Revue de presse du MEDEF IDF du jeudi 22 décembre 2016

 

 

::: ECONOMIE

LES ECHOS – 22/12/2016

Comment fonctionnera le Compte PME Innovation

 

Le « Compte PME Innovation » a subi des dernières retouches en nouvelle lecture à l’Assemblée.

L’outil fiscal à destination des « business angels » a été adopté à l’Assemblée. Lors de la deuxième lecture, les conditions pour être éligible ont été à nouveau resserrées.

Les contours du dispositif fiscal à l’attention des « business angels » sont désormais bien définis. Le Compte PME Innovation a été adopté en deuxième lecture à l’Assemblée nationale mardi soir dans le cadre du collectif budgétaire de fin d’année. L’occasion, pour le gouvernement, d’apporter les dernières retouches à cet outil qui devrait permettre aux entrepreneurs de réinvestir plus facilement leurs plus-values dans des start-up. Ce compte a été conçu comme un PEA, avec un compte espèce associé, mais pour les « business angels ».

Condition assouplie

Pour être éligible, l’investisseur devra être actionnaire à 25 % de la société cédée (10 % si le détenteur est salarié ou dirigeant). Jugée trop restrictive, cette condition a été assouplie en première lecture à l’Assemblée , mais le gouvernement est en parti revenu en arrière. Au final, les investisseurs pourront ouvrir un Compte PME Innovation lorsqu’il existe un pacte d’actionnaires représentant plus de 25 % des droits de vote et que chaque signataire détient au moins 1 % des droits de vote.

S’ils réinvestissent dans de jeunes PME, les détenteurs de ce compte pourront compenser les plus et les moins values de leurs participations. « L’intérêt principal est de prévoir que le titulaire sera imposé au moment des retraits en liquide opérés sur ce compte, et non pas au titre de l’année de la cession entraînant la plus-value », souligne le rapport de la députée Valérie Rabault (PS) sur le collectif budgétaire.

« Usine à gaz »

En revanche, les amendements visant à exonérer d’ISF la trésorerie de ce compte n’ont pas été retenus, contrairement à l’ambition affichée il y a quelques mois. Sceptique sur le fonctionnement de ce dispositif, l’opposition a dénoncé une « usine à gaz ». « Ce que l’on peut regretter, c’est que le gouvernement ait transformé le compte entrepreneur-investisseur en un compte PME innovation et que cette transformation ait fortement réduit l’ambition de ce nouvel outil », a dénoncé la députée LR Véronique Louwagie.

Ingrid Feuerstein

 

 

LE MONDE – 22/12/2016

Négociations sur l’assurance-chômage : Gattaz n’écarte plus une reprise en main par l’Etat

Le Medef est soupçonné d’attendre l’élection présidentielle et une arrivée potentielle de la droite au pouvoir pour obtenir une convention plus favorable au patronat.

C’est à n’y rien comprendre. Quelques semaines après avoir appelé les partenaires sociaux à établir un « diagnostic » de l’assurance-chômage en vue d’un potentiel redémarrage des négociations pour la rédaction d’une convention, voilà que Pierre Gattaz brouille de nouveau les pistes. Invité mardi 20 décembre sur BFM Business, le président du Medef a déclaré ne pas exclure une reprise en main de la situation par le gouvernement : « Si nous ne sommes pas capables, en tant que partenaires sociaux, de prendre nos responsabilités pour améliorer ce problème de l’assurance-chômage, je ne suis pas contre [le fait] que quelqu’un reprenne la main. ». Et de poursuivre : « Ce n’est pas ma priorité, ce n’est pas ce que je préfère, mais je dirais qu’à un moment il faut savoir ce qu’on veut. Il faut réformer la France et on n’a pas des années pour réformer la France. » Le ton est donné.

Dette abyssale

Gestionnaires à part égale de l’Unédic, l’organisme qui administre le régime de l’assurance-chômage, syndicats et patronat doivent se retrouver tous les deux ans pour décider d’une convention le régissant. Mais le rendez-vous a été manqué en juin 2016 : les négociations ont achoppé sur la question de la taxation des contrats courts, réclamée par les syndicats et refusée par le Medef. Une situation qui a obligé le gouvernement à prolonger la convention fixée en 2014, au risque de ne pas aboutir au redressement financier d’une institution déficitaire qui traîne une dette abyssale (30 milliards d’euros). Pour autant, l’Etat a le pouvoir de reprendre la main et d’établir un nouveau texte quand il le souhaite.

C’est justement pour éviter cet écueil que les partenaires sociaux ont décidé de se réunir les prochains mois afin d’établir un diagnostic de la situation et chercher « d’éventuels points d’accord qui permettraient à tout le monde de se remettre autour de la table et de trouver un accord », explique une source au Medef. Une fois ces réunions thématiques tenues, les partenaires sociaux devront décider, dès le 15 février 2017, d’un éventuel retour à la table des négociations.

Or, la sortie du patron des patrons entretient le doute sur une potentielle issue favorable aux discussions. « Pierre Gattaz dit tout et son contraire, s’étonne Véronique Descacq, chef de file des négociations pour la CFDT. On nous a assuré que nous nous mettions tous autour de la table avec pour objectif de trouver une solution dans le cadre du paritarisme. Ses propos [de mardi] sont irresponsables. »

« Redonner la main à l’Etat »

D’autant que certains soupçonnent le Medef de jouer la montre, attendant l’élection présidentielle de 2017 et une arrivée potentielle de la droite au pouvoir pour obtenir une convention plus favorable au patronat. « Au Medef, il y a toujours deux camps : ceux qui sont pour le paritarisme et ceux qui veulent profiter de l’élection pour redonner la main à l’Etat et obtenir ce qu’ils veulent », explique Michel Beaugas, secrétaire confédéral chargé de l’emploi chez FO.

Au siège du Medef, on se veut bien plus nuancé : « Tout le monde, y compris nous, a intérêt à ce que la convention régissant l’assurance-chômage soit élaborée et signée par les partenaires sociaux, explique-t-on. Nous savons très bien que l’Unédic ne sera pas la priorité du candidat s’il est élu. » Pour autant, poursuit cette source, « si nous n’y arrivons pas, il faut être prêt à cette éventualité ».

Sans donner de nom, M. Gattaz a, pour sa part, décrit la personne qui pourrait justement se charger de rédiger la convention le cas échéant : « Il faut quelqu’un de pragmatique bien sûr, qui fasse les réformes courageusement, qui les ait annoncées à nos compatriotes dans l’élection (…), qui ait donné du sens à ces réformes. » Un portrait-robot qui, vu du Medef où sa cote est élevée, ressemble à s’y méprendre à François Fillon.

Sarah Belouezzane

 

 

LE FIGARO – 22/12/2016

 

L’intérim des cadres, un secteur en plein boum

INFO LE FIGARO – L’Apec, association paritaire dédiée à l’emploi des cadres, et Prism’emploi, l’organisation professionnelle de l’intérim, vont développer plus de services en commun.

Pour les cadres, l’intérim n’est plus un tabou depuis longtemps. Les missions intérimaires pour ces métiers ont commencé à se développer il y a vingt ans. Entre 1997 et 2006, leur nombre a même été multiplié par sept. Depuis, elles occupent une place relativement stable sur le marché du travail. En 2016, elles concernaient ainsi près de 45. 000 personnes, soit environ 11.000 équivalents temps plein.

Sur les neuf premiers mois de 2016, l’intérim cadres a progressé de 10%, contre 6% pour l’ensemble de l’intérim. Les ingénieurs en électricité et électronique (+ 111%), les cadres des marchés financiers (+ 48%), les technico-commerciaux des industries de transformation (+ 47%) ont notamment été les plus demandés.

Pour François Roux, délégué général de Prism’emploi, l’organisation professionnelle de l’intérim, «l’émergence de l’intérim des cadres s’explique essentiellement par l’évolution des entreprises, qui s’organisent de plus en plus en gestion par projet». Confirmation de Jean-Marie Marx, le directeur général de l’Apec, l’association spécialisée sur l’emploi des cadres, dont le site recense près d’un recrutement cadre sur deux: «Pour les cadres, l’intérim est une étape de transition qui arrive souvent en deuxième partie de carrière.»

Dans des parcours professionnels moins linéaires qu’il y a dix ans, l’intérim apparaît donc comme une opportunité de reprise d’activité. D’autant que les missions offrent une relative stabilité. «La durée moyenne de l’intérim des cadres est de trois ou quatre mois, beaucoup plus longue que pour les autres missions», appuie François Roux. Toutes missions confondues, la durée moyenne d’un intérim se limite à deux semaines.

Pour mieux accompagner la croissance de ce marché de l’intérim cadres, l’Apec et Prism’emploi ont donc décidé d’accroître leur collaboration. Ils ont signé fin novembre une nouvelle convention commune, la dernière, beaucoup plus souple, datant de 2002.

Mise en relation

«Aujourd’hui 14% de nos offres sont des offres d’intérim. En un an, cette proportion a augmenté de deux points, appuie Jean-Marie Marx. Nous avons d’abord souhaité retravailler avec Prism’emploi la gestion opérationnelle des offres, améliorer leur transmission automatique pour rendre le marché de l’emploi des cadres plus transparent.»

Outre ces sujets de mise en relation entre entreprises et candidats, la convention prévoit encore que Prism’emploi fasse la promotion auprès de ses agences d’emploi des services de l’Apec en termes d’accompagnement à l’évolution professionnelle, afin d’aider les intérimaires cadres en fin de mission. Les deux maisons s’engagent aussi à mener de front des recherches sur l’emploi des cadres.

L’Apec est optimiste sur l’évolution de l’emploi des cadres ces prochaines années. Selon ses estimations, les entreprises auront embauché au total 200.000 cadres cette année. Ce qui représente une hausse de 10% des recrutements. Cette dynamique devrait perdurer, au point que 222.000 cadres seraient embauchés en 2018. Le choc de la crise de 2008, qui avait provoqué un net ralentissement des recrutements, serait alors enfin effacé, dix ans après…

Anne de Guigné

 

 

L’EXPRESS – 22/12/2016

Les salariés à temps complet travaillent 39 heures par semaine

 

Les salariés à temps complet ont travaillé en moyenne 1652 heures au cours de l’année 2015, soit 39,1 heures par semaine.

Cette « durée habituelle hebdomadaire » est stable par rapport à 2014, selon une étude du ministère du Travail.

Les salariés à temps complet ont travaillé en moyenne 1652 heures au cours de l’année 2015. Au cours d’une semaine normale, c’est-à-dire sans événement exceptionnel (jour férié, congé, maladie…), cela fait 39,1 heures de travail hebdomadaire, selon une étude de la Dares, le service des statistiques du ministère du Travail, publiée ce mercredi.

Les hommes déclarent plus d’heures que les femmes

Cette « durée habituelle hebdomadaire » est stable par rapport à 2014. Elle avait grimpé de 38,9 à 39,5 heures entre 2003 et 2011, avant de décroître à partir de 2012. En France, la durée légale hebdomadaire s’élève à 35 heures.

Les heures travaillées au-delà de ce seuil sont considérées comme des heures supplémentaires. Les hommes à temps complet (39,7) déclarent plus d’heures que les femmes à temps complet (38,2).

Ce sont les cadres et professions intellectuelles supérieures qui déclarent travailler le plus, avec 43,2 heures hebdomadaires. Une partie d’entre eux relèvent d’un régime de forfait en jours, où le temps de travail n’est pas comptabilisé en heures hebdomadaires mais en jours travaillés dans l’année.

16 jours de plus pour les salariés du privé par rapport au public

Les professions intermédiaires (38,4), les employés (37,9) et les ouvriers (37,7) déclarent des durées moins longues.

Par ailleurs, les salariés du public (hors enseignants) et du privé déclarent la même durée de travail hebdomadaire, 39,1 heures, mais sur l’année, ceux du privé travaillent en moyenne 16 jours de plus que leurs collègues du public (215 jours contre 199). La « durée annuelle effective » du travail est, par conséquent, nettement supérieure dans le privé (1688 heures contre 1590).

 

 

::: ENTREPRISES

L’OPINION – 22/12/2016

A l’ombre d’Uber, les plateformes de VTC françaises ont un coup à jouer

 

Vendredi 15 décembre, une centaine de chauffeurs Uber ont manifesté notamment dans les aéroports.

Depuis, le conflit avec la plateforme américaine n’a pas trouvé d’issue.

Alors que le conflit entre la multinationale américaine et ses chauffeurs s’enlise…

Quelques centaines de chauffeurs travaillant pour la plateforme américaine Uber ont manifesté vendredi, créant des incidents. Ils reprochent à Uber d’avoir abaissé le prix minimum des courses et d’avoir aussi rehaussé sa commission, ce qui réduit considérablement leurs revenus. Le ministère des Transports a tenté, lundi et mardi, une médiation. Elle n’a, pour l’heure, produit que peu d’effets : Uber a annoncé la création d’un fonds de 2 millions d’euros pour ses chauffeurs partenaires en difficulté en France, mais refuse de geler la hausse de sa commission. Les autres plateformes de VTC se tiennent en dehors du conflit, qui pourrait représenter une opportunité pour elles, à terme.

« C’est un conflit Ubero-Uber. » C’est ainsi que Yanis Kianski, fondateur de la plateforme de VTC Allocab, résume les événements des derniers jours. Ni lui, ni d’ailleurs la FTTPR, qui rassemble six plateformes françaises de VTC, ne se sont rendus au ministère des Transports où ils étaient pourtant invités. Les autres plateformes affirment être épargnées par un mouvement dont elles ne subissent que des répercussions assez floues. Allocab affirme avoir vu une hausse de 40 % du téléchargement de son appli, et avoir eu du mal à servir tous les clients. Chez Snapcar, le cofondateur Yves Weisselberger, qui est aussi président de la FTTPR, explique que l’activité n’a pas bénéficié de la crise chez Uber : « Beaucoup de nos chauffeurs préfèrent ne pas travailler pour ne pas être ennuyés par les grévistes et avoir une voiture couverte de farine. » À plus long terme, selon lui, les difficultés d’Uber pourraient tout de même constituer « une opportunité » pour les concurrents.

Rares chauffeurs. Ce mercredi, le Sénat a entériné la loi Grandguillaume, qui entend réguler les rapports entre les taxis et les VTC. Elle multiplie les obstacles pour les nouveaux acteurs : les examens pour devenir VTC seront renforcés et les Loti, les chauffeurs capacitaires, interdits de travail pour les plateformes. Coup dur : ce sont 25 à 30 % des effectifs qui s’évaporent. Alors que les chauffeurs risquent de devenir une ressource rare, le désamour pour Uber fera peut-être les affaires de ses concurrents. « La colère des chauffeurs contre Uber ne les dissuadera pas tous de travailler avec cette plateforme : elle est incontournable car elle concentre les plus gros volumes de courses, constate Yves Weisselberger. Mais à terme, les chauffeurs se diront peut-être qu’un des moyens d’agir est de travailler avec d’autres acteurs. » De fait, 70 % des chauffeurs travaillent pour plusieurs marques, mais 30 % sont fidèles à un seul employeur, souvent Uber.

Voie alternative. Chez Allocab, Yanis Kianski explique que, dans une semaine ordinaire, une centaine de chauffeurs nouveaux s’inscrivent. C’est 50 % de plus depuis que le conflit avec Uber a débuté. « Ils font le choix d’une plateforme plus respectueuse de leur travail et plus rémunératrice », explique-t-il. Pour autant, c’est une piètre consolation dans le climat actuel. « Une pénurie de chauffeurs reste une pénurie. Le mouvement d’une plateforme vers les autres ne résoudra pas nos problèmes sur le fond », déplore Yves Weisselberger.

C’est à plus long terme que les rapports tendus entre Uber, ses chauffeurs et le gouvernement pourraient changer la donne pour le secteur. Les plateformes françaises espèrent que ces conflits récurrents leur permettront de « faire valoir un modèle acclimaté à la française de la profession de VTC », selon la FTTPR. « Nous voulons bien collaborer dans un contexte apaisé et faire valoir le fait que les plateformes françaises ont une vision différente des rapports sociaux, détaille Yanis Kianski. Chez Allocab, nous voulons être une voie alternative dans la définition d’un modèle qui allie la liberté de l’indépendance et une forme de sécurité. Les start-up françaises peuvent être le berceau d’une innovation sociale au sein même de l’uberisation. »

Emmanuelle Ducros

 

 

LE MONDE – 22/12/2016

Alstom achète un spécialiste du wifi pour ses trains

Pour accélérer dans les trains connectés, le constructeur ferroviaire prend le contrôle du britannique Nomad Digital, présent dans 40 pays.

Le wifi est-il l’avenir du train ? Comme la SNCF (qui veut connecter tous ses TGV en 2017 et propose Internet sur les Paris-Lyon), Alstom semble désormais en être convaincu. Le constructeur ferroviaire a annoncé, mercredi 21 décembre, qu’il prenait le contrôle de la société britannique Nomad Digital, leader mondial des solutions de connectivité destinées à l’industrie ferroviaire, pour un montant qui n’a pas été dévoilé.

Nomad Digital, 30 millions de livres de chiffre d’affaires (35,7 millions d’euros), emploie environ 230 personnes et possède 13 bureaux dans le monde, principalement au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Allemagne, au Portugal, au Canada, en Australie et aux États-Unis. « Cette acquisition nous permet de nous renforcer dans l’amélioration de la connectivité des voyageurs à bord et dans la maintenance numérique à travers l’Internet des objets », souligne Pascal Cléré, vice-président de la division mobilité numérique d’Alstom.

Nomad Digital compte, parmi ses 80 clients opérateurs ferroviaires dans plus de 40 pays, Eurostar, le groupe public américain Amtrak ou la société nationale autrichienne OBB. L’entreprise a déjà travaillé avec Alstom, en particulier pour l’installation du wifi à bord des trains Coradia Continental en Allemagne et des trains New Pendolino pour SBB en Suisse.

Divertissement et télémaintenance

Nomad Digital propose des solutions de connexion wifi ainsi que des plates-formes de divertissement (vidéo, musique, lecture) ou encore du service à bord connecté permettant, par exemple, de commander son café depuis sa place ou de repérer la position du chariot de ravitaillement dans le train.

La société britannique offre aussi des services de télémaintenance, grâce à sa maîtrise des objets connectés. Portes des voitures, réseaux de climatisation ou d’électricité, poste de pilotage peuvent ainsi être surveillés en ligne, permettant de fournir une assistance à distance au conducteur et au personnel présent dans le train.

L’achat de Nomad Digital est en ligne avec la stratégie d’Alstom, qui prévoit une croissance à deux chiffres du numérique ferroviaire dans les prochaines années, en particulier en Asie. « Nous souhaitons clairement accélérer dans le digital, affirme Pascal Cléré. C’est un axe clé pour améliorer la performance opérationnelle de nos clients, développer des solutions sur mesure pour eux et enrichir l’expérience passagers. »

Alstom confirme aussi son tropisme international et la tendance à la dématérialisation de son chiffre d’affaires. La fabrication de trains ne représente plus désormais que 46 % de son chiffre d’affaires contre 54 % pour les services au sens large, dont un tiers pour la signalisation et les systèmes.

La transaction, qui implique plusieurs fonds d’investissement (Amadeus Capital Partners, SEB Venture Capital, Deutsche Telekom Strategic Investments), devrait être clôturée début janvier 2017. Alstom lancera l’intégration de Nomad Digital dans son propre groupe à ce moment-là, tout en veillant à ce que la société opère comme une filiale à part entière, en conservant sa marque connue et son identité propre.

Éric Béziat

 

 

LE FIGARO – 22/12/2016

Ouverture dominicale : les négociations échouent à nouveau au Printemps

Le nouveau projet d’accord soumis à signature jusqu’à ce mercredi n’a obtenu le feu vert que de deux syndicats n’atteignant pas le seuil de 30% nécessaire à sa mise en œuvre.

L’ouverture dominicale des célèbres magasins Printemps du boulevard Haussmann semble plus compromise que jamais. Après un premier échec en octobre des discussions pour le magasin Printemps Haussmann, l’enseigne avait rouvert des négociations en novembre, cette fois au niveau de l’ensemble de l’entreprise. Mais le nouveau projet d’accord soumis à signature jusqu’à ce mercredi n’a recueilli l’aval que de la CFDT et de la CFE-CGC (28,08% à elles deux), a-t-on appris de sources syndicales. Un pourcentage inférieur aux 30% nécessaires pour la mise en oeuvre du projet.

Le syndicat Unsa-Printemps (14,66%) a annoncé dans un communiqué avoir décidé «de ne pas être signataire», mais appelle à un référendum d’entreprise afin de demander leur avis aux salariés. Interrogée par l’AFP, la direction de l’enseigne a indiqué qu’«au regard de la position actuelle de l’Unsa Printemps, la direction du Printemps a décidé de prolonger le délai de signature de l’accord jusqu’au 31 décembre».

L’Unsa-Printemps reproche notamment au texte de ne pas prendre en compte les démonstrateurs (salariés des marques) «qui représentent pourtant les deux tiers des salariés présents sur la surface de vente», ainsi que des garanties insuffisantes sur les créations d’emploi.

Tous les autres grands magasins sont parvenus à un accord

Le premier projet présenté par le Printemps pour son magasin amiral du boulevard Haussmann avait été rejeté en octobre par tous les syndicats. Les discussions rouvertes en novembre au niveau de l’entreprise concernaient initialement quatre magasins. La direction avait alors «menacé d’un plan social» faute d’accord, avait dénoncé la CGT, premier syndicat de l’entreprise (45,87%), opposée au travail dominical. Finalement, le dernier projet était «national», applicable aux 18 établissements, quels que soient les dispositifs d’ouverture (dimanches du maire, zones commerciales ou touristiques…), une revendication de la CFDT notamment. Pour l’enseigne, l’objectif principal était de pouvoir ouvrir tous les dimanches son magasin du boulevard Haussmann, situé en zone touristique internationale (ZTI) aux termes de la loi Macron d’août 2015.

Comme ailleurs, le projet distingue travailleurs «habituels» du dimanche (à partir de 12 travaillés) et «occasionnels», avec pour tous une majoration proposée de 100% (payé double) ainsi qu’une aide à la garde d’enfants (60 euros jusqu’à 15 ans). Seuls les travailleurs «occasionnels» sont éligibles à un repos compensateur. Signataire, la CFDT estime pour autant que «tout n’est pas parfait». Dans un message aux salariés, consulté par l’AFP, elle cite notamment l’amplitude de 10 heures de travail qui «peut être dépassée» dans certains magasins et des engagements «insuffisants» en termes d’emplois. Selon la CFDT et la CGT, entre 120 et 170 créations d’emplois étaient envisagées, soit «à peine 50 à 55 équivalents temps plein». En début d’année, la direction «avait annoncé 500 créations d’emploi» pour les ouvertures dominicales, rappelle Jean-Jacques Liébert, de la CGT.

Avec ce nouvel échec, le Printemps reste le seul des grands magasins à ne pas disposer d’un accord sur le travail dominical. Premier à avoir abouti, en novembre 2015, le BHV-Marais (groupe Galeries Lafayette) est ouvert tous les dimanches depuis juillet. Il sera suivi l’année prochaine par les Galeries Lafayette et le Bon Marché.

 

LES ECHOS – 22/12/2016

Médicaments : des ruptures de stock préoccupantes

La distribution des vaccins aux 22.000 pharmacies est chaotique. Les pénuries touchent toutes les classes de médicaments. La déréglementation partielle du secteur est pointée du doigt.

Des vaccins jamais disponibles, des traitements pour la ménopause ou la thyroïde livrés par à-coups et des pénuries sporadiques de médicaments en tout genre.

Entre février 2015 et novembre 2016, l’Ordre des pharmaciens a ainsi recensé pas loin de 200.000 déclarations de ruptures (médicament indisponible dans les 72 heures) signalées par les officines. Soit 2% des molécules qu’elles vendent. Les vaccins sont les plus touchés (22 % manquants, avec un délai moyen de 139 jours), suivis par les produits dermatologiques (6 %,116 jours), les hormones systémiques (6 %, 34 jours), les hormones sexuelles ou génito-urinaires (8 %,100 jours). et les médicaments ciblant muscles et squelettes (3,1 %, 129 jours).

« Le nombre de déclarations a été multiplié par dix en cinq ans », souligne l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans son dernier rapport d’activité, qui prend en compte les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur. En 2015, les laboratoires pharmaceutiques ont signalé 800 ruptures de stock ou d’approvisionnement. Un peu moins que les deux années précédentes, mais suffisamment pour alerter.

Difficultés de production

Les fabricants qui lui font les signalements rencontrent diverses difficultés de production : le manque de matières premières, l’incapacité à répondre à un pic de demande, ou une usine fermée par les autorités, car elle ne respectait pas les normes de sécurité. Certains laboratoires mettent en péril les livraisons en produisant au plus juste. L’ANSM repère « de nouvelles stratégies industrielles de rationalisation des coûts de production qui conduisent les laboratoires à produire en flux tendu ».

Mais une partie des médicaments souffrent aussi de la réorganisation de facto des circuits de distribution. Jusqu’en 2008, les grossistes-répartiteurs régnaient sans partage sur ce marché très administré. Un grossiste-répartiteur ne peut refuser de desservir une pharmacie dans une commune où il est présent. Il doit référencer au moins 90% des médicaments, garder 2 semaines de stock, livrer en 24 heures, avec des astreintes le week-end. Mais à présent, les 7 grossistes qui réalisent plus de 90% de la distribution ont vu leurs marges s’effondrer, du fait de l’arrivée de concurrents affranchis des obligations réglementaires.

Les affres de la dérèglementation

Ces concurrents, ce sont d’abord les laboratoires eux-mêmes, qui livrent de plus en plus les pharmaciens en direct. Car en 2008, pour favoriser les médicaments génériques , on a autorisé les pharmaciens à empocher des remises allant jusqu’à 40% du prix du fabricant (contre 2,5% pour les autres médicaments). Les officines, dont le modèle économique est fragilisé par la baisse administrée des prix des médicaments, ont bondi sur l’occasion de requinquer leurs marges, quitte à ne plus être livrées qu’une fois par semaine pour certaines molécules.

En novembre, les remboursements de médicaments délivrés à l’hôpital mais « rétrocédés » au budget des officines ont crû de 14,8 %, portant l’évolution globale de la dépense d’assurance-maladie à +3,9 % en novembre (corrigée des variations saisonnières et des jours ouvrables). De nouveaux médicaments remboursés sont arrivés en officine. Les thérapies contre le VIH ou la sclérose en plaques tirent les prix vers le haut et l’hépatite C continue à peser.

Puis les grossistes-répartiteurs ont contre-attaqué en créant des filiales « dépositaires », qui possèdent des camions mais pas de stocks et échappent aux réglementations. Résultat, la marge du pharmacien, en principe fixée par l’administration, dépend en fait des promotions commerciales des laboratoires et du niveau de prise de risque consenti sur la régularité des livraisons. Les fonds d’investissement ont flairé des opportunités, et ont pris le contrôle de plusieurs grossistes-répartiteurs. Preuve que cette déréglementation à bas bruit a fait des heureux.

Solveig Godeluck

 

 

LE FIGARO – 22/12/2016

STX France confirme une commande pour 5 paquebots

Le chantier STX de Saint-Nazaire a confirmé la mise en vigueur de ces contrats d’un montant total de 4 milliards d’euros. Cette commande, destinée à Royal Caribbean Cruises Limited et MSC Croisières, représente 35 millions d’heures de travail.

La bonne nouvelle se confirme pour le chantier naval STX France de Saint-Nazaire. Ce dernier a annoncé mercredi la mise en vigueur de contrats pour cinq navires de croisière à destination de ses clients Royal Caribbean Cruises Limited et MSC Croisières Le ministre de l’Économie et des Finances, Michel Sapin, et le secrétaire d’État chargé de l’Industrie, Christophe Sirugue, se sont «réjouis» dans un communiqué de cette annonce, qui représente «environ 4 milliards d’euros de commandes et 35 millions d’heures de travail».

Trois des navires seront livrés à l’armateur américain Royal Caribbean Cruises Limited (RCCL), à qui STX a déjà livré en mai dernier le plus gros paquebot du monde, Harmony of the seas et qui fait déjà construire son frère jumeau à Saint-Nazaire. Dans le détail, cette nouvelle commande porte sur un nouveau paquebot de la classe Oasis. Longs de 362 mètres, équipés de 2750 cabines passagers pouvant accueillir plus de 6000 personnes, ces navires font de la classe Oasis la plus grande au monde, souligne STX dans un communiqué. Ce nouveau maxi-paquebot sera livrable mi-2021.

Deux autres navires plus petits seront aussi livrés à Royal Caribbean Cruises Limited en 2021 et 2022. Il s’agit de deux unités de la classe «Edge», équipées de 1450 cabines pouvant accueillir 2900 personnes. Ces deux unités s’ajoutent aux deux premières de cette classe actuellement en conception à Saint-Nazaire et qui doivent être livrées en 2018 et 2020, en vertu d’une précédente commande de RCCL.

Pour l’italo-suisse MSC Croisières, la commande porte sur deux navires de la classe Meraviglia-Plus, livrables à l’automne 2019 et à l’automne 2020. Deux paquebots de cette classe sont déjà en cours de construction à Saint-Nazaire. Dotés de 2250 cabines, ils doivent être livrés à MSC Croisières, le premier au printemps 2017 et le second au printemps 2019. Les deux nouveaux paquebots seront toutefois équipés de 200 cabines supplémentaires.

Trois candidats à la reprise de STX France et ses 2600 salariés

Selon STX France, ces nouvelles commandes vont porter à 75 millions le nombre total d’heures de travail pour STX France, en tenant compte de la construction de deux sous-stations électriques, une activité dans laquelle le chantier naval s’est engagé.

STX France, qui emploie 2600 salariés, est détenu à 66,6% par le groupe coréen STX Offshore & Shipbuilding, et à 33,3% par l’État français. Tout comme son actionnaire majoritaire, STX Offshore & Shipbuilding, placé en redressement judiciaire depuis mai, STX France a été officiellement mis en vente par la justice sud-coréenne le 19 octobre. Les candidats à la reprise de STX France ont jusqu’au 27 décembre pour déposer leur offre devant le tribunal de Séoul. Trois candidats, le Néerlandais Damen, l’Italien Fincantieri et le groupe asiatique Genting Hong Kong, ont visité il y a un mois le chantier naval de Saint-Nazaire, selon une source syndicale.

Le secrétaire d’État à l’Industrie Christophe Sirugue avait déclaré début novembre que le gouvernement préfèrerait un repreneur industriel pour racheter STX France, et verrait d’un bon oeil une participation du français DCNS. Ce dernier n’a jamais montré son intérêt pour les chantiers de Saint-Nazaire, mais il pourrait prendre une participation minoritaire.

 

::: POLITIQUE

LES ECHOS – 22/12/2016

YANNICK JADOT : « Je veux sortir l’écologie de son image culpabilisante et punitive »

Le candidat écologiste vise les 10 % au premier tour de la présidentielle. Il lève le voile sur les grands axes de sa campagne.

Où en êtes-vous dans la collecte des parrainages pour vous présenter à la présidentielle ? Etes-vous inquiet ?

Non. Depuis 1974, nous les avons toujours obtenus alors que nous étions souvent dans des situations plus défavorables qu’aujourd’hui où nous comptons déjà 250 parrainages acquis d’élus écologistes. Les campagnes écologistes ont toujours été sobres. Celle-ci sera assez courte et sans grand meeting. Nous ferons avec nos moyens en utilisant beaucoup les réseaux sociaux. C’est une des clefs de la communication politique. Surtout pour toucher les jeunes qui sont notre cible depuis toujours.

Sur quels thèmes allez-vous axer votre campagne ?

Je présenterai mon programme le 11 janvier. Je défends l’idée d’une France 100 % renouvelable pour 2050. Elle se décline à de nombreux niveaux. D’abord celui du nucléaire, dont il faut sortir totalement dans vingt ans. Il faut aussi abandonner les énergies fossiles en utilisant le gaz comme énergie de transition. Les énergies renouvelables sont moins chères que les énergies conventionnelles et offrent une perspective de rentabilité assez forte qui va s’imposer à la France, très en retard. C’est le fer de lance de la reconquête des territoires avec la création de 300.000 à 350.000 emplois locaux sur le quinquennat. Et puis, nous voulons mettre le paquet contre les passoires énergétiques dans le logement.

Quelle est votre vision européenne ?

Il faut relancer l’investissement à l’échelle européenne. Je propose de mobiliser 600 milliards d’euros par an via la Banque européenne d’investissement et les banques nationales d’investissement, garantis ou rachetés par la Banque centrale européenne. Cet argent ira à la transition énergétique, mais aussi aux transports collectifs parce qu’il faut réduire structurellement la pollution de l’air. Cela ne peut que favoriser notre industrie. Si on faisait plus de TER et de trams, il n’y aurait pas de problème à Belfort. Je veux rétablir la taxe poids lourds, dont la suppression nous a fait perdre 1 milliard d’euros en faveur des transports collectifs.

Le thème de l’écologie est plus souvent repris à gauche. Cela ne va-t-il pas réduire votre espace politique ?

Je ne vois pas de problème à ce que d’autres s’inspirent de notre programme et le reprennent en partie, qu’il s’agisse de Jean-Luc Mélenchon ou de Benoît Hamon. Plus ils seront nombreux à parler de l’écologie, plus l’écologie sera dans le débat. C’est une nécessité au moment où François Fillon promet de supprimer le principe de précaution et où le PS a largement tourné le dos à l’écologie. J’observe tout de même que Jean-Luc Mélenchon parle de planification écologique, alors que je travaille depuis plus de vingt ans sur cette idée, qui, selon moi, ne marche que dans un cadre européen. Prenez le paquet climat-énergie, la directive sur les bâtiments, l’écoconception ou encore les émissions de CO2 des voitures… Il faut de l’Europe, de la décentralisation et de la démocratie à l’échelle internationale. Et là je suis en rupture avec Jean-Luc Mélenchon. Quand il soutient globalement Vladimir Poutine en Syrie ou fait une oraison funèbre dithyrambique à l’égard de Fidel Castro, pour moi, ce n’est pas de l’écologie. Quant à Benoît Hamon, il dit qu’il ne pourra plus soutenir un candidat productiviste. Mais que fera-t-il s’il ne gagne pas la primaire sachant qu’Arnaud Montebourg, Manuel Valls et Vincent Peillon sont pour le nucléaire ? J’espère qu’il me rejoindra.

Quel score visez-vous au second tour ?

Nicolas Hulot était à plus de 10 % quand il était candidat potentiel. C’est mon objectif. Cela nous aidera à construire des victoires aux législatives et aux municipales. Je veux sortir l’écologie de son image culpabilisante et punitive pour en faire une écologie à la fois crédible et bienveillante. A la différence de Jean-Luc Mélenchon, qui est dans une logique bloc contre bloc, je ne veux pas gagner contre les autres. J’ai été un des principaux négociateurs du Grenelle de l’environnement. Cela a nécessité de travailler avec les entreprises, les collectivités, les salariés, les consommateurs et l’Etat pour trouver des solutions.

Que dites-vous à ceux qui vous reprochent de compromettre les chances de la gauche d’être présente au second tour ?

Je leur dis qu’il n’y a pas d’écologie sans écologiste. Trop de Françaises et de Français votent par défaut ou contre. La stratégie du choix du moins pire pour éviter le pire est une stratégie qui ne marche plus du tout et qui nous rapproche toujours plus du pire. C’est la stratégie Clinton. Mais elle a perdu. La stratégie anti-Trump, avec une candidate du renoncement sur la justice sociale, les discriminations et l’environnement, a échoué. Celui qui a gagné c’est l’écologiste Alexander Van der Bellen en Autriche. Il l’a emporté non pas en déclarant qu’il était contre le candidat d’extrême droite Norbert Hofer, mais en disant que l’Autriche est une société ouverte, européenne et écolo.

Joël Cossardeaux

 

 

LE MONDE – 22/12/2016

Fillon s’inquiète de la dynamique Macron

Le candidat d’En marche ! est désormais considéré au sein des Républicain comme un concurrent sérieux, capable de siphonner les voix de la droite modérée et du centre.

Peu osent le dire publiquement, mais en coulisses, plusieurs dirigeants du parti Les Républicains (LR) considèrent Emmanuel Macron comme l’adversaire le plus dangereux sur leur gauche. Celui qui disposerait du potentiel de nuisance le plus fort pour François Fillon dans l’optique de la présidentielle. « Il ne faut pas le prendre à la légère », a souligné le député juppéiste Benoist Apparu, aujourd’hui porte-parole du candidat de droite, le 19 décembre, sur RTL, en reconnaissant que la dynamique autour du fondateur d’En marche ! l’« intrigue » et l’« impressionne ». En particulier la capacité de mobilisation de M. Macron, qui a réussi à rassembler près de 10 000 personnes pour son meeting fondateur, le 10 décembre, porte de Versailles, à Paris, alors que M. Fillon n’en avait réuni qu’un peu plus de 8 000 lors de son ultime réunion publique, avant le second tour de la primaire, le 25 novembre au même endroit.

Dans les rangs de LR, Benoist Apparu est loin d’être le seul à évoquer en ces termes le début de campagne de l’ex-banquier, âgé de 38 ans. « J’ai sous-estimé son potentiel, confie l’ex-ministre Luc Chatel, par ailleurs président du conseil national de LR. Je suis obligé de constater que sa campagne prend, alors que je n’y croyais pas quand il est sorti du gouvernement. »

« Macron réunit beaucoup de qualités : il est brillant, intelligent, pas sectaire… Et, en plus, il est très sympa, car il sait créer de l’empathie », s’émerveille un autre dirigeant de droite, qui confie avoir été tenté de rejoindre l’ex-ministre de l’économie, s’il n’avait pas déjà été engagé aux côtés de Fillon. Un pas qu’a notamment franchi l’ex-ministre de Jacques Chirac, Renaud Dutreil.

Droite bienveillante

L’ex-sarkozyste Eric Woerth, aujourd’hui chargé d’élaborer le programme présidentiel de M. Fillon, considère, lui aussi, M. Macron comme un rival à ne pas sous-estimer. Alors, dès qu’il en a l’occasion, il attaque le jeune loup pour tenter de l’affaiblir. « Emmanuel Macron est peut-être le candidat du travail, mais il a surtout été le ministre du chômage. C’est un candidat isolé, teinté d’égoïsme », a-t-il, par exemple, asséné sur Europe 1, le 11 décembre.

A droite, beaucoup craignent que le projet radical de M. Fillon laisse un boulevard à M. Macron pour courtiser l’électorat centriste et de droite modérée, qui juge trop brutale la potion libérale proposée par l’ex-premier ministre. « Macron monte, car il a un espace énorme sur la gauche de Fillon ! », s’alarme un dirigeant LR, en constatant que ce candidat incarnant le renouvellement exerce une réelle attractivité auprès des Français de droite, en particulier les jeunes. En témoignent les initiatives lancées par les lieutenants d’Alain Juppé, afin de dissuader les électeurs du maire de Bordeaux à la primaire, de rejoindre le camp de cet énarque se posant en candidat « hors système » (Le Monde daté du 16 décembre).

Ces dernières années, la droite s’est d’abord montrée bienveillante à l’égard de cet homme se définissant comme « non socialiste », dont elle saluait la volonté de s’affranchir des dogmes de la gauche. Au point que Nicolas Sarkozy l’avait invité à « rejoindre » LR en septembre 2015, lorsqu’il avait osé remettre en question les 35 heures ou le statut de la fonction publique.

L’attitude de François Fillon à son égard est instructive : début 2015, il avait salué la « bonne volonté » de M. Macron quand son projet de loi « pour la croissance et l’activité », à tonalité libérale, avait été présenté à l’Assemblée nationale. Neuf mois plus tard, rebelote : M. Fillon lui avait souhaité « bonne chance » dans son projet de conquête de l’Elysée, en évoquant une possible coopération avec lui : « On a besoin que les hommes et les femmes qui ont des solutions innovantes, qui soient de n’importe quel horizon politique, puissent parler ensemble. »

Désormais un vrai concurrent

Depuis, le candidat de droite a radicalement changé de ton, après avoir pris conscience de la dangerosité de cet ambitieux, qui vient directement chasser sur ses terres avec son positionnement libéral et pro-business. Fini les amabilités. Place aux attaques.

« Macron n’a aucune expérience et n’a rien démontré pour le moment », a-t-il tranché récemment, dans l’espoir de rabaisser celui qui recueille jusqu’à 18 % des intentions de vote au premier tour de la présidentielle, selon l’enquête Cevipof pour Le Monde réalisée par Ipsos-Sopra Steria, publiée le 14 décembre. « François le trouvait intéressant il y a deux ans et envisageait même de travailler avec lui, explique un proche de l’ex-premier ministre. Mais il ne le regarde plus de la même façon et le considère désormais comme un vrai concurrent. »

La preuve : François Fillon a programmé un déplacement spécialement pour le contrer. Il se rendra au CES, le Salon mondial du high-tech, à Las Vegas, du 4 au 6 janvier 2017, comme l’a révélé Le Journal du dimanche, pour ne pas laisser M. Macron, un habitué de ce rendez-vous, occuper seul le terrain de la modernité. « Macron a pour lui la jeunesse et la sympathie supposée de tous les Français tournés vers le numérique. L’idée, c’est de montrer le côté moderne de Fillon et son grand intérêt pour le thème de l’innovation », explique l’ex-ministre libéral, Hervé Novelli, proche du candidat de droite.

Pour M. Fillon, la menace se précise, si l’on en croit les résultats du sondage Odoxa pour L’Express, la presse régionale et France Inter, publié mardi : pour la première fois, M. Macron est plus populaire que M. Fillon. Sur 995 personnes interrogées les 14 et 15 décembre, 35 % disent soutenir ou avoir de la sympathie pour le premier, contre 31 % pour le second. Et à droite, certains ont été marqués par la différence d’attitude du public lors de la venue de MM. Macron et Fillon à la Foire de Châlons-en-Champagne, le 1er septembre. Le premier, qui avait suscité un vrai engouement autour de lui, avait réussi à éclipser la venue du second…

Vote utile

Chez LR, les plus pessimistes imaginent même un scénario noir : l’élection d’un candidat positionné à gauche toute à la primaire PS, type Benoît Hamon ou Arnaud Montebourg, ce qui permettrait à M. Macron de faire le plein auprès des électeurs de gauche modérée à la présidentielle, en incarnant un vote utile.

« Si les gens de gauche le voient comme le seul candidat capable d’atteindre le second tour, il peut monter très haut et modifier les rapports de force », redoute un filloniste, qui voit M. Macron comme « le mieux positionné sur l’échiquier du centre gauche. Je lui vois plus d’avenir qu’aux candidats du PS, comme Valls ou Montebourg, qui sont davantage comptables du bilan de Hollande et pour qui il sera très difficile d’incarner le renouvellement », estime-t-il. D’où l’avertissement lancé par l’ex-premier ministre, Dominique de Villepin, le 12 décembre, sur RTL : « Emmanuel Macron bouscule le jeu à l’intérieur du Parti socialiste, comme il peut bousculer le jeu pour ceux qui sont aujourd’hui en tête, tant Marine Le Pen que François Fillon. » Le message semble avoir été entendu.

Alexandre Lemarié

 

 

LE PARISIEN – 22/12/2016

Front national : Le Pen, Poutine et… les millions

 

Moscou (Russie), mai 2015. Marine Le Pen, ici sur la place Rouge, avait été reçue à la Douma, la Chambre basse du Parlement russe.

A quelques mois de la présidentielle, le FN cherche à financer sa campagne, auprès des banques russes notamment.

En 2012, l’entrée en campagne de Marine Le Pen avait été perturbée par la course aux parrainages d’élus. Cinq ans plus tard, la candidate à l’Elysée — avec son contingent de 462 conseillers régionaux, territoriaux et de parlementaires — n’a plus de soucis à se faire de ce côté ! En revanche, ça tangue sur le terrain des finances pour le Front national, toujours empêché par les réticences des banques françaises à lui prêter les 12 M€ nécessaires à sa campagne présidentielle, ainsi que les 17 M€ que demandent les législatives.

Inquiétant à un mois du lancement officiel de sa campagne, début février ? « A ce stade, rien n’est bouclé. On se heurte toujours aux mêmes refus », jure un proche. Depuis plusieurs années, Marine Le Pen n’hésite en tout cas plus à solliciter des banques étrangères, notamment en Russie. Comme en septembre 2014, lorsque le Front national avait emprunté 9,4 M€ auprès de la First Czech Russian Bank, basée à Moscou. Hier, « le Canard enchaîné » a porté au dossier des éléments plus troublants, en publiant un courrier adressé au renseignement américain, daté du 28 novembre, de Mike Turner, parlementaire républicain. Il évoque les relations entre Moscou et Marine Le Pen. Laquelle s’engagerait à reconnaître la Crimée comme faisant partie du territoire russe si elle était élue en mai. En retour, selon le scénario décrit dans cette lettre, le FN aurait sollicité un prêt de 30 M$ (28,7 M€) pour se financer.

Une somme mirobolante, que le trésorier du parti refuse de confirmer. « Tout cela est faux, archifaux. Complètement farfelu ! » s’insurge Wallerand de Saint Just. Mais une chose est sûre, Marine Le Pen entretient des relations de confiance avec l’entourage de Vladimir Poutine depuis des années déjà. En mai 2015, elle était même chaleureusement accueillie à la Douma, la Chambre basse du Parlement russe, lors d’un troisième voyage en deux ans.

Des discussions en cours

Reste que, selon nos informations, la candidate frontiste continue de chercher des sous ailleurs. Ce qui laisse à supposer qu’elle n’aurait pas — du moins à ce jour et s’ils existent — perçu ces 30 M$. Des discussions avec d’autres banques étrangères, notamment aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, sont toujours en cours. Fin août, un prêt de 20 M$ aurait même été sur le point d’être signé avec une banque d’affaires américaine. « Mais elle s’est rétractée bizarrement au tout dernier moment », confie l’entourage de la candidate.

« Au pire, si vraiment on galère, on pourra toujours demander à Cotelec (NDLR : l’association de financement de Jean-Marie Le Pen, qui prête traditionnellement de l’argent au FN), ajoute-t-on, non sans cynisme. Depuis qu’elle est fâchée avec son père, Marine veut éviter de le solliciter. Mais, faute de mieux… ce sera quand même le plan B. »

Olivier Beaumont

 

::: INTERNATIONAL

LA TRIBUNE – 22/12/2016

Brexit : Sturgeon dépose son plan pour que l’Ecosse reste dans le marché unique

 

Un hard Brexit « causerait un grave préjudice à l’économie écossaise », a affirmé la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon.

 

Si Londres se lance dans un « Hard Brexit », la Première ministre écossaise a menacé de relancer l’idée de référendum pour l’indépendance.

« Nous sommes déterminés à ce que l’Écosse conserve sa place au sein du marché unique », a insisté Nicola Sturgeon mardi à Édimbourg. Décidée à faire respecter le choix des Écossais -qui ont voté à 62% pour le maintien dans l’Union européenne le 23 juin- la Première ministre a présenté son plan pour que la région britannique conserve sa place au sein du marché unique européen.

Dans ce plan, elle propose que l’Écosse continue de commercer avec ses voisins à travers l’Espace économique européen (EEE) et l’Association européenne de libre-échange (AELE), à l’instar de la Norvège, de l’Islande et du Liechtenstein, trois états non-membres de l’UE. Et ceci, tout en restant une partie intégrante du Royaume-Uni.

Un nouveau référendum serait son « option favorite »

Nicola Sturgeon en a profité pour décrier la possibilité d’un « hard Brexit », non-écartée par Londres, qui verrait les quatre nations du Royaume-Uni privées du marché unique. Une telle décision « causerait un grave préjudice à l’économie écossaise », a affirmé la cheffe du parti indépendantiste écossais (SNP), estimant qu’une sortie du marché unique « pourrait coûter 80.000 emplois » à la région.

Si Londres se refuse à ces exigences, Nicola Sturgeon a indiqué qu’elle serait prête à organiser un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Écosse et a même confié qu’il s’agissait de son « option favorite ». En octobre, le gouvernement a déjà déposé un projet de loi sur un nouvelle consultation des citoyens. Pour rappel, plus de 55% des Écossais s’étaient prononcés contre l’indépendance de la région en 2014.

Theresa May menace à son tour l’Ecosse

Réagissant à ces propositions, la Première ministre britannique Theresa May s’est dit prête à les étudier « sérieusement », tout en mettant en garde contre les velléités indépendantistes des nationalistes écossais.

« Si l’Écosse devait devenir indépendante, non seulement elle ne serait plus un membre de l’Union européenne, mais elle ne serait plus non plus un membre du marché unique de l’Union européenne ni un membre du marché unique du Royaume-Uni », a-t-elle dit devant une commission du Parlement.

Un porte-parole de la Première ministre britannique Theresa May avait souligné auparavant que le gouvernement était « déterminé à obtenir un accord (…) qui soit valable pour le Royaume-Uni dans son ensemble – ce qui inclut clairement l’Écosse ».

 

L’OPINION – 22/12/2016

L’Inde devient la sixième économie mondiale et détrône le Royaume-Uni

 

Theresa May et Narendra Modi à New Delhi le 7 novembre 2016

Le pays talonne désormais la France si l’on en croit les prévisions de croissance du produit intérieur brut

Depuis le 23 juin dernier et le résultat du référendum sur le Brexit, les interrogations demeurent quant à l’avenir de l’économie britannique et sa croissance future. Malgré la chute de la livre sterling, et les incertitudes sur les marchés, le Royaume-Uni arrivait jusqu’à présent à maintenir son rang de sixième puissance économique mondiale. Elle vient cependant de se faire doubler par l’une de ses anciennes colonies.

Est-ce un malin retour de bâton ou une simple ironie du sort ? Pour la première fois depuis plus de cent ans, l’Inde vient de détrôner le Royaume-Uni pour devenir la sixième économie mondiale par son produit intérieur brut, rapporte Foreign Policy. Le pays arrive après les États-Unis, la Chine, le Japon, l’Allemagne et la France.

2016 est l’année des records pour l’Inde. En février, elle avait supplanté la Chine pour devenir l’économie à la croissance mondiale la plus rapide. Et en octobre, le Fonds monétaire international estimait que le pays conserverait ce titre pendant quelques années encore. Selon les projections de l’organisation, le PIB de l’Inde devrait en effet croître de 7,6 % en 2017. À l’inverse, le Royaume-Uni table sur une croissance pour 2017 d’environ 1,1 % après une croissance déjà timide de 1,8 % en 2016. Des résultats reflétant en partie la tiédeur de l’économie et de la monnaie britanniques post-Brexit.

Des réformes qui marchent ? L’économie indienne jouit des bénéfices des investissements directs étrangers élargis en 2014 aux secteurs de la défense et des assurances, et d’une inflation plus modeste que prévue, indique le FMI. Et il semblerait que les réformes économiques mises en place depuis 2014 par le Premier ministre indien Narendra Modi produisent enfin leurs effets. Certaines se sont montrées complexes dans leur mise en place, et d’autres ont fait polémique en Inde, rapporte le Center for Strategic and International Studies. En 2014, Narendra Modi n’avait pas caché sa volonté de mener son pays sur la voie de la modernisation économique, en créant notamment un nouveau système d’impôt national, ou en libéralisant une partie de l’industrie agricole, de la grande distribution, ou encore des transports aériens.

Quel danger pour l’Inde ? L’une des réformes les plus polémiques de ces derniers mois reste sans doute celle concernant la monnaie indienne. Dans un effort de lutter contre le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale, Narendra Modi a annoncé en novembre dernier que les plus grosses coupures de roupies indiennes, celles de 500 et 1 000, seraient retirées de la circulation alors qu’ils représentaient près de 86 % du cash en circulation dans le pays. Une mesure jugée nécessaire par le gouvernement qui disait perdre des milliards en impôts sur le revenu à cause d’un système monétaire trop laxiste. Ce faisant cependant, la pénurie de billets a entraîné une chute des transactions commerciales, et des suspensions de salaires, de même que de longues files d’attentes devant les banques. Une situation qui pourrait donc se retourner contre le gouvernement si celui-ci ne parvient pas à trouver de solution durable. Certains économistes évoquent un possible ralentissement de croissance lié à un possible gel des embauches si cette pénurie de cash venait à persister trop longtemps.

 

 

 

Vous souhaitant une bonne journée.

 

Cordialement,

 

 

Elena NATALITCH

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