::: ILE-DE-FRANCE
LES ECHOS – 24/01/2017
Actus franciliennes
LE PARISIEN – 24/01/2017
Pollution : la circulation différenciée reconduite mardi et mercredi en Ile-de-France
Les Franciliens vont avoir deux nouvelles occasions de comprendre le système de la circulation «différenciée» : le dispositif, qui prend la suite de la circulation «alternée», a été reconduit lundi après-midi pour 48 heures, a annoncé la préfecture de police, en raison du pic de pollution.
Concrètement, cela signifie que les voitures les plus polluantes ne pourront pas circuler à Paris et en petite couronne mardi et mercredi, entre 5h30 et minuit. Une décision du préfet de police de Paris qui s’appuie sur la classification des vignettes Crit’Air, mise en place dimanche dernier dans la capitale.
Qui est interdit de rouler ? Les véhicules non classés ou équipés de vignettes de catégorie 5 n’ont pas le droit de prendre la route. Les véhicules non classés, donc sans vignette, sont les voitures immatriculées avant le 31 décembre 1996, les deux roues avant le 31 mai 2000 et les utilitaires avant le 30 septembre 1997. Les véhicules affichant la vignette niveau 5 sont les voitures diesel immatriculées avant le 31 décembre 2000.
La maire de Paris, Anne Hidalgo, avait demandé lundi après-midi à la préfecture d’étendre les restrictions de circulation aux vignettes de catégorie 4, mais elle n’a pas obtenu gain de cause.
Que risquez-vous si vous êtes en infraction ?
Si vous êtes contrôlé au volant ou au guidon d’un véhicule n’ayant pas le droit de rouler, vous écoperez d’une amende de 22 € et l’immobilisation du véhicule pourra être décidée.
Si, en revanche vous avez le droit de rouler mais n’avez pas affiché sur votre pare-brise ou même pas encore commandé votre vignette 1, 2, 3, 4 ou « Electrique », vous ne devriez pas être verbalisé pour l’instant, votre carte grise faisant foi. La préfecture estime à entre 20 et 25% le nombre de conducteurs concernés ayant déjà commandé leur vignette.
Comment se doter de la vignette ?
Les vignettes Crit’Air sont à acheter et commander sur le site www.certificat-air.gouv.fr. Un document imprimable certifiant que vous l’avez bien commandée vous sera fourni en attendant réception de la vignette à apposer sur le pare-brise.
Pour en savoir plus + vidéo : http://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/transports/paris-la-circulation-differenciee-reconduite-mardi-23-01-2017-6608367.php
LE FIGARO – 24/01/2017
La Mairie de Paris lance un plan piéton
«Zones de rencontre», disparition de places de stationnement, liaison piétonne entre les bois de Vincennes et de Boulogne… Anne Hidalgo veut «favoriser la marche» au détriment de la voiture.
Certains vont y voir une nouvelle déclinaison du plan antivoiture lancé par Anne Hidalgo dans la capitale. Lundi prochain, le Conseil de Paris se penchera, en effet, sur le nouveau plan piéton, un saupoudrage de mesures d’aménagements qui vise à donner plus de la place au marcheur, premier usager des rues parisiennes. «60% des déplacements se font à pied», indique Christophe Najdovski, l’adjoint aux transports, en opposant ces données à celles qui pointent la place dévorante des conducteurs dans la ville. «13% seulement des déplacements se font en voiture et pourtant celle-ci occupe 50% de l’espace public», dit-il avec la ferme volonté de réduire l’usage de l’automobile et d’augmenter les lieux de marche.
Divers aménagements déjà existants vont donc être démultipliés à l’instar des zones de rencontre, ces endroits où la priorité est donnée aux circulations douces avec une vitesse limitée à 20 km/h pour le trafic routier. Des projets visent diverses rues comme la rue des Petits-Champs à cheval entre le Ier et le IIe arrondissement. Mais leur réalisation se fera avec une attention particulière car celles qui existent déjà livrent des résultats variables, reconnaît l’adjoint aux transports. Ainsi celles qui ont conservé des places de stationnement ne sont guère toujours perçues comme des axes où la voiture doit faire en quelque sorte «profil bas» en laissant le piéton déambuler au milieu de la rue.
«Des rues aux enfants»
Dans le cadre de ce plan mis en application progressivement jusqu’en 2020, il est d’ailleurs question de faire disparaître de nouvelles places de stationnement, dont les emplacements auront un nouvel usage. Ils accueilleront des bancs publics ou encore des «contre-terrasses». Au lieu d’étendre parfois abusivement leurs tables sur le trottoir, les restaurants et cafés pourront accueillir leur clientèle en lieu et place de la voiture. «Comme cela se fait à Lyon», signale Christophe Najdovski.
Parmi d’autres projets, il est question aussi de relier les parcs parisiens entre eux mais aussi de faire une liaison piétonne sans discontinuer entre le bois de Vincennes à l’est et le bois de Boulogne à l’ouest en aménageant les rues repérées comme des maillons manquants. «Des rues aux enfants» vont également davantage voir le jour. Sur le modèle de la rue Bignon dans le XIIe arrondissement, il sera question de fermer temporairement la voirie aux automobilistes et d’offrir aux enfants cet espace protégé par des barrières.
Tous ces projets, qui s’articulent autour d’une même volonté de remettre le piéton au cœur de la ville, se font autour d’aménagements plus lourds comme les liftings déjà démarrés des sept grandes places parisiennes. L’interdiction aux voitures de certains secteurs des IIIe et IVe arrondissements figure aussi parmi les changements significatifs. D’un coût de 90 millions d’euros, ce plan qui donnera lieu par la suite à des concertations dans les quartiers concernés rejoint le programme plus vaste de la maire de Paris destiné à mettre au pas la voiture.
Bien que cette politique soit contestée par nombre d’usagers, divers objectifs sont déjà fixés. Ainsi et d’ici à 2020, tout Paris sera soumis au 30 km/h, exception faite des grands axes, soit 10 à 15 % de la voirie. Mais pour Christophe Najdovski, il n’est pas question «d’être contre la voiture» mais pour la santé de la population… et donc pour la marche.
LE PARISIEN – 24/01/2017
La Métropole du Grand Paris prévoit 4 M€ pour développer Vélib’ en banlieue
Paris, ce lundi soir. Patrick Ollier, président (LR) de la Métropole du Grand Paris, a annoncé un investissement de 10 000 € pour chaque station de Vélib’
construite sur le territoire métropolitain.
« Maintenant, nous sommes là. Nous occupons le terrain et nous avançons ». Un an après, où en est la Métropole du Grand Paris ? Patrick Ollier, son président (LR) présentait ce lundi soir les vœux de cette nouvelle instance. Devant un parterre de maires et notamment celle de Paris, Anne Hidalgo, le député-maire, « déterminé et décontracté », a égrené les projets qui rythmeront l’année.
Souvent critiquée pour son manque de visibilité, la métropole du Grand Paris compte faire son entrée dans la vie des métropolitains. Avec du concret, en s’emparant du Vélib’. « C’est normal, la métropole agrandit l’horizon. Il y a un vrai marché, soutient Anne Hidalgo, la maire (PS) de Paris. Nous travaillons en bonne entente. La métropole va faire partie de la gouvernance ».
Si l’accord est sur le point d’être finalisé, une enveloppe de 4 M€, maximum, est d’ores et déjà prévue par la Métropole pour « hisser le vélo en libre-service à l’échelle métropole ». Dans le détail, la Métropole aidera les communes qui souhaitent installer des bornes Vélib’ sur leur territoire à hauteur de 10 000 € par station. Le nouveau prestataire, qui sera désigné au printemps, devrait installer 30 % de vélos à assistance électrique. Les premières stations verront le jour à la mi-2017.
Objectif : faire vivre la Métropole
Autre chantier : le guichet unique. En lien avec la région Ile-de-France et la ville de Paris, des délégués seront réquisitionnés pour accueillir les entreprises qui souhaitent venir s’installer sur le territoire métropolitain après le Brexit. « Tout sera fait pour les guider et les accompagner » a assuré Patrick Ollier. Le passe Musées métropolitain, qui doit permettre d’accéder à tarif préférentiel à des musées sur tout le territoire, sera également mis en place dans le courant de l’année.
Autant de projets qui n’ont en réalité qu’un seul objectif : faire vivre la Métropole, dont François Fillon, par exemple, candidat des Républicains à l’élection présidentielle a évoqué la suppression. « Certains s’inquiètent et s’interrogent sur son existence, avoue Patrick Ollier. Mais nous allons construire la Métropole de sorte que personne ne pense à la supprimer. A l’avant pour le combat ! ».
Victor Tassel
::: ECONOMIE
LE FIGARO – 20/01/2017
Le chômage va fortement baisser en 2016, une première depuis… 2007
Tous les experts s’attendent à une quatrième baisse d’affilée du nombre d’inscrits en catégorie A à la fin décembre, un «quatre à la suite» qui devrait porter à près de 150.000 le reflux sur l’année. Même si la tendance est clairement à l’inversion de la courbe, les fondamentaux depuis 2012 restent toutefois négatifs.
En toute logique et sauf énorme surprise, Myriam El Khomri ne devrait pas avoir, à 18h, à remiser son légendaire sourire. Au contraire. Pour la première fois depuis 2007, le nombre d’inscrits en catégorie A va baisser en France entière sur l’ensemble de l’année 2016. Donc le chômage au sens de Pôle emploi, et pas qu’un peu! Depuis le mois de janvier, l’inflexion était -à fin novembre- plus que significative et démontre que la courbe, si chère à François Hollande, a bel et bien fini par s’inverser: -137.200 chômeurs en France entière en catégorie A sur les 11 premiers mois de l’année, dont les 3 derniers orientés dans le bon sens, une première consécutivement depuis février 2008. «La France n’avait pas connu depuis 2001 une baisse aussi forte sur trois mois, s’était même félicité fin décembre Bernard Cazeneuve, le premier ministre, après la publication des chiffres de novembre. Ces résultats confirment que l’engagement du gouvernement pour l’emploi porte ses fruits».
Et il y a fort à parier -en incluant la possible baisse du mois de décembre qui sera confirmée, ou pas, à 18 heures- que le compteur devrait s’affoler un peu, pour dépasser peut-être peu ou prou la barre symbolique des 150.000 inscrits en moins sur l’ensemble de l’année. Une 4è baisse en 4 mois donc (à laquelle la ministre du Travail, par un pessimisme qui ne lui ressemble pas ou pour se préparer mentalement au pire, ne croit pas vraiment), la 8è de l’année, la 10è depuis la nomination début septembre 2015 de Myriam El Khomri au ministère du Travail, la 12è en 18 mois et la 16è depuis l’élection de François Hollande à la présidence de la République en mai 2012. Ou pas. «Cette baisse du nombre de demandeurs d’emploi, qui s’inscrit désormais dans la durée, résulte notamment de la solide reprise des créations d’emploi salarié: près de 237.000 ont été enregistrées dans le secteur marchand au cours des 18 derniers mois consécutifs de hausse», avait justifié Myriam El Khomri il y a un mois, après le bon résultat des statistiques de fin novembre.
La perspective est, il faut bien l’avouer, positive même si elle arrive bien tardivement dans le quinquennat. Depuis 2007, dernière année où la France a vu son nombre de chômeurs baisser (de 259.400 précisément) au sens de Pôle emploi en catégorie A, le surplus d’inscrits est en effet hallucinant: +1.662.800 jusqu’à la fin 2015! Soit un bond de 76% par rapport au plus bas recensé huit ans plus tôt pour une Saint Sylvestre ou la population de deux villes comme… Marseille. La tendance était toutefois globalement à la baisse depuis l’élection de François Hollande, en passant de +299.600 en 2012 à +88.900 en 2015, mais il aura fallu attendre la dernière année pleine de son mandat pour que l’inversion se produise bel et bien.
Il faut dire que le gouvernement a mis le paquet pour parvenir à ce résultat: rallonge de 150.000 contrats aidés fin 2016, plan 500.000 de formation des chômeurs, aide à l’embauche dans les PME, montée en puissance de la garantie jeunes, développement du service civique… toute la politique a été orientée depuis des mois pour afficher une baisse, effective et durable, du chômage qui aurait dû permettre à François Hollande de se représenter à la présidentielle de 2017. «Ces reprises d’emploi sont également stimulées par les formations dont bénéficient notamment les demandeurs d’emploi dans le cadre du Plan 500.000 formations supplémentaires et qui leur permettent d’acquérir des compétences adaptées aux besoins des entreprises, avait précisé Myriam El Khomri le mois dernier. En novembre, 14.100 demandeurs d’emploi supplémentaires sont ainsi inscrits en catégorie D». Des bons résultats qui ne sont toutefois pas du uniquement au plan de formation lancé par François Hollande en 2016 (si les entrées en stage explosent, les sorties aussi et le solde n’a que peu d’impact sur les données agrégées) et encore moins à des radiations qui ne sont pas plus élevées ou plus basses que d’habitude. La baisse du chômage enregistrée n’est donc pas liée à des manipulations statistiques en tout genre. Elle est réelle.
Reste que le bilan depuis le début du quinquennat, 4è baisse ou pas en décembre 2016, est bien pauvre. Le nombre d’inscrits en catégorie A a bondi, au dernier pointage, de 574.300 en 55 mois, entre les mois de mai 2012 et novembre 2016. Et ce alors que le président de la République avait, dès septembre 2012, promis la fameuse inversion de la courbe pour la rentrée 2013 et au plus tard pour le 31 décembre de la même année. En vain. Si le nombre de jeunes de moins de 25 ans inscrits en catégorie A a bien reflué à fin novembre de 21.200 en France entière depuis mai 2012, celui des seniors pointant à Pôle emploi a, quant à lui, explosé. De 305.900 précisément, ce qui représente une hausse de 51% en 55 mois, donc 9400 sur les 11 premiers mois de 2016…
Pis, le nombre de chômeurs de longue durée inscrits depuis plus d’un an dans les catégories A, B et C a quant à lui bondi de 777.400 en 55 mois, soit une hausse de près de 43% sur la période, pour frôler désormais les 2,6 millions de personnes. Seule note d’espoir: cette catégorie de chômeurs, la plus éloignée du marché du travail et donc la plus difficilement réinsérable, a connu en 2016 sa première inflexion de tendance depuis 2008. Sur les 11 premiers mois de 2016, le nombre de chômeurs de longue durée a en effet reculé 6 fois pour porter à 55.800 le reflux sur l’année. Avant mars, cet indicateur n’avait en effet diminué qu’une seule fois -et encore très timidement (-1500)-, en août 2013, le mois du bug SFR, en… 8 ans.
LES ECHOS – 24/01/2017
Six jeunes sur dix se disent prêts à créer leur entreprise
Selon un sondage OpinionWay réalisé pour le Salon des entrepreneurs, de plus en plus de jeunes veulent créer leur entreprise…
… Mais ils redoutent les difficultés financières.
L’idée d’entreprendre s’enracine encore un peu plus chez les jeunes. Selon le baromètre OpinionWay réalisé pour l’Union des autoentrepreneurs et la Fondation Le Roch Les Mousquetaires à l’occasion du Salon des entrepreneurs, qui se tiendra les 1er et 2 février à Paris, 60 % des 1.006 personnes de 18 à 29 ans interrogées se disent prêtes à créer une entreprise ou à en reprendre une. Un chiffre qui confirme une tendance déjà à l’oeuvre depuis quelques années.
Cet engouement pour la création d’entreprise doit cependant être nuancé. Selon ce sondage, le travail en CDI reste l’objectif majeur à atteindre pour 73 % des jeunes. Pourquoi ? Parce qu’il assure la sécurité de l’emploi et la régularité du revenu (70 %), parce qu’il donne des droits en matière de congés (49 %) et parce qu’il assure une bonne couverture sociale (49 %).
Ces résultats sont révélateurs des envies paradoxales qui traversent la jeunesse. S’ils sont tentés par le fait d’être leur propre patron (pour 40 % d’entre eux, c’est le principal avantage lorsqu’on travaille à son compte), 52 % des jeunes sont rebutés par les risques financiers et 46 % vivent mal l’idée de ne pas savoir combien ils vont gagner exactement à la fin du mois.
Interrogés sur les mesures à prendre pour favoriser l’épanouissement des jeunes au travail, ceux-ci répondent par le développement du co-working et du télétravail (85 %), mais aussi par une meilleure équité des droits sociaux entre travailleurs indépendants et salariés (83 %). Une aspiration bien identifiée par certains candidats à la présidentielle. Emmanuel Macron propose ainsi de créer une indemnité chômage pour les indépendants en rupture d’activité en fusionnant le Régime social des indépendants (RSI) avec le régime général. Benoît Hamon suggère, lui, un statut social unique de l’actif en améliorant la protection retraite complémentaire et accidents du travail pour les indépendants. François Fillon propose de son côté de développer l’autoentrepreneuriat, de réformer le RSI, de créer un statut du travailleur indépendant avec des contrats de trois ans non requalifiables et une caisse d’assurance-chômage spécifique.
« Enclencher une convergence des protections »
Pour François Hurel, président de l’Union des autoentrepreneurs, « il est urgent de donner aux entrepreneurs de nouvelles protections et de sortir de la discrimination entre salariés et travailleurs indépendants sur laquelle repose notre modèle de protection sociale en enclenchant une véritable convergence des protections. Cela passe par […] une allocation perte subite d’activité qui serait financée conjointement avec les donneurs d’ordre ». De quoi atténuer l’incertitude financière à laquelle doivent faire face les entrepreneurs, en particulier en début d’activité.
Car si les jeunes sont indéniablement tentés par l’aventure entrepreneuriale, 45 % cherchent avant tout dans le travail « un bon niveau de rémunération ». Et un quart d’entre eux rêvent toujours d’être embauchés par « une grande entreprise française ou internationale ».
Marie Bellan
LE FIGARO – 24/01/2017
Le fisc va multiplier les contrôles des comptes des entreprises sans se déplacer
Cette nouvelle procédure, «l’examen de comptabilité», se fera à distance. Pour Bercy, il n’y aura que des gagnants.
Plus simple, mais plus fréquent. Voilà la nouvelle donne en matière de contrôles fiscaux à laquelle doivent s’adapter les entreprises depuis le début du mois. En effet, le budget rectificatif de 2016 a créé un nouveau type de contrôle fiscal, intitulé «l’examen de comptabilité». Ce dispositif permet au vérificateur de contrôler les comptes d’une société… depuis son bureau sans avoir à se déplacer. Toutes les entreprises sont concernées, de la TPE au CAC 40. «De manière assez inattendue, cette révolution du contrôle fiscal est passée complètement inaperçue, sauf pour les experts de la fiscalité», notent Alban Clot et Cyrille de Gastines, fondateurs du logiciel d’analyse comptable Supervizor.
Ce contrôle à distance est présenté par le ministère des Finances comme une «modernisation» ne faisant que des gagnants. Entreprises contrôlées et vérificateurs, tous devraient effectivement économiser du temps et de l’argent. «Cela permettra d’analyser rapidement les informations les plus pertinentes, sans intrusion excessive pour l’entreprise», résume Bercy dans la présentation de la mesure.
L’entreprise doit pour cela fournir sa comptabilité sous forme de fichier informatique. Une formalité, car elle doit justement, lors d’un contrôle fiscal sur place, présenter un «fichier des écritures comptables» où figure l’ensemble de sa comptabilité. Seule différence, la société doit désormais être capable de produire et d’envoyer ce document à la demande de l’administration, dans un délai de 15 jours. Cette dernière a alors six mois pour analyser les chiffres, poser des questions en cas d’incohérences… «Si le vérificateur décèle des irrégularités, il proposera les rectifications, explique Pascal Seguin, avocat associé chez Taj. S’il ne décèle aucune erreur, la société recevra un avis d’absence de rectification et ne pourra plus être contrôlée sur la période considérée.»
Bercy investit 10 millions d’euros dans le big data
Corollaire de cette simplification: le fisc pourra réaliser davantage de contrôles. C’est même un objectif affiché. «Le gouvernement a expressément indiqué que l’objectif recherché était d’augmenter le nombre de contrôles grâce au gain de temps que procurera cette nouvelle procédure», relève la députée PS Valérie Rabault dans son rapport annexé à la loi de finances rectificative pour 2016. Aujourd’hui, la Direction générale des finances publiques (DGFiP) mène quelque 45.000 contrôles par an pour plus de trois millions d’entreprises françaises. «Le problème, ce n’est pas que le nombre de contrôle augmente: tant mieux si l’administration travaille mieux et plus vite!», précise le Medef. Le souci, ce sont les modalités du contrôle à distance. Plus loin de la réalité de la société, le contrôleur pourrait d’autant moins accepter les explications du chef d’entreprise en cas d’irrégularités.
Toujours est-il que l’examen de comptabilité est un premier pas vers un nouveau paradigme. «Nous sommes dans une application mesurée du big data, estime Pascal Seguin. Mais la tendance à l’échange et à l’analyse automatique de données, aussi bien chez nous que chez nos voisins, est très nette.» Certains anticipent que les entreprises pourraient envoyer systématiquement leurs données comptables avec leur déclaration d’impôt.
Mais encore faut-il que l’administration fiscale puisse exploiter automatiquement cette masse d’information. «Je suis assez déçu des résultats des expériences que nous avons conduites sur le data mining, qui consiste à fouiller les données pour déceler les anomalies et améliorer l’efficacité des contrôles», a lâché Christian Eckert lors des débats sur la loi de finances 2017 à l’automne. En un mot, Bercy doit encore affiner ses techniques. Et le ministre de préciser que la DGFiP a encore investi 10 millions d’euros en 2016 dans ce domaine…
::: ENTREPRISES
LE FIGARO – 24/01/2017
VTC: le conflit se crispe autour de la rémunération
Le revenu moyen de 1 700 euros net par mois semble correct, s’il était assorti d’une vraie protection sociale.
Être médiateur dans un conflit du secteur des VTC n’est pas chose aisée. Jacques Rapoport, ancien patron de SNCF Réseau, en fait actuellement la difficile expérience. L’homme a été nommé médiateur dans ce conflit entre les chauffeurs et les plateformes qui les mettent en relation avec les clients, avec Uber en tête de gondole, le 19 décembre par Alain Vidalies, secrétaire d’État aux Transports.
Cette semaine, les relations se sont singulièrement tendues entre le médiateur et les représentants des chauffeurs. En cause: leur rémunération. C’est leur principale revendication depuis le début du conflit. Leurs associations accusent Uber, leader incontesté du marché, de ne pas leur permettre de vivre décemment. Ils pointent notamment une rémunération nette de 3 à 4 euros de l’heure, largement insuffisante.
Sauf que le médiateur, après avoir reçu les organisations de chauffeurs mais aussi les plateformes, qui lui ont ouvert leur base de données, ce qui n’avait jamais été fait, est parvenu à un autre résultat. S’il reconnaît que la fourchette peut être très large, le médiateur souligne que «le revenu mensuel net d’un professionnel est autour de 1700 euros».
Pour parvenir à ce chiffre, Jacques Rapoport a fait des choix tranchés. Il se fonde d’abord sur 60 heures de travail hebdomadaire, ce qui est beaucoup mais correspond à ce qui est souvent pratiqué dans ce métier. Ensuite, il prend en compte un chauffeur qui sait choisir les bons horaires et les bonnes zones, ce qui lui permet d’atteindre le haut de la fourchette de rémunération brute (autour de 23 euros de l’heure). Enfin, tous les autres frais relatifs à la voiture utilisée (location ou prêt, assurance, carburant), mais également à la comptabilité ou la couverture sociale des indépendants (RSI) sont pris en compte.
Réactions hostiles
Remettant en cause l’argumentaire traditionnel des représentants des chauffeurs, Jacques Rapoport n’a pas hésité à adresser «trois cartons rouges» à ceux qui ont «jugé pertinent de médiatiser les choses». Il juge ainsi erroné d’affirmer que «les chauffeurs travaillent à perte» ou qu’il faut «travailler 60 heures hebdomadaires» pour obtenir «1200 euros par mois de revenu» net.
Cette prise de position n’a pas été du goût des chauffeurs, qui ont accusé le médiateur de prendre parti pour Uber. Jacques Rapoport s’est d’ailleurs senti obligé d’intervenir une nouvelle fois, sur son site Internet, pour affirmer que «lorsqu’on met en évidence que seule une partie, probablement minoritaire des chauffeurs, peut atteindre ou dépasser le smic sans congés payés ni protection contre les arrêts de travail, on décrit une situation qui ne doit pas durer».
En insistant sur le problème de la protection sociale, le médiateur esquisse peut-être une solution possible pour sortir de ce conflit d’une manière positive. Ce point de la protection sociale constituera le sujet des réunions de cette semaine.
Tous les acteurs sont d’accord sur le besoin d’améliorer la situation. Là encore, le point d’achoppement risque de porter sur le financement de cette protection sociale complémentaire. Si Uber semble d’accord pour y contribuer, il ne souhaite pas le faire seul.
Il faut désormais aller vite. La mission fixée par Alain Vidalies à Jacques Rapoport se termine le 31 janvier. Le médiateur espère pouvoir faire des propositions aux différentes parties prenantes avant cette date, afin qu’elles donnent leur avis. Il pourra alors les présenter au ministre, qui devra ne pas traîner s’il souhaite les traduire en mesures concrètes avant que les échéances électorales ne remettent les compteurs à zéro.
LES ECHOS – 24/01/2017
Action Logement passe… à l’action
L’organisme prévoit d’acquérir 100.000 logements intermédiaires d’ici à cinq ans et au moins 15.000 dès 2017.
L’ex-1 % logement va mettre en vente 1 % de son parc social afin de financer de nouvelles constructions.
Action Logement commence l’année en fanfare. Son président, Jacques Chanut – par ailleurs président de la Fédération française du bâtiment -, doit dévoiler ce mardi, lors de ses voeux, plusieurs nouveautés qui pourraient rendre le rôle de cet organisme et son existence même enfin lisibles aux yeux du grand public. « Nous défendons un cercle vertueux », explique-t-il aux « Echos ». De fait, les entreprises cotisent à hauteur de 0,45 % de leur masse salariale, apportant ainsi à Action Logement des fonds pour construire des logements mis à la disposition des salariés de ces entreprises et gérés par l’organisme. Une fois ce parc immobilier amorti, il est transféré aux caisses de retraite, qui récupèrent ainsi du patrimoine bâti et les revenus des loyers.
« Les fonds versés par les entreprises retournent aux salariés, la boucle est bouclée », souligne Jacques Chanut. Problème, ce fonctionnement prétendument vertueux d’un système en place depuis 2003 n’a encore jamais été mis en oeuvre. Il fallait en effet d’abord rembourser les emprunts souscrits par Action Logement pour construire, via sa filiale, l’association Foncière Logement. C’est chose faite. Les caisses de retraite récupéreront donc, dès cette année, la pleine propriété de 30.000 premiers lots, bâtis au sein des périmètres de rénovation urbaine. « A l’avenir, nous leur transférerons immédiatement la nue-propriété de tous les logements que nous construirons ou achèterons, puis l’usufruit – donc les loyers – au bout de quinze ans. L’utilité sociale reste la même, seul change le portage », poursuit Jacques Chanut. Une campagne d’affichage et de sensibilisation des entreprises va porter ce message.
Objectifs ambitieux
Les objectifs sont ambitieux. L’organisme prévoit d’acquérir 100.000 logements intermédiaires d’ici à cinq ans et au moins 15.000 dès 2017, « uniquement là où il y en a besoin, dans les zones tendues. Nous devons accompagner la reprise de la production, avant que les prix soient trop élevés, nous achèterons des immeubles entiers, ce qui nous permettra de les négocier », précise Jacques Chanut. Ce nouveau parc devrait être financé par la vente, à leurs locataires, de 50.000 de ces logements ni sociaux ni privés, que possède le groupe, pour une recette de quelque 10 milliards d’euros.
Le deuxième chantier paraît encore plus audacieux : Action Logement va mettre en vente 1 % de son parc social, afin de financer la construction de logements, toujours sociaux, mais plus modernes et mieux situés, y compris dans les centres de petites villes via des opérations de démolition-reconstruction. Plusieurs centaines de conventions devraient être signées dans ce sens avec des collectivités où s’exprime un réel besoin. Souvent défendue à droite, conspuée à gauche, la vente de HLM n’est pratiquée que par quelques bailleurs comme I3F. A l’échelle nationale, elle oscille entre 5.000 et 10.000 logements selon les années et n’a jamais atteint les objectifs fixés par diverses lois. Action Logement va en mettre 90.000 d’un coup sur le marché.
Troisième axe, enfin : les activités « non sociales », à savoir les syndics qui gèrent plus de 120.000 biens ainsi que quelques structures de promotion privée, devraient être cédées. « Plutôt que de nous lamenter sur le fait que l’Etat puise régulièrement dans les caisses d’Action Logement et que nous n’avons plus de moyens, nous allons nous les donner nous-mêmes », affirme Jacques Chanut, qui attend de pied ferme les candidats à la présidentielle. Ils pourraient trouver là quelques idées neuves bienvenues pour nourrir leurs programmes.
Les chiffres clefs
3,6 milliards d’euros : Les ressources d’Action Logement, réparties entre la collecte auprès des entreprises, les loyers, les prêts remboursés par les bailleurs sociaux et les particuliers.
18 000 le nombre de salariés de l’organisme paritaire qui gère un parc de plus de 1 million de logements sociaux et intermédiaires.
LA TRIBUNE – 24/01/2017
Une entreprise française sur deux vulnérable aux cyberattaques
La demande de rançon (ransomware) reste l’attaque la plus subie par les entreprises
52% des responsables sécurité des systèmes d’information d’entreprises françaises se disent confiant dans la capacité de leur entreprise à faire face aux cyberrisques. 46% d’entre eux ont constaté une hausse de cyberattaques en 2016.
Qui mieux que les responsables sécurité des systèmes d’information du CESIN (Club des experts de la sécurité de l’information et du numérique), qui réunit en grande partie les groupes du CAC 40, peuvent évoquer de façon aussi réaliste la menace cyber, une menace quotidienne… C’est bien pour cela que le nouveau baromètre du CESIN publié mardi à l’occasion de l’inauguration à Lille du Forum international de la cybersécurité (FIC), offre un panorama très intéressant sur la façon dont les entreprises tentent de se protéger contre cette menace très prégnante.
Au final, le tableau reste assez sombre. Car seuls 52% des responsables sécurité des systèmes d’information (RSSI) se disent confiant dans la capacité de leur entreprise à faire face aux cyberrisques (en hausse de cinq points par rapport à 2015). Pour assurer leur cybersécurité, 84% d’entre eux vont acquérir de nouvelles solutions techniques, 55% augmenter leur budget et 44% accroître leur effectif.
Hausse des attaques
Les résultats de ce deuxième baromètre (141 répondants) ne sont guère rassurants. Car – et ce n’est pas une surprise – les attaques ont augmenté en 2016 par rapport à 2015 pour 46% des RSSI tandis que 53% d’entre eux estiment qu’elles sont stables. Près de 80% des entreprises ont constaté au moins une cyberattaque avérée, qui a réussi à entrer dans un ou des serveurs de l’entreprise. En moyenne, elles mettent entre une et six heures pour s’apercevoir des attaques et entre trois jours et trois semaines pour nettoyer le système.
Parmi les entreprises interrogées, 21% ont été touchées par 15 attaques ou plus, 9% entre 10 et 14 attaques, 15% entre quatre et neuf, et, enfin, 34% entre une et trois. « Les attaques touchent toutes les entreprises, explique le président du CESIN, Alain Bouillé, RSSI à la Caisse des Dépôts. Plus personne ne peut se réfugier sur l’argument ‘cela n’arrive qu’aux autres’. Ce temps est terminé ».
La demande de rançon (ransomware) reste l’attaque la plus subie par les entreprises (80%, en hausse de 19 points). Suivent les attaques par déni de service (40%), les attaques virales générale (36%), la fraude externe (29%)… tandis que le cyber-espionnage économique et industriel est relativement peu fréquent (9%), tout comme la fraude au président (4%). En moyenne, les entreprises subissent trois types d’attaque, explique le CESIN.
Des solutions jugées inefficaces
Face aux menaces grandissantes, 40% des entreprises estiment que les solutions techniques proposées par le marché ne sont pas adaptées aux types et à la fréquence des menaces. 31% d’entre elles jugent que ces solutions ne sont pas non plus adaptées aux besoins de leur entreprise. Par exemple, les sondes de sécurité conseillées par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) sont jugées peu efficace (54%) tout comme le chiffrement de base de données (60%). A l’inverse, les pare-feux (91%), le VPN (89%) et le filtrage web (78%) sont jugées efficaces. « Il existe un gap entre ce qu’on nous propose et ce dont nous avons besoin », regrette le vice-président du CESIN, Olivier Ligneul, RSSI du groupe EDF.
Et pourtant les entreprises s’équipent de plus en plus pour repousser les cyberattaques. En moyenne, les RSSI mettent en place simultanément onze solutions et disposent d’un budget représentant entre 3% et 10% de leur budget informatique. Pour faire face à la menace, ils plébiscitent le VPN (87%), le filtrage web (84%), les antispam (79%), les proxy URL (64%)… De plus en plus d’entreprises souscrivent à une cyber-assurance. Ainsi 26% ont déjà souscrit à une assurance tandis que 17% envisagent de le faire d’ici un an… même si les assureurs, à l’exception du leader de cette niche de marché Marsh, ne comprennent pas toujours les risques liés aux cyberattaques, estime-t-on au CESIN.
La cyber-menace, un frein à la transformation numérique?
Considérée à 95% par les membres du CESIN comme un enjeu stratégique, « la transformation numérique génère de nouveaux risques », estime Alain Bouillé. Ainsi, 95% considèrent qu’elle a un impact sur la sécurité des systèmes d’information et des données, et 89% jugent qu’elle a un impact sur la gestion des données sensibles de l’entreprise. La transformation numérique vient perturber la cybersécurité installée dans les entreprises, à l’image du cloud qui est utilisé à 82% par les entreprises interrogées, des objets connectés… Résultat, plus d’une entreprise deux (58%) considère que les solutions disponibles sur le marché ne sont pas adaptées.
Selon le CESIN, le cloud expose par exemple les entreprises à de nombreux risques, notamment en raison du moindre contrôle des données. Les RSSI évaluent un risque fort sur le contrôle des accès et des audits (57%), sur le stockage des données dans des datacenters à l’étranger, hors du droit français (55%), sur le non effacement des données (55%), sur la confidentialité des donnée vis-à-vis de l’hébergeur (50%). Du coup, sécuriser le cloud nécessite pour 91% d’entre eux de mettre en oeuvre des outils spécifiques.
En outre, la transformation numérique introduit de nouveaux risques liés aux nouvelles pratiques des salariés. L’utilisation de matériel informatique personnel au bureau (BYOD) représente un risque pour 54% des RSSI interrogés. Les objets connectés représentent un risque pour 96% des RSSI, tout comme le « machine to machine » (74%), le big data (69%), le e-commerce (59%) et la blockchain (37%). Bref, le métier des RSSI va devenir de plus en plus stressant. Pas sûr que leur sommeil soit paisible…
L’OPINION – 24/01/2017
Désertification des villes : les professionnels du commerce s’alarment
En France, en moyenne, 10 % des surfaces commerciales de centre-ville sont inexploitées. Mais dans les villes moyennes, qui comptent entre 50 000 et 100 000 habitants, il est supérieur dans la moitié des cas.
Cent des 300 villes moyennes françaises dépassent la cote d’alerte en termes de vacances de locaux commerciaux
En France, un local commercial sur dix est inoccupé dans les centres-villes : un taux de vacance jugé élevé et « préoccupant » par l’Inspection générale des finances, qui a consacré un rapport à cette désertification urbaine en juillet. Ce chiffre moyen cache des disparités. Les grandes villes sont relativement épargnées (un quart d’entre elles ont un taux de vacance commercial supérieur à 10 % et il est inférieur à 5 % à Nantes, Strasbourg, Lyon ou Toulouse), mais les villes moyennes sont, pour plus de la moitié, concernées. Le monde du commerce appelle les pouvoirs publics et ses propres troupes à réagir.
Bernard Morvan, le président de la Fédération nationale de l’habillement (FNH), est aux premières loges pour constater le désastre qui frappe les villes moyennes françaises. Il en parcourt, des rues longées de rideaux de fer baissés : 90 % des 40 000 commerces qu’il représente sont situés dans les centres-villes. Lui-même commerçant à Montereau, ville de Seine-et-Marne particulièrement touchée, il a fait de la lutte contre la désertification un de ses thèmes de prédilection, demandant même un « plan Marshall ». Sans succès.
« Je me fais lanceur d’alerte depuis plusieurs années, explique-t-il. Mais je ne vois aucune prise de conscience. Pourtant, les enjeux sont économiques, mais aussi sociaux (le nombre d’emplois baisse), sociétaux (la dévitalisation lente va de pair avec la disparition des services publics) et sécuritaires. Moins de commerce, c’est moins de lumière, moins de passage. La sécurité se dégrade dans les centres-villes qui se transforment en ghettos. » Les conséquences électorales de cet abandon terriblement ressenti par la population sont lourdes. Béziers, qui a porté à sa tête un maire d’extrême droite, Robert Ménard, a le taux de vacance le plus élevé de France : près de 24 %.
Les raisons de cette désertification sont multiples. Bien sûr, le développement des centres commerciaux en périphérie a affecté le commerce. Mais c’est l’arbre qui cache la forêt. « Les centres commerciaux ne sont pas la raison de la désaffection, mais le signe que les commerces de centre-ville ne répondent pas aux attentes, nuance Eric Plat, président de la fédération du commerce associé (FCA). Ces zones sont efficaces, mais pour l’achat plaisir, les centres-villes n’ont pas perdu leur valeur. Les consommateurs n’ont pas, dans l’absolu, de préférence pour l’un ou l’autre. Il faut simplement leur donner le choix et la possibilité de s’y rendre. »
Parcours du combattant. Or, cette possibilité, les Français ne l’ont souvent plus, du fait de choix politiques mal pensés… et de manque de réactivité des commerçants. Pointée du doigt, la place laissée aux voitures dans les centres-villes. Pour Eric Plat, les maires des petites villes ont souvent une approche « patrimoniale » des centres, incompatible avec une réelle activité économique. Il cite un exemple la Roche-sur-Yon (Vendée). « Le maire a cru bien faire en créant une zone d’animation au centre… Mais cela s’est retourné contre le commerce local, car il n’a pensé ni aux parkings ni aux transports. »
Pour Bernard Morvan, face au parcours du combattant pour atteindre les centres-villes, les consommateurs renoncent. Ils préfèrent les périphéries ou le commerce en ligne. D’autant que, pour la FCA comme pour la FNH, les villes et les associations de commerçants n’ont pas pris en compte les nouvelles nécessités. En n’adaptant pas leurs horaires d’ouverture. Ou en ratant le virage de la modernité. « Les centres-villes ne sont pas équipés en wifi. Cela revient tout simplement à négliger les attentes désormais élémentaires des clients », résume Eric Plat.
Résultat, une désertification lente, mais sûre. « Les élus n’identifient pas les signes avant coureurs, comme le changement de nature des commerces dans une rue, poursuit-il. Quand s’implantent des agences bancaires, des cabinets d’assurances, des agences immobilières, c’est mauvais signe. Cela veut dire que l’attractivité et les loyers baissent. Ces commerces ne veulent pas capter du trafic mais simplement avoir pignon sur rue : la majorité de leur activité à lieu en ligne. »
Méconnaissance. Ce qu’on lit en creux dans ce constat, c’est la mauvaise connaissance qu’ont les élus du terreau économique local. « Ils ne savent pas quel est le poids économique de leur centre-ville, la richesse produite. Partant de là, il est difficile de faire des arbitrages », déplore Bernard Morvan. Il plaide pour la création d’observatoires locaux, qui produiraient des indicateurs de densité économique, identifieraient les besoins et évalueraient les effets des décisions : « Plutôt que de comptabiliser les « dents creuses », on peut les remplacer judicieusement par un artisan, un service manquant, qui créerait une cohérence, une raison de venir. » Des discussions sont en cours dans la région des Hauts-de-France pour mettre en place des expériences pilotes.
Eric Plat ne veut pourtant pas croire en une fatalité du désert des villes moyennes. Pour lui, si le commerce est pensé de façon globale, les périphéries ne seront plus des aspirateurs à clients. Il cite, en exemple de recomposition réussie, la ville de Bordeaux – qui n’est certes pas une ville moyenne, mais qui a réussi à faire baisser drastiquement son taux de vacance. « Tous les acteurs ont été mobilisés. La mairie a pensé les parkings, les connexions entre les différentes zones que sont l’hypercentre, la rive droite, le centre commercial Mériadeck. Elle a pris en compte les nouveaux formats commerciaux et travaillé avec les acteurs du foncier pour remodeler des îlots et proposer de plus grandes surfaces de vente, qui manquaient, et permettre l’émergence de locomotives commerciales. » À Bordeaux, le taux de vacance commerciale est aujourd’hui inférieur à 4 %.
LE FIGARO – 24/01/2017
Fessenheim : le gouvernement à la peine chez EDF
Pour déclencher la mise à l’arrêt de la doyenne des centrales nucléaires françaises, le conseil d’administration d’EDF doit valider ce mardi matin le protocole d’indemnisation et demander l’abrogation du décret d’autorisation de fonctionnement des deux réacteur.
L’État a beau détenir 85 % du capital d’EDF, il risque de se voir infliger un véritable camouflet ce mardi lors du conseil d’administration qui doit examiner le projet de fermeture de Fessenheim. Pour déclencher la mise à l’arrêt de la doyenne des centrales nucléaires françaises, promise en campagne électorale par François Hollande en 2012, le conseil d’administration d’EDF doit franchir deux étapes: valider le protocole d’indemnisation de l’entreprise par l’État et demander l’abrogation à terme du décret d’autorisation de fonctionnement des deux réacteurs alsaciens.
Mais la décision concernant l’indemnisation est entre les mains des cinq administrateurs indépendants du groupe public, ainsi que du PDG Jean-Bernard Lévy. Car, l’État étant signataire de la convention, ses six représentants se trouvent en situation de conflit d’intérêts et ne pourront pas prendre part au vote. Et les six représentants des salariés voteront comme un seul homme contre le projet. Il suffit donc qu’un administrateur indépendant vote non pour que le projet tombe à l’eau…
Dans cette situation ubuesque, tous les arguments sont bons. Le conseil devra se prononcer au nom de l’intérêt social de l’entreprise. Le premier de ces intérêts est le respect de la loi, en l’occurrence le texte sur la transition énergétique: il prévoit de plafonner à son niveau actuel la capacité de production nucléaire d’EDF. Quand l’EPR de Flamanville 3 entrera en service, il faudra donc fermer deux tranches actuellement en service.
Mais l’intérêt de l’entreprise est-il vraiment de décider dès maintenant? Flamanville ne sera raccordé au réseau qu’en 2018 ou 2019. D’ici là, l’élection présidentielle de mai peut changer radicalement la donne.
Pression maximale
Résultat: une pression considérable s’exerce sur la réunion de mardi. En fin de semaine dernière, Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, a, de source proche du dossier, personnellement contacté chacun des administrateurs indépendants pour affirmer la position de l’État. La démarche a, semble-t-il, été diversement appréciée. Lundi encore, une réunion s’est tenue sur le dossier à l’Élysée.
De sources concordantes, le conseil pourrait ne pas voter, dans un sens ou dans l’autre, mais se contenter d’une délibération dont chaque mot s’annonce disputé et qui signifie un report de toute décision formelle. Pis, cette délibération pourrait ne porter que sur le volet indemnisation, sans évoquer la demande d’abrogation, la plus symbolique. Enfin, les administrateurs devraient conditionner leur vote ultérieur à l’obtention de la prolongation du décret d’autorisation de création de Flamanville 3 que le gouvernement aurait mis en balance dans ce bras de fer. Ce décret arrive à échéance. Toute décision sur Fessenheim dépendrait aussi de l’autorisation du redémarrage du réacteur de Paluel, actuellement à l’arrêt. Enfin, le conseil veut attendre le feu vert de la Commission européenne sur Fessenheim avant de voter.
En attendant, la tension est à son comble sur le site, avec une grève votée lundi pour 48 heures. Les salariés réclament que le projet de fermeture de la centrale soit purement et simplement abandonné.
::: POLITIQUE
LE MONDE – 24/01/2017
Hamon se prépare à un affrontement dur avec Valls
L’ancien premier ministre a choisi le revenu universel et la laïcité comme angles d’attaque privilégiés.
Une semaine pour convaincre. Ou plutôt, pour transformer l’essai. Arrivé en tête du premier tour de la primaire à gauche, Benoît Hamon déroule sa stratégie d’entre-deux-tours, persuadé que la dynamique est en sa faveur, alors que les ralliements se sont enchaînés depuis dimanche soir. Le député des Yvelines a prévu de tenir deux meetings avant le vote de dimanche 29 janvier : le premier, jeudi soir à Montreuil (Seine-Saint-Denis), dans une salle pouvant accueillir « entre 4 500 et 5 000 personnes », selon son entourage ; le second, vendredi soir, au Palais des sports Saint-Sauveur à Lille, dans le fief de Martine Aubry qui lui a apporté son soutien lundi.
Mais c’est surtout le débat d’entre-deux-tours, mercredi 25 janvier, que l’ancien ministre de l’éducation nationale prépare attentivement. Un débat où il risque gros. Le favori du scrutin sait que son adversaire Manuel Valls mise tout sur cette confrontation pour tenter de rattraper son retard. Revenu universel, taxation des robots ou encore brigade antidiscrimination : les propositions du député des Yvelines seront passées au crible par l’ancien premier ministre qui va tenter d’imposer sa propre « crédibilité » et sa stature d’homme d’Etat, contre ses propositions jugées « irréalistes », voire « régressives », selon les mots de certains de ses proches.
Interrogé lundi matin sur France Inter, M. Hamon a commencé à répondre aux attaques de M. Valls sur ce point. « Ce genre d’arguments, je le lui laisse. Je n’ai pas dénigré qui que ce soit dans cette campagne. Je ne procède pas par oukases, je suis ravi de débattre avec lui. J’espère qu’il aura un deuxième argument », a-t-il lancé, défendant un projet de « long terme » qui n’a « rien d’utopiste ».
« Un référendum pour ou contre Valls »
Au QG du candidat, au 11e étage de la tour Montparnasse, on fait mine de ne pas redouter le face-à-face à venir. « Benoît connaît par cœur Manuel. Ils se côtoient au PS depuis trente ans, rien ne l’impressionne chez lui », prévient un partisan du Finistérien. « On sait que Valls va tenter de nous attaquer. On va répondre coup pour coup, avec l’intention de faire du second tour un référendum pour ou contre Valls à gauche », prévient-on dans l’équipe Hamon.
Les trois premiers débats avant le premier tour ont servi de terrain d’entraînement pour l’ancien ministre de l’éducation. Particulièrement le dernier, où il avait affronté un tir de barrage général de la part de ses rivaux. Selon son directeur de campagne, le député Mathieu Hanotin, M. Hamon a alors démontré ses facultés de résistance. « Benoît a ainsi pu montrer qu’il avait tenu le mur. Il a gagné en crédibilité dans ces affrontements », notamment autour du revenu universel, qui fut ce soir-là la cible coordonnée de Manuel Valls, de Vincent Peillon et d’Arnaud Montebourg.
Un autre thème devrait être particulièrement mis en avant par l’ancien premier ministre d’ici au second tour : celui du rapport des deux hommes à la laïcité. Derrière ce terme général, le camp Valls entend surtout attaquer M. Hamon sur ses positions par rapport à l’islam radical, mais aussi plus largement à l’immigration et aux banlieues.
« Pas de compromis avec des communautarismes »
- Valls estime que son concurrent est « ambigu » dans sa défense des principes républicains face à l’islamisme politique. Les proches du député de l’Essonne accusent M. Hamon, élu de Trappes, l’une des villes françaises où la mouvance salafiste est particulièrement implantée, de ne pas être assez ferme avec les communautarismes. Sur France Info mardi matin, M. Valls a évoqué des « risques d’accommodements » chez son concurrent, précisant qu’« il ne peut y avoir le moindre compromis avec des communautarismes ». Pour le camp Valls, si le candidat Hamon propose la légalisation du cannabis ou la reconnaissance de l’Etat de Palestine, c’est précisément pour s’attirer le vote des cités.
« Il faut bien sûr lutter contre l’islam radical, mais arrêtons de faire de l’islam un problème de la République », a réagi M. Hamon, lundi, se félicitant d’avoir réussi jusqu’à présent à orienter, par ses propositions, les débats de la primaire sur les thèmes économiques et sociaux plutôt que sur les thèmes identitaires. « Sur la question laïque, Benoît Hamon se revendique en héritier d’Aristide Briand qui veut apaiser plutôt qu’exciter les tensions », explique son porte-parole, le député Régis Juanico. Soit l’application stricte des principes de la loi de 1905 concernant la séparation des Eglises et de l’Etat, sans recourir à l’inscription dans la Constitution d’une « charte de la laïcité », comme le propose M. Valls.
L’autre chantier de la semaine pour M. Hamon est de démontrer ses capacités à rassembler à gauche. Sur ce point, le discours des hamonistes est simple : on ouvre grand les bras à tous les ralliements possibles avant le second tour. « Aucun sectarisme, aucun ostracisme, on accueille tous ceux qui veulent. Notre objectif c’est de rassembler. Nous, on est zen, pas comme d’autres », sourit M. Juanico.
Après les ralliements de M. Montebourg et de Mme Aubry et de leurs proches, l’ancien ministre espère obtenir d’ici au 29 janvier un autre soutien de poids à gauche, celui de Christiane Taubira. Il lui a téléphoné dès lundi matin, mais rien n’a fuité pour l’instant des intentions de l’ancienne garde des sceaux. « On ne sait pas si Christiane va prendre position, mais si c’est le cas, on serait vraiment très étonné qu’elle soutienne Valls plutôt que Benoît », explique un proche du député.
Solenn de Royer, Cédric Pietralunga et Bastien Bonnefous
LE PARISIEN – 24/01/2017
Présidentielle : Emmanuel Macron se veut au-dessus de la mêlée
Beyrouth (Liban), hier. Emmanuel Macron a rencontré des Français à l’Ecole supérieure des affaires.
En déplacement au Liban, le candidat s’est réjoui de ne pas avoir pris part à la primaire.
Ce n’est pas le désert d’Atacama au Chili, mais c’est aussi un joli pied de nez. Tandis que le PS s’enfonce dans les méandres de sa primaire, Emmanuel Macron s’est envolé pour le pays du Cèdre. Le candidat d’En marche ! a atterri hier au Liban, « partenaire historique, majeur de la France ». Pour mieux se placer au-dessus du lot ? « Je ne me suis jamais mêlé à la primaire, donc je n’avais pas ce besoin », rétorque Macron. Plus que jamais, il s’en tient à cette ligne : cette affaire-là ne le concerne pas. « A un moment, c’est leur problème ! » balance un proche. Emmanuel Macron le répète inlassablement, il ne croit pas au processus de la primaire. Il y voit un jeu « de positionnement réciproque » entre candidats plutôt que l’élaboration « d’un projet porté pour le pays ».
Son entourage en veut pour preuve la performance de Benoît Hamon : « Les électeurs ont intériorisé le fait qu’ils ne votaient pas pour la présidentielle mais pour préparer l’après. » Et se félicite plus que jamais de s’être tenu à distance, en prenant connaissance des soupçons de manipulation sur les chiffres de la participation. « Politiquement, cela n’avait pas de sens pour nous, mais c’est aussi pour ce genre de raisons qu’on ne voulait pas y aller », glisse un proche.
Appel à un dialogue multilatéral en Syrie
A des milliers de kilomètres des aléas de la politique parisienne, le candidat est ainsi libre de s’offrir un véritable déplacement de présidentiable. Accueilli dès son arrivée par l’ambassadeur de France, Macron s’abrite derrière la règle selon laquelle, « à l’étranger, on ne commente pas la vie politique française » pour bouder les questions des journalistes sur la primaire. « Je viens délivrer un message qui est d’abord celui de la présence de la France au côté du Liban », poursuit-il à l’Ecole supérieure des affaires, où il s’est exprimé face à quelque 400 représentants de la communauté française et économique.
Sur la Syrie, « Bachar al-Assad a failli de manière claire », déclare Macron, en appelant à créer un dialogue multilatéral. S’il estime qu’ « il n’y a de compromission à avoir », il juge qu’avoir fait « de la destitution de Bachar al-Assad un préalable à tout » était une erreur.
Macron entrera aujourd’hui dans le vif du sujet, lors de ses audiences avec le président de la République, Michel Aoun, le Premier ministre, Saad Hariri, et le patriarche maronite, Bechara Boutros Rahi.
L’ancien ministre se sait attendu au tournant. « On ne peut pas prétendre aux plus hautes fonctions de la République sans être capable d’aller au contact des situations diplomatiques », reconnaît-il.
Pauline Théveniaud
LES ECHOS – 24/01/2017
Russie, commerce : à Berlin, Fillon assume ses désaccords avec Merkel
+VIDEO. Contrairement à la chancelière, le candidat de la droite à l’Elysée met en avant le danger de ne pas rétablir la confiance avec Vladimir Poutine. Il veut une réponse ferme face au protectionnisme de Donald Trump.
François Fillon avait annoncé la couleur dans un entretien musclé paru dans la « Frankfurter Allgemeine Zeitung » et « Le Monde ». Tout en faisant le « choix clair du couple franco-allemand » et revendiquant des accords en matière de politique de défense, le candidat de la droite à l’Elysée a assumé plusieurs désaccords profonds avec Angela Merkel, notamment sur Vladimir Poutine, lors de la visite qu’il lui a rendu ce lundi à Berlin .
« Entre Europe et Russie, nous devons rétablir la confiance, retrouver le chemin du dialogue et construire une relation forte, a-t-il dit après un entretien d’une heure avec la chancelière, lors d’un discours à la Fondation Konrad Adenauer, proche chrétienne-démocrate (CDU). Entre Russie et Europe, notre seule perspective ne peut pas être une confrontation larvée sous un régime de menaces et de sanctions. »
La victoire de l’ex-Premier ministre à la primaire de droite avait été accueillie à Berlin par un soulagement – car il veut mener des réformes ambitieuses, saluées par le ministre Wolfgang Schäuble – et d’inquiétude – du fait de sa position sur la Russie. Ses dernières déclarations ne devraient pas rassurer la chancelière, qui se méfie de Vladimir Poutine comme de la peste.
Un climat de « guerre froide »
Angela Merkel s’inquiète vivement des cyberattaques attribuées à des pirates russes ou à la tentative d’influence croissante de Moscou dans le débat public allemand. Cette offensive, qui ne recule pas devant la fausse information, profite au parti populiste AfD, qui défend l’annexion de la Crimée et conteste la politique d’asile de la chancelière.
François Fillon, qui regrette un climat de « guerre froide », met en garde contre l’inaction. « Nous devons sortir de cette impasse, explique Bruno Le Maire, son conseiller pour les affaires européennes, qui l’a accompagné à Berlin. Si nous ne nous ne nous rapprochons pas de Moscou, on risque de voir un accord entre Trump et Poutine sur l’Ukraine dans le dos des Européens ».
« La France ne peut pas accepter plus de réfugiés »
La Russie n’est pas le seul point d’achoppement avec la chancelière. Comme Manuel Valls, le candidat de la droite à l’élection présidentielle a répété ce lundi que « la France ne peut pas accepter plus de réfugiés » alors qu’Angela Merkel continue de compter sur une répartition de demandeurs d’asile dans l’Union européenne.
Après l’élection de Donald Trump, qui défend une politique protectionniste, François Fillon a tracé les lignes d’un réplique européenne. « Dans un monde où chaque puissance défend bec et ongles ses intérêts commerciaux, il est temps que les Etats européens sortent de leur torpeur pour se protéger et faire valoir leurs droits », a-t-il lancé. Opposé au traité de libre-échange transatlantique, pourtant prioritaire pour Angela Merkel, il veut établir un rapport de forces avec les Etats-Unis, dans lequel « il faut mettre tous les sujets sur la table » : le commerce, dumping fiscal, mais aussi les sanctions américaines « totalement injustifiées » contre des sociétés européennes, dont BNP Paribas.
Angela Merkel, qui accueille vendredi François Hollande pour un déjeuner de travail, est également prête à recevoir le futur candidat socialiste « si cela est souhaité », a indiqué son porte-parole. La chancelière n’a pas l’intention d’inviter Marine Le Pen , avec laquelle « il n’y a vraiment aucun point commun ».
VIDEO – Fillon veut une « puissance européenne » face aux « USA de Trump et à la Russie de Poutine » : http://www.lesechos.fr/elections/francois-fillon/0211721672855-russie-commerce-a-berlin-fillon-assume-ses-desaccords-avec-merkel-2059394.php
::: INTERNATIONAL
LE FIGARO – 24/01/2017
La City s’alarme de la sortie annoncée du marché unique
La finance britannique veut obtenir un «bon Brexit», un accord réciproque sur l’accès à l’UE.
La City fait le deuil de son «passeport» financier qui lui permet d’opérer sans frontières dans l’Union européenne. Le discours de Theresa May, il y a tout juste une semaine pour confirmer la sortie du marché unique, implique directement la fin de cette facilité pour vendre ses produits sur l’ensemble du continent. Environ 13.500 sociétés britanniques détiennent de tels sésames, à comparer aux 8 000 dans le reste de l’UE. «L’interdépendance entre le Royaume-Uni et l’Union européenne était fondée sur le marché unique et le passeport. Quand nous quitterons l’UE, nous deviendrons un pays “tiers”. Il nous faut une nouvelle approche pour garantir notre accès à ce marché», explique Mark Hoban, ancien ministre du Trésor, en charge d’un organe de régulation de la City.
Après s’être mobilisés pour convaincre le gouvernement britannique de l’importance de l’enjeu, les dirigeants du lobby du secteur, TheCityUK, se rendent à Bruxelles ce mardi pour plaider leur cause. Le résultat de ces pourparlers, qui doivent s’étaler sur les deux ans de négociations sur la sortie du Royaume-Uni, sera déterminant pour l’avenir de la place financière londonienne. Entre 35. 000 et 232. 000 emplois sont en jeu, selon différentes études.
«Obtenir un bon Brexit est notre plus grand défi», alerte Miles Celic, directeur général de TheCityUK. Aucune des solutions alternatives à l’appartenance à l’UE et son fameux passeport n’est vraiment satisfaisante. Les banques ou assureurs britanniques qui souhaitent continuer à opérer en Europe auront le choix de s’adapter à la loi locale au cas par cas sans accord spécifique, cas de figure le plus défavorable. Ils pourront décider d’opérer depuis une filiale sur le continent. C’est ce que de nombreux établissements, dont HSBC, UBS ou Goldman Sachs, se préparent à faire. Avec à la clé le transfert de plusieurs milliers d’emplois. Autre possibilité: miser sur un mécanisme d’«équivalences», un ersatz de passeport pour les pays tiers. Mais ce régime est contraignant. Il requiert le même niveau de régulation que celui en vigueur dans l’UE, ce qui limiterait les marges de manœuvre du secteur post-Brexit. Et, s’il peut s’appliquer à certaines activités, telles les chambres de compensation en euros, ce n’est pas le cas pour d’autres, comme le crédit ou l’assurance. «Cela peut s’imposer comme palliatif en cas d’absence d’accord entre Londres et l’UE, mais cette option ne devrait pas constituer une base de départ pour les négociations et ne peut s’avérer une solution durable», estime Rachel Kent, avocate au cabinet Hogan Lovells. Selon elle, «la priorité immédiate est d’obtenir des dispositions transitoires» pour éviter un choc brutal pour les entreprises de la City.
C’est pourquoi TheCityUK s’empresse de réclamer «un accord sur mesure prévoyant un accès mutuel aux marchés» financiers entre Londres et l’Europe. Un objectif très ambitieux. Les représentants de la City ont tendance à considérer que l’Europe a autant, voire plus, besoin d’eux que l’inverse. Or une telle présomption pourrait se révéler dangereuse. Comme le reconnaît le député conservateur pro-Brexit Peter Lilley, «il ne faut pas surestimer la probabilité qu’on obtienne un accord» commercial avec l’UE. Selon lui, les Européens ont de fortes chances de «chercher à nous punir, même si cela revient à se nuire à eux-mêmes».
Les enjeux sont énormes pour le Royaume-Uni. La finance représente 11 % de son PIB. Selon Mark Boleat, responsable de la stratégie de The City of London Corporation, l’organisme ombrelle du secteur, «si le Royaume-Uni tombe sous les conditions d’un pays tiers, jusqu’à 50 % de notre activité liée à l’UE serait menacée, soit 20 milliards de livres de revenus et environ 35.000 emplois». Mais les dommages pourraient même être encore plus grands. À en croire le patron (français) de la Bourse de Londres, Xavier Rolet, c’est tout «l’écosystème» financier du pays qui est en jeu, ce qui pourrait mettre en danger 232 000 emplois, d’après une étude d’Ernst & Young.
Chaque emploi de la City en fait vivre de nombreux autres. 44 % de l’activité des 50 plus grands cabinets d’avocats londoniens dépend des banques et autres services financiers. Un associé chez Goldman Sachs gagne près d’un million de livres par an, hors bonus. Ce revenu lui permet de s’offrir des biens (voiture, maison…) et des services (employés de maison, écoles des enfants…) qui soutiennent l’économie londonienne. Ce n’est pas un hasard si les ventes d’immobilier de luxe à Londres ont déjà chuté de 9 % depuis le vote pour le Brexit. Même la vie culturelle dépend en grande partie de la générosité de philanthropes de la City.
Or jusqu’à 50 % des effectifs de Goldman Sachs dans la City pourraient être transférés vers New York, Francfort ou d’autres capitales européennes. HSBC vient de confirmer la relocalisation d’un millier de postes à Paris. UBS compte en déplacer autant, probablement vers l’Allemagne. Le patron de JPMorgan, Jamie Dimon, a reconnu qu’il allait en faire autant.
En déclenchant d’ici à fin mars le compte à rebours de la sortie de l’UE, Theresa May sait qu’elle risque d’entraîner des réactions en chaîne négatives. D’où l’urgence pour la City de faire entendre son cri d’alarme. La finance pourrait bien faire les frais de négociations à risque avec l’UE, dans lesquelles un accord sur les échanges de marchandises serait privilégié.
May lance sa stratégie industrielle post-Brexit
Depuis son entrée en fonction l’été dernier, Theresa May évoque son ambition d’une stratégie industrielle «moderne» pour le Royaume-Uni. À l’heure où la finance est déstabilisée par le Brexit, elle espère rééquilibrer l’économie du pays après des décennies de déclin de son industrie, qui ne pèse plus que 14 % du PIB (avec l’énergie), contre 80 % pour les services. La première ministre a dévoilé lundi les dix piliers de ce programme. Ils comprennent l’investissement dans la recherche et l’innovation, le développement de compétences clés, l’amélioration des infrastructures, la création de filières, la promotion des régions délaissées. Inspiré par des stratégies qui ont réussi en Corée du Sud ou aux États-Unis, le gouvernement espère créer des champions mondiaux en identifiant des leaders de leur secteur, chargés d’entraîner derrière eux tout un tissu industriel. Rompant clairement avec le laisser-faire traditionnel des conservateurs cher à Margaret Thatcher, Theresa May propose un donnant-donnant aux entreprises, dans une approche interventionniste. Elle leur demande de coopérer pour stimuler l’activité dans leur domaine, en leur promettant en retour de les aider en matière réglementaire. Il s’agit de doper la productivité de l’économie britannique, à la traîne de l’Allemagne et de la France.
L’OPINION – 24/01/2017
Trump enterre le traité transpacifique
Donald Trump a signé un décret mettant fin à la participation américaine au TPP
Le traité de libre-échange entre pays d’Asie-Pacifique ne pourra pas entrer en vigueur. Il était pourtant vu comme un contrepoids à l’influence grandissante de la Chine
Le successeur de Barack Obama a signé dans le Bureau ovale un décret mettant un terme à la participation des États-Unis au traité signé entre douze puissances asiatiques et américaines.
Donald Trump passe à l’acte. Après l’Obamacare, qu’il a attaqué dès son arrivée à la Maison Blanche, le nouveau président américain s’en prend cette fois au traité de libre-échange transpacifique, le TPP.
Négocié durant des années par l’administration de Barack Obama, ce pacte avait été le fruit de nombreuses critiques de la part de Donald Trump, durant la campagne, le jugeant « terrible » et « violant les intérêts des travailleurs américains ».
Le traité signé l’année dernière par douze pays d’Amérique et d’Asie, mais pas encore ratifié, visait à créer une zone de libre-échange entre les pays signataires.
À l’époque de la signature, Barack Obama avait salué un accord qui « renforcera notre leadership à l’étranger et soutiendra les emplois ici aux États-Unis ». Le TPP prévoyait notamment une ouverture substantielle des marchés des produits agricoles pour le Canada, les États-Unis et le Japon, pour des produits comme le sucre, le riz, le fromage ou le bœuf.
Faute de ratification de la part des États-Unis, l’accord ne pourra pas entrer en vigueur. D’après une source de NBC, reprise par Reuters, Donald Trump pourrait s’engager simultanément à lancer sur une base bilatérale des négociations commerciales avec les onze autres pays signataires du TPP.
Des craintes. L’arrivée du nouveau président américain et ses premières décisions ne manquent pas de faire réagir. Avant même l’annonce officielle du retrait des États-Unis du TPP, le ministre mexicain de l’Économie, Ildefonso Guajardo, a prévenu dans une interview publiée par le quotidien El Universal que son gouvernement devrait réfléchir à des « mesures en miroir », notamment si Washington impose des restrictions aux importations vers le marché nord-américain.
Du côté du Canada, le Premier ministre fédéral, Justin Trudeau, a réuni son gouvernement dès ce lundi pour deux jours à Calgary, afin de débattre de la meilleure approche possible face aux positions de la Maison Blanche. Dans l’entourage du Premier ministre, on se veut rassurant. « Ils n’ont rien dit de spécifique sur de véritables problèmes qu’ils auraient avec nous », a commenté David MacNaughton, ambassadeur du Canada à Washington.
Conformément à ses promesses de campagne, le président américain devrait par ailleurs appeler à une renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena).
Cette décision du président Trump pourrait pourtant satisfaire une partie de la population américaine. Selon un sondage publié en avril 2016 par la firme Morning Consult, les Américains sont aujourd’hui 40% à estimer que le libre-échange a fait plus de mal (40%) que de bien (26%) aux États-Unis.
Vous souhaitant une bonne journée.
Cordialement,
Elena NATALITCH
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