::: ILE-DE-FRANCE
FRANCEINFO – 25/01/2017
Hausse du chômage en décembre en Île-de-France
Fin décembre 2016, en Île-de-France, le nombre de demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi et sans activité qui correspond à la catégorie A s’établit à 668 920. Ce nombre a augmenté de 0,9 % sur un mois.
Hausse du chômage en Île-de-France pour ce mois de décembre, et ce sont surtout les demandeurs d’emploi âgés de 50 ans et plus qui sont les plus touchés avec une augmentation de +1,3 % sur un mois.
LE TAUX DE CHÔMAGE AUGMENTE POUR LES SENIORS
Sur trois mois, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A diminue de 2,0 % pour les moins de 25 ans (+1,1 % sur un mois et –5,7 % sur un an), reste stable pour ceux âgés de 25 à 49 ans (+0,7 % sur un mois et –2,7 % sur un an) et progresse de 2,5 % pour ceux âgés de 50 ans ou plus (+1,3 % sur un mois et +2,9 % sur un an).
En un mois, c’est dans le Val-d’Oise que l’augmentation du nombre de chomeurs est la plus élevée
Les évolutions du nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A se situent entre –0,4 % en Seine-Saint-Denis et +1,9 % en Essonne pour les évolutions sur trois mois. Sur un mois, elles se situent entre +0,4 % en Seine-Saint-Denis et +1,5 % dans le Val-d’Oise.
FRANCEINFO – 25/01/2017
Pollution : « La gratuité des transports en Ile-de-France a coûté quatre millions d’euros par jour »
La gratuité ne sera plus appliquée dans les transports parisiens lors des pics de pollution. Le dispositif coûtait quatre millions d’euros par jour, selon le vice-président d’Ile-de-France. À la place, la RATP propose un ticket de 3,80 euros par jour.
De nombreuses régions de France sont touchées par de fortes pollutions aux particules fines. À Lyon, Villeurbanne, Grenoble et Paris des restrictions de circulation ont été mises en place. Lors des premiers pics de pollution, fin 2016, les transports parisiens étaient gratuits, afin d’inciter les voyageurs à ne pas prendre leurs voitures. Trop chère, cette mesure n’a pas été reconduite lors des nouvelles alertes.
« Les raisons financières existent réellement. Je rappelle que la gratuité des transports en Ile-de-France a coûté 4 millions par jour au Syndicat des transports d’Ile-de-France », a expliqué sur franceinfo Stéphane Beaudet, vice-président de la région Ile-de-France en charge des transports.
Un tarif de 3,80 euros pour remplacer la gratuité
« Les seuils de pollution ont été rabaissés au 1er janvier 2017. On va donc avoir cette année beaucoup plus de journées de pics de pollution qu’il y en avait l’année dernière », a-t-elle poursuivi. « On prévoit cette année 20 à 25 jours de pollution, vous multipliez ça par quatre millions par jour, cela fait 80 millions de perte pour le Syndicat des transports d’Ile-de-France », a insisté Stéphane Beaudet, « on a donc demandé à l’État de compenser cette perte, mais il a refusé. »
Face à ce refus, le Syndicat a mis en place un tarif « attractif » de 3,80 euros par jour, qui permet de voyager dans l’ensemble des transports franciliens lors des pics de pollution. Mis en place le lundi 23 janvier, il est aussi appliqué le 24. Un système similaire a été adopté à Lille.
EUROPE 1 – 25/01/2017
Sans-abris : l’Ile-de-France valide un fonds « grand froid », « indigent » selon l’opposition
La région Ile-de-France a validé mardi un fonds « grand froid » de 100.000 euros pour les sans-abris.
La région Ile-de-France a validé mardi un fonds « grand froid » de 100.000 euros pour les sans-abris. Un montant qualifié d’ « indigent » par l’opposition.
La région Ile-de-France a validé mardi un fonds « grand froid » de 100.000 euros pour les sans-abris, annoncé par la présidente Valérie Pécresse (LR) en pleine vague de froid, un montant qualifié d' »indigent » par l’opposition. Celle-ci dénonce le « désengagement massif » en faveur des plus démunis.
Un dispositif calqué sur un modèle nord-américain. Dans une déclaration d’intention figurant en annexe, la majorité régionale a accepté de « réfléchir à la manière dont la région peut s’inscrire » dans le programme ‘Un toit d’abord’, qui faisait l’objet d’un amendement défendu par l’écologiste Julien Bayou. Elle ne l’a toutefois pas inscrit au budget 2017. Pour l’élu écolo, ce dispositif, en oeuvre aux État-Unis et au Canada, « a démontré que loger les SDF gratuitement et sans condition revenait moins cher que de les laisser à la rue en leur portant assistance ponctuellement, en particulier s’agissant des personnes présentant des troubles psychiatriques liées à la rue ». « Ce serait intéressant que la région s’engage dans ce domaine », a dit Valérie Pécresse.
« C’eut été un beau geste ». Julien Bayou a lancé une pétition en faveur de ce dispositif qui a recueilli 2.175 signataires depuis vendredi soir. Il a fait part de sa « vraie déception » après la décision de la région. « C’eut été un beau geste », a-t-il dit, en pleine vague de froid et alors que viennent d’être célébrés les 10 ans de la mort de l’Abbé Pierre. Son groupe, comme le Front de gauche et le PS, ont contesté à plusieurs reprises, via de nombreux amendements, la suppression par la majorité régionale, depuis 2016, du dispositif de soutien aux centres d’accueil et d’hébergement pour personnes sans abri.
La « précarité grandissante » des Franciliens. « Cette décision est la conséquence de vos choix politiques (au niveau national, ndlr), avec la loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) », qui a fait de l’hébergement d’urgence une compétence de l’Etat, a dit Farida Adlani, vice-présidente en charge de l’action sociale. « Vous n’hésitez pourtant pas à mettre des millions sur des prérogatives qui ne sont pas directement de la région, comme la sécurité », a rétorqué l’élue FDG Clémentine Autain. « Nous sommes sensibles à la précarité grandissante des Franciliens », a affirmé Farida Adlani informant, que, outre les 100.000 euros dégagés en urgence, la région « agit à travers le Fonds régional de solidarité et de soutien aux familles (soutien aux femmes en difficulté, aux structures d’aide alimentaire, etc.) » et « l’innovation sociale ».
La majorité a accepté, à l’initiative du groupe Modem, d’augmenter de 500.000 euros le soutien régional aux femmes en difficulté, et de mettre en place des « impact social bonds » (investissement à impact social). Le dispositif permet de « lever des fonds privés pour mener des actions sociales ».
LES ECHOS – 25/01/2017
Grand Paris : élus et PME du Val-de-Marne se mobilisent
Les chantiers sur la ligne 15 sud rentrent dans le dur cette année. Le département a bataillé depuis dix ans pour le réseau. Il mise sur les retombées des travaux.
Mardi 24 janvier, devant des badauds bravant le froid, l’opération de ripage du pont-rail à la gare de Champigny-sur-Marne a commencé. Cette première opération du genre du Grand Paris Express consiste à glisser une énorme boîte de béton de 40 mètres de long sous le pont SNCF afin de préfigurer une des deux sorties de la future gare. Les travaux durent jusqu’au vendredi 27 janvier, avant de se reproduire en août à la gare de Clamart et à la fin de l’année à Arcueil-Cachan. Une étape spectaculaire qui marque l’entrée dans le dur de la construction de la ligne 15 sud, qui traversera sur 33 kilomètres le Val-de-Marne de Pont-de-Sèvres (Hauts-de-Seine) à Noisy-Champs. Ouverture prévue en 2022. C’est sur ce territoire que les grandes manoeuvres commencent. Certes, un tunnelier est déjà en action depuis 2015 entre la gare Saint-Lazare et la mairie de Saint-Ouen, mais il ne fait « que » prolonger la ligne de métro 14 au nord de Paris. Avec la ligne 15, la Société du Grand Paris commence la création de ses quatre nouvelles lignes avec la 16, 17, 18.
Le Val-de-Marne focalise l’attention. D’ici cet été, 14 des seize gares seront en travaux, ainsi que 31 des 38 ouvrages annexes. Puits de ventilation et accès de sécurité pour les pompiers sont implantés tous les 800 mètres. Le premier tunnelier, installé dès cet automne, commencera à creuser au début de l’an prochain. Au total 7 à 10 de ces monstres d’acier creuseront de concert lorsque les travaux monteront en puissance l’an prochain.
Faciliter l’accès aux marchés publics pour les PME
Les marchés aiguisent les appétits des entreprises du BTP. Dans les semaines qui viennent, trois gros lots de génie civil – dont deux entre 800 millions et un milliard d’euros – seront attribués sur la ligne 15 sud. Il s’agit des tronçons entre Fort d’Issy-Vanves Clamart et Villejuif (fin février), puis jusqu’à Créteil l’Echat (fin janvier) et enfin jusqu’à Bry-Villiers-Champigny (mi-mars). Deux autres moins gros suivront. En 2016, trois lots avaient été attribués.
Le territoire se frotte les mains. Le Val-de-Marne avait bataillé pour obtenir le passage du Grand Paris Express. Il y a dix ans, le président du conseil général, Christian Favier (PCF), créait l’association Orbival pour promouvoir la création d’un métro inter-banlieue. Il donnera naissance au tracé actuel de la ligne 15 sud et 15 est. Pour s’assurer que le territoire soit pris en compte, le Val-de-Marne a réclamé dès le départ la présence de deux sites de maintenance. Ce sera chose faite à Champigny-sur-Marne et Vitry-sur-Seine, avec à la clé 800 salariés à terme. Habile. Elus et entreprises locales misent aujourd’hui sur les retombées du chantier. Pour faciliter l’accès aux marchés – dont 20 % doivent êtres réservés aux PME – un groupement de quinze patrons – bientôt 20 -, constitué en association loi 1901, s’est créé en juin 2016. Briand (bâtiment), SNTPP (BTP), Perez Morelli (démolition)… L’idée du « XV », qui s’est adossé à Eiffage sur deux offres, est de couvrir un maximum de compétences. « Certains marchés de construction des parois moulées pourraient être allotis pour que les PME puissent répondre », indique Bernard Benoist, PDG de la société de travaux publics UCP. Un Observatoire des PME sera installé la semaine prochaine par la SGP (Société du Grand Paris) en partenariat avec la CCI Paris-Ile-de-France, pour s’assurer du respect de cette clause. « Cet observatoire servira aussi à animer des réseaux de PME pour leur faire connaître les marchés accessibles », précise Philippe Yvin, président du directoire de la Société du Grand Paris. Dans la liste, le Val-de-Marne pourrait aussi accueillir le premier site de l’Académie du Grand Paris à l’automne. Mise en place avec la Fédération des travaux publics Ile-de-France, cette plate-forme de formation se déploiera sur plusieurs endroits.
Marion Kindermans
::: ECONOMIE
LES ECHOS – 25/01/2017
Le chômage a baissé en 2016 pour la première fois en neuf ans, malgré une fausse note en décembre
Le nombre de demandeurs d’emplois inscrits à Pôle emploi en catégorie A (ceux qui n’ont pas du tout travaillé) a augmenté de 26.100 en décembre.
+VIDEO. Le nombre d’inscrits à Pole emploi en catégorie A a augmenté de 26.100 en décembre. Mais sur l’année écoulée, il a baissé de 107.400.
Tout arrive. Malgré une fausse note en décembre, 2016 restera comme « le » millésime du quinquennat Hollande en matière de chômage. Sur le dernier mois de l’année écoulée, le nombre de demandeurs d’emplois inscrits à Pôle emploi en catégorie A (ceux qui n’ont pas du tout travaillé) a augmenté de 26.100, par rapport à novembre, pour se fixer à 3,473 millions en France métropolitaine. Cette hausse, due principalement à des fins de CDD, fait de l’ombre au bon chiffre de novembre (-31.800), mais ne remet pas en cause la tendance.
Sur trois mois glissants, le nombre d’inscrits à Pôle emploi sans activité a baissé de 17.400. Mieux, sur l’année, le recul a atteint 107.400, après huit années de hausse consécutives, n’a pas manqué de souligner Myriam El Khomri, la ministre du Travail. Autrement dit, non seulement 2016 sera l’année de l’inversion, mais en plus il faut remonter à 2007, soit l’année avant la crise des subprimes, pour retrouver une baisse annuelle du chômage en France, même si elle avait été beaucoup plus prononcée à l’époque (près de 250.000 demandeurs d’emplois de moins).
Les moins de 25 ans en sont les principaux bénéficiaires, toujours selon l’exécutif. Ils étaient 46.100 de moins sans activité fin 2016, soit une baisse de 8,8 % sur un an, « plus de deux fois supérieure » à celle de 2015. Et un retour au niveau de mi-2011. Pour les chômeurs de longue durée la baisse ressort à 2,4 %, à 58.300.
Quid du millésime 2017
Pour expliquer ces bons résultats, l’exécutif met encore une fois en avant les différents dispositifs mis en place pour réduire les charges des entreprises (CICE, pacte de responsabilité, prime PME…) et la hausse des créations d’emplois qui en a découlé, comme vient de le souligner l’Acoss, l’organisme qui collecte les cotisations sociales. De fait, les statistiques retraçant les entrées et sorties des catégories A, B (inscrits à Pôle emploi ayant travaillé moins de 78 heures), ou C (plus de 78 heures), confirment l’embellie sur un an : forte décrue des inscriptions pour fin de CDD d’un côté, forte décrue également pour reprise d’emplois déclarée de l’autre.
Toute la question est de savoir si le millésime 2017 sera du même tonneau que le précédent. D’un point de vue macro-économique, les économistes tablent sur une croissance de 1,2 % « seulement », comme l’année dernière. C’est suffisant pour faire baisser le nombre de demandeurs d’emplois, mais sans doute dans de moindres proportions car les dispositifs mentionnés précédemment vont s’essouffler.
Confiant, le gouvernement parie sur une poursuite de la tendance, au moins sur le premier semestre, d’autant que les premiers résultats, encore très partiels, du plan « 500.000 formations supplémentaires » de chômeurs seraient satisfaisants en termes de retour à l’emploi. Dans sa dernière note de conjoncture, l’Insee table sur une décrue de 20.000 du nombre de chômeurs seulement, mais en comptant selon la norme du BIT.
Par ailleurs, si la courbe du chômage est bien inversée comme l’avait promis François Hollande, depuis son élection, le nombre d’inscrits en catégorie A a augmenté de 550.000.
VIDEO – Baisse du chômage en 2016, une première depuis 2007 : http://www.lesechos.fr/economie-france/social/0211725866185-chomage-une-fausse-note-en-decembre-2059727.php
LES ECHOS – 25/01/2017
Chômage : un recul quasiment dans toutes les régions
+VIDEO + INFOGRAPHIE – La baisse du chômage a été particulièrement forte l’an dernier dans les Pays de la Loire et en Bretagne.
En 2016, toutes les régions ont bénéficié de l’amélioration de la situation de l’emploi à une exception près, La Réunion, qui a encore accusé une progression du chômage, néanmoins limitée puisqu’elle est évaluée par le ministère du Travail à +0,1 %. Elles n’ont cependant pas toutes autant vu baisser leurs effectifs de chômeurs n’ayant pas du tout travaillé (catégorie A). Ainsi, les Pays-de-la-Loire sont arrivés en tête, avec une diminution de 5,2 % de leur nombre de demandeurs d’emploi, devant la Bretagne, où il a reculé de 4,7 %. La Bourgogne-Franche Comté est arrivée en troisième position, à – 4,6 %. L’Ile-de-France, elle, a vu sa population en recherche d’emploi se réduire de seulement 2 %, se plaçant à la onzième place sur les treize régions de France métropolitaine.
Le bilan du quinquennat s’annonce négatif
Reste que, dans toutes les régions, le bilan du quinquennat s’annonce négatif. C’est particulièrement vrai en valeur absolue dans trois d’entre elles qui auront vu le nombre de personnes pointant à Pôle emploi progresser de plus de 100.000 : l’Ile-de-France (+130.000) et le Grand-Est (+116.000 environ). L’Occitanie (un peu moins de 100.000) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (-90.400) ont approché ce seuil.
Le mouvement de baisse du chômage constaté en 2016 ne corrigera pas les inégalités fortes qui existent entre les régions en la matière. Au contraire, même, puisque l’on constate que les deux régions qui ont le plus vu leur situation s’améliorer sont celles qui ont déjà des taux de chômage parmi les plus faibles. C’est ce que montre la dernière étude de l’Insee sur les taux de chômage localisés au troisième trimestre de 2016 : les Pays-de-Loire et la Bretagne sont des régions où le taux de chômage est inférieur à 9 %, comme l’Ile-de-France et Auvergne-Rhône Alpes. Quatre régions ont a contrario un taux de chômage supérieur à 11 % : les Hauts-de-France, l’Occitanie, Paca et la Corse.
Dans une étude réalisée fin 2015 au prisme des treize nouvelles régions, l’Insee avait montré que si aucune d’entre elles n’avait été épargnée par la crise, celles du nord et du sud-est du pays avaient été les plus impactés.
VIDEO – Baisse du chômage en 2016, une première depuis 2007 : http://www.lesechos.fr/economie-france/social/0211726429258-chomage-un-recul-quasiment-dans-toutes-les-regions-2059748.php
LES ECHOS – 25/01/2017
L’emploi des jeunes demeure un point noir
La part des jeunes sans emplois dépasse en France la moyenne européenne.
L’insertion professionnelle des jeunes était déjà difficile en 1981, date d’un rapport de Bertrand Schwartz au Premier ministre d’alors, Pierre Mauroy, qui a fait date et est à l’origine de la création des missions locales. Elle est toujours voire plus difficile trente-cinq ans plus tard. C’est le diagnostic du rapport remis ce mardi par France Stratégie, un organisme de réflexion rattaché à Matignon, associé au ministère du Travail, et issu d’une concertation lancée par Myriam El Khomri.
Ce document permet d’en prendre la mesure au travers d’une batterie de chiffres inquiétants. Même s’il donne une image tronquée de la situation, le taux de chômage des jeunes – calculé comme le nombre de chômeurs de 15 à 24 ans rapporté à la population active du même âge – ressort à 25 % et a été multiplié par 3,5 en quarante ans. Pour tenir compte de tous les jeunes en études, le rapport juge plus pertinent de mettre en avant la part des jeunes sans emploi. Las, même moins noire, cette statistique n’est pas glorieuse non plus : 13,8 % pour les 20-24 ans et 11,6 % pour les 25-29 ans, contre 11,7 % et 10,2 % respectivement pour la moyenne européenne. Autre constat : 17 % des 15-29 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. Non seulement ce taux est supérieur à la moyenne des Vingt-Huit, mais il n’a pas encore reculé.
La dégradation de l’insertion des jeunes dans le marché du travail s’explique évidemment par celle du marché du travail dans sa globalité. Le faible cumul emploi-études joue aussi, malgré la hausse très importante de l’apprentissage. Mais les jeunes, plus que leurs aînés, ont pris de plein fouet la montée de la précarité. Les contrats temporaires concernent plus d’un tiers d’entre eux.
« Si la situation […] apparaît globalement dégradée, ce constat doit être nuancé », selon le rapport. De fait, le « diplôme » assure encore à ceux qui en ont décroché un de meilleures chances de trouver un travail. A l’opposé, la surexposition des moins qualifiés s’est accrue avec la crise, sachant qu’un jeune sur dix ne maîtrise pas les compétences dites « de base ». A cela s’ajoutent des freins périphériques – mobilité, résidence, fracture numérique, logement, ou encore pauvreté – qui touchent un jeune sur dix également. Les jeunes issus de l’immigration sont victimes d’une situation encore plus défavorable. C’est notamment le cas pour les descendants d’immigrés africains, « même quand on neutralise les effets liés à l’âge, au diplôme, à l’origine sociale ou au lieu de résidence ». « La France ne fait pas exception en Europe, mais cultive un certain nombre de spécificités », résume Hélène Garnier, directrice du département travail-emploi-compétences de France Stratégie.
Que dire enfin de la myriade de dispositifs censés favoriser l’insertion des jeunes ces dernières années ? Le constat est variable d’un dispositif à l’autre : bon pour la garantie jeunes, nettement moins bon pour le contrat de génération, mesure phare de François Hollande en début de quinquennat. Les accompagnements se sont intensifiés et individualisés, mais au prix d’une plus grande complexité d’ensemble et d’une perception d’instabilité des règles de financement de la part des entreprises. « Ce qui risque fortement de se traduire par une moindre efficacité d’ensemble », conclut le rapport.
LE FIGARO – 25/01/2017
L’emploi des seniors, l’échec du quinquennat
Depuis juin 2014, le nombre de personnes de plus de 50 ans inscrites en catégorie A a augmenté de 15 %.
C’est le point noir de la politique de l’emploi du quinquennat de François Hollande. Fin 2016, la barre symbolique des 900.000 personnes de plus de 50 ans inscrites en catégorie A (sans aucune activité) à Pôle emploi a été franchie. Un chiffre en augmentation de 50 % depuis l’élection présidentielle de 2012. Les seniors représentent désormais plus du quart de l’ensemble des chômeurs sans activité. L’exécutif avait pourtant tenté de prendre le taureau par les cornes. En juin 2014, François Rebsamen, alors ministre du Travail, présentait un nouveau plan pour l’emploi des seniors. Avec un objectif précis, stabiliser le chômage de cette tranche d’âge en six mois, puis le faire reculer.
Au programme, les ficelles classiques des politiques de l’emploi: un doublement de l’aide lié au contrat de génération en cas d’embauche d’un senior, un renforcement du suivi de Pôle emploi pour 80.000 chômeurs de longue durée supplémentaires, l’instauration d’un dispositif pour inciter des chômeurs seniors à faire des stages en entreprise. Une enveloppe – modeste – de 150 millions d’euros était débloquée pour financer l’ensemble. Deux ans et demi après le lancement du plan, le bilan est négatif. Depuis juin 2014, le nombre de personnes de plus de 50 ans inscrites en catégorie A a encore augmenté de 15 %.
Un effort sur la formation
«Le chômage des seniors est bien sûr encore trop élevé, même si la tendance s’est améliorée ces derniers mois, nuance-t-on au ministère du Travail. Pour y parvenir, le gouvernement a fait preuve de volontarisme en mobilisant l’ensemble des dispositifs dont il dispose.» Le nombre de seniors s’est ainsi accru parmi les contrats aidés du secteur non marchand. Ils représentent désormais plus de 32 % des effectifs.
Autre outil: la montée en puissance de la formation, dans le cadre notamment du plan 500.000 formations supplémentaires pour les demandeurs d’emploi. En octobre, les plus de 50 ans, traditionnellement plutôt réfractaires à la formation, représentaient 23,7 % de l’ensemble des stagiaires. Reste un point à ne pas négliger: malgré cette hausse du chômage, le nombre de seniors en emploi a augmenté: le taux d’emploi des 55-64 ans a atteint 48,7 % fin 2015, contre 40 % cinq ans plus tôt. Une hausse liée au report de l’âge légal de départ à la retraite.
LE FIGARO – 25/01/2017
La formation, la solution aux ravages du numérique
Réussir la transition numérique permettrait de sauvegarder les emplois menacés par les nouvelles technologies, selon une étude d’Accenture dévoilée en exclusivité par Le Figaro.
Le numérique aura un impact fort sur l’emploi dans les années à venir. Mais les économistes ne s’accordent pas sur son ampleur, les uns (OCDE…) estimant que moins de 10 % des postes seraient menacés par l’automatisation et l’intelligence artificielle, tandis que des experts d’Oxford fixent le curseur à 47 %. Quoi qu’il en soit, l’effet sera moins négatif si les salariés peuvent se reconvertir, en abandonnant des tâches automatisables pour des fonctions à valeur ajoutée.
D’où l’importance de la formation, mise en avant par une étude d’Accenture que Le Figaro dévoile en exclusivité. Si la formation fonctionne, la part des emplois risquant de disparaître du fait des nouvelles technologies ne sera que de 4 % aux États-Unis, 6 % au Royaume-Uni (contre 20 % autrement) et 10 % en Allemagne, selon les simulations de cabinet de conseil.
«Les salariés ont pris conscience de cet enjeu et sont prêts à se former», souligne Fabrice Asvazadourian, le directeur exécutif d’Accenture Strategy, en s’appuyant sur le sondage réalisé, auprès de plus de 10.000 personnes, dans dix pays dont la France, le Royaume-Uni, l’Inde, les États-Unis et le Japon.
64 % des personnes interrogées estiment ainsi que le changement s’accélère. Et 85 % veulent prendre sur leurs loisirs pour se former aux nouvelles technologies. Ce taux atteint encore 73 % en France, pays réputé pour son goût du temps libre… Malgré ces bouleversements, 87 % (78 % en France) restent optimistes et pensent que les nouvelles technologies amélioreront leur travail dans les cinq prochaines années.
Pénurie de main-d’œuvre
«Les entreprises qui réussiront la transition numérique seront celles qui auront su embarquer leurs collaborateurs en les formant. L’enjeu est immédiat: les entreprises ne peuvent plus se contenter de mener quelques projets digitaux», insiste Fabrice Asvazadourian. L’étude souligne aussi que la communauté des affaires doit inciter les gouvernements à réformer la formation initiale. Une nécessité, alors que 40 % des employeurs dans les pays étudiés font face à des pénuries de main-d’œuvre qualifiée.
::: ENTREPRISES
LES ECHOS – 25/01/2017
Jacques Creyssel : « Le commerce est au cœur d’une triple révolution. C’est une chance »
Jacques Creyssel, Délégué Général de la Fédération du Commerce et de la Distribution
La Fédération du commerce et de la distribution (FCD), représente les plus grands distributeurs français – Carrefour, Casino, Auchan, Système U – à l’exception de Leclerc et Intermarché. Dans une interview aux « Echos », son délégué général, Jacques Creyssel, alerte les candidats à la présidentielle sur les enjeux à venir d’un secteur qui « pèse » 200 milliards d’euros de chiffre d’affaires et emploie 750.000 personnes en France.
La FCD sort un document intitulé : « Commerce et distribution, pour une politique d’avenir claire et ambitieuse ». C’est un catalogue de vos demandes aux candidats à la présidentielle ?
Ce n’est pas un catalogue ! C’est l’analyse détaillée des défis que l’un des secteurs d’activité les plus importants de notre économie va relever dans les années qui viennent. Le commerce n’est que rarement au coeur des campagnes électorales. Pourtant, c’est un acteur économique majeur qui représente au total plus de 1,7 million d’emplois – avec des entreprises qui sont les premiers recruteurs de jeunes peu qualifiés – et se situe au coeur d’une croissance qui s’appuie beaucoup sur la consommation. Ce secteur, longtemps considéré comme résilient, se trouve aujourd’hui au coeur d’une triple révolution : révolution des modes de consommation en faveur de plus de qualité, révolution digitale qui consacre le modèle omnicanal et révolution économique avec notamment l’instabilité des matières premières. Ce que nous demandons aux futurs gouvernants, c’est une vraie politique du commerce, fondée sur l’égalité des conditions de concurrence, car nous sommes persuadés que les révolutions en cours peuvent être une chance.
La plupart de vos revendications ne visent-elles pas à consolider le modèle de distribution omnicanal ?
On le voit, c’est bien la combinaison entre les magasins physiques et la vente en ligne qui constitue le modèle gagnant, et rentable, du commerce de demain. C’est à la fois plus de choix et de services pour le consommateur et pour le commerçant l’opportunité de remettre en avant le plaisir dans la consommation. Pour cela, il faut impérativement une égalité fiscale entre tous les acteurs, distributeurs « omnicanaux » et « pure players » d’e-commerce. Ces derniers, notamment ceux qui opèrent depuis l’extérieur de l’Europe, comme le chinois Alibaba, échappent en partie à l’impôt sur les sociétés et à la TVA. A l’inverse, le commerce physique est assujetti à une lourde fiscalité sur le bâti : la Tascom, qui porte sur les mètres carrés, et les impôts locaux. Au total, cela représente près de 1 % du chiffre d’affaires des distributeurs, soit l’équivalent de leur marge nette. Nous proposons la suppression de l’essentiel de ces taxes et un transfert sur la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) et la TVA. Cette égalité fiscale est essentielle pour soutenir les magasins qui animent nos centres-villes. L’égalité des règles, c’est aussi rendre possible une plus grande ouverture des magasins, le dimanche et en soirée.
Selon vous, la révolution en cours aura-t-elle un impact fort sur les emplois ?
Oui, et là encore, il faut y voir une formidable opportunité. La digitalisation, c’est aussi l’évolution des types d’emploi. On parle souvent d’ubérisation. Mais on parle moins de l’apparition de nouveaux métiers qui génèrent de l’embauche, comme les spécialistes des données (« data scientists »), des designers adaptés au Web, des spécialistes du merchandising virtuel, des experts en sécurité informatique, etc. Il faut aussi mettre cela en parallèle avec le développement de la robotisation. Cela concerne pour partie les caisses, les entrepôts mais aussi à terme la livraison avec les véhicules autonomes. Nous n’avons pas une vision pessimiste de ces évolutions, bien au contraire. Si certains postes traditionnels peuvent être affectés, d’autres métiers existants vont avoir des besoins accrus : les métiers de bouche, les vendeurs et plus généralement les métiers de service essentiels à l’attractivité des magasins. Pour accompagner ces mouvements, nous préconisons de supprimer totalement les charges sociales sur le SMIC et de poursuivre ces nouvelles baisses de charges, de façon dégressive, jusqu’à au moins 2,5 SMIC. Le CICE a eu des effets positifs sur l’emploi qu’il faut développer. Il ne faut pas oublier que le commerce électronique emploie deux à trois fois moins de salariés que le commerce physique à chiffre d’affaires égal.
La distribution est aussi confrontée à un changement des modes de consommation. Il existe une réelle défiance à l’égard des produits alimentaires. N’est-ce pas là le plus grand défi des distributeurs, et de leurs fournisseurs ?
79 % des Français jugent probable que les aliments ont un effet sur leur santé. C’est un vrai défi qu’il nous faut relever ! Les consommateurs recherchent plus de qualité et plébiscitent les produits des PME qui ont représenté 84 % de la croissance du marché des produits de grande consommation en 2016 ! Concernant le boeuf et le lait, nous assistons à une baisse structurelle de la consommation. Ajouté à la volatilité du cours des matières premières au niveau mondial, cela pousse à la remise en question du modèle agricole français. Les réformes successives de la PAC ont privilégié l’ouverture au marché. Il faut en tirer les conséquences. Dans un système de marché, c’est le consommateur qui décide. Il est aberrant que l’on soit obligé d’importer les deux tiers des volumes de porc bio, alors que celui-ci est bien mieux rémunéré que le porc traditionnel. Autre exemple : les Français aiment le raisin sans pépin et nous le faisons venir d’Italie. Il faut intégrer dans les interprofessions la distribution, qui connaît les attentes du consommateur, et développer des filières avec des contrats pluriannuels. La France a besoin d’une nouvelle stratégie agricole fondée sur une autre approche, de la fourchette à la fourche et non plus l’inverse.
Philippe Bertrand
LE FIGARO – 25/01/2017
Whirlpool ferme sa dernière usine française
Le site d’Amiens, qui emploie 290 salariés, fermera en juin 2018. Le groupe américain, qui se réorganise depuis l’acquisition d’Indesit, délocalisera la production de sèche-linge vers la Pologne et la Grande-Bretagne.
Les 290 salariés de l’usine Whirlpool d’Amiens (Somme) ont enfin eu la réponse à la question qu’ils se posent depuis des mois. Cette fois, la fermeture de leur site, où sont produits des sèche-linge, est confirmée. Et le messager de cette mauvaise nouvelle était bien leur nouveau directeur d’usine, arrivé il y a deux semaines tout juste. Il a annoncé mardi matin l’arrêt de la production sur le dernier site français du géant mondial de l’électroménager. Les appareils sortiront ensuite des chaînes de l’usine britannique de Yate et, surtout, de celles situées à Lodz (Pologne), un site qui est amené à grandir.
Whirlpool (20,9 milliards de dollars de chiffre d’affaires) justifie ce projet comme la «mise en place d’un modèle économique pour s’adapter aux demandes d’une clientèle de plus en plus exigeante en termes de fonctionnalités et d’efficacité énergétique, dans le contexte d’un marché de plus en plus concurrentiel». La conjugaison de deux tendances dans l’électroménager a conduit le groupe américain à signer l’arrêt de mort de son usine dans le nord de la France.
D’un côté, c’est le regroupement de la production sur des sites de grande taille, comme dans l’automobile, pour produire à plus faible coût. De l’autre, c’est la constitution de grands groupes, souvent par des rachats, pour exploiter plusieurs marques. Depuis l’acquisition de l’italien Indesit en 2014, Whirlpool commercialise des mixeurs, réfrigérateurs et autres appareils sous neuf marques. Son plus grand concurrent, le chinois Haier, qui a racheté GE Appliances l’an dernier, en possède cinq et le français SEB pas moins d’une trentaine.
Depuis l’intégration d’Indesit, Whirlpool compte une cinquantaine d’usines, dont celles de la marque italienne dans son pays d’origine et que le groupe américain s’est engagé à ne pas fermer avant 2018…
Accords de compétitivité
En France, il n’a pas fait cette promesse. Sa seule obligation, conformément à la loi Florange, est de tenter de trouver un repreneur pour son site amiénois, qui employait 1300 personnes il y a quinze ans. Après plusieurs plans sociaux, il en reste aujourd’hui moins de 300, avec une moyenne d’âge supérieure à 40 ans. S’y ajoutent 250 intérimaires et une centaine de salariés d’un sous-traitant, qui travaille quasi exclusivement pour le groupe américain. «Nous avions pourtant fait des efforts en signant des accords de compétitivité et notre usine est rentable», déplore Cécile Delpirou, élue CFE-CGC, faisant part de la grande tristesse dans l’usine après «l’annonce brutale».
Whirlpool semblait en effet avoir donné des gages sur l’avenir d’un site dans son premier marché européen, qui serait aussi le plus profitable. «Amiens a toujours été une usine importante pour la France et l’Europe», affirmait le PDG Jeff Fettig début 2015 (nos éditions du 14 mars). Le groupe, qui a obtenu le label «Origine France Garantie», insistait il y a peu encore sur les 35 millions d’euros investis ces cinq dernières années à Amiens. Les syndicats estiment la somme inférieure, mais ils avaient tout de même repris confiance l’an dernier lorsque les capacités ont été augmentées. Si les salariés sont peu optimistes sur une possible reprise, ils espèrent mobiliser les hommes politiques en cette période préélectorale.
LE PARISIEN – 25/01/2017
Vivarte : la vente à la découpe a commencé
L’enseigne de chaussures André compte 135 magasins, 786 salariés.
Le géant de l’habillement a annoncé hier la cession de Naf Naf et André et la suppression de 1 000 emplois
Une vraie saignée… Le couperet est tombé pour des milliers de salariés du groupe d’habillement Vivarte, plombé par une dette nette de 1,15 Md€ héritée de la gestion par des LBO. Les LBO, ce sont ces opérations de rachat d’entreprises réalisées à grand renfort de dettes par des fonds d’investissement.
A vendre dès aujourd’hui : l’enseigne historique du chausseur André (135 magasins, 786 salariés), tout un symbole puisque le groupe a été créé à partir de cette entreprise. La marque Naf Naf (860 salariés) sera elle aussi cédée dans la foulée. Et d’autres pourraient l’être à l’avenir, « selon l’opportunité », a déclaré hier au « Figaro » le nouveau PDG du groupe, Patrick Puy. Alors que Vivarte a levé, hier, une partie du voile sur le traitement de choc administré à ses entreprises, ce dernier a assuré que la dette du groupe devrait être ramenée à 572 M€, « un accord avec les créanciers étant en très bonne voie ».
Le vaste plan de restructuration ne sera complètement connu qu’au fur et à mesure des comités centraux d’entreprise de toutes les autres enseignes (Kookaï, Caroll, Minelli, etc.).
Outre les cessions, le groupe a également confirmé hier une sévère restructuration dans les deux Halle (aux chaussures et aux vêtements). La plus impactée, la Halle aux chaussures (3 900 salariés) va fermer 141 points de vente (sur 650), soit plus de 730 postes supprimés. La fusion de 41 autres boutiques avec celles de la Halle aux vêtements (4 100 salariés) est prévue pour créer des magasins mixtes. Avec à la clé le lancement d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), comprenant une phase de départs volontaires. Les deux sièges, où travaillent 520 salariés, vont aussi fusionner et les effectifs seront divisés par deux, selon les syndicats. Sans compter Vivarte Services (240 salariés), où un deuxième PSE est prévu.
Un ancien PDG accuse les actionnaires
Un drame social et un désastre économique qui tombent mal. Le ministre de l’Economie Michel Sapin — comme ses prédécesseurs — va devoir expliquer pourquoi ses services, pourtant au fait de la situation, ne se sont pas saisis plus tôt de cette déconfiture annoncée du géant français de l’habillement.
Selon nos informations, plusieurs réunions ont eu lieu entre les conseillers de Bercy, ceux du ministère du Travail et les syndicats de Vivarte. « On les a alertés à plusieurs reprises sur la situation du groupe. A chaque fois, on est repartis sans aucune réponse »,affirme un représentant syndical. Lors de la dernière rencontre de l’intersyndicale à Bercy, le 11 janvier dernier, un des conseillers a réaffirmé que « Bercy n’avait aucun levier pour intervenir ». « On ne peut rien faire, ils n’ont enfreint aucune loi », s’est même vu rétorquer à l’Elysée l’ancien PDG, Stéphane Maquaire, débarqué quelques mois après son arrivée en octobre 2016. Un autre ancien PDG, Marc Lelandais, remercié en 2015, accuse directement les actionnaires sur les réseaux sociaux : ce sont « des fonds spéculatifs, vautours, qui ont pris les commandes » de Vivarte.
En pleine tourmente, ce sont cette fois les ministères de l’Economie et du Travail qui ont convoqué une réunion, aujourd’hui, avec les syndicats.
VIDEO. Manif des salariés de Vivarte : «On craint des centaines de licenciements» : http://www.leparisien.fr/economie/vivarte-la-vente-a-la-decoupe-a-commence-25-01-2017-6614958.php
LE MONDE – 25/01/2017
Fessenheim : EDF ouvre la voie à l’arrêt de la centrale nucléaire
Le conseil d’administration du groupe a donné son feu vert à l’accord d’indemnisation pour une fermeture anticipée de la plus vieille centrale de France.
Une nouvelle étape importante a été franchie, mardi 24 janvier, dans le règlement du « dossier Fessenheim » qui traîne depuis près de cinq ans. Au terme d’un compromis avec l’Etat, le conseil d’administration d’Electricité de France (EDF) a voté de justesse – grâce à la voix prépondérante de son PDG, Jean-Bernard Lévy – le mécanisme d’indemnisation du groupe d’électricité et de ses partenaires allemands et suisses pour l’arrêt de la centrale du Haut-Rhin. L’indemnisation sera constituée d’une part fixe de 490 millions d’euros versés d’ici à 2021 (coûts de reconversion du personnel, démantèlement…) et d’une part variable pour compenser d’éventuels manques à gagner jusqu’en 2041.
La ministre de l’environnement et de l’énergie a immédiatement salué une « décision équilibrée (…) qui va permettre de nouveaux investissements industriels franco-allemands sur le territoire du Haut-Rhin », indiquant qu’elle avait contacté le ministre allemand de l’économie, Sigmar Gabriel. Parmi les pistes de reconversion, Ségolène Royal a évoqué l’éventuelle installation d’une usine de voitures électriques Tesla, un projet d’usine de batteries de troisième génération ou la création d’un site pilote de démantèlement de centrales.
« C’est aussi un choix positif pour l’entreprise », a estimé Mme Royal. EDF pourra « rationaliser » ses investissements, les réorienter vers les énergies renouvelables et « respecter la loi de transition énergétique » qui prévoit de ramener de 75 % à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité en France.
Le vote était loin d’être acquis il y a seulement quelques jours. Le conseil d’administration d’EDF compte dix-huit membres. Le gouvernement a travaillé au corps les six administrateurs indépendants, seuls susceptibles de voter en faveur d’un arrêt de la centrale : M. Lévy, dont le vote favorable était acquis ; Laurence Parisot, ex-présidente du Medef ; Bruno Lafont, ancien patron de Lafarge ; Colette Lewiner, conseillère du président de Capgemini ; Philippe Crouzet, président du directoire de Vallourec ; Claire Pedini, directrice générale adjointe de Saint-Gobain.
Première étape vers une fermeture
Leur accord était en effet nécessaire. Les six représentants de l’Etat ne pouvaient pas prendre part au vote sans être accusés de conflit d’intérêt. Quant aux six administrateurs salariés (CGT, CFDT, FO et CFE-CGC), ils avaient annoncé depuis des semaines qu’ils se prononceraient contre une décision contraire, selon eux, aux intérêts des salariés, de l’entreprise et de l’activité autour d’une centrale qui génère 2 200 emplois, dont la moitié dans la centrale elle-même avec ses 850 salariés d’EDF et ses 250 prestataires permanents.
En cas de vote négatif sur Fessenheim, les pouvoirs publics menaçaient EDF de ne pas prendre deux textes réglementaires : le premier pour permettre la poursuite du chantier de Flamanville ; le second pour relancer le réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire de Paluel (Seine-Maritime), en arrêt prolongé à la suite de la chute d’un générateur de vapeur de 450 tonnes dans le bâtiment réacteur.
La Commission européenne devra se prononcer sur le protocole d’indemnisation au regard du respect des règles sur les aides d’Etat. La voie sera alors libre pour que le gouvernement prenne, avant l’élection présidentielle d’avril-mai 2017, le décret d’abrogation de l’autorisation d’exploiter la doyenne du parc nucléaire français. Ainsi François Hollande pourra-t-il dire qu’il a au moins enclenché le processus, sans avoir respecté la promesse faite à ses alliés d’Europe Ecologie-Les Verts en 2011 de fermer la centrale au cours de son quinquennat.
Des indemnités jusqu’en 2041
L’indemnisation devra notamment compenser les pertes de recettes de ces deux réacteurs nucléaires de 900 mégawatts (MW) que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait pourtant autorisé à fonctionner pendant encore six ans. Un tiers sera versé au partenaire allemand EnBW et à un consortium suisse, qui ont financé ensemble 32,5 % de l’installation et « tirent » un tiers du courant produit.
Les deux réacteurs ne seront pas arrêtés avant la fin de 2018, l’horizon prévu par EDF pour le raccordement au réseau de l’EPR de Flamanville. Ses 1 650 mW compenseront alors les capacités électro-nucléaires perdues à Fessenheim, et la France conservera la même capacité de 63 000 mW de nucléaire, sur un parc de production de 130 000 mW (nucléaire, hydraulique, thermique, renouvelables).
Débrayages appelés par les syndicats
Les syndicats de la centrale ont appelé à des débrayages depuis lundi, soulignant le gâchis économique et social entraîné par une telle décision. Fessenheim, qui produit 2,4 % du courant français, a été la première centrale mise aux nouvelles normes post-Fukushima imposées par l’ASN. Elle génère plusieurs dizaines de millions d’euros de recettes, même si EDF se refuse à fournir des données sur la rentabilité de cette usine.
Tout en dénonçant les retards, les écologistes français, rejoints par des Verts allemands et suisses des régions frontalières, applaudiront à la fermeture d’une centrale qu’ils jugent « dangereuse », non seulement en raison de son ancienneté, mais aussi de sa situation en zone inondable et sur une faille sismique.
Yannick Jadot en a fait un symbole : le candidat désigné d’Europe Ecologie-Les Verts à l’élection présidentielle s’est rendu sur le site alsacien, le 20 janvier. Il a plaidé pour des « plans de conversion industrielle et professionnelle » afin d’éviter les pertes d’emplois. Ancien responsable des campagnes antinucléaires de Greenpeace, M. Jadot défend une « sortie progressive et définitive du nucléaire d’ici à 2035 ». Fessenheim doit être, selon lui, une des toutes premières centrales à fermer dès 2017.
Le feuilleton politique n’en est pas terminé pour autant. Car ce qu’un décret gouvernemental peut faire, un autre peut le défaire. François Fillon, candidat de la droite à l’élection présidentielle, s’est engagé à « stopper la fermeture » de la centrale s’il est élu en mai. Une centrale qui a reçu une autorisation de l’ASN pour produire jusqu’au 31 décembre 2022.
LE FIGARO – 25/01/2017
La France lance avec succès la plus importante obligation verte au monde
Les investisseurs ont plébiscité cette opération historique sur le marché de la finance environnementale.
Le succès a dépassé toutes les espérances. La France vient d’émettre son premier emprunt spécialement destiné à financer la transition énergétique, et a rencontré un accueil enthousiaste auprès des investisseurs français et européens. Si enthousiaste que l’Agence France Trésor a pu placer pour 7 milliards d’euros de ces nouvelles obligations vertes, un montant nettement plus important que ce qu’avaient laissé entendre Michel Sapin et Ségolène Royal le 3 janvier dernier. Ils tablaient alors prudemment sur 2,5 milliards d’euros minimum. «À 4 ou 5 milliards, l’opération aurait déjà été très belle, mais 7 milliards, c’est exceptionnel», résume Anthony Requin, directeur général de l’Agence France Trésor.
L’obligation verte tricolore est ainsi devenue d’emblée la plus importante au monde «devant celle de la BEI, qui totalise 3 milliards d’euros d’encours», précise Tanguy Claquin, responsable de la finance environnementale au Crédit agricole CIB.
Jusqu’en décembre dernier, aucun État n’avait encore émis d’obligations vertes. Des institutions internationales, des collectivités locales, comme la région Île-de-France, des entreprises (notamment dans le secteur de l’énergie, comme EDF ou Engie) et des banques les avaient déjà utilisées pour financer leurs projets environnementaux. «Mais avant qu’un État ne se lance à son tour, il fallait que le marché ait déjà acquis une certaine profondeur», indique Tanguy Claquin. La France aurait aimé être le premier pays à franchir le pas, mais la Pologne lui a grillé la politesse en décembre dernier, avec une petite émission (750 millions d’euros).
La première obligation à 22 ans
Rien à voir donc avec la taille de celle de l’État français, qui devrait encore grossir dans les prochains mois. Elle sera en effet complétée à hauteur de 4 à 5 milliards d’euros. L’enjeu est important car, sur le marché obligataire, la taille est un argument décisif pour les investisseurs: elle leur garantit une certaine facilité à acheter et revendre leurs titres.
Le gouvernement a identifié une enveloppe de 13 milliards d’euros de projets verts à financer. Et la demande rencontrée par la première émission lui donne une belle marge de manœuvre: elle a atteint un montant exceptionnel de plus de 23 milliards d’euros, soit près de trois fois le montant émis.
Cet engouement s’explique aussi par la durée de l’obligation verte française: 22 ans. Du jamais-vu. «Elle répond précisément aux attentes des investisseurs qui, dans les obligations vertes, avaient besoin de titres d’États et de durées longues pour diversifier leurs portefeuilles», explique Jérôme Broustra, responsable de la gestion obligataire chez Axa IM.
Cette émission, qui fait de la France un acteur majeur sur le marché naissant de la finance verte, coûtera à peine plus cher (0,01 %) au pays qu’un emprunt classique. Son taux d’intérêt, de 1,74 %, est certes un peu supérieur à celui de l’obligation la plus proche (1,60%), mais cela s’explique par sa durée de près de 3 ans plus longue.
Le succès de cette opération va sans doute conforter l’envie d’autres États de se lancer à leur tour. Ils sont neuf à vouloir franchir le pas en 2017. Le Nigeria s’y prépare pour le mois de mars. «Je souhaite que la France serve d’exemple au niveau international», a d’ailleurs indiqué Michel Sapin.
Les investisseurs se sont toujours montrés friands de ces titres, sans doute par envie de montrer, après la crise de 2008, que la finance pouvait s’engager au service de la société. C’est aussi un choix auquel leurs clients et leurs actionnaires sont sensibles. Pour l’émission emblématique de la France, plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs souhaité que leurs noms soient communiqués au public dans les prochains jours.
::: POLITIQUE
L’OPINION – 25/01/2017
La grande arnaque des «anti-système»
C’est devenu une sorte de mantra, de passage obligé de tous les politiques. Dénoncer le « système » permet surtout aux candidats à la présidentielle de s’exonérer de leurs responsabilités
La campagne de 1995 s’était jouée sur la fracture sociale ; celle de 2002 sur l’insécurité ; celle de 2007 sur le malaise identitaire… 2017 sera sans doute celle du procès des élites et du « système ». Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, Emmanuel Macron, Marine Le Pen, et même François Fillon se revendiquent tous « hors cadre politique », « anti-système », « anti-establishment », etc. Analyse d’un étrange phénomène.
« Donc tout le monde serait bien inspiré de voir ce qui s’est passé aux États-Unis avec la mobilisation des jeunes actifs autour de Bernie Sanders, en Angleterre autour de Jeremy Corbyn, autour de Podemos en Espagne », a déclaré Benoît Hamon, au soir de sa victoire au premier tour de la primaire de la gauche. Le candidat a d’ailleurs été félicité sur Twitter par Yanis Varoufakis, l’ex-flamboyant ministre de l’Economie grec. L’« ingénu », vantant une social-écologie utopique, se réfère ainsi à l’« internationale antisystème. » Il faut dire que l’« anti-système » est très tendance en ce moment. Etre « antisystème », c’est comme avoir la grippe : c’est très, très contagieux.
Tous les candidats à l’élection présidentielle s’y sont mis, alors que jusqu’ici c’était le sujet de prédilection de Marine Le Pen. Primus inter pares, Emmanuel Macron, qui, lors de sa déclaration de candidature, le 16 novembre 2016, s’en est pris au système politique. « Ce système, je le refuse […] J’ai pu mesurer ces derniers mois, ce qu’il en coûte de refuser les règles obsolètes et claniques d’un système politique devenu le principal obstacle à la transformation du pays », a-t-il déclamé. Et d’un ! François Fillon lui, fustige volontiers l’establishment et le microcosme. « Il y a deux mois, je n’étais pas le candidat de l’establishment et je n’ai pas l’intention de le devenir », a-t-il ainsi déclaré lors de ses vœux à la presse. Et de deux ! Le 13 décembre 2016, Manuel Valls a lancé aux journalistes : « C’est vous qui êtes enfermés dans le système. C’est vous qui représentez le système, ce dont les Français ne veulent plus. » Et de trois ! Jean-Luc Mélenchon veut « balayer la caste au pouvoir. » Et de quatre, six en fait avec Marine Le Pen et Benoît Hamon.
« Cela commence à faire beaucoup, c’est totalement ridicule, estime Christophe Bouillaud, professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble. Tous ces candidats se disent antisystème ? C’est un peu comme si José Bové était le candidat de Monsanto ou Philippe Poutou celui du Medef. Cela sentirait fortement l’arnaque ». Car tous les prétendants à la magistrature suprême font bien partie d’un « système » qui, s’il existe, leur a permis d’être là où ils sont.
Mot-valise. S’il existe… car c’est un « mot-valise » bien commode qui permet aux candidats de surfer sur la vague qui a porté Donald Trump et Theresa May au pouvoir. Faisons donc l’hypothèse, puisqu’il faut toujours en faire une, que le « système » n’est pas une pure vue de l’esprit. Mais alors qu’est ce que c’est ? Pour un individu lambda, « c’est l’ensemble des contraintes qui bordent son existence et le frustrent dans ses projets individuels et collectifs », explique Dominique Reynié, professeur à Sciences Po et directeur général de la Fondation pour l’innovation politique. Cela permet de ratisser assez large ! Et d’arriver à une définition simple, en paraphrasant Sartre : le système, c’est les autres.
Cela marche aussi pour les candidats à l’élection présidentielle. « Rien n’est de leur faute, c’est normal, car ils savent que les Français sont très mécontents de leurs politiques, explique Christophe Bouillaud. Ils attribuent donc cette situation déplorable à un vaste ensemble de fonctionnements ou d’acteurs, le “système”, dont, par définition même puisqu’ils le critiquent, ils ne font pas partie. » Selon la dernière enquête du Cevipof, 41 % des Français disent que les responsables politiques ne méritent pas le respect, 67 % jugent qu’ils se soucient surtout « des riches et des puissants », 89 % qu’ils ne se préoccupent pas de leur avis. Et 75 % qu’ils sont corrompus. Mieux vaut essayer de se faire passer pour un homme ou une femme « neuf-qui-n’est-pas-issu-du-sérail ».
La ficelle est tout de même un peu grosse. « Le peuple contre les élites ? Cela sera sans doute un des thèmes majeurs de la campagne, estime Jean Garrigues, professeur d’histoire contemporaine à l’Université d’Orléans. Il ne faut pas minimiser l’effet du slogan, cela peut marcher car une élection présidentielle a toujours un caractère très subjectif et émotionnel ». Le slogan répond aussi à une demande des électeurs. « Dans tout le monde occidental, on a un rejet populaire d’un mode de gouvernement et d’une manière de penser les élites médiatiques, politiques et intellectuelles, axé sur les bienfaits de la mondialisation, de l’ultralibéralisme, de l’ouverture, de la diversité », explique Maxime Tandonnet, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, en charge des questions régaliennes. D’où un vrai désir de la population de renverser la table, de voir des têtes nouvelles.
Complotisme. Mais le discours « antisystème » ne répond qu’en surface à ce désir et ne constitue pas une politique. « Le serpent se mord la queue, estime Maxime Tandonnet. C’est de la communication, et c’est paradoxal : les Français reprochent aux politiques de faire plutôt de la communication que de s’occuper de leurs problèmes… et les politiques font de plus en plus de communication ! » Alors il n’est pas sûr qu’à la fin la stratégie soit payante. « L’efficacité du message est une fonction décroissante de sa propagation », juge Dominique Reynié. Si tout le monde se dit antisystème, alors cela signifie que le système a été déserté. Mais qui donc habite le château ? Qui a les clés ? peut-on légitimement se demander. « Le peuple pourra estimer que ceux qui tirent vraiment les ficelles ne sont pas devant eux et tomber dans le complotisme », craint Dominique Reynié.
Pour tous ceux qui pensent gagner en se présentant comme candidat antisystème, un petit rappel historique s’impose. « En mars 1932, avant son arrivée au pouvoir, Hitler prononce un discours dans lequel il dit vouloir mettre le système au placard, explique l’historien Christian Ingrao, spécialiste de l’histoire du nazisme. Après l’installation du régime, on parlera de “Systemzeit”, du “temps du Système”, un peu à la manière dont on parle en France de l’Ancien Régime après la Révolution. » Si quelqu’un utilisait ce terme aujourd’hui en Allemagne, ajoute-t-il, il serait aussitôt perçu comme utilisant un vocable nazi…
En France, nous en sommes très loin ! « Nous n’avons pas besoin d’anarchistes qui veulent faire sauter le système, s’insurge l’économiste Jean-Marc Daniel. Nous avons besoin de gens qui sachent le faire marcher, le gèrent bien et mettent en place des politiques efficaces ». Etre antisystème ne veut rien dire. « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde », disait Camus. Il y a beaucoup de choses à changer, mais entretenir la confusion sur un concept flou, c’est sans doute la meilleure façon de se tromper et de tromper le peuple.
LE PARISIEN – 25/01/2017
Au Liban, Macron la joue président
Beyrouth (Liban), hier. Emmanuel Macron a rencontré le Premier ministre libanais
Beyrouth, le « candidat des progressistes » a fait son apprentissage de la scène internationale.
Emmanuel Macron attaque ses mezzes avec la satisfaction d’une rencontre fructueuse. Avant de déguster ces mets concoctés par les réfugiées au restaurant coopératif Tawlet de Beyrouth, il a marqué des points chez Saad Hariri. Au Grand Sérail, le Premier ministre libanais a tenu à dire publiquement (et à la surprise de ses équipes) tout le bien qu’il pensait de son visiteur. « Ce qu’il représente, la jeunesse, sa manière de faire de la politique, est très important pour le Liban », a-t-il salué.
Voitures blindées, rencontres avec les plus hautes autorités
Le candidat a su trouver les mots, en lui parlant économie. « Si je suis élu, je proposerai, à partir de la fin de l’été, une nouvelle initiative de la France en faveur du Liban et d’une politique de développement de l’équipement, des infrastructures et de la numérisation », nous confie Macron. Les deux hommes ont échangé leurs numéros de téléphone. L’accueil fut plus retenu au palais de Baabda, chez le président pro-régime syrien, Michel Aoun, où Macron a redit que « Bachar al-Assad a failli ». L’occasion est belle pour le candidat de peaufiner sa stature de présidentiable, loin des turpitudes de la primaire PS, processus qu’il dépeint comme « la dialyse des partis politiques », « la traduction de leur mort clinique ».
Voitures blindées, rencontres avec les plus hautes autorités, dont le patriarche de l’Eglise maronite, qui lui lance en préambule : « Ça va ? Vous êtes en pleine préparation pour la présidentielle ? » Son déplacement n’avait rien à envier à celui d’un chef d’Etat.
Son conseiller diplomatique, et ami de longue date, Aurélien Lechevallier, qui a exercé à Beyrouth, n’a pas ménagé ses efforts. Bariza Khiari, présidente du groupe d’amitié France-Liban au Sénat, a également travaillé à l’élaboration de ce programme chargé. L’ambassade aussi a aidé, notamment pour la sécurité et la bonne connaissance du pays. « Comme pour tout candidat qui fera le déplacement », précise-t-on. Et puis l’attrait des Libanais pour Macron a joué. « Les gens ici suivent de très près nos affaires. Ils ont vu la même chose que les Français », décrypte une source diplomatique. Du côté du gouvernement libanais, on reconnaît : « C’est au cas où il serait président. On attend de voir ce que cela va donner, mais il est respecté. »
Place aux travaux pratiques dans l’après-midi, au centre pour réfugiés Ain el-Remmaneh. « J’ai entendu parler de Calais. Il y avait 6 000 réfugiés. Nous, au Liban, on en a 1,5 million. Alors, cela nous amuse… » interpelle Kamel Mohanna, le fondateur du centre. Macron acquiesce : « Il y a un devoir humanitaire qui nous éloigne de la barbarie. » Mais il ne dit pas si la France doit accueillir plus de demandeurs d’asile, ni combien. Ici, le centre est un incontournable des visites politiques. Un humanitaire observe : « Quand il y a des élections, il y a les discours de candidats. Il faudra prouver tout cela, après. »
Pauline Théveniaud
LE MONDE – 25/01/2017
Benoît Hamon se prépare à un affrontement dur avec Manuel Valls
L’ancien premier ministre a choisi le revenu universel et la laïcité comme angles d’attaque privilégiés.
Une semaine pour convaincre. Ou plutôt, pour transformer l’essai. Arrivé en tête du premier tour de la primaire à gauche, Benoît Hamon déroule sa stratégie d’entre-deux-tours, persuadé que la dynamique est en sa faveur, alors que les ralliements se sont enchaînés depuis dimanche soir. Le député des Yvelines a prévu de tenir deux meetings avant le vote de dimanche 29 janvier : le premier, jeudi soir à Montreuil (Seine-Saint-Denis), dans une salle pouvant accueillir « entre 4 500 et 5 000 personnes », selon son entourage ; le second, vendredi soir, au Palais des sports Saint-Sauveur à Lille, dans le fief de Martine Aubry qui lui a apporté son soutien lundi.
Mais c’est surtout le débat d’entre-deux-tours, mercredi 25 janvier, que l’ancien ministre de l’éducation nationale prépare attentivement. Un débat où il risque gros. Le favori du scrutin sait que son adversaire Manuel Valls mise tout sur cette confrontation pour tenter de rattraper son retard. Revenu universel, taxation des robots ou encore brigade antidiscrimination : les propositions du député des Yvelines seront passées au crible par l’ancien premier ministre qui va tenter d’imposer sa propre « crédibilité » et sa stature d’homme d’Etat, contre ses propositions jugées « irréalistes », voire « régressives », selon les mots de certains de ses proches.
Interrogé lundi matin sur France Inter, M. Hamon a commencé à répondre aux attaques de M. Valls sur ce point. « Ce genre d’arguments, je le lui laisse. Je n’ai pas dénigré qui que ce soit dans cette campagne. Je ne procède pas par oukases, je suis ravi de débattre avec lui. J’espère qu’il aura un deuxième argument », a-t-il lancé, défendant un projet de « long terme » qui n’a « rien d’utopiste ».
« Un référendum pour ou contre Valls »
Au QG du candidat, au 11e étage de la tour Montparnasse, on fait mine de ne pas redouter le face-à-face à venir. « Benoît connaît par cœur Manuel. Ils se côtoient au PS depuis trente ans, rien ne l’impressionne chez lui », prévient un partisan du Finistérien. « On sait que Valls va tenter de nous attaquer. On va répondre coup pour coup, avec l’intention de faire du second tour un référendum pour ou contre Valls à gauche », prévient-on dans l’équipe Hamon.
Les trois premiers débats avant le premier tour ont servi de terrain d’entraînement pour l’ancien ministre de l’éducation. Particulièrement le dernier, où il avait affronté un tir de barrage général de la part de ses rivaux. Selon son directeur de campagne, le député Mathieu Hanotin, M. Hamon a alors démontré ses facultés de résistance. « Benoît a ainsi pu montrer qu’il avait tenu le mur. Il a gagné en crédibilité dans ces affrontements », notamment autour du revenu universel, qui fut ce soir-là la cible coordonnée de Manuel Valls, de Vincent Peillon et d’Arnaud Montebourg.
Un autre thème devrait être particulièrement mis en avant par l’ancien premier ministre d’ici au second tour : celui du rapport des deux hommes à la laïcité. Derrière ce terme général, le camp Valls entend surtout attaquer M. Hamon sur ses positions par rapport à l’islam radical, mais aussi plus largement à l’immigration et aux banlieues.
« Pas de compromis avec des communautarismes »
- Valls estime que son concurrent est « ambigu » dans sa défense des principes républicains face à l’islamisme politique. Les proches du député de l’Essonne accusent M. Hamon, élu de Trappes, l’une des villes françaises où la mouvance salafiste est particulièrement implantée, de ne pas être assez ferme avec les communautarismes. Sur France Info mardi matin, M. Valls a évoqué des « risques d’accommodements » chez son concurrent, précisant qu’« il ne peut y avoir le moindre compromis avec des communautarismes ». Pour le camp Valls, si le candidat Hamon propose la légalisation du cannabis ou la reconnaissance de l’Etat de Palestine, c’est précisément pour s’attirer le vote des cités.
« Il faut bien sûr lutter contre l’islam radical, mais arrêtons de faire de l’islam un problème de la République », a réagi M. Hamon, lundi, se félicitant d’avoir réussi jusqu’à présent à orienter, par ses propositions, les débats de la primaire sur les thèmes économiques et sociaux plutôt que sur les thèmes identitaires. « Sur la question laïque, Benoît Hamon se revendique en héritier d’Aristide Briand qui veut apaiser plutôt qu’exciter les tensions », explique son porte-parole, le député Régis Juanico. Soit l’application stricte des principes de la loi de 1905 concernant la séparation des Eglises et de l’Etat, sans recourir à l’inscription dans la Constitution d’une « charte de la laïcité », comme le propose M. Valls.
L’autre chantier de la semaine pour M. Hamon est de démontrer ses capacités à rassembler à gauche. Sur ce point, le discours des hamonistes est simple : on ouvre grand les bras à tous les ralliements possibles avant le second tour. « Aucun sectarisme, aucun ostracisme, on accueille tous ceux qui veulent. Notre objectif c’est de rassembler. Nous, on est zen, pas comme d’autres », sourit M. Juanico.
Après les ralliements de M. Montebourg et de Mme Aubry et de leurs proches, l’ancien ministre espère obtenir d’ici au 29 janvier un autre soutien de poids à gauche, celui de Christiane Taubira. Il lui a téléphoné dès lundi matin, mais rien n’a fuité pour l’instant des intentions de l’ancienne garde des sceaux. « On ne sait pas si Christiane va prendre position, mais si c’est le cas, on serait vraiment très étonné qu’elle soutienne Valls plutôt que Benoît », explique un proche du député.
Solenn de Royer, Cédric Pietralunga et Bastien Bonnefous
::: INTERNATIONAL
LE FIGARO – 25/01/2017
Quatre jours après son investiture, Donald Trump poursuit ses réformes
VIDÉO – Le nouveau président américain a une nouvelle fois légiféré par décrets pour relancer deux projets d’oléoducs bloqués par Obama. D’autres annonces ont été faites, notamment concernant la nomination d’un juge à la Cour suprême.
Quatre jours après son investiture, Donald Trump veut agir vite et le fait savoir. Le président américain, dont le cabinet n’est pas encore formellement constitué, dispose pour l’instant de pouvoirs concrets limités et légifère donc par décret. Tour d’horizon des principales mesures prises par le chef de l’État républicain ce mardi.
- Deux projets d’oléoducs controversés relancés
Le nouveau président américain a redonné une impulsion à deux projets d’oléoducs très controversés dont la construction avait été bloquée par l’administration Obama au nom notamment de la lutte contre le changement climatique. Au lendemain de l’annonce du retrait de l’accord de libre-échange Asie-Pacifique (TPP), le nouveau président continue à traduire certaines de ses promesses de campagne sur le papier.
Il a signé une série de décrets ouvrant la voie à la construction du gigantesque oléoduc Keystone XL reliant le Canada aux États-Unis, et à celui de la compagnie Energy Transfer Partners dans le Dakota du Nord. Évoquant le projet Keystone XL, il a souligné que l’aboutissement de ce projet était conditionné à une renégociation avec la société canadienne TransCanada. «Nous allons renégocier certains des termes et, s’ils le veulent, nous verrons si cet oléoduc peut être construit», a-t-il déclaré lors de la signature des documents dans le Bureau ovale.
Aux États-Unis, si le camp républicain a salué l’annonce avec enthousiasme, défenseurs de l’environnement et élus démocrates ont dénoncé une initiative malheureuse prise au mépris des enjeux climatiques. «Aujourd’hui, le président Trump a ignoré les voix de millions d’Américains et donné la priorité aux profits à court terme de l’industrie des énergies fossiles par rapport à l’avenir de notre planète», a déploré le sénateur Bernie Sanders, ancien rival d’Hillary Clinton lors de la primaire.
- La tension monte avec la Chine
La tension a encore augmenté d’un cran entre l’administration du président américain Donald Trump et Pékin sur le sujet explosif des conflits territoriaux en mer de Chine méridionale. Rompant avec la prudence de Barack Obama sur ce dossier, l’équipe de son successeur n’hésite pas à multiplier les menaces à l’encontre de la Chine, au risque de provoquer une dangereuse escalade entre deux grandes puissances nucléaires.
Les dernières déclarations musclées de la Maison-Blanche ont d’autant plus irrité les autorités chinoises qu’elles ont cette fois été prononcées juste après l’intronisation du milliardaire américain, vendredi dernier, ce qui leur donne plus de poids. Le géant asiatique revendique la quasi-totalité de cette zone maritime stratégique proche de ses côtes. Il contrôle et agrandit des îlots pour y construire des installations portuaires ou des infrastructures militaires ; mais les Philippines, le Vietnam, le Brunei et la Malaisie lui disputent la souveraineté de certains territoires. «Si ces îles sont dans les eaux internationales et ne font pas à proprement parler partie de la Chine, nous ferons en sorte que les territoires internationaux ne soient pas contrôlés par un seul pays», a averti lundi Sean Spicer, le nouveau porte-parole de la Maison-Blanche, précisant que les États-Unis allaient «protéger leurs intérêts» dans la région. Début janvier, celui qui devrait être adoubé par le Sénat américain comme secrétaire d’État, Rex Tillerson, l’ex-PDG du groupe pétrolier ExxonMobil, avait martelé que l’accès de Pékin à ces îlots ne serait «plus permis».
Face à ce nouvel avertissement, les autorités chinoises se sont montrées inflexibles, affirmant mardi que la souveraineté de la Chine dans cette région était «indiscutable» et se disant, dans un écho aux propos américains, résolues à défendre leurs «droits et intérêts».
- Trump annoncera le choix de son candidat à la Cour suprême la semaine prochaine
Par ailleurs, Donald Trump a déclaré mardi qu’il annoncerait «la semaine prochaine» le nom de son candidat pour occuper le neuvième siège de magistrat à la Cour suprême, une décision cruciale pour le sort de grands dossiers comme l’avortement. La plus haute instance judiciaire des États-Unis est menacée de blocage depuis le décès en février 2016 du juge conservateur Antonin Scalia car elle ne fonctionne qu’avec huit magistrats au lieu de neuf: quatre juges conservateurs et quatre progressistes.
Le prédécesseur démocrate de Donald Trump, Barack Obama, avait proposé le magistrat Merrick Garland dès mars dernier pour le neuvième siège mais le Sénat, dominé par les républicains, a refusé de l’adouber. «Je prendrai ma décision cette semaine, nous l’annoncerons la semaine prochaine, nous avons des candidats exceptionnels et nous choisirons un juge de la Cour suprême vraiment extraordinaire», a déclaré Donald Trump devant la presse dans le Bureau ovale. Le nouveau président américain a récemment indiqué qu’il disposait d’une liste de 20 candidats possibles.
Peu après sa victoire le 8 novembre, le chef de l’État avait déclaré qu’il comptait nommer un juge, ou des juges en cas de décès d’un autre magistrat, anti-avortement et favorable au port d’armes à feu.
- Le patron du FBI va être maintenu à son poste
Donald Trump entend également maintenir à son poste le directeur du FBI James Comey. Le patron de la police judiciaire fédérale américaine, inscrit comme républicain, avait provoqué la fureur du camp démocrate en annonçant onze jours avant l’élection présidentielle du 8 novembre la réouverture d’une enquête sur l’affaire de l’utilisation par Hillary Clinton d’une messagerie privée lorsqu’elle était secrétaire d’État.
Le FBI avait refermé le dossier deux jours avant le scrutin, affirmant que ces nouvelles investigations n’avaient rien changé à sa recommandation, formulée une première fois en juillet, de ne pas engager de poursuites contre Hillary Clinton. Mais entre-temps, la candidate démocrate avait nettement fléchi dans les sondages. Après l’élection, Hillary Clinton a présenté cette initiative de James Comey comme une des raisons de sa défaite à la présidentielle. Le patron du FBI s’était parallèlement mis Trump à dos en déclarant que ces investigations ne justifiaient pas d’ouvrir des poursuites judiciaires à l’encontre de la candidate démocrate.
Mais il a été reçu chaleureusement par le nouveau président des États-Unis lors d’une réception donnée dimanche à la Maison-Blanche. Trump n’a toutefois pas confirmé sa décision de le maintenir à son poste lorsqu’un journaliste l’a interrogé à ce sujet mardi dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche lors d’un tour ouvert à la presse. Le FBI, que Comey dirige depuis 2013, poursuit actuellement une enquête sur d’éventuels liens entre des membres de l’entourage de Donald Trump et le gouvernement russe.
- Trump invité à prendre la parole devant le Congrès
Le président de la Chambre des représentants américaine, Paul Ryan, a annoncé mardi avoir invité le président républicain Donald Trump à s’exprimer devant le Congrès le 28 février. L’invitation est traditionnelle pour les nouveaux présidents depuis Ronald Reagan en 1981. Donald Trump prononcera ce discours devant tous les élus de la Chambre et du Sénat.
Ce discours de début d’année pourrait prendre les allures d’un discours sur l’état de l’Union, l’allocution solennelle prononcée chaque année par les présidents américains au Congrès et servant à décliner les priorités de l’administration.
Vous souhaitant une bonne journée.
Cordialement,
Elena NATALITCH
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