au Luxembourg (29 %), générant ainsi 300 millions d’euros d’impôts.

Contacté, Engie ne fait pas de commentaire. « Nous fournirons toutes les informations souhaitées à la Commission et à l’Etat du Luxembourg », se contente d’indiquer le groupe. En septembre, la directrice générale, Isabelle Kocher, avait souligné que c’est au Luxembourg que Bruxelles adressait ses reproches, et non au groupe : « Personne ne nous soupçonne d’avoir fraudé le fisc. » L’enquête fait suite au scandale des « Luxleaks », révélé en 2014, et s’inscrit dans le vaste bras de fer entre Bruxelles et le Luxembourg qui en a découlé. En octobre 2015, Fiat y a été condamné à verser 30 millions d’euros d’arriérés d’impôts et des enquêtes sont en cours sur des rescrits fiscaux accordés à Amazon et à Mc Donald’s.

Derek Perrotte

 

 

::: SOCIETE

LE FIGARO – 06/01/2017

Avoirs criminels: près d’un demi-milliard d’euros saisi aux délinquants en 2016

Les saisies d’avoirs criminels ont augmenté de 3,9%sur les onze premiers mois, par rapport à l’année 2015. Le nombre des affaires a déjà doublé en quatre ans.

Voyant leurs biens saisis, leurs comptes asséchés, rendus parfois exsangues par la confiscation de valises de billets ou de leurs assurances-vies, les trafiquants, escrocs et malfaiteurs de tout acabit ont passé une douloureuse année 2016. Jamais ils n’ont tant été frappés là où ils ont le plus mal, c’est-à-dire au portefeuille.

Un bilan porté à la connaissance du Figaro et de France Inter révèle que les services répressifs du ministère de l’Intérieur ont procédé à la saisie de 471,425 millions d’euros d’avoirs criminels dans les onze premiers mois de l’année. Soit une hausse de 3,9% par rapport à la même période de l’année précédente, sachant que l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs criminels saisis et confisqués (Agrasc) enregistre un essor exponentiel. Placée sous l’égide du ministère de la Justice, cette institution créée en 2011 a depuis lors vu son activité quasiment doubler en quatre ans pour franchir la barre des 13.200 affaires en 2015. Désormais, ce bras séculier de la Place Vendôme gère chaque mois plus de 1100 dossiers visant des immeubles à l’acquisition souvent douteuse, mais aussi des comptes, du numéraire ou encore des produits de placement utilisés pour blanchir l’argent sale.

Blanchiment et voitures de location

Toujours selon nos informations, les enquêteurs de la gendarmerie ont saisi à eux seuls entre janvier et novembre dernier l’équivalent de 215,64 millions d’euros, soit 52% de plus en un an. «Ce résultat est le fruit d’un investissement à long terme amorcé il y a dix ans avec un seul objectif: confisquer le magot», se félicite le général Jean-Pierre Michel, sous-directeur de la police judiciaire. «Au départ, on identifiait bien les délinquants, mais pas le produit de leurs infractions. Or, il n’était pas acceptable de les envoyer en prison alors que des millions les attendaient à la sortie», renchérit le chef d’escadron Romain Stiffel, chef de la cellule nationale avoirs criminels à la Direction générale de la gendarmerie.

En 2007, quelque 160 militaires ont donc joué les pionniers en se convertissant en «enquêteurs patrimoniaux». Mission? Pister l’argent sale avant que les malfaiteurs essaient – en général au moment des interpellations – de l’engloutir en le redistribuant à des parents plus ou moins lointains, voire des amis prompts à jouer les hommes de pailles. «La criminalité organisée a développé toute une ingénierie pour blanchir des pactoles entiers dans l’immobilier, des placements offshore ou, de façon plus basique, des parts de société au nom de proches», poursuit le commandant Stiffel, qui rappelle que le milieu s’adapte en permanence, à l’image des caïds de la drogue: ces derniers roulent en voitures de location depuis qu’ils ont compris que leurs rutilantes berlines achetées pour la parade ou pour transporter de la marchandise étaient systématiquement saisies ou confisquées.

La politique des petits ruisseaux

Soucieux d’intensifier les frappes financières, les gendarmes sont montés en puissance en rédigeant en 2008 un guide de l’enquête patrimoniale offrant une méthodologie à l’ensemble des enquêteurs, tandis que Jean-Luc Warsmann, alors président de la commission des lois, a facilité dès 2010 les saisies d’un plus large éventail de biens. Une initiative d’autant plus précieuse que, selon un document de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (Inhesj) dévoilée en novembre dernier, le marché illicite des stupéfiants représentait déjà à l’époque 2 milliards et 300.000 euros.

Depuis lors, grâce à un maillage de référents patrimoniaux installés dans chacune des 3200 brigades ainsi qu’à des binômes d’experts travaillant à temps sur cette thématique dans chaque région, les gendarmes systématisent les saisies sous toutes les formes, incluant même des lots de bijoux, d’or, de matériel multimédia ou encore d’électroménager. Pour une valeur de quelques centaines d’euros parfois, mais qu’importe. «La politique des petits ruisseaux est notre marque de fabrique, martèle le général Jean-Pierre Michel. L’important est de prouver que le crime profite de moins en moins et que la commission d’une infraction n’est plus rentable, quel que soit son niveau. En prenant des valeurs ou en retirant les voitures, même modestes, utiles au business, on fait mal directement avant même toute comparution devant la justice.» Grâce à une politique de préemption plutôt volontariste, les gendarmes ont en outre récupéré au total pour leurs unités pas moins 800 véhicules, dont des fourgonnettes transformées en «sous-marins» de surveillance, des camping-cars discrets pour les filatures ou encore de gros 4 × 4 pour l’intervention.

Des affaires spectaculaires

De son côté, toujours selon nos informations, la police nationale a réalisé dans les premiers onze mois de 2016 plus de la moitié (54%) de la globalité des saisies d’avoirs criminels exécutées en France, pour une valeur de 255,785 millions d’euros. S’il constitue un repli de 18% par rapport à l’année précédente, ce bilan ne saurait masquer certaines affaires spectaculaires à mettre notamment à l’actif de la police judiciaire.

Les investigations portant sur Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale et vice-président de son pays, accusé de s’être frauduleusement bâti en France un patrimoine considérable, témoignent de la dimension de certains dossiers. Parmi les biens présumés mal acquis dans le collimateur de la justice, qui a reporté le procès de ce dignitaire africain au 19 juin prochain, figurent un hôtel particulier avenue Foch à Paris de plusieurs milliers de mètres carrés, acheté 25 millions d’euros en 2005, de la joaillerie et une collection automobile siglée Porsche, Ferrari, Bentley ou Bugatti. N’oubliant pas de cibler dans le même temps les petits voleurs ou les cambrioleurs, la police tente d’insuffler le réflexe de saisie dans les affaires plus modestes.

«Nous allons renforcer la formation sur l’enquête patrimoniale, notamment pour les services de sécurité publique qui n’ont pas forcément le temps lors des investigations d’examiner les comptes et la non-justification de ressources», précise Corinne Bertoux, chef de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), qui souhaite en outre «pouvoir faire évoluer les investigations post-sentenciels». C’est-à-dire ne pas relâcher la pression après la condamnation.

Pour délivrer la bonne parole, les experts de la plateforme d’identification des avoirs criminels (Piac), impliquée dans les affaires les plus difficiles, multiplient les formations d’enquêteurs sur le terrain et disposent de 260 correspondants policiers et gendarmes à travers le pays. L’activité du banditisme, toujours florissante en dépit de la crise, pourrait connaître encore certains revers.

Des ferrari de collection: 780.000 euros

Le fruit d’une escroquerie réinvesti dans des voitures de rêve… Il a fallu deux ans d’investigation à la direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Dijon pour élucider l’arnaque au faux ordre de virement qui a visé une entreprise bordelaise en 2014 pour un préjudice de 1,8 million d’euros. Après avoir identifié les arcanes du blanchiment, les enquêteurs ont établi que le butin avait été converti dans cinq Ferrari Maranello acquises au nom d’un malfaiteur et d’une obscure société basée au Japon. «Les voitures, dont la production va être stoppée, devaient être revendues avec une grosse plus-value comme des modèles de collections»,siffle un policier. Estimation des bolides: 700.000 euros, sans compter 30.000 euros saisis en espèces et 50.000 sur un compte en banque.

Bitcoins en ligne de mire: 385.000 euros

Le bitcoin, la cryptomonnaie dont le cours a franchi la barre des 1 000 euros au 1er janvier dernier, est devenu une valeur refuge pour les trafiquants qui se pensent à tort intouchables. Des cybercriminels installés dans la région Midi-Pyrénées en ont vécu l’amère expérience en 2014. Animant une plateforme illégale dans le Darkweb, où se négocient armes, drogue de synthèse ou articles de contrefaçon, ils changeaient leur butin en monnaie numérique. Dans leur portefeuille crypté, les gendarmes de la section de recherches (SR) de Toulouse avaient saisi pas moins de 385 bitcoins. Une première en France. Plus récemment, en février dernier, les militaires ont interpellé un «cannabiculteur» de Loire-Atlantique. Un peu geek, il pensait déjouer les surveillances en achetant des bitcoins

Du cash issu des narcos: 7,6 millions d’euros

Des montagnes d’argent en cash, en liasses de 10, 20 ou encore 50 euros disséminés entre la France, la Belgique ou encore les Pays-Bas… Dans le cadre de l’opération «Kouri» visant au démantèlement d’un tentaculaire réseau de narcotrafic et de blanchiment animé depuis le Maroc, les enquêteurs européens ont découvert au total près de 7,6 millions d’euros. En France, les gendarmes des sections de recherches de Marseille et de Paris, appuyés par le GIGN, ont saisi en novembre dernier 2,4 millions en numéraires, mais aussi de l’or pour un montant de 800 000 euros ainsi que 10 kilos de cocaïne. Pas moins de 26 suspects ont été interpellés au cours de ce coup de filet qui a mobilisé 425 militaires. La découverte très récente de nouvelles liasses, d’une valeur de 1,6 million d’euros, démontre que l’enquête n’est pas finie.

Cocaïne bien blanchie: 800.000 euros

Sous le nom de code «Cedar» (cèdre en anglais), l’affaire, peu médiatisée en dépit de son ampleur, est digne d’un véritable polar politique. Élucidée en janvier 2016 grâce une équipe commune d’enquête inédite unissant les limiers de l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) et leurs homologues américains de la Drug Enforcement Administration (DEA), elle met en scène un gang de «blanchisseurs» libanais. Interpellés notamment à l’aéroport de Roissy, ils travaillaient au profit de gros trafiquants de cocaïne en Colombie. À la faveur de perquisitions menées en France et en Allemagne, les policiers ont saisi 800 000 euros en espèces et en montres de luxe. Les blanchisseurs, convaincus d’être en lien avec le Hezbollah, ont vu tous leurs avoirs gelés à travers le monde.

Christophe Cornevin

 

::: POLITIQUE

LE MONDE – 06/01/2017

François Bayrou : « Les orientations de François Fillon inquiètent »

Le président du MoDem laisse planer le doute sur son éventuelle candidature. Mais malgré ses critiques, il ne ferme pas la porte à une alliance avec M. Fillon.

Le président du MoDem, qui laisse toujours planer le doute sur son éventuelle quatrième candidature à la présidentielle, exhorte François Fillon à « réfléchir à l’équilibre de son programme », jugé trop favorable envers « les plus privilégiés ». Sans fermer la porte à une alliance avec le candidat de la droite.

Etes-vous candidat à l’élection présidentielle ?

Question originale ! Le paysage de la prochaine élection présidentielle n’est absolument pas fixé. Les Français ont le sentiment justifié d’un grand bazar. Mais c’est plus profond encore : les primaires changent le sens de l’élection présidentielle et l’esprit des institutions, puisqu’elles placent le président de la République dans l’allégeance à un camp. Je me suis donc fixé deux lignes de conduite. La première : faire apparaître, notamment au travers d’un livre, une certaine conception de l’avenir national, qui est aujourd’hui absente du débat. La seconde : favoriser toute évolution qui aille dans le sens de l’intérêt du pays. L’idée de rassemblement m’intéresse, à la condition que le projet vaille la peine.

Sur quels critères prendrez-vous votre décision ?

Deux critères : la conception de la fonction présidentielle et la vision de l’avenir.

Pourriez-vous soutenir un candidat issu de la primaire à gauche ?

Non. La France a besoin d’alternance. Les cinq années que nous venons de vivre ont conduit le pays de désillusions en déceptions. Le Parti socialiste, dans l’état où il se trouve, ne peut pas se voir confier l’avenir du pays.

Vous devriez donc soutenir François Fillon…

Il y a un paradoxe : la personnalité de François Fillon inspirait confiance par sa modération et je partageais ce sentiment, alors qu’aujourd’hui ses orientations inquiètent. D’une certaine manière, il est victime de la primaire : une compétition qui enferme un candidat dans un projet partial et non pas rassembleur. En réalité, la primaire avait pour objet de sélectionner le meilleur candidat contre François Hollande. Mais François Hollande s’est retiré ! Du coup, on se met à regarder le projet de François Fillon. Et beaucoup d’interrogations s’expriment…

Pourquoi ?

L’inspiration thatchérienne qu’il revendique est-elle adaptée à la France de 2017 ? Le risque, au moment où nous avons à encourager et soutenir le moral et l’activité du pays, est de proposer une politique dans laquelle chacun se sentira exposé, sauf les plus privilégiés. Le résultat à craindre, c’est la récession. Et le deuxième risque, c’est la montée des inégalités, comme partout dans le capitalisme mondialisé. Cette croissance continue des inégalités, je me suis battu contre toute ma vie.

François Fillon menace-t-il de déséquilibrer le pays avec ses réformes libérales ?

Il présente son projet comme « radical ». Je voudrais qu’il entende que c’est un projet déstabilisant pour beaucoup de Français de bonne foi : les salariés, la fonction publique et ceux qui la font vivre, les petits revenus, ceux qui pensent que le modèle social est une force de la France, ceux qui ne veulent pas que les questions sociétales soient tranchées par l’esprit partisan. Ces questions, des millions de Français les partagent. Pour rassurer tous ceux-là, suffit-il de dire que le projet est fixé une fois pour toutes et qu’on n’en bougera pas ?

Que pensez-vous du fait que François Fillon a mis en avant sa foi chrétienne pour prouver qu’il ne « prendra jamais de décision contraire à la dignité humaine » ?

Je suis absolument opposé à l’utilisation de la religion en politique. Ce mélange des genres est déplacé, et il est dangereux. Je le dis comme citoyen, et je le dis aussi comme croyant. Je refuse d’avoir à juger de la pertinence d’une proposition en fonction de l’affichage religieux des uns ou des autres. Que l’on soit chrétien ou athée, juif, musulman ou bouddhiste, ou rien du tout, cela n’a rien à voir avec le projet : la démocratie ne doit pas faire de différence. Sinon, c’est le communautarisme que nous reprochons à juste titre à d’autres traditions.

Sa promesse de supprimer 500 000 fonctionnaires est-elle applicable ?

Je ne pense pas que cette proclamation soit la bonne méthode. D’abord, c’est impossible : cela voudrait dire qu’on ne remplace aucun départ à la retraite… au rythme actuel des départs. Mais si l’on repousse le départ à la retraite à 65 ans, comme annoncé, il n’y a plus de départs à la retraite pendant plusieurs années ! Dès lors, cela signifierait des licenciements de contractuels en grand nombre. Je pense qu’il est une tout autre manière, plus souple et plus efficace de reconfigurer l’action publique et l’Etat, en partant de la meilleure organisation de ses missions et de l’amélioration du service. Et les économies nécessaires seront le résultat de cet effort.

François Fillon doit-il adoucir son projet ?

Il doit réfléchir à l’équilibre de son programme. Il est devant une responsabilité très importante. J’ai connu et apprécié François Fillon quand il était avec Philippe Seguin dans la ligne du gaullisme social. Je ne crois pas qu’il ait changé au point de l’oublier.

Pour la primaire de la droite, vous n’aviez prévu que deux scénarios : une victoire d’Alain Juppé, que vous auriez soutenu pour la présidentielle, ou de Nicolas Sarkozy, que vous auriez affronté… La victoire de François Fillon à la primaire vous a-t-elle déstabilisé ?

En rien. Je continue de penser qu’Alain Juppé avait les qualités d’homme d’Etat qui justifiaient ce soutien. Mais j’ai toujours jugé que le mécanisme de la primaire était très risqué. Pour le reste, rien ne m’importe que le fond.

Avez-vous, comme l’a indiqué Le Canard Enchaîné, conclu un pacte avec M. Fillon qui prévoirait un échange de circonscriptions ou votre candidature à la présidentielle pour gêner Emmanuel Macron…

En aucune manière. Je suis libre. Et je défends mes idées en toute indépendance. Je ne changerai pas de ligne. Il y a des millions de Français qui ont besoin qu’on fasse entendre leurs attentes et leurs convictions, sans marchandages, sans esprit partisan et sans soumission.

Vous semblez plus proche d’Emmanuel Macron que de François Fillon…

J’ai deux questions sur Emmanuel Macron : est-il armé pour être président de la République ? Et pour quoi faire de différent ? Exemple : je résiste à François Fillon quand il propose d’augmenter la TVA de deux points. Mais Macron propose d’augmenter la CSG de (presque) deux points aussi… L’un propose donc une hausse des prix et l’autre une diminution des revenus des Français. Tout cela pour un gain de moins d’un euro par jour pour un smic ! Je défends une autre idée, très simple : pas d’augmentation des impôts ! Nous avons déjà trop de prélèvements.

La droite peut-elle perdre la présidentielle ? Marine Le Pen peut-elle être élue ?

La situation est devenue terriblement instable. Mais je ferai tout pour éviter de pareils risques.

Alexandre Lemarié et Yves Bordenave

 

 

L’OPINION – 06/01/2017

Entrepreneuriat : Marine Le Pen s’inspire de Montebourg, Sarkozy et Trump

 

Marine Le Pen a conclu jeudi une convention présidentielle sur l’entrepreneuriat et l’innovation.

Un mois avant la présentation de son programme économique, la candidate du Front national a levé le voile sur quelques mesures en faveur de l’entrepreneuriat et de l’innovation

« On disait naguère “heureux comme Dieu en France”. Je souhaite qu’avec mon projet, on puisse dire à l’avenir “heureux comme un entrepreneur en France” ». C’est une vraie offensive de charme qu’a lancée Marine Le Pen à l’intention des indépendants jeudi, en clôture d’une convention présidentielle dédiée à l’entrepreneuriat et à l’innovation. Les entrepreneurs, une nouveauté pour le Front national qui avait davantage misé sur les PME et les PMI en 2012. Pour séduire ce nouveau corps électoral, Marine Le Pen est allée faire son marché un peu partout sur l’échiquier politique.

RSI réformé. Le slogan « achetons français » en 2012 s’est déplacé vers le « made in France » et le « patriotisme économique ». Pas de méprise avec Arnaud Montebourg cependant : « Tous ceux qui parlent de patriotisme économique sans sortir de l’Union européenne sont dans une imposture totale », a lancé la présidente du FN. Comme François Fillon, par ailleurs copieusement critiqué durant la convention, ou Emmanuel Macron qui vient de proposer sa suppression, Marine Le Pen appelle à une « refonte complète du RSI qui trop souvent mène au RSA. » Comme Nicolas Sarkozy en 2007 (qui n’y est jamais parvenu), la candidate du FN propose de consacrer 2 % des 1 600 milliards d’encours d’assurance-vie au financement des entreprises françaises. Elle plaide aussi en faveur de la création d’un fonds d’innovation santé financé par Bpifrance… qui existe déjà, s’appelle Innobio, et a été lancé en 2009 par Nicolas Sarkozy (encore lui).

Au-delà de nos frontières, le « volontarisme » de Donald Trump est érigé en modèle après sa décision d’imposer à Ford le rapatriement de ses usines de production mexicaines sur le sol américain sous peine de lourde sanction fiscale. Même les Chinois sont plébiscités pour leur protectionnisme. Et Marine Le Pen de conclure sur sa volonté de « remettre l’économie en ordre », comme un hommage à la compagne présidentielle… de Ségolène Royal.

Raphaël Legendre

 

::: INTERNATIONAL

LE MONDE – 06/01/2017

La transition entre Obama et Trump tourne à la guerre froide

Alors que les deux hommes avaient, au lendemain de l’élection, affiché un souci d’unité, leurs divergences sont depuis apparues au grand jour.

La conversation promet. Le futur président des Etats-Unis, Donald Trump, doit rencontrer, vendredi 6 janvier, à New York, le directeur de la sécurité nationale, James Clapper. Au programme, la présentation du rapport présenté la veille au président Barack Obama à propos du piratage, à des fins politiques, d’informations confidentielles liées au Parti démocrate. Les dix-sept agences du renseignement accusent, depuis le 7 octobre, les autorités russes, qui l’ont toujours nié, d’avoir interféré dans la campagne présidentielle américaine. Une analyse validée par M. Obama.

Deux jours plus tôt, sur son compte Twitter, son principal canal d’expression, M. Trump avait assuré, sans en apporter la preuve, que ce briefing « sur le supposé piratage russe” » avait été repoussé, parce que « le Renseignement” » avait selon lui « besoin d’un peu plus de temps pour constituer un dossier ». «Très étrange », avait ajouté le milliardaire, on ne peut plus suspicieux à l’égard de ses propres services de renseignement.

Une défiance « qui inquiète »

Cette posture n’a guère de précédent. Entendu à ce sujet par la commission du renseignement du Sénat, jeudi, M. Clapper, qui va quitter ses fonctions à la fin du mandat de M. Obama, a déploré une défiance « qui inquiète certains de nos partenaires étrangers ». Il a ajouté à propos des critiques de M. Trump qu’« il y a une différence entre un scepticisme salutaire et le dénigrement ».

Ce dossier du piratage dont M. Trump n’a cessé de nier la substance a provoqué une algarade publique, le 15 décembre, entre l’une des principales conseillères du président élu, Kellyanne Conway, et le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest, qualifié « d’irresponsable » pour l’avoir longuement évoqué. Il a constitué la première entaille dans l’esprit de concorde affiché initialement lors de la rencontre entre le vainqueur de la présidentielle et M. Obama, deux jours après l’élection, le 10 novembre.

Ce souci d’unité, avaient assuré les deux hommes, devait régner sur la transition jusqu’à la prestation de serment de M. Trump, le 20 janvier. Il n’a pas résisté au style non conventionnel de M. Trump ni à la crainte croissante de M. Obama de voir l’essentiel de son legs politique jeté aux orties par la future administration.

« Il n’y a qu’un seul président à la fois » (…) « le président Obama est le président des États-Unis jusqu’au 20 janvier »
Ben Rhodes, conseiller diplomatique de Barack Obama

Le 22 décembre, le magnat de l’immobilier a ainsi tenté de forcer la main de M. Obama à la veille d’un vote du Conseil de sécurité des Nations unies sur une résolution condamnant à la fois la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés depuis 1976 et les incitations à la violence palestiniennes. Les Etats-Unis ont permis son adoption en s’abstenant, alors que M. Trump souhaitait que Washington fasse usage de son droit de veto.

Sur son compte Twitter, ce dernier a réagi en promettant que « les choses ser [aie] nt différentes » après son arrivée à la Maison Blanche. Laconique, le conseiller diplomatique de M. Obama, Ben Rhodes, a rappelé qu’« il n’y a qu’un seul président à la fois » et que « le président Obama est le président des États-Unis jusqu’au 20 janvier ».

Passes d’armes

Le 26 décembre, dans un entretien diffusé par le podcast « The Axe Files » animé par son ancien conseiller politique David Axelrod, M. Obama s’est dit « sûr » qu’il aurait battu M. Trump si la Constitution lui avait permis de briguer un troisième mandat. Quatre jours plus tard, le milliardaire lui a répondu sur son canal favori : « Le président Obama a fait campagne activement dans plusieurs Etats-clés, et il a perdu. »

« Je fais de mon mieux pour ne pas réagir aux nombreuses déclarations incendiaires du président O. et aux obstacles » [qu’il accumule], a ajouté M. Trump le 28 décembre, toujours sur Twitter. Quelques heures plus tôt, le président démocrate avait classé, au grand dam des républicains, deux nouvelles régions sauvages dans l’Utah et le Nevada, pour les soustraire à toute forme d’exploitation par l’homme.

Les passes d’armes se sont poursuivies après l’annonce de l’expulsion, le même jour, par Washington, dans le cadre des accusations de piratage, de 35 diplomates russes considérés comme des membres des services de renseignement. Le 30 décembre, M. Trump félicite ostensiblement le président Vladimir Poutine après sa décision de ne pas riposter par des expulsions de diplomates américains proposées par son ministre des affaires étrangères, Sergueï Lavrov. « Superbe manœuvre », écrit-il. « J’ai toujours su qu’il était très intelligent », ajoute-t-il.

La proximité de la cérémonie d’investiture n’a pas fait baisser la tension. Mardi, M. Trump a attaqué de manière préventive toute nouvelle libération de la prison d’exception installée sur la base militaire américaine de Guantanamo. « Ce sont des gens très dangereux et ils ne devraient pas avoir l’occasion de retourner au combat », a-t-il estimé. L’administration démocrate, empêchée par le Congrès républicain de fermer cette prison controversée, espère extraire encore une vingtaine de prisonniers contre lesquels ne reposent aucunes charges. Quatre d’entre eux ont été transférés en Arabie saoudite jeudi.

La bonne volonté n’est plus d’actualité

Mercredi, M. Obama s’est rendu au Congrès pour appeler les démocrates à la mobilisation. Le même jour, le vice-président Mike Pence s’y était également rendu pour confirmer l’intention de la nouvelle administration d’abroger la réforme de la protection sociale, à laquelle M. Obama a donné son nom, l’Obamacare. Lors de la rencontre du 10 novembre, le président avait tenté de convaincre le milliardaire d’étudier le dossier en dehors de toutes considérations partisanes. La bonne volonté affichée par ce dernier, qui n’avait pas exclu alors de se contenter de l’« amender », n’est définitivement plus d’actualité.

La mesure phare du président démocrate a permis de tirer de la précarité près de vingt millions de personnes, tous programmes confondus, à un prix jugé cependant exorbitant par les républicains. Ces derniers se sont toujours opposés, par ailleurs, à l’intervention de l’Etat fédéral que cette réforme a impliquée.

La bataille à venir sur l’Obamacare, avant celles attendues sur l’environnement ou l’accord nucléaire avec l’Iran, pourrait figer les lignes. Et renforcer la détermination du Parti démocrate, encore sous le choc d’une courte défaite à la présidentielle, de camper dans une opposition frontale comparable à celle du Grand Old Party pendant les deux mandats de M. Obama. La trop courte majorité conservatrice au Sénat donne en effet une grande latitude d’action aux démocrates grâce au « filibuster », l’obstruction pratiquée avec constance par les républicains jusqu’à ce qu’ils en reprennent le contrôle en 2015.

Interrogé mardi, le porte-parole de la Maison Blanche a assuré que les traditions qui encadrent la journée de prestation de serment seront respectées dans deux semaines. Elles prévoient notamment que le futur président se rende tout d’abord à la Maison Blanche pour partager un café avec son locataire sur le départ. Ce dernier risque cette année d’être particulièrement amer.

Gilles Paris

 

 

 

Vous souhaitant une bonne journée et un agréable week-end.

 

Cordialement,

 

 

Elena NATALITCH

Service Presse, Communication / Formation

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