Revue de presse du MEDEF IDF du mercredi 4 janvier 2017

2017-06-05T10:29:23+02:00Mots-clés : , |

 

::: ECONOMIE

LE MONDE – 04/01/2017

Compte prévention de la pénibilité : le patronat traîne des pieds

Le MEDEF et la CGPME parient sur le retour de la droite qui a promis l’abolition du dispositif.

Le compte personnel de prévention de la pénibilité (ou « C3P ») est sur le point de franchir une nouvelle étape. Les entreprises ont, en effet, jusqu’au 31 janvier pour déclarer si elles emploient des salariés exposés à un ou plusieurs des six facteurs de risques applicables depuis l’été 2016 (en plus des quatre autres, déjà entrés en vigueur en 2015). L’une des questions, désormais, est de savoir si elles vont se conformer à ces nouvelles règles. Car plusieurs organisations patronales y sont hostiles, dénonçant une « usine à gaz » impossible à faire tourner ; elles espèrent, presque ouvertement, que le dispositif sera aboli en cas de victoire de la droite à la présidentielle d’avril-mai prochain.

Grâce au C3P, tout travailleur exerçant un métier éprouvant se voit accorder des points qui lui offrent trois options, à terme : partir plus tôt à la retraite, passer à temps partiel tout en gardant sa rémunération ou suivre une formation de manière à changer de poste. La mise en vigueur, il y a deux ans, des quatre premiers critères (travail en équipes alternantes, activité de nuit…) s’est déroulée sans trop d’anicroches.

Les choses se sont corsées, en revanche, pour les six autres paramètres (bruit, vibrations mécaniques, exposition à des produits chimiques dangereux…). « Nous ne savons pas comment faire (…) donc nous ne [les] appliquerons pas », avait lancé le président du Medef, Pierre Gattaz, fin juin 2016. De son côté, la CGPME a déposé un recours devant le Conseil d’Etat afin d’obtenir l’annulation de deux décrets : elle invoque notamment le caractère inintelligible des textes définissant les facteurs de risques ; et conclut à « l’impossibilité » de les respecter, plongeant des entreprises, surtout petites et moyennes, « dans l’illégalité ».

« Blocages »

Pour aider les employeurs à s’y retrouver, en particulier les TPE et les PME, la loi avait invité les branches professionnelles à élaborer des modes d’emploi sous la forme de « référentiels » ou d’« accords ». Dans l’entourage de la ministre du travail, Myriam El Khomri, on indique que quatre référentiels ont été homologués par l’administration et un accord a été « étendu » – c’est-à-dire qu’il a force obligatoire sur les entreprises concernées. Sept autres référentiels et deux accords supplémentaires devraient sortir dans les prochains jours, complète-t-on, rue de Grenelle : « Cela montre que l’application de la réforme est possible quand la volonté est là. »

Mais des « blocages » se sont produits dans plusieurs branches alors même qu’elles avaient rédigé des guides. Le bâtiment et la métallurgie en ont un ; ils n’ont pas été déposés au nom d’un « choix politique » motivé par une « opposition de principe », affirme-t-on chez Mme El Khomri. « La révolte est organisée par des organisations d’employeurs, surtout le Medef et la CGPME », enchaîne Hervé Garnier (CFDT).

Certains états-majors patronaux traînent des pieds, en pariant sur une victoire à la présidentielle de François Fillon, qui pourrait être synonyme de suppression du C3P puisque celui-ci l’a promise s’il est élu. Mais ce calcul « n’est pas sans risque », observe un ancien haut gradé du Medef. Pour des raisons juridiques, tout d’abord. A l’heure actuelle, un peu plus de 500 000 comptes ont été ouverts, au titre des quatre premiers facteurs de risques. Un nombre qui est appelé à s’accroître, à la faveur des déclarations liées aux six autres paramètres. Car bon nombre de dirigeants de sociétés jouent le jeu : « Je ne connais pas de grandes entreprises qui ont décidé de ne pas appliquer le dispositif », confie, sous le sceau de l’anonymat, un spécialiste du sujet. Des salariés ont donc acquis des droits, qu’il serait très difficile de détricoter.

L’autre obstacle est politique. La CFDT a pesé de tout son poids pour que le C3P soit instauré : elle le défendra bec et ongles s’il est menacé. « Est-ce qu’un gouvernement aura la capacité de se mettre à dos le principal syndicat réformateur du pays ? », s’interroge le même ex-élu du Medef.

Bertrand Bissuel

 

 

LE FIGARO – 04/01/2017

Une carte d’identification dans le BTP pour lutter contre la fraude au travail détaché

Cet outil doit permettre aux inspecteurs du travail d’identifier immédiatement les personnes non déclarées.

Un parrain et une marraine engagés, et pas des moindres, pour lancer la toute nouvelle carte d’identification professionnelle du BTP. Bernard Cazeneuve et Myriam El Khomri se rendent en effet ce mercredi à l’Imprimerie nationale de Douai pour assister à la sortie de presse des premiers titres. Le premier ministre en profitera pour rappeler les objectifs du gouvernement en termes de lutte contre le travail détaché illégal.

Cette carte professionnelle était réclamée depuis dix ans par les entreprises du BTP, qui souffrent au premier chef de la concurrence déloyale provoquée par la fraude au travail détaché. Ce sont d’ailleurs les employeurs qui financeront l’impression des cartes d’immatriculation dont le principe a été accepté par l’ancien ministre du Travail, François Rebsamen, avant d’être inscrit dans la loi Macron de 2015. «Le but est de savoir enfin très simplement qui est qui sur un chantier, se félicite Jacques Chanut, le président de la Fédération française du bâtiment (FFB). Aujourd’hui, il y a tellement de compagnons avec des contrats différents – CDI ou CDD de nos entreprises, CDI ou CDD détachés, intérimaires d’agences françaises ou détachés… – qu’on ne sait plus qui vient d’où.»

Grâce à cette carte, les inspecteurs du travail pourront immédiatement identifier les personnes non déclarées et vérifier, pour celles en possession du titre, que l’employeur remplit bien toutes ses obligations. À la manière des titres de transport dématérialisés, type pass Navigo en Île-de-France, le contrôleur aura accès en scannant la carte à une base informatisée de données personnelles.

Une première phase pilote a concerné une poignée d’entreprises en décembre avant un déploiement progressif sur tout le territoire jusqu’en juin. Les entreprises disposent d’un délai de deux mois pour mettre en règle tous leurs salariés (1,6 million cette année). L’ensemble des démarches s’effectue en ligne sur le site cartebtp.fr. Selon la FFB, environ 100.000 travailleurs détachés déclarés, et autant de non déclarés, sont employés aujourd’hui dans le secteur du bâtiment.

La lutte contre la fraude au détachement est devenue une priorité en France depuis les lois Savary (juillet 2014) et Macron (août 2015). Selon les données du ministère du Travail, pas moins de 1500 interventions de l’Inspection du travail sont recensées en moyenne tous les mois depuis septembre 2015, soit trois fois plus qu’auparavant. Des «descentes» quasi policières qui ont débouché sur 840 amendes administratives depuis juillet 2015 et sur 33 suspensions de chantiers en 2016.

Révision de la directive européenne

«La carte BTP ne peut être qu’une étape, prévient toutefois Jacques Chanut. Il faut encore renforcer les contrôles pour les dépassements de temps de travail et chez les particuliers.» Et le président de la FFB de donner une piste aux contrôleurs de l’Inspection du travail: «Il faudrait commencer par s’intéresser aux camionnettes sur les parkings des magasins de bricolage où des ouvriers proposent leurs services à des particuliers pour 50 euros par jour.»

Le travail détaché au sein de l’Union européenne est autorisé depuis la directive de 1996. Le texte, rédigé à une époque où l’Europe comptait quinze membres et où les écarts de salaires minimums allaient d’un à trois, contre un à dix aujourd’hui, subit une forte contestation. Myriam El Khomri, avec ses homologues allemande et belge, en demande d’ailleurs une révision, aujourd’hui totalement bloquée. Lorsqu’une entreprise détache un salarié dans l’Union européenne, il s’aligne sur le pays d’accueil en termes de salaire mais paie les cotisations sociales du pays d’origine.

Anne de Guigné

 

 

LE FIGARO – 04/01/2017

L’État français va émettre sa première obligation verte

Le programme d’émissions français pourrait financer des projets bénéfiques à l’environnement jusqu’à 10 milliards d’euros.

La France veut accélérer le développement de la finance verte. Comme promis, elle va donc émettre dans les prochaines semaines des emprunts d’État dédiés au financement de projets bénéfiques à l’environnement (transports propres, économies d’énergie…), pour lutter contre le réchauffement climatique et défendre la biodiversité. Elle avait l’ambition d’être le premier État à émettre ces obligations vertes, dans la continuité de la COP21, mais la Pologne lui a grillé la politesse en décembre, pour des montants modestes (750 millions d’euros sur cinq ans). Présenté mardi matin par Michel Sapin, et Ségolène Royal, le programme d’émissions français pourrait, lui, financer jusqu’à 10 milliards d’euros de dépenses «vertes» clairement identifiées (dépenses fiscales, ou de fonctionnement, mais aussi investissements nouveaux).

L’Agence France Trésor a confié à un groupe de banques la mission d’évaluer l’appétit des investisseurs internationaux pour ces emprunts d’une durée longue (de quinze à vingt-cinq ans), qui devront être liquides «afin que l’État ne paie pas plus cher que sur ces autres emprunts», a précisé le ministre des Finances. Ce test déterminera la taille de la première émission, qui devrait être assez importante (au moins 2,5 milliards d’euros) pour trouver sa place dans les indices mondiaux. Jusqu’à présent, les investisseurs se sont montrés très friands des green bonds déjà émis par des organismes internationaux, des entreprises (EDF…) ou des banques (Société générale, Crédit agricole, BNP, BPCE…).

Anne Bodescot

 

::: ENTREPRISES

LE POINT – 04/01/2017

Saint-Nazaire : l’italien Fincantieri retenu pour reprendre STX France

 

Livraison du paquebot « Harmony of the Seas » à l’armateur Royal Caribbean Cruises Ltd. Chantier naval STX.

Les chantiers de Saint-Nazaire sont la seule filiale rentable du groupe sud-coréen STX Offshore and Shipbuilding. Fincantieri était seul en lice.

La justice sud-coréenne a retenu le constructeur naval italien Fincantieri comme candidat préféré à la reprise du chantier naval STX France de Saint-Nazaire, a annoncé mardi un porte-parole du tribunal gérant ce dossier. Le groupe sud-coréen STX Offshore and Shipbuilding, actionnaire majoritaire du chantier de Saint-Nazaire, se débat depuis des années avec des pertes croissantes provoquées par une gestion défaillante et une demande mondiale en berne. Il a officiellement été mis en vente en octobre par la justice sud-coréenne.

Les chantiers de Saint-Nazaire, détenus pour un tiers par l’État français, sont sa seule filiale rentable. « Le tribunal est parvenu à une décision cet après-midi », a déclaré à l’AFP le juge Choi Ung-young, qui fait office de porte-parole du tribunal de commerce du district central de Séoul.

Fincantieri doit à présent mener une étude de terrain sur les chantiers navals français et se mettre d’accord sur un prix d’achat avec le groupe sud-coréen, avant la signature d’un accord qui le verrait acquérir 66,6 % de STX France, a ajouté le porte-parole. L’italien, interrogé par l’AFP, s’est refusé à tout commentaire.

Réactions politiques

À la suite de cette annonce, le Parti communiste a indiqué dans un communiqué : «  L’État a toutes les cartes en mains pour s’opposer à la prise de contrôle italienne. Il n’est pas trop tard pour mettre en œuvre une solution nationale utile au pays en renforçant la participation de l’État au capital du chantier, en y associant ses partenaires historiques, mais aussi des industriels nationaux  ».

De son côté, Nicolas Dupont-Aignan, candidat Debout la France à la présidentielle, a déclaré : « À peine acheté, STX France peut craindre une réorganisation opérée par son repreneur italien : ce dernier pillera le savoir-faire français, la richesse en R&D de STX et ses commandes qui se comptent en milliards… Dans une logique de baisse des coûts, il pourra également supprimer les postes en France au profit de sites de production chinois ! (…) Un État sensé et défenseur des intérêts nationaux bloquerait par tous les moyens cette acquisition d’entreprise stratégique par un groupe étranger, en activant le décret Villepin (élargi par Arnaud Montebourg lors de l’affaire Alstom). Il entamerait des négociations visant à nationaliser STX France dans le cadre d’un conglomérat STX/DCNS/Alstom ».

Sur Twitter, Marine Le Pen, candidate Front national à la présidentielle, a publié le message suivant : « Chantiers navals : vives inquiétudes autour de la reprise par l’italien #Fincantieri. Mon engagement : reprise à 51 % par l’État ».

La filiale française en pleine forme

Les noms de Fincantieri, du néerlandais Damen et du groupe naval français DCNS avaient été avancés pour la reprise de la florissante filiale française de STX Offshore and Shipbuilding. Mais l’italien avait été le seul à faire une offre de reprise la semaine dernière dans les délais impartis.

Contrairement à sa maison mère, STX France, qui compte 2 600 salariés et fait travailler environ 5 000 sous-traitants, est en pleine forme avec un carnet de commandes très bien rempli. STX France avait été revendu à STX en 2008 par le norvégien Aker Yards, qui l’avait racheté en 2006 à Alstom.

STX Offshore and  Shipbuilding est sous le contrôle de ses créanciers depuis 2013, dont la banque publique Korea Development Bank. Ceux-ci ont lâché plus de 4 000 milliards de wons pour l’aider à faire face à ses échéances (3,2 milliards d’euros), mais cela n’a pas suffi à remettre l’entreprise à flot et son endettement total atteignait 7 300 milliards de wons en juin.

 

LA TRIBUNE – 04/01/2017

Immobilier : 2016, une année exceptionnelle

 

Une série de nouveaux chiffres sur l’immobilier en France viennent d’être publiés. Ils confirment que 2016 a été une année exceptionnelle.

Porté par un crédit très bon marché et des aides publiques, le marché immobilier ancien en France a connu une année 2016 exceptionnelle avec de gros volumes de ventes, selon les deux premiers réseaux immobiliers à publier leurs chiffres. L’année écoulée a été un « très grand cru qui n’est pas sans rappeler l’année 2007 » estimait lundi Yann Jehanno, directeur exécutif du réseau Laforêt (700 agences) dont les transactions ont bondi de 12,8 % au plan national, tandis que son concurrent Guy Hoquet L’Immobilier (450 agences), filiale du groupe Nexity, a vu ses ventes bondir de 11,5 % en France, et même 15 % à Paris. Chez Century 21, les transactions ont même bondi de 15,1 % en 2016. « De nombreux économistes pronostiquent autour de 840.000 transactions » à l’échelle de la France, souligne Laforêt, tandis que Guy Hoquet et Century 21 prédisent jusqu’à 850.000 ventes. Pour en être certain, il faudra toutefois attendre les chiffres définitifs des notaires qui seront publiés dans les prochaines semaines.

Conditions exceptionnelles de taux

Ce dynamisme du marché est dû à des « conditions exceptionnelles de taux », rappelle Fabrice Abraham, directeur général de Guy Hoquet, ainsi qu’à des prix légèrement baissiers depuis 2011. Ces deux facteurs ont permis aux acquéreurs de « voir le prix de leur achat immobilier baisser de 20 à 25 % », précise-t-il. Après un an de baisse continue, les taux d’intérêt ont très légèrement augmenté en décembre à 1,34 % en moyenne, a annoncé lundi de son côté l’observatoire Crédit Logement/CSA. Même s’ils ont « sans doute atteint un seuil historique, en-dessous duquel il sera difficile de descendre », relève Elix Rizkallah, président de Laforêt, ils « offrent aux emprunteurs un pouvoir d’achat qui dynamise l’ensemble du marché immobilier ». Ces ventes très étoffées ont été soutenues par les deux moteurs traditionnels du marché: les ménages qui ont accédé à la propriété et les investisseurs.

Les primo-accédants très présents

« Très actifs », note Guy Hoquet, les primo-accédants sont aussi de plus en plus présents, en générant 40 % du volume des transactions en 2016 contre 36 % l’année d’avant et 24 % en 2012, au sein du réseau. En parallèle les « secundo-accédants », qui vendent un logement pour en racheter un autre, reculent en ne représentant plus que 42 % des volumes de ventes, contre 60 % en 2012. Les investisseurs sont de retour en générant 18 % des transactions en 2016, soit le double du volume de 2015, chez Guy Hoquet et 15 % chez Laforêt (contre 11 %). De leur côté les prix des biens vendus ont progressé de 1,9 % en France (et même de 3,8 % à Paris) chez Laforêt et de 3,1 % chez Guy Hoquet (+4,8 % à Paris).

 

LES ECHOS – 04/01/2017

Les six défis qui attendent SFR, Free, Orange, Bouygues Telecom en 2017

 

Les frais d’itinérance frappant les appels passés de l’étranger disparaissent : le texte a été adopté par la Commission européenne mi-décembre.

Après une année marquée par l’échec de la consolidation, 2017 promet d’être à nouveau animée dans les télécoms. Revue de détail des principaux enjeux du secteur, dans un contexte de marché toujours aussi concurrentiel.

La fin du « roaming »

A partir de juin prochain, les Européens en voyage pourront utiliser leurs portables dans n’importe quel pays de l’Union sans se soucier de la facture à la fin du mois. Les frais d’itinérance (ou « roaming ») vont en effet disparaître. Après quelques rebondissements à l’automne, le texte a finalement été adopté par Bruxelles mi-décembre. Les opérateurs ont obtenu des garde-fous afin d’éviter les abus. En cas de consommation forte et régulière, il sera par exemple possible d’exiger des explications et de surfacturer. Objectif : éviter que les consommateurs n’achètent une carte SIM dans un pays où les télécoms sont peu chers pour l’utiliser uniquement dans leur pays, en itinérance. Cette nouvelle législation va représenter un manque à gagner pour les opérateurs français. La France faisant partie des pays qui accueillent le plus de touristes, elle profite des flux de communications avec les autres pays. Les « telcos » s’y sont préparés en offrant progressivement le roaming dans des forfaits. Mais « il y aura clairement un impact défavorable dans les comptes des opérateurs en 2017 et 2018 », affirme Thomas Coudry, analyste chez Bryan Garnier. Chez Orange, on a déjà fait les comptes : ce sont 150 millions d’euros d’Ebitda qui pourraient faire défaut cette année par rapport à 2016 (soit 1,2 % de l’Ebitda 2015). A charge aux opérateurs de trouver un moyen de compenser ces pertes de marges.

Consolidation, stop ou encore ?

Tout le monde, ou presque, y a cru l’an dernier :  Orange devait racheter Bouygues Telecom. Mais les négociations ont échoué et, depuis, c’est le statu quo. L’élection d’un nouveau président de la République cette année pourrait changer la donne. Si l’Etat devait vendre sa participation de 23 % dans Orange, par exemple, cela faciliterait une fusion. Parmi les candidats, François Fillon a prévenu que, s’il était élu, il procéderait à des privatisations. Mais ce dernier est aussi l’initiateur de la quatrième licence de téléphonie mobile accordée à Free. Pas sûr qu’il s’emploie à détruire ce qu’il a lui-même construit en faisant passer le nombre d’opérateurs télécoms de trois à quatre. Un autre acteur pourrait entrer dans le jeu : Vivendi. Poussé par Vincent Bolloré, la maison mère de Canal+ (qui détient des parts dans les opérateurs Telecom Italia et Telefonica) lorgnerait désormais sur Orange. Un scénario voyant Vivendi apporter ses 23 % dans Telecom Italia à Orange en échange d’une entrée au capital de l’opérateur historique français n’est pas à exclure.

La poursuite de la convergence

Initié en 2016, le renforcement des opérateurs télécoms dans les contenus pourrait bien être l’un des thèmes forts de 2017. SFR, le plus offensif dans ce domaine, et Orange vont commencer à produire des séries cette année. SFR va aussi investir dans le cinéma, ce qu’Orange fait depuis longtemps. SFR, qui détient l’exclusivité des droits TV de la Premier League, pourrait aussi s’intéresser à la Ligue 1 et à la Ligue des champions. Les lignes bougent : Stéphane Richard, le patron d’Orange, n’exclut plus d’investir dans les droits du foot et de prendre une participation, même minoritaire, dans Canal+. Les autorités de régulation pourraient toutefois se montrer sourcilleuses. La nouvelle présidente de l’Autorité de la concurrence, Isabelle de Silva, aura probablement son mot à dire si les exclusivités des opérateurs se multiplient. « Tout ce qui brille n’est pas de l’or », a prévenu de son côté Sébastien Soriano, le président de l’Arcep, en fin d’année, en allusion aux opérateurs qui investissent beaucoup dans les contenus. Le régulateur redoute une réduction des investissements dans les infrastructures.

La diversification en marche

Les opérateurs télécoms n’ont pas vocation a être de simples tuyaux qui vendent un abonnement à Internet, au téléphone et à la télévision. Certains réfléchissent déjà à vendre d’autres services. C’est le cas d’Orange, qui va lancer Orange Bank, une banque mobile, au premier semestre, après avoir racheté 65 % de Groupama Banque. C’est le projet le plus structurant de l’opérateur cette année et un vrai défi, car ce type d’initiative de la part d’un opérateur télécoms n’a jamais connu de succès à grande échelle dans un pays développé. SFR a aussi des projets dans la banque en ligne et dans la télémédecine. Il discute avec des banques françaises de la conception d’un porte-monnaie électronique et prépare le lancement d’une offre de terminal de paiement mobile pour les commerçants en 2017.

Cap sur l’international

Si la consolidation nationale reste dans toutes les têtes, les opérateurs, à l’exception de Bouygues Telecom, regardent aussi vers l’étranger. Pour la première fois, en 2017, Free sortira du cadre hexagonal pour se lancer à la conquête de l’Italie. Après la fusion, l’an dernier, entre Wind et H3G, le groupe a récupéré des fréquences, des antennes et le droit d’utiliser une partie du réseau du nouvel ensemble ainsi constitué. Bref, tout pour devenir le quatrième opérateur de la péninsule. Xavier Niel et ses lieutenants multiplient les allers-retours entre Paris et Milan. Les premières offres devraient voir le jour à la fin de l’année. Reste à savoir si Free parviendra à y bousculer le marché comme en France. Orange, de son côté, continuera à sonder les opportunités à l’international. En Afrique, où il est déjà très présent ; en Europe de l’Est, où il convoite Vivacom, le numéro un bulgare des télécoms ; et enfin en Iran, où il travaille sur un partenariat avec MCI, leader du mobile. Enfin, après une pause en 2016, Altice, le holding de SFR, pourrait renouer avec les acquisitions. Priorité aux Etats-Unis, où Patrick Drahi envisage de faire coter une partie de ses activités pour financer sa future croissance.

La Fin programmée des zones blanches

La fracture numérique pourra-t-elle être résorbée en 2017 ? Des échéances importantes sont en tout cas attendues. D’ici au mois de juin, les opérateurs télécoms ont l’obligation de couvrir en 3G les zones blanches du territoire, ces endroits où le mobile ne passe pas. Près de 3.800 centres-bourgs figurent dans le programme zones blanches, représentant environ 1 % de la population française. Dès la fin de 2016, l’intégralité de ces sites devaient être couverts en voix et en SMS. Pas sûr que l’objectif ait été atteint, alors que certains pylônes restaient encore à construire…

Enfin, le 17 janvier, 40 % des habitants de la zone peu dense (18 % de la population) devront bénéficier de la 4G, conformément aux obligations liées à l’achat des fréquences par les opérateurs.

Fabienne Schmitt et Romain Gueugneau

 

 

L’EXPRESS – 04/01/2017

CES 2017: pourquoi les entreprises françaises misent gros sur Las Vegas

Pour cette édition 2017 du CES, près de 500 entreprises françaises devraient être représentées à Las Vegas. Officiellement, ou plus officieusement…

Faire des milliers de kilomètres, investir des milliers d’euros, tout ça pour quoi? L’Express a sondé start-ups, grands groupes et spécialistes du Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas pour comprendre l’intérêt et les objectifs des « frenchies » à y être.

Présenter son produit, sentir les évolutions du marché, alimenter son réseau… A première vue, le CES de Las Vegas est un salon professionnel comme il en existe des centaines chaque année à travers le monde. A ceci près qu’il est le seul à réunir autant de professionnels de la high-tech et que les Français n’hésitent pas faire des milliers de kilomètres pour discuter, souvent, entre eux.

« En tout il doit y avoir environ 500 entreprises tricolores présentes dans les allées du salon, indique à L’Express Christian Pineau, spécialiste du CES et président d’International Boost, une agence spécialisée qui accompagne les boîtes à Vegas. L’essence du CES, c’est le business. Avant le salon était très BtoC [business to consumer], mais il se transforme et devient plus BtoB [business to business]. Cela change la donne ».

Eram a « testé le marché »

Pour les entreprises, venir à Las Vegas est une sorte de voyage initiatique qui laisse peu de place au hasard. Afin d’exposer sur place, il faut soit fournir un produit fini, soit un prototype bien avancé. Comme ce fut le cas par exemple pour la marque de chaussure Eram. Pour les dirigeants du groupe familial du Maine-et-Loire, plus gros employeur du département, franchir le pas à quelques semaines à peine du salon était un pari osé.

« Nous avions un premier prototype de chaussure connectée, la « Choose », que l’on venait de présenter à un salon près de Lille. Les premiers retours étaient bons, on s’est dit qu’il fallait tenter le coup au CES, explique à L’Express Renaud Montin, directeur de l’innovation chez Eram. On s’est activé pour préparer une V2, très axée mode plus que techno. L’idée ce n’était pas de repartir avec une liste de commandes, mais plus de tester le marché directement ».

Dans ses valises, Renaud Montin est quand même rentré avec une très belle couverture médiatique, et quelques contacts précieux avec des distributeurs. « Cette année, on y retourne, davantage en tant que spectateurs. On sait que les gens ont adoré le produit, maintenant il ne faut pas les faire attendre trop longtemps », précise Renaud Montin. La commercialisation du produit est actée, ce deuxième voyage sera donc l’occasion de nourrir son réseau.

La Poste poursuit « sa diversification »

Le « networking » c’est justement le second levier du CES. En marge de la convention, conférences, soirées et petits entretiens se tiennent dans les salons feutrés des hôtels de Las Vegas. Les dirigeants de grands groupes reçoivent clients, fournisseurs et décideurs en coulisses. Cette année, le fabricant français STMicroelectronics, visiteur fidèle du CES, a décidé de la jouer à l’américaine, « backstage » comme on dit.

Mais d’autres grands comptes comme La Poste, Crédit Agricole ou Engie se mettent en première ligne. « Pour ces grandes entreprises, c’est surtout une question de branding, d’alimenter leur réputation, surtout vis-à-vis des Français d’ailleurs, note un observateur avisé. Pour assurer leur visibilité, ils emmènent avec eux des start-ups et louent des espaces très chers, pour plusieurs centaines de milliers d’euros ».

Au groupe La Poste, Jérôme Toucheboeuf accompagnera 16 start-ups sélectionnées pour s’afficher sur son stand. « C’est notre 3e année au CES, cette démarche s’inscrit dans une stratégie de diversification que l’on a lancé autour des objets connectés. Pour ces jeunes boites, venir à Vegas a un coût. Pour nous, cela permet de montrer notre investissement dans ce domaine. Tout le monde est gagnant », avance le directeur Innovation de La Poste.

D’autant plus que cet investissement peut se conclure par des contrats. L’année dernière, à Vegas, La Poste a noué des contacts avec Malakoff-Médéric, et signé un accord avec BNB Real Estate pour mettre en place une solution de gestion de la surveillance de ses bâtiments. « Ce sont des opportunités qui se créent. A la base, on ne pense pas forcément à nous. Être sur place facilite les échanges et rend les choses plus simples », note Jérôme Toucheboeuf

Les start-ups « s’ouvrent des portes »

Chez les startupers, le CES peut faire office de tremplin. L’année dernière, la jeune pousse 10-Vins, qui commercialise une machine de dégustation, une sorte de « Nespresso » de l’or rouge, est reparti de Vegas avec deux prix.

« Nous étions quatre sur place et c’était assez intense, raconte à L’Express Thibault Jarousse, la trentaine, ingénieur de métier et créateur de l’entreprise en 2012. A la base, l’objectif était très clairement l’analyse du marché américain. Nous sommes restés 3 semaines, à Las Vegas puis San Francisco et enfin New York. L’idée était de savoir si nous démarrions côte ouest ou côte est. En fait, nous avons été un peu dépassés par les événements, mais ça nous a ouvert pas mal de portes ».

Démarrage à Singapour, levée de fonds de 2 millions d’euros, lancement de la distribution avec les Galeries Lafayette… Si l’entreprise y retourne cette année, c’est avec « l’objectif de démarrer le marché américain », précise le jeune entrepreneur.

Et ça tombe bien, il semblerait que l’attrait avec l’Oncle Sam soit réciproque. « La France est un marché critique pour le succès du CES, précise à L’Express John Kelley, un des dirigeants du salon en charge des programmes internationaux. Nous sommes ravis que les décideurs français considèrent comme une priorité de venir au CES pour expérimenter la prochaine vague d’innovation qui changera notre monde. La France s’est désormais identifiée comme un pays qui privilégie l’innovation technologique, et cela explique sa présence accrue au CES ». Il ne reste plus aux « Frenchies » qu’à bien placer leurs jetons…

Vidéo : http://lexpansion.lexpress.fr/entreprises/ces-2017-pourquoi-les-entreprises-francaises-misent-gros-sur-las-vegas_1865370.html

 

Sébastien Pommier

 

 

::: POLITIQUE

LE MONDE – 04/01/2017

Peillon et Valls présentent leurs programmes

Les deux candidats à la primaire à gauche ont exposé les grandes lignes de leurs projets, mardi 3 janvier.

Manuel Valls et Vincent Peillon, les deux candidats tardifs de la primaire à gauche, ont présenté leurs projets respectifs, mardi 3 janvier. Alors que la compétition s’accélère, moins de trois semaines avant le premier tour de l’élection (le 22 janvier) et neuf jours avant le premier débat télévisé (le 12 janvier), la gestion de l’agenda médiatique devient une arme politique. Pas question donc d’offrir à la concurrence la possibilité d’occuper seule le terrain.

L’ancien premier ministre et l’ex-ministre de l’éducation nationale ont chacun un positionnement délicat à trouver avant le vote. Les deux autres candidats principaux de la primaire, Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, attaquent le bilan de François Hollande, rappelant qu’ils ont quitté le pouvoir en 2014, sur fond de désaccord politique. MM. Valls et Peillon, eux, assument ce bilan, mais revendiquent une part d’inventivité personnelle. Difficile équilibre, illustré avant les fêtes par la proposition de M. Valls de supprimer l’article 49.3, qu’il a pourtant utilisé à six reprises comme chef de la majorité pour faire voter la loi Macron et la loi travail.

Soucieux de parler au cœur du Parti socialiste, M. Peillon tente de ressusciter l’héritage des années bénies du gouvernement Jospin, au risque d’oublier que l’histoire a mal fini le 21 avril 2002. Il veut incarner « une candidature de respect », fidèle à une gauche de gouvernement social-démocrate, mais sans l’intransigeance vallsienne de l’exercice du pouvoir. Dans son projet, le professeur de philosophie met fortement l’accent sur l’enseignement supérieur et la recherche, en promettant de créer 8 000 postes supplémentaires d’enseignants sur cinq ans, ainsi que 4 000 postes de jeunes chercheurs et ingénieurs, pour « gagner la bataille de l’intelligence ». L’eurodéputé propose également un « New Deal européen » avec le déploiement d’un plan d’investissement communautaire de « 1 000 milliards d’euros » pour financer des secteurs d’avenir.

Droit de vote des étrangers aux élections locales

Sur le plan institutionnel, M. Peillon plaide pour une élection des députés à la proportionnelle dans « les grandes régions » pour lutter contre le « poison du fait majoritaire ». Un référendum, qui serait programmé à l’automne 2017, prévoit aussi l’indépendance effective des magistrats du parquet, la transformation du Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle et la mise en œuvre du droit de vote des étrangers aux élections locales.

Au niveau budgétaire, M. Peillon entend « poursuivre » la baisse des déficits publics, mais veut augmenter le budget de la justice de 5 % par an pendant tout le quinquennat, mettre en place la CSG progressive et réformer la fiscalité sur la transmission des patrimoines et la détention de capital. Sans abroger la loi travail, il entend revenir sur sa mesure principale, en rétablissant la hiérarchie des normes dans le droit du travail.

De son côté, M. Valls cherche à incarner une gauche de gouvernement débarrassée des ambiguïtés du hollandisme. Dans son projet, il insiste particulièrement sur la question européenne, proposant une « conférence de refondation de l’Europe » avec un seul « projet clair : la protection des Européens à l’heure de la mondialisation ». Une défense de la « souveraineté » qui s’adresse notamment aux classes populaires s’estimant « dépossédées de leur destin », afin de leur montrer qu’il a entendu les messages électoraux envoyés par le Brexit britannique ou la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis.

« Le projet doit pouvoir évoluer »

Reprenant ses plaidoyers pour une « nation éducative » et une « renaissance démocratique », M. Valls souhaite également « redonner du pouvoir d’achat » aux Français. Il propose ainsi la mise en place d’un « revenu décent », différent du revenu universel d’existence de M. Hamon, qui prévoit la fusion des minima sociaux et la création d’un revenu d’autonomie pour tous les 18-25 ans. Concernant la lutte contre les discriminations, l’ex-premier ministre promet de « faire disparaître en dix ans » l’écart de salaires femmes-hommes dans les entreprises.

Malgré ses cinquante pages, l’objectif du projet vallsiste n’est pas de présenter une plate-forme de propositions ultra-détaillées. « On n’est pas sur un catalogue présidentiel avec 110 propositions, mais plutôt sur une dizaine de priorités bien identifiées, car le projet doit pouvoir évoluer pour la présidentielle », explique Olivier Dussopt, son porte-parole. Selon le député de l’Ardèche, l’ancien premier ministre veut « éviter le syndrome Fillon élu en novembre à la primaire de la droite sur un programme précis, qu’il doit désormais mettre sous le tapis pour tenter de rassembler les Français ».

« Un mauvais congrès du PS »

Sur plusieurs aspects, les idées de MM. Valls et Peillon se rejoignent : tous deux proposent par exemple de porter à 2 % du PIB le budget de la défense, la création de 5 000 postes de gendarmes et de policiers supplémentaires en cinq ans, la limitation du cumul des mandats dans le temps et la baisse du nombre de parlementaires, la suppression de la Cour de justice de la République ou la consultation des citoyens lors de la fabrication des lois au Parlement. Au niveau européen, ils sont favorables l’un et l’autre à une « pause » dans le processus d’élargissement de l’Union, ainsi qu’au fonctionnement de l’Europe par « cercles » de pays si l’unanimité des 27 membres est introuvable sur certains dossiers.

Un tel parallélisme fait dire au camp Valls que la candidature de M. Peillon n’existe en réalité que par calcul interne, pour empêcher leur champion. « Quelle est la ligne politique de Vincent Peillon, à part gêner Manuel Valls ? Cela ne fait pas un projet, c’est au contraire la meilleure façon de faire de la primaire un mauvais congrès du PS », estime M. Dussopt.

Face à ce duel à distance, MM. Montebourg et Hamon, candidats, eux, depuis cet été, ne veulent pas être en reste. Les deux, qui ont listé leurs propositions, savent qu’ils doivent désormais mettre l’accent sur leur chiffrage. L’ancien ministre de l’économie, qui a déjà dévoilé son « projet France », organise mercredi une nouvelle conférence de presse pour préciser ses propositions en matière économique et sociale. L’ex-ministre du redressement productif cherche ainsi à se différencier de tous ses concurrents. « Ma candidature n’est pas une candidature de gestion ou de soumission à l’ordre établi, ni une candidature de prospective pour les vingt prochaines années, mais une candidature de transformation pour les cinq mois qui viennent », explique M. Montebourg, mettant sous la même toise MM. Peillon, Valls et Hamon.

Bastien Bonnefous

 

 

LES ECHOS – 04/01/2017

Primaire à gauche : le sérieux budgétaire n’est plus vraiment de saison

+ INFOGRAPHIE + VIDEO – Les candidats à la primaire font tout pour que le PS échappe à la malédiction qui frappe les partis sociaux-démocrates en Europe.

Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés. Depuis cinq ans, les partis sociaux-démocrates d’Europe sont nombreux à subir le même sort : la crise qui les oblige à la rigueur budgétaire quand ils sont au pouvoir, puis la descente aux enfers électoraux qui suit. Du Pasok grec sombré corps et âme au PSOE espagnol, en passant par les travaillistes néerlandais en très mauvaise posture pour les élections du printemps, les exemples ne manquent pas.

C’est à la lumière de cette maladie européenne qu’il faut lire les programmes économiques des différents candidats à la primaire du Parti socialiste français. Ses cousins du Vieux Continent ont tous payé d’une façon ou d’une autre un positionnement gestionnaire, et personne n’a envie au PS de subir le même sort. Alors qu’en 2011 aussi bien François Hollande que Manuel Valls assumait un certain sérieux budgétaire dans le cadre d’un scrutin qui a pourtant tendance à appeler à une surenchère à gauche, ce n’est plus vraiment de saison en 2017. Il est d’ailleurs frappant de voir que les quatre principaux candidats (Manuel Valls, Vincent Peillon, Benoît Hamon et Arnaud Montebourg) n’abordent à aucun moment la problématique du financement de l’assurance-maladie ou de l’assurance-chômage. Même silence sur l’avenir du système des retraites.

Mettre entre parenthèses le Pacte de stabilité

Ce n’est certes pas si surprenant pour Benoît Hamon et Arnaud Montebourg. qui revendiquent ouvertement de rompre avec les canons du quinquennat Hollande. Le premier est le plus radical, qui veut mettre entre parenthèses le Pacte de stabilité européen – c’est bien le moins quand on veut créer un revenu universel coûtant 300 milliards d’euros au bas mot. Le champion du patriotisme économique a un profil plus hybride, acceptant en partie la politique de l’offre menée par l’actuel gouvernement mais rejetant tout ce qui peut ressembler vaguement à de l’austérité. Si bien qu’il finance une partie de son plan de relance par de l’endettement supplémentaire, si on en croit ses déclarations publiques.

Quant aux héritiers présumés du hollandisme, ils se gardent bien de trop en faire sur le sérieux budgétaire. Vincent Peillon avait assuré lundi sur RMC qu’il ramènerait le déficit public en 1,5 % en 2022, mais ce chiffre a disparu du programme dévoilé ce mardi . Un oubli malencontreux ? A la place, il est fait mention de la « poursuite de la baisse de nos déficits » sans précision chiffrée. Pour compliquer la chose, cette « baisse des déficits » doit être menée de front avec une augmentation des moyens pour la défense, la sécurité ou la justice. Vincent Peillon assume aussi une certaine rupture avec la gauche gestionnaire aux manettes depuis 2012 en s’attaquant à deux totems du gouvernement (le CICE et la loi travail).

Il reste Manuel Valls, qui peut difficilement faire comme s’il n’était pour rien dans les choix du quinquennat. L’ancien Premier ministre assure que le déficit restera sous la barre des 3 % du PIB, mais se garde bien d’en dire plus. Il évoque une progression des dépenses de 2,5 % par an supérieure à celle constatée depuis 2012, qui comprend néanmoins implicitement des économies pour les ministères non régaliens. Pour autant, l’ancien amateur d’embardées à droite du PS n’assume pas, fustigeant « la pensée ultralibérale qui dit que la dépense publique est mauvaise » et assurant que « l’enjeu majeur aujourd’hui n’est pas le déficit ». De nouvelles mesures de redistribution sont par ailleurs évoquées.

Est-ce que cela sera suffisant pour échapper à la malédiction européenne ? La situation est d’autant plus compliquée pour le PS qui doit naviguer entre le radicalisme de Jean-Luc Mélenchon et le réformisme d’Emmanuel Macron.

EN VIDEO. Primaire de la gauche : mode d’emploi / http://www.lesechos.fr/elections/primaire-a-gauche/0211656137420-primaire-a-gauche-le-serieux-budgetaire-nest-plus-vraiment-de-saison-2054432.php

Renaud Honoré

 

::: INTERNATIONAL

LES ECHOS – 04/01/2017

L’assurance-chômage allemande affiche un excédent de plus de 5 milliards d’euros

 

« La bonne situation sur le marché de l’emploi a conduit à des dépenses nettement moins élevées durant l’année », a expliqué l’agence.

Grâce au chômage faible, l’Agence pour l’emploi a enregistré un excédent de 5,4 milliards d’euros en 2016.

C’est un résultat qui attise les convoitises, et sans doute aussi quelques jalousies. L’Agence fédérale pour l’emploi, qui gère l’assurance chômage allemande, a enregistré en 2016 un excédent de 5,4 milliards d’euros, selon les chiffres publiés mardi. L’essentiel de cet excédent alimente les réserves qui atteignent ainsi 11 milliards d’euros.

« La bonne situation sur le marché de l’emploi a conduit à des dépenses nettement moins élevées durant l’année », a expliqué l’agence. L’Allemagne comptait en fin d’année 43,5 millions d’actifs cotisants, soit 429.000 de plus que l’année précédente et un record depuis la Réunification. Le nombre de chômeurs s’est limité à 2,7 millions, soit un taux de 6,1 %.

Les chiffres ont de quoi faire pâlir d’envie l’Assurance chômage française, qui tablait en février sur un déficit de 4,2 milliards d’euros en 2016 et une dette cumulée de 30 milliards en fin d’année.

Mais ils suscitent surtout les convoitises en Allemagne, où la Fédération des contribuables à immédiatement demandé une baisse des cotisations chômage, de 3 à 2,5 % du salaire brut (contre 6,5 % en 2007). L’Agence s’oppose à cette mesure, qui coûterait selon elle près de 5 milliards d’euros par an. « Nous devons conserver un matelas pour faire face à un éventuel repli conjoncturel », explique un porte-parole.

Avant la crise financière de 2008, l’établissement public disposait en effet d’une réserve de 18 milliards d’euros, qui a été quasiment épuisée pour couvrir notamment les mesures de chômage partiel en 2009 et 2010, qui avaient permis à l’Allemagne de traverser la crise sans creuser son chômage.

L’assurance chômage n’est pas la seule qui affiche des excédents en Allemagne, où l’Etat fédéral prévoit à nouveau un budget à l’équilibre cette année. C’est aussi le cas de l’assurance maladie, qui a enregistré un excédent de 1,55 milliard d’euros sur les trois premiers trimestres de 2016 et une réserve de plus de 16 milliards.

Les comptes sociaux allemands ne sont pas à l’abri de risques. Si l’assurance maladie a pu maintenir les cotisations relativement stables depuis dix ans (autour de 15,7 % au total), elle s’attend à une augmentation des dépenses. C’est aussi le cas de l’assurance dépendance, qui fait face au vieillissement de la population et pour laquelle le gouvernement a augmenté les cotisations au 1 er janvier, de 0,2 point à 2,55 %.

Enfin, l’Assurance retraite, qui avait affiché des excédents depuis 2006, a enregistré son premier déficit en 2015 et devait aussi terminer 2016 dans le rouge. Malgré un marché de l’emploi florissant, ses réserves sont passées de 34 milliards d’euros en décembre 2015 à 32,2 milliards en novembre 2016. En cause : les coups de pouce multipliés par le gouvernement d’Angela Merkel et notamment celui accordé aux mères retraités, dont la facture s’élève à 6,5 milliards par an. Les cotisations vieillesses, qui s’élèvent à 18,7 %, doivent augmenter à partir de 2022.

Thibaut Madelin

 

 

LA TRIBUNE – 04/01/2016

Brexit : démission de l’ambassadeur britannique auprès de l’UE, en colère contre Londres

 

Ivan Rogers en compagnie de l’ancien Premier ministre David Cameron à Bruxelles, le 28 juin 2016.

 

Dénonçant le manque d’expérience des Britanniques en matière de négociations multinationales, Ivan Rogers a quitté son poste, mardi.

Les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne se feront sans Ivan Rogers. L’ambassadeur britannique auprès de l’UE, nommé en novembre 2013 par l’ancien Premier ministre David Cameron, a claqué la porte, mardi, moins de trois mois avant le déclenchement du Brexit. Une démission surprise qui dresse un nouvel obstacle sur la route de sortie de l’Union, pour le gouvernement de Theresa May.

« Il y a très peu d’expérience sérieuse pour ce qui est des négociations multilatérales à Whitehall (le quartier des ministères de Londres), ce qui n’est pas le cas à la Commission (européenne) ou au Conseil » européen, a regretté Ivan Rogers dans une long mail adressé au bureau qui représente le Royaume-Uni auprès de l’UE, pointant du doigt l’écart qu’il a observé entre la préparation de Londres et celle des institutions européennes pour négocier le Brexit.

Les ministres mis en garde

Fin connaisseur des dossiers européens, il avait été au cœur d’une polémique le mois dernier après la fuite de propos tenus devant des ministres britanniques. Il leur avait expliqué qu’aux yeux des 27 autres Etats membres de l’UE, la signature d’un nouvel accord commercial entre le Royaume-Uni et l’UE post-Brexit n’interviendrait pas avant une bonne dizaine d’années. « J’espère que vous continuerez à contrer les arguments infondés et les raisonnements confus et que vous n’aurez jamais peur de dire la vérité à ceux qui sont au pouvoir », a-t-il ajouté dans son mail publié sur le site du Times mardi soir. « J’espère que vous vous soutiendrez dans ces moments difficiles où vous devrez tenir un discours qui n’est pas agréable à entendre à ceux qui ont besoin de l’entendre. »

Sans surprise, sa démission a été accueillie avec satisfaction par les partisans du Brexit, Nigel Farage en tête, qui a estimé mardi sur Twitter que le « Foreign Office a besoin d’un grand ménage ». « Sa démission n’est pas une surprise pour ceux qui travaillent avec lui », a commenté un diplomate européen. « Il était très compétent, mais pas convaincu par la décision d’un Brexit et la ligne du gouvernement britannique, qui entraînera le Royaume-Uni dans une zone d’incertitude dangereuse. »

 

L’OPINION – 04/01/2017

Donald Trump se veut le boss de l’industrie américaine

 

Donald Trump, ici à l’usine Carrier, se veut le champion de la lutte contre les délocalisations.

Après Ford, c’est au tour de General Motors de faire l’objet des foudres du président élu qui dénonce une délocalisation du constructeur américain au Mexique

Le président élu américain, Donald Trump, a violemment critiqué mardi le constructeur automobile américain General Motors et a menacé de lui imposer « une importante taxe frontalière » s’il continuait à produire ses berlines Chevy Cruze au Mexique. Critiqué pour la même raison par le candidat républicain durant la campagne, Ford a annoncé le même jour l’annulation de son projet de construction d’une usine d’assemblage mexicaine pour un montant de 1,6 milliard de dollars.

Donald Trump a décidé de ne pas attendre son intronisation officielle à la présidence des Etats-Unis, le 20 janvier, pour régenter l’industrie américaine ! Résolu à tenir ses promesses de campagne d’en finir avec les délocalisations, il fait feu de tout bois depuis son élection à la Maison blanche.

Après le fabricant de climatiseurs Carrier (groupe United Technologies) et le constructeur automobile Ford dont il se targue d’avoir réussi à bloquer le déménagement d’usines vers le Mexique, c’est au tour de General Motors d’être invité à revoir sa copie au risque sinon de subir les foudres de Donald Trump. Le géant de Detroit est aujourd’hui accusé de vouloir commercialiser sur le marché américain l’un de ses modèles « made in Mexico ». « Fabriquez aux Etats-Unis ou payez de gros droits de douane » a-t-il menacé, mardi, sur Twitter.

Qu’importent les explications des industriels ! Ford a eu beau assurer que les emplois de son site de production de crossovers du Kentucky n’étaient en rien menacés par son investissement au Mexique (1,6 milliard de dollars) dans une unité destinée à produire des petits modèles pour le marché latino américain, le futur président américain ne veut rien entendre.

General Motors aura d’autant plus de mal à le convaincre que les 350 millions de dollars investis de l’autre côté de la frontière sont pour fabriquer un véhicule compact dont seul un petit nombre sera commercialisé aux Etats-Unis, que le constructeur a annoncé pour 2017 la suppression de 2000 emplois dans deux de ses usines américaines.

Foucades. A l’image des dirigeants de Boeing dont le PDG avait osé douter du bien-fondé de ses idées protectionnistes ou de Lockheed dont les coûts de production de l’avion de chasse F-35 sont accusés de dérapage, les intéressés n’ont guère d’autres choix que de se plier aux foucades du promoteur immobilier.

Donald Trump peaufine ainsi son image de champion de la lutte contre les délocalisations. Avec un certain succès même si à en croire un syndicaliste de chez Carrier, son intervention n’a pas permis de sauver 1 100 emplois dans l’Indiana mais 800 tout au plus, le groupe maintenant le transfert de 500 postes de travail de l’autre côté de la frontière.

Ford vient en tout cas d’annuler, mardi, son projet mexicain au profit d’un investissement de 700 millions de dollars dans son usine de Flat Rock (Michigan), avec la création de 700 postes à la clé. Ce qui met la pression sur General Motors et son plan de développement global de 5 milliards de dollars au Mexique.

Le plus dur est à venir encore pour les groupes américains opérant à l’export. Le président élu qui continue de poursuivre la Chine et le Mexique de ses tweets vengeurs vient de mettre la dernière touche à son équipe chargée de défendre les intérêts des Etats-Unis à l’étranger. Avec Robert Lighthizer au poste de représentant au commerce et le milliardaire Wilbur Ross, comme supérieur, les idées protectionnistes du boss promettent d’être bien défendues !

Gilles Sengès

 

 

 

Vous souhaitant une bonne journée.

 

Cordialement,

 

 

Elena NATALITCH

Service Presse, Communication / Formation

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Revue de presse du MEDEF IDF du jeudi 22 décembre 2016

2017-06-05T10:27:29+02:00Mots-clés : , |

Revue de presse du MEDEF IDF du jeudi 22 décembre 2016

 

 

::: ECONOMIE

LES ECHOS – 22/12/2016

Comment fonctionnera le Compte PME Innovation

 

Le « Compte PME Innovation » a subi des dernières retouches en nouvelle lecture à l’Assemblée.

L’outil fiscal à destination des « business angels » a été adopté à l’Assemblée. Lors de la deuxième lecture, les conditions pour être éligible ont été à nouveau resserrées.

Les contours du dispositif fiscal à l’attention des « business angels » sont désormais bien définis. Le Compte PME Innovation a été adopté en deuxième lecture à l’Assemblée nationale mardi soir dans le cadre du collectif budgétaire de fin d’année. L’occasion, pour le gouvernement, d’apporter les dernières retouches à cet outil qui devrait permettre aux entrepreneurs de réinvestir plus facilement leurs plus-values dans des start-up. Ce compte a été conçu comme un PEA, avec un compte espèce associé, mais pour les « business angels ».

Condition assouplie

Pour être éligible, l’investisseur devra être actionnaire à 25 % de la société cédée (10 % si le détenteur est salarié ou dirigeant). Jugée trop restrictive, cette condition a été assouplie en première lecture à l’Assemblée , mais le gouvernement est en parti revenu en arrière. Au final, les investisseurs pourront ouvrir un Compte PME Innovation lorsqu’il existe un pacte d’actionnaires représentant plus de 25 % des droits de vote et que chaque signataire détient au moins 1 % des droits de vote.

S’ils réinvestissent dans de jeunes PME, les détenteurs de ce compte pourront compenser les plus et les moins values de leurs participations. « L’intérêt principal est de prévoir que le titulaire sera imposé au moment des retraits en liquide opérés sur ce compte, et non pas au titre de l’année de la cession entraînant la plus-value », souligne le rapport de la députée Valérie Rabault (PS) sur le collectif budgétaire.

« Usine à gaz »

En revanche, les amendements visant à exonérer d’ISF la trésorerie de ce compte n’ont pas été retenus, contrairement à l’ambition affichée il y a quelques mois. Sceptique sur le fonctionnement de ce dispositif, l’opposition a dénoncé une « usine à gaz ». « Ce que l’on peut regretter, c’est que le gouvernement ait transformé le compte entrepreneur-investisseur en un compte PME innovation et que cette transformation ait fortement réduit l’ambition de ce nouvel outil », a dénoncé la députée LR Véronique Louwagie.

Ingrid Feuerstein

 

 

LE MONDE – 22/12/2016

Négociations sur l’assurance-chômage : Gattaz n’écarte plus une reprise en main par l’Etat

Le Medef est soupçonné d’attendre l’élection présidentielle et une arrivée potentielle de la droite au pouvoir pour obtenir une convention plus favorable au patronat.

C’est à n’y rien comprendre. Quelques semaines après avoir appelé les partenaires sociaux à établir un « diagnostic » de l’assurance-chômage en vue d’un potentiel redémarrage des négociations pour la rédaction d’une convention, voilà que Pierre Gattaz brouille de nouveau les pistes. Invité mardi 20 décembre sur BFM Business, le président du Medef a déclaré ne pas exclure une reprise en main de la situation par le gouvernement : « Si nous ne sommes pas capables, en tant que partenaires sociaux, de prendre nos responsabilités pour améliorer ce problème de l’assurance-chômage, je ne suis pas contre [le fait] que quelqu’un reprenne la main. ». Et de poursuivre : « Ce n’est pas ma priorité, ce n’est pas ce que je préfère, mais je dirais qu’à un moment il faut savoir ce qu’on veut. Il faut réformer la France et on n’a pas des années pour réformer la France. » Le ton est donné.

Dette abyssale

Gestionnaires à part égale de l’Unédic, l’organisme qui administre le régime de l’assurance-chômage, syndicats et patronat doivent se retrouver tous les deux ans pour décider d’une convention le régissant. Mais le rendez-vous a été manqué en juin 2016 : les négociations ont achoppé sur la question de la taxation des contrats courts, réclamée par les syndicats et refusée par le Medef. Une situation qui a obligé le gouvernement à prolonger la convention fixée en 2014, au risque de ne pas aboutir au redressement financier d’une institution déficitaire qui traîne une dette abyssale (30 milliards d’euros). Pour autant, l’Etat a le pouvoir de reprendre la main et d’établir un nouveau texte quand il le souhaite.

C’est justement pour éviter cet écueil que les partenaires sociaux ont décidé de se réunir les prochains mois afin d’établir un diagnostic de la situation et chercher « d’éventuels points d’accord qui permettraient à tout le monde de se remettre autour de la table et de trouver un accord », explique une source au Medef. Une fois ces réunions thématiques tenues, les partenaires sociaux devront décider, dès le 15 février 2017, d’un éventuel retour à la table des négociations.

Or, la sortie du patron des patrons entretient le doute sur une potentielle issue favorable aux discussions. « Pierre Gattaz dit tout et son contraire, s’étonne Véronique Descacq, chef de file des négociations pour la CFDT. On nous a assuré que nous nous mettions tous autour de la table avec pour objectif de trouver une solution dans le cadre du paritarisme. Ses propos [de mardi] sont irresponsables. »

« Redonner la main à l’Etat »

D’autant que certains soupçonnent le Medef de jouer la montre, attendant l’élection présidentielle de 2017 et une arrivée potentielle de la droite au pouvoir pour obtenir une convention plus favorable au patronat. « Au Medef, il y a toujours deux camps : ceux qui sont pour le paritarisme et ceux qui veulent profiter de l’élection pour redonner la main à l’Etat et obtenir ce qu’ils veulent », explique Michel Beaugas, secrétaire confédéral chargé de l’emploi chez FO.

Au siège du Medef, on se veut bien plus nuancé : « Tout le monde, y compris nous, a intérêt à ce que la convention régissant l’assurance-chômage soit élaborée et signée par les partenaires sociaux, explique-t-on. Nous savons très bien que l’Unédic ne sera pas la priorité du candidat s’il est élu. » Pour autant, poursuit cette source, « si nous n’y arrivons pas, il faut être prêt à cette éventualité ».

Sans donner de nom, M. Gattaz a, pour sa part, décrit la personne qui pourrait justement se charger de rédiger la convention le cas échéant : « Il faut quelqu’un de pragmatique bien sûr, qui fasse les réformes courageusement, qui les ait annoncées à nos compatriotes dans l’élection (…), qui ait donné du sens à ces réformes. » Un portrait-robot qui, vu du Medef où sa cote est élevée, ressemble à s’y méprendre à François Fillon.

Sarah Belouezzane

 

 

LE FIGARO – 22/12/2016

 

L’intérim des cadres, un secteur en plein boum

INFO LE FIGARO – L’Apec, association paritaire dédiée à l’emploi des cadres, et Prism’emploi, l’organisation professionnelle de l’intérim, vont développer plus de services en commun.

Pour les cadres, l’intérim n’est plus un tabou depuis longtemps. Les missions intérimaires pour ces métiers ont commencé à se développer il y a vingt ans. Entre 1997 et 2006, leur nombre a même été multiplié par sept. Depuis, elles occupent une place relativement stable sur le marché du travail. En 2016, elles concernaient ainsi près de 45. 000 personnes, soit environ 11.000 équivalents temps plein.

Sur les neuf premiers mois de 2016, l’intérim cadres a progressé de 10%, contre 6% pour l’ensemble de l’intérim. Les ingénieurs en électricité et électronique (+ 111%), les cadres des marchés financiers (+ 48%), les technico-commerciaux des industries de transformation (+ 47%) ont notamment été les plus demandés.

Pour François Roux, délégué général de Prism’emploi, l’organisation professionnelle de l’intérim, «l’émergence de l’intérim des cadres s’explique essentiellement par l’évolution des entreprises, qui s’organisent de plus en plus en gestion par projet». Confirmation de Jean-Marie Marx, le directeur général de l’Apec, l’association spécialisée sur l’emploi des cadres, dont le site recense près d’un recrutement cadre sur deux: «Pour les cadres, l’intérim est une étape de transition qui arrive souvent en deuxième partie de carrière.»

Dans des parcours professionnels moins linéaires qu’il y a dix ans, l’intérim apparaît donc comme une opportunité de reprise d’activité. D’autant que les missions offrent une relative stabilité. «La durée moyenne de l’intérim des cadres est de trois ou quatre mois, beaucoup plus longue que pour les autres missions», appuie François Roux. Toutes missions confondues, la durée moyenne d’un intérim se limite à deux semaines.

Pour mieux accompagner la croissance de ce marché de l’intérim cadres, l’Apec et Prism’emploi ont donc décidé d’accroître leur collaboration. Ils ont signé fin novembre une nouvelle convention commune, la dernière, beaucoup plus souple, datant de 2002.

Mise en relation

«Aujourd’hui 14% de nos offres sont des offres d’intérim. En un an, cette proportion a augmenté de deux points, appuie Jean-Marie Marx. Nous avons d’abord souhaité retravailler avec Prism’emploi la gestion opérationnelle des offres, améliorer leur transmission automatique pour rendre le marché de l’emploi des cadres plus transparent.»

Outre ces sujets de mise en relation entre entreprises et candidats, la convention prévoit encore que Prism’emploi fasse la promotion auprès de ses agences d’emploi des services de l’Apec en termes d’accompagnement à l’évolution professionnelle, afin d’aider les intérimaires cadres en fin de mission. Les deux maisons s’engagent aussi à mener de front des recherches sur l’emploi des cadres.

L’Apec est optimiste sur l’évolution de l’emploi des cadres ces prochaines années. Selon ses estimations, les entreprises auront embauché au total 200.000 cadres cette année. Ce qui représente une hausse de 10% des recrutements. Cette dynamique devrait perdurer, au point que 222.000 cadres seraient embauchés en 2018. Le choc de la crise de 2008, qui avait provoqué un net ralentissement des recrutements, serait alors enfin effacé, dix ans après…

Anne de Guigné

 

 

L’EXPRESS – 22/12/2016

Les salariés à temps complet travaillent 39 heures par semaine

 

Les salariés à temps complet ont travaillé en moyenne 1652 heures au cours de l’année 2015, soit 39,1 heures par semaine.

Cette « durée habituelle hebdomadaire » est stable par rapport à 2014, selon une étude du ministère du Travail.

Les salariés à temps complet ont travaillé en moyenne 1652 heures au cours de l’année 2015. Au cours d’une semaine normale, c’est-à-dire sans événement exceptionnel (jour férié, congé, maladie…), cela fait 39,1 heures de travail hebdomadaire, selon une étude de la Dares, le service des statistiques du ministère du Travail, publiée ce mercredi.

Les hommes déclarent plus d’heures que les femmes

Cette « durée habituelle hebdomadaire » est stable par rapport à 2014. Elle avait grimpé de 38,9 à 39,5 heures entre 2003 et 2011, avant de décroître à partir de 2012. En France, la durée légale hebdomadaire s’élève à 35 heures.

Les heures travaillées au-delà de ce seuil sont considérées comme des heures supplémentaires. Les hommes à temps complet (39,7) déclarent plus d’heures que les femmes à temps complet (38,2).

Ce sont les cadres et professions intellectuelles supérieures qui déclarent travailler le plus, avec 43,2 heures hebdomadaires. Une partie d’entre eux relèvent d’un régime de forfait en jours, où le temps de travail n’est pas comptabilisé en heures hebdomadaires mais en jours travaillés dans l’année.

16 jours de plus pour les salariés du privé par rapport au public

Les professions intermédiaires (38,4), les employés (37,9) et les ouvriers (37,7) déclarent des durées moins longues.

Par ailleurs, les salariés du public (hors enseignants) et du privé déclarent la même durée de travail hebdomadaire, 39,1 heures, mais sur l’année, ceux du privé travaillent en moyenne 16 jours de plus que leurs collègues du public (215 jours contre 199). La « durée annuelle effective » du travail est, par conséquent, nettement supérieure dans le privé (1688 heures contre 1590).

 

 

::: ENTREPRISES

L’OPINION – 22/12/2016

A l’ombre d’Uber, les plateformes de VTC françaises ont un coup à jouer

 

Vendredi 15 décembre, une centaine de chauffeurs Uber ont manifesté notamment dans les aéroports.

Depuis, le conflit avec la plateforme américaine n’a pas trouvé d’issue.

Alors que le conflit entre la multinationale américaine et ses chauffeurs s’enlise…

Quelques centaines de chauffeurs travaillant pour la plateforme américaine Uber ont manifesté vendredi, créant des incidents. Ils reprochent à Uber d’avoir abaissé le prix minimum des courses et d’avoir aussi rehaussé sa commission, ce qui réduit considérablement leurs revenus. Le ministère des Transports a tenté, lundi et mardi, une médiation. Elle n’a, pour l’heure, produit que peu d’effets : Uber a annoncé la création d’un fonds de 2 millions d’euros pour ses chauffeurs partenaires en difficulté en France, mais refuse de geler la hausse de sa commission. Les autres plateformes de VTC se tiennent en dehors du conflit, qui pourrait représenter une opportunité pour elles, à terme.

« C’est un conflit Ubero-Uber. » C’est ainsi que Yanis Kianski, fondateur de la plateforme de VTC Allocab, résume les événements des derniers jours. Ni lui, ni d’ailleurs la FTTPR, qui rassemble six plateformes françaises de VTC, ne se sont rendus au ministère des Transports où ils étaient pourtant invités. Les autres plateformes affirment être épargnées par un mouvement dont elles ne subissent que des répercussions assez floues. Allocab affirme avoir vu une hausse de 40 % du téléchargement de son appli, et avoir eu du mal à servir tous les clients. Chez Snapcar, le cofondateur Yves Weisselberger, qui est aussi président de la FTTPR, explique que l’activité n’a pas bénéficié de la crise chez Uber : « Beaucoup de nos chauffeurs préfèrent ne pas travailler pour ne pas être ennuyés par les grévistes et avoir une voiture couverte de farine. » À plus long terme, selon lui, les difficultés d’Uber pourraient tout de même constituer « une opportunité » pour les concurrents.

Rares chauffeurs. Ce mercredi, le Sénat a entériné la loi Grandguillaume, qui entend réguler les rapports entre les taxis et les VTC. Elle multiplie les obstacles pour les nouveaux acteurs : les examens pour devenir VTC seront renforcés et les Loti, les chauffeurs capacitaires, interdits de travail pour les plateformes. Coup dur : ce sont 25 à 30 % des effectifs qui s’évaporent. Alors que les chauffeurs risquent de devenir une ressource rare, le désamour pour Uber fera peut-être les affaires de ses concurrents. « La colère des chauffeurs contre Uber ne les dissuadera pas tous de travailler avec cette plateforme : elle est incontournable car elle concentre les plus gros volumes de courses, constate Yves Weisselberger. Mais à terme, les chauffeurs se diront peut-être qu’un des moyens d’agir est de travailler avec d’autres acteurs. » De fait, 70 % des chauffeurs travaillent pour plusieurs marques, mais 30 % sont fidèles à un seul employeur, souvent Uber.

Voie alternative. Chez Allocab, Yanis Kianski explique que, dans une semaine ordinaire, une centaine de chauffeurs nouveaux s’inscrivent. C’est 50 % de plus depuis que le conflit avec Uber a débuté. « Ils font le choix d’une plateforme plus respectueuse de leur travail et plus rémunératrice », explique-t-il. Pour autant, c’est une piètre consolation dans le climat actuel. « Une pénurie de chauffeurs reste une pénurie. Le mouvement d’une plateforme vers les autres ne résoudra pas nos problèmes sur le fond », déplore Yves Weisselberger.

C’est à plus long terme que les rapports tendus entre Uber, ses chauffeurs et le gouvernement pourraient changer la donne pour le secteur. Les plateformes françaises espèrent que ces conflits récurrents leur permettront de « faire valoir un modèle acclimaté à la française de la profession de VTC », selon la FTTPR. « Nous voulons bien collaborer dans un contexte apaisé et faire valoir le fait que les plateformes françaises ont une vision différente des rapports sociaux, détaille Yanis Kianski. Chez Allocab, nous voulons être une voie alternative dans la définition d’un modèle qui allie la liberté de l’indépendance et une forme de sécurité. Les start-up françaises peuvent être le berceau d’une innovation sociale au sein même de l’uberisation. »

Emmanuelle Ducros

 

 

LE MONDE – 22/12/2016

Alstom achète un spécialiste du wifi pour ses trains

Pour accélérer dans les trains connectés, le constructeur ferroviaire prend le contrôle du britannique Nomad Digital, présent dans 40 pays.

Le wifi est-il l’avenir du train ? Comme la SNCF (qui veut connecter tous ses TGV en 2017 et propose Internet sur les Paris-Lyon), Alstom semble désormais en être convaincu. Le constructeur ferroviaire a annoncé, mercredi 21 décembre, qu’il prenait le contrôle de la société britannique Nomad Digital, leader mondial des solutions de connectivité destinées à l’industrie ferroviaire, pour un montant qui n’a pas été dévoilé.

Nomad Digital, 30 millions de livres de chiffre d’affaires (35,7 millions d’euros), emploie environ 230 personnes et possède 13 bureaux dans le monde, principalement au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Allemagne, au Portugal, au Canada, en Australie et aux États-Unis. « Cette acquisition nous permet de nous renforcer dans l’amélioration de la connectivité des voyageurs à bord et dans la maintenance numérique à travers l’Internet des objets », souligne Pascal Cléré, vice-président de la division mobilité numérique d’Alstom.

Nomad Digital compte, parmi ses 80 clients opérateurs ferroviaires dans plus de 40 pays, Eurostar, le groupe public américain Amtrak ou la société nationale autrichienne OBB. L’entreprise a déjà travaillé avec Alstom, en particulier pour l’installation du wifi à bord des trains Coradia Continental en Allemagne et des trains New Pendolino pour SBB en Suisse.

Divertissement et télémaintenance

Nomad Digital propose des solutions de connexion wifi ainsi que des plates-formes de divertissement (vidéo, musique, lecture) ou encore du service à bord connecté permettant, par exemple, de commander son café depuis sa place ou de repérer la position du chariot de ravitaillement dans le train.

La société britannique offre aussi des services de télémaintenance, grâce à sa maîtrise des objets connectés. Portes des voitures, réseaux de climatisation ou d’électricité, poste de pilotage peuvent ainsi être surveillés en ligne, permettant de fournir une assistance à distance au conducteur et au personnel présent dans le train.

L’achat de Nomad Digital est en ligne avec la stratégie d’Alstom, qui prévoit une croissance à deux chiffres du numérique ferroviaire dans les prochaines années, en particulier en Asie. « Nous souhaitons clairement accélérer dans le digital, affirme Pascal Cléré. C’est un axe clé pour améliorer la performance opérationnelle de nos clients, développer des solutions sur mesure pour eux et enrichir l’expérience passagers. »

Alstom confirme aussi son tropisme international et la tendance à la dématérialisation de son chiffre d’affaires. La fabrication de trains ne représente plus désormais que 46 % de son chiffre d’affaires contre 54 % pour les services au sens large, dont un tiers pour la signalisation et les systèmes.

La transaction, qui implique plusieurs fonds d’investissement (Amadeus Capital Partners, SEB Venture Capital, Deutsche Telekom Strategic Investments), devrait être clôturée début janvier 2017. Alstom lancera l’intégration de Nomad Digital dans son propre groupe à ce moment-là, tout en veillant à ce que la société opère comme une filiale à part entière, en conservant sa marque connue et son identité propre.

Éric Béziat

 

 

LE FIGARO – 22/12/2016

Ouverture dominicale : les négociations échouent à nouveau au Printemps

Le nouveau projet d’accord soumis à signature jusqu’à ce mercredi n’a obtenu le feu vert que de deux syndicats n’atteignant pas le seuil de 30% nécessaire à sa mise en œuvre.

L’ouverture dominicale des célèbres magasins Printemps du boulevard Haussmann semble plus compromise que jamais. Après un premier échec en octobre des discussions pour le magasin Printemps Haussmann, l’enseigne avait rouvert des négociations en novembre, cette fois au niveau de l’ensemble de l’entreprise. Mais le nouveau projet d’accord soumis à signature jusqu’à ce mercredi n’a recueilli l’aval que de la CFDT et de la CFE-CGC (28,08% à elles deux), a-t-on appris de sources syndicales. Un pourcentage inférieur aux 30% nécessaires pour la mise en oeuvre du projet.

Le syndicat Unsa-Printemps (14,66%) a annoncé dans un communiqué avoir décidé «de ne pas être signataire», mais appelle à un référendum d’entreprise afin de demander leur avis aux salariés. Interrogée par l’AFP, la direction de l’enseigne a indiqué qu’«au regard de la position actuelle de l’Unsa Printemps, la direction du Printemps a décidé de prolonger le délai de signature de l’accord jusqu’au 31 décembre».

L’Unsa-Printemps reproche notamment au texte de ne pas prendre en compte les démonstrateurs (salariés des marques) «qui représentent pourtant les deux tiers des salariés présents sur la surface de vente», ainsi que des garanties insuffisantes sur les créations d’emploi.

Tous les autres grands magasins sont parvenus à un accord

Le premier projet présenté par le Printemps pour son magasin amiral du boulevard Haussmann avait été rejeté en octobre par tous les syndicats. Les discussions rouvertes en novembre au niveau de l’entreprise concernaient initialement quatre magasins. La direction avait alors «menacé d’un plan social» faute d’accord, avait dénoncé la CGT, premier syndicat de l’entreprise (45,87%), opposée au travail dominical. Finalement, le dernier projet était «national», applicable aux 18 établissements, quels que soient les dispositifs d’ouverture (dimanches du maire, zones commerciales ou touristiques…), une revendication de la CFDT notamment. Pour l’enseigne, l’objectif principal était de pouvoir ouvrir tous les dimanches son magasin du boulevard Haussmann, situé en zone touristique internationale (ZTI) aux termes de la loi Macron d’août 2015.

Comme ailleurs, le projet distingue travailleurs «habituels» du dimanche (à partir de 12 travaillés) et «occasionnels», avec pour tous une majoration proposée de 100% (payé double) ainsi qu’une aide à la garde d’enfants (60 euros jusqu’à 15 ans). Seuls les travailleurs «occasionnels» sont éligibles à un repos compensateur. Signataire, la CFDT estime pour autant que «tout n’est pas parfait». Dans un message aux salariés, consulté par l’AFP, elle cite notamment l’amplitude de 10 heures de travail qui «peut être dépassée» dans certains magasins et des engagements «insuffisants» en termes d’emplois. Selon la CFDT et la CGT, entre 120 et 170 créations d’emplois étaient envisagées, soit «à peine 50 à 55 équivalents temps plein». En début d’année, la direction «avait annoncé 500 créations d’emploi» pour les ouvertures dominicales, rappelle Jean-Jacques Liébert, de la CGT.

Avec ce nouvel échec, le Printemps reste le seul des grands magasins à ne pas disposer d’un accord sur le travail dominical. Premier à avoir abouti, en novembre 2015, le BHV-Marais (groupe Galeries Lafayette) est ouvert tous les dimanches depuis juillet. Il sera suivi l’année prochaine par les Galeries Lafayette et le Bon Marché.

 

LES ECHOS – 22/12/2016

Médicaments : des ruptures de stock préoccupantes

La distribution des vaccins aux 22.000 pharmacies est chaotique. Les pénuries touchent toutes les classes de médicaments. La déréglementation partielle du secteur est pointée du doigt.

Des vaccins jamais disponibles, des traitements pour la ménopause ou la thyroïde livrés par à-coups et des pénuries sporadiques de médicaments en tout genre.

Entre février 2015 et novembre 2016, l’Ordre des pharmaciens a ainsi recensé pas loin de 200.000 déclarations de ruptures (médicament indisponible dans les 72 heures) signalées par les officines. Soit 2% des molécules qu’elles vendent. Les vaccins sont les plus touchés (22 % manquants, avec un délai moyen de 139 jours), suivis par les produits dermatologiques (6 %,116 jours), les hormones systémiques (6 %, 34 jours), les hormones sexuelles ou génito-urinaires (8 %,100 jours). et les médicaments ciblant muscles et squelettes (3,1 %, 129 jours).

« Le nombre de déclarations a été multiplié par dix en cinq ans », souligne l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans son dernier rapport d’activité, qui prend en compte les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur. En 2015, les laboratoires pharmaceutiques ont signalé 800 ruptures de stock ou d’approvisionnement. Un peu moins que les deux années précédentes, mais suffisamment pour alerter.

Difficultés de production

Les fabricants qui lui font les signalements rencontrent diverses difficultés de production : le manque de matières premières, l’incapacité à répondre à un pic de demande, ou une usine fermée par les autorités, car elle ne respectait pas les normes de sécurité. Certains laboratoires mettent en péril les livraisons en produisant au plus juste. L’ANSM repère « de nouvelles stratégies industrielles de rationalisation des coûts de production qui conduisent les laboratoires à produire en flux tendu ».

Mais une partie des médicaments souffrent aussi de la réorganisation de facto des circuits de distribution. Jusqu’en 2008, les grossistes-répartiteurs régnaient sans partage sur ce marché très administré. Un grossiste-répartiteur ne peut refuser de desservir une pharmacie dans une commune où il est présent. Il doit référencer au moins 90% des médicaments, garder 2 semaines de stock, livrer en 24 heures, avec des astreintes le week-end. Mais à présent, les 7 grossistes qui réalisent plus de 90% de la distribution ont vu leurs marges s’effondrer, du fait de l’arrivée de concurrents affranchis des obligations réglementaires.

Les affres de la dérèglementation

Ces concurrents, ce sont d’abord les laboratoires eux-mêmes, qui livrent de plus en plus les pharmaciens en direct. Car en 2008, pour favoriser les médicaments génériques , on a autorisé les pharmaciens à empocher des remises allant jusqu’à 40% du prix du fabricant (contre 2,5% pour les autres médicaments). Les officines, dont le modèle économique est fragilisé par la baisse administrée des prix des médicaments, ont bondi sur l’occasion de requinquer leurs marges, quitte à ne plus être livrées qu’une fois par semaine pour certaines molécules.

En novembre, les remboursements de médicaments délivrés à l’hôpital mais « rétrocédés » au budget des officines ont crû de 14,8 %, portant l’évolution globale de la dépense d’assurance-maladie à +3,9 % en novembre (corrigée des variations saisonnières et des jours ouvrables). De nouveaux médicaments remboursés sont arrivés en officine. Les thérapies contre le VIH ou la sclérose en plaques tirent les prix vers le haut et l’hépatite C continue à peser.

Puis les grossistes-répartiteurs ont contre-attaqué en créant des filiales « dépositaires », qui possèdent des camions mais pas de stocks et échappent aux réglementations. Résultat, la marge du pharmacien, en principe fixée par l’administration, dépend en fait des promotions commerciales des laboratoires et du niveau de prise de risque consenti sur la régularité des livraisons. Les fonds d’investissement ont flairé des opportunités, et ont pris le contrôle de plusieurs grossistes-répartiteurs. Preuve que cette déréglementation à bas bruit a fait des heureux.

Solveig Godeluck

 

 

LE FIGARO – 22/12/2016

STX France confirme une commande pour 5 paquebots

Le chantier STX de Saint-Nazaire a confirmé la mise en vigueur de ces contrats d’un montant total de 4 milliards d’euros. Cette commande, destinée à Royal Caribbean Cruises Limited et MSC Croisières, représente 35 millions d’heures de travail.

La bonne nouvelle se confirme pour le chantier naval STX France de Saint-Nazaire. Ce dernier a annoncé mercredi la mise en vigueur de contrats pour cinq navires de croisière à destination de ses clients Royal Caribbean Cruises Limited et MSC Croisières Le ministre de l’Économie et des Finances, Michel Sapin, et le secrétaire d’État chargé de l’Industrie, Christophe Sirugue, se sont «réjouis» dans un communiqué de cette annonce, qui représente «environ 4 milliards d’euros de commandes et 35 millions d’heures de travail».

Trois des navires seront livrés à l’armateur américain Royal Caribbean Cruises Limited (RCCL), à qui STX a déjà livré en mai dernier le plus gros paquebot du monde, Harmony of the seas et qui fait déjà construire son frère jumeau à Saint-Nazaire. Dans le détail, cette nouvelle commande porte sur un nouveau paquebot de la classe Oasis. Longs de 362 mètres, équipés de 2750 cabines passagers pouvant accueillir plus de 6000 personnes, ces navires font de la classe Oasis la plus grande au monde, souligne STX dans un communiqué. Ce nouveau maxi-paquebot sera livrable mi-2021.

Deux autres navires plus petits seront aussi livrés à Royal Caribbean Cruises Limited en 2021 et 2022. Il s’agit de deux unités de la classe «Edge», équipées de 1450 cabines pouvant accueillir 2900 personnes. Ces deux unités s’ajoutent aux deux premières de cette classe actuellement en conception à Saint-Nazaire et qui doivent être livrées en 2018 et 2020, en vertu d’une précédente commande de RCCL.

Pour l’italo-suisse MSC Croisières, la commande porte sur deux navires de la classe Meraviglia-Plus, livrables à l’automne 2019 et à l’automne 2020. Deux paquebots de cette classe sont déjà en cours de construction à Saint-Nazaire. Dotés de 2250 cabines, ils doivent être livrés à MSC Croisières, le premier au printemps 2017 et le second au printemps 2019. Les deux nouveaux paquebots seront toutefois équipés de 200 cabines supplémentaires.

Trois candidats à la reprise de STX France et ses 2600 salariés

Selon STX France, ces nouvelles commandes vont porter à 75 millions le nombre total d’heures de travail pour STX France, en tenant compte de la construction de deux sous-stations électriques, une activité dans laquelle le chantier naval s’est engagé.

STX France, qui emploie 2600 salariés, est détenu à 66,6% par le groupe coréen STX Offshore & Shipbuilding, et à 33,3% par l’État français. Tout comme son actionnaire majoritaire, STX Offshore & Shipbuilding, placé en redressement judiciaire depuis mai, STX France a été officiellement mis en vente par la justice sud-coréenne le 19 octobre. Les candidats à la reprise de STX France ont jusqu’au 27 décembre pour déposer leur offre devant le tribunal de Séoul. Trois candidats, le Néerlandais Damen, l’Italien Fincantieri et le groupe asiatique Genting Hong Kong, ont visité il y a un mois le chantier naval de Saint-Nazaire, selon une source syndicale.

Le secrétaire d’État à l’Industrie Christophe Sirugue avait déclaré début novembre que le gouvernement préfèrerait un repreneur industriel pour racheter STX France, et verrait d’un bon oeil une participation du français DCNS. Ce dernier n’a jamais montré son intérêt pour les chantiers de Saint-Nazaire, mais il pourrait prendre une participation minoritaire.

 

::: POLITIQUE

LES ECHOS – 22/12/2016

YANNICK JADOT : « Je veux sortir l’écologie de son image culpabilisante et punitive »

Le candidat écologiste vise les 10 % au premier tour de la présidentielle. Il lève le voile sur les grands axes de sa campagne.

Où en êtes-vous dans la collecte des parrainages pour vous présenter à la présidentielle ? Etes-vous inquiet ?

Non. Depuis 1974, nous les avons toujours obtenus alors que nous étions souvent dans des situations plus défavorables qu’aujourd’hui où nous comptons déjà 250 parrainages acquis d’élus écologistes. Les campagnes écologistes ont toujours été sobres. Celle-ci sera assez courte et sans grand meeting. Nous ferons avec nos moyens en utilisant beaucoup les réseaux sociaux. C’est une des clefs de la communication politique. Surtout pour toucher les jeunes qui sont notre cible depuis toujours.

Sur quels thèmes allez-vous axer votre campagne ?

Je présenterai mon programme le 11 janvier. Je défends l’idée d’une France 100 % renouvelable pour 2050. Elle se décline à de nombreux niveaux. D’abord celui du nucléaire, dont il faut sortir totalement dans vingt ans. Il faut aussi abandonner les énergies fossiles en utilisant le gaz comme énergie de transition. Les énergies renouvelables sont moins chères que les énergies conventionnelles et offrent une perspective de rentabilité assez forte qui va s’imposer à la France, très en retard. C’est le fer de lance de la reconquête des territoires avec la création de 300.000 à 350.000 emplois locaux sur le quinquennat. Et puis, nous voulons mettre le paquet contre les passoires énergétiques dans le logement.

Quelle est votre vision européenne ?

Il faut relancer l’investissement à l’échelle européenne. Je propose de mobiliser 600 milliards d’euros par an via la Banque européenne d’investissement et les banques nationales d’investissement, garantis ou rachetés par la Banque centrale européenne. Cet argent ira à la transition énergétique, mais aussi aux transports collectifs parce qu’il faut réduire structurellement la pollution de l’air. Cela ne peut que favoriser notre industrie. Si on faisait plus de TER et de trams, il n’y aurait pas de problème à Belfort. Je veux rétablir la taxe poids lourds, dont la suppression nous a fait perdre 1 milliard d’euros en faveur des transports collectifs.

Le thème de l’écologie est plus souvent repris à gauche. Cela ne va-t-il pas réduire votre espace politique ?

Je ne vois pas de problème à ce que d’autres s’inspirent de notre programme et le reprennent en partie, qu’il s’agisse de Jean-Luc Mélenchon ou de Benoît Hamon. Plus ils seront nombreux à parler de l’écologie, plus l’écologie sera dans le débat. C’est une nécessité au moment où François Fillon promet de supprimer le principe de précaution et où le PS a largement tourné le dos à l’écologie. J’observe tout de même que Jean-Luc Mélenchon parle de planification écologique, alors que je travaille depuis plus de vingt ans sur cette idée, qui, selon moi, ne marche que dans un cadre européen. Prenez le paquet climat-énergie, la directive sur les bâtiments, l’écoconception ou encore les émissions de CO2 des voitures… Il faut de l’Europe, de la décentralisation et de la démocratie à l’échelle internationale. Et là je suis en rupture avec Jean-Luc Mélenchon. Quand il soutient globalement Vladimir Poutine en Syrie ou fait une oraison funèbre dithyrambique à l’égard de Fidel Castro, pour moi, ce n’est pas de l’écologie. Quant à Benoît Hamon, il dit qu’il ne pourra plus soutenir un candidat productiviste. Mais que fera-t-il s’il ne gagne pas la primaire sachant qu’Arnaud Montebourg, Manuel Valls et Vincent Peillon sont pour le nucléaire ? J’espère qu’il me rejoindra.

Quel score visez-vous au second tour ?

Nicolas Hulot était à plus de 10 % quand il était candidat potentiel. C’est mon objectif. Cela nous aidera à construire des victoires aux législatives et aux municipales. Je veux sortir l’écologie de son image culpabilisante et punitive pour en faire une écologie à la fois crédible et bienveillante. A la différence de Jean-Luc Mélenchon, qui est dans une logique bloc contre bloc, je ne veux pas gagner contre les autres. J’ai été un des principaux négociateurs du Grenelle de l’environnement. Cela a nécessité de travailler avec les entreprises, les collectivités, les salariés, les consommateurs et l’Etat pour trouver des solutions.

Que dites-vous à ceux qui vous reprochent de compromettre les chances de la gauche d’être présente au second tour ?

Je leur dis qu’il n’y a pas d’écologie sans écologiste. Trop de Françaises et de Français votent par défaut ou contre. La stratégie du choix du moins pire pour éviter le pire est une stratégie qui ne marche plus du tout et qui nous rapproche toujours plus du pire. C’est la stratégie Clinton. Mais elle a perdu. La stratégie anti-Trump, avec une candidate du renoncement sur la justice sociale, les discriminations et l’environnement, a échoué. Celui qui a gagné c’est l’écologiste Alexander Van der Bellen en Autriche. Il l’a emporté non pas en déclarant qu’il était contre le candidat d’extrême droite Norbert Hofer, mais en disant que l’Autriche est une société ouverte, européenne et écolo.

Joël Cossardeaux

 

 

LE MONDE – 22/12/2016

Fillon s’inquiète de la dynamique Macron

Le candidat d’En marche ! est désormais considéré au sein des Républicain comme un concurrent sérieux, capable de siphonner les voix de la droite modérée et du centre.

Peu osent le dire publiquement, mais en coulisses, plusieurs dirigeants du parti Les Républicains (LR) considèrent Emmanuel Macron comme l’adversaire le plus dangereux sur leur gauche. Celui qui disposerait du potentiel de nuisance le plus fort pour François Fillon dans l’optique de la présidentielle. « Il ne faut pas le prendre à la légère », a souligné le député juppéiste Benoist Apparu, aujourd’hui porte-parole du candidat de droite, le 19 décembre, sur RTL, en reconnaissant que la dynamique autour du fondateur d’En marche ! l’« intrigue » et l’« impressionne ». En particulier la capacité de mobilisation de M. Macron, qui a réussi à rassembler près de 10 000 personnes pour son meeting fondateur, le 10 décembre, porte de Versailles, à Paris, alors que M. Fillon n’en avait réuni qu’un peu plus de 8 000 lors de son ultime réunion publique, avant le second tour de la primaire, le 25 novembre au même endroit.

Dans les rangs de LR, Benoist Apparu est loin d’être le seul à évoquer en ces termes le début de campagne de l’ex-banquier, âgé de 38 ans. « J’ai sous-estimé son potentiel, confie l’ex-ministre Luc Chatel, par ailleurs président du conseil national de LR. Je suis obligé de constater que sa campagne prend, alors que je n’y croyais pas quand il est sorti du gouvernement. »

« Macron réunit beaucoup de qualités : il est brillant, intelligent, pas sectaire… Et, en plus, il est très sympa, car il sait créer de l’empathie », s’émerveille un autre dirigeant de droite, qui confie avoir été tenté de rejoindre l’ex-ministre de l’économie, s’il n’avait pas déjà été engagé aux côtés de Fillon. Un pas qu’a notamment franchi l’ex-ministre de Jacques Chirac, Renaud Dutreil.

Droite bienveillante

L’ex-sarkozyste Eric Woerth, aujourd’hui chargé d’élaborer le programme présidentiel de M. Fillon, considère, lui aussi, M. Macron comme un rival à ne pas sous-estimer. Alors, dès qu’il en a l’occasion, il attaque le jeune loup pour tenter de l’affaiblir. « Emmanuel Macron est peut-être le candidat du travail, mais il a surtout été le ministre du chômage. C’est un candidat isolé, teinté d’égoïsme », a-t-il, par exemple, asséné sur Europe 1, le 11 décembre.

A droite, beaucoup craignent que le projet radical de M. Fillon laisse un boulevard à M. Macron pour courtiser l’électorat centriste et de droite modérée, qui juge trop brutale la potion libérale proposée par l’ex-premier ministre. « Macron monte, car il a un espace énorme sur la gauche de Fillon ! », s’alarme un dirigeant LR, en constatant que ce candidat incarnant le renouvellement exerce une réelle attractivité auprès des Français de droite, en particulier les jeunes. En témoignent les initiatives lancées par les lieutenants d’Alain Juppé, afin de dissuader les électeurs du maire de Bordeaux à la primaire, de rejoindre le camp de cet énarque se posant en candidat « hors système » (Le Monde daté du 16 décembre).

Ces dernières années, la droite s’est d’abord montrée bienveillante à l’égard de cet homme se définissant comme « non socialiste », dont elle saluait la volonté de s’affranchir des dogmes de la gauche. Au point que Nicolas Sarkozy l’avait invité à « rejoindre » LR en septembre 2015, lorsqu’il avait osé remettre en question les 35 heures ou le statut de la fonction publique.

L’attitude de François Fillon à son égard est instructive : début 2015, il avait salué la « bonne volonté » de M. Macron quand son projet de loi « pour la croissance et l’activité », à tonalité libérale, avait été présenté à l’Assemblée nationale. Neuf mois plus tard, rebelote : M. Fillon lui avait souhaité « bonne chance » dans son projet de conquête de l’Elysée, en évoquant une possible coopération avec lui : « On a besoin que les hommes et les femmes qui ont des solutions innovantes, qui soient de n’importe quel horizon politique, puissent parler ensemble. »

Désormais un vrai concurrent

Depuis, le candidat de droite a radicalement changé de ton, après avoir pris conscience de la dangerosité de cet ambitieux, qui vient directement chasser sur ses terres avec son positionnement libéral et pro-business. Fini les amabilités. Place aux attaques.

« Macron n’a aucune expérience et n’a rien démontré pour le moment », a-t-il tranché récemment, dans l’espoir de rabaisser celui qui recueille jusqu’à 18 % des intentions de vote au premier tour de la présidentielle, selon l’enquête Cevipof pour Le Monde réalisée par Ipsos-Sopra Steria, publiée le 14 décembre. « François le trouvait intéressant il y a deux ans et envisageait même de travailler avec lui, explique un proche de l’ex-premier ministre. Mais il ne le regarde plus de la même façon et le considère désormais comme un vrai concurrent. »

La preuve : François Fillon a programmé un déplacement spécialement pour le contrer. Il se rendra au CES, le Salon mondial du high-tech, à Las Vegas, du 4 au 6 janvier 2017, comme l’a révélé Le Journal du dimanche, pour ne pas laisser M. Macron, un habitué de ce rendez-vous, occuper seul le terrain de la modernité. « Macron a pour lui la jeunesse et la sympathie supposée de tous les Français tournés vers le numérique. L’idée, c’est de montrer le côté moderne de Fillon et son grand intérêt pour le thème de l’innovation », explique l’ex-ministre libéral, Hervé Novelli, proche du candidat de droite.

Pour M. Fillon, la menace se précise, si l’on en croit les résultats du sondage Odoxa pour L’Express, la presse régionale et France Inter, publié mardi : pour la première fois, M. Macron est plus populaire que M. Fillon. Sur 995 personnes interrogées les 14 et 15 décembre, 35 % disent soutenir ou avoir de la sympathie pour le premier, contre 31 % pour le second. Et à droite, certains ont été marqués par la différence d’attitude du public lors de la venue de MM. Macron et Fillon à la Foire de Châlons-en-Champagne, le 1er septembre. Le premier, qui avait suscité un vrai engouement autour de lui, avait réussi à éclipser la venue du second…

Vote utile

Chez LR, les plus pessimistes imaginent même un scénario noir : l’élection d’un candidat positionné à gauche toute à la primaire PS, type Benoît Hamon ou Arnaud Montebourg, ce qui permettrait à M. Macron de faire le plein auprès des électeurs de gauche modérée à la présidentielle, en incarnant un vote utile.

« Si les gens de gauche le voient comme le seul candidat capable d’atteindre le second tour, il peut monter très haut et modifier les rapports de force », redoute un filloniste, qui voit M. Macron comme « le mieux positionné sur l’échiquier du centre gauche. Je lui vois plus d’avenir qu’aux candidats du PS, comme Valls ou Montebourg, qui sont davantage comptables du bilan de Hollande et pour qui il sera très difficile d’incarner le renouvellement », estime-t-il. D’où l’avertissement lancé par l’ex-premier ministre, Dominique de Villepin, le 12 décembre, sur RTL : « Emmanuel Macron bouscule le jeu à l’intérieur du Parti socialiste, comme il peut bousculer le jeu pour ceux qui sont aujourd’hui en tête, tant Marine Le Pen que François Fillon. » Le message semble avoir été entendu.

Alexandre Lemarié

 

 

LE PARISIEN – 22/12/2016

Front national : Le Pen, Poutine et… les millions

 

Moscou (Russie), mai 2015. Marine Le Pen, ici sur la place Rouge, avait été reçue à la Douma, la Chambre basse du Parlement russe.

A quelques mois de la présidentielle, le FN cherche à financer sa campagne, auprès des banques russes notamment.

En 2012, l’entrée en campagne de Marine Le Pen avait été perturbée par la course aux parrainages d’élus. Cinq ans plus tard, la candidate à l’Elysée — avec son contingent de 462 conseillers régionaux, territoriaux et de parlementaires — n’a plus de soucis à se faire de ce côté ! En revanche, ça tangue sur le terrain des finances pour le Front national, toujours empêché par les réticences des banques françaises à lui prêter les 12 M€ nécessaires à sa campagne présidentielle, ainsi que les 17 M€ que demandent les législatives.

Inquiétant à un mois du lancement officiel de sa campagne, début février ? « A ce stade, rien n’est bouclé. On se heurte toujours aux mêmes refus », jure un proche. Depuis plusieurs années, Marine Le Pen n’hésite en tout cas plus à solliciter des banques étrangères, notamment en Russie. Comme en septembre 2014, lorsque le Front national avait emprunté 9,4 M€ auprès de la First Czech Russian Bank, basée à Moscou. Hier, « le Canard enchaîné » a porté au dossier des éléments plus troublants, en publiant un courrier adressé au renseignement américain, daté du 28 novembre, de Mike Turner, parlementaire républicain. Il évoque les relations entre Moscou et Marine Le Pen. Laquelle s’engagerait à reconnaître la Crimée comme faisant partie du territoire russe si elle était élue en mai. En retour, selon le scénario décrit dans cette lettre, le FN aurait sollicité un prêt de 30 M$ (28,7 M€) pour se financer.

Une somme mirobolante, que le trésorier du parti refuse de confirmer. « Tout cela est faux, archifaux. Complètement farfelu ! » s’insurge Wallerand de Saint Just. Mais une chose est sûre, Marine Le Pen entretient des relations de confiance avec l’entourage de Vladimir Poutine depuis des années déjà. En mai 2015, elle était même chaleureusement accueillie à la Douma, la Chambre basse du Parlement russe, lors d’un troisième voyage en deux ans.

Des discussions en cours

Reste que, selon nos informations, la candidate frontiste continue de chercher des sous ailleurs. Ce qui laisse à supposer qu’elle n’aurait pas — du moins à ce jour et s’ils existent — perçu ces 30 M$. Des discussions avec d’autres banques étrangères, notamment aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, sont toujours en cours. Fin août, un prêt de 20 M$ aurait même été sur le point d’être signé avec une banque d’affaires américaine. « Mais elle s’est rétractée bizarrement au tout dernier moment », confie l’entourage de la candidate.

« Au pire, si vraiment on galère, on pourra toujours demander à Cotelec (NDLR : l’association de financement de Jean-Marie Le Pen, qui prête traditionnellement de l’argent au FN), ajoute-t-on, non sans cynisme. Depuis qu’elle est fâchée avec son père, Marine veut éviter de le solliciter. Mais, faute de mieux… ce sera quand même le plan B. »

Olivier Beaumont

 

::: INTERNATIONAL

LA TRIBUNE – 22/12/2016

Brexit : Sturgeon dépose son plan pour que l’Ecosse reste dans le marché unique

 

Un hard Brexit « causerait un grave préjudice à l’économie écossaise », a affirmé la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon.

 

Si Londres se lance dans un « Hard Brexit », la Première ministre écossaise a menacé de relancer l’idée de référendum pour l’indépendance.

« Nous sommes déterminés à ce que l’Écosse conserve sa place au sein du marché unique », a insisté Nicola Sturgeon mardi à Édimbourg. Décidée à faire respecter le choix des Écossais -qui ont voté à 62% pour le maintien dans l’Union européenne le 23 juin- la Première ministre a présenté son plan pour que la région britannique conserve sa place au sein du marché unique européen.

Dans ce plan, elle propose que l’Écosse continue de commercer avec ses voisins à travers l’Espace économique européen (EEE) et l’Association européenne de libre-échange (AELE), à l’instar de la Norvège, de l’Islande et du Liechtenstein, trois états non-membres de l’UE. Et ceci, tout en restant une partie intégrante du Royaume-Uni.

Un nouveau référendum serait son « option favorite »

Nicola Sturgeon en a profité pour décrier la possibilité d’un « hard Brexit », non-écartée par Londres, qui verrait les quatre nations du Royaume-Uni privées du marché unique. Une telle décision « causerait un grave préjudice à l’économie écossaise », a affirmé la cheffe du parti indépendantiste écossais (SNP), estimant qu’une sortie du marché unique « pourrait coûter 80.000 emplois » à la région.

Si Londres se refuse à ces exigences, Nicola Sturgeon a indiqué qu’elle serait prête à organiser un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Écosse et a même confié qu’il s’agissait de son « option favorite ». En octobre, le gouvernement a déjà déposé un projet de loi sur un nouvelle consultation des citoyens. Pour rappel, plus de 55% des Écossais s’étaient prononcés contre l’indépendance de la région en 2014.

Theresa May menace à son tour l’Ecosse

Réagissant à ces propositions, la Première ministre britannique Theresa May s’est dit prête à les étudier « sérieusement », tout en mettant en garde contre les velléités indépendantistes des nationalistes écossais.

« Si l’Écosse devait devenir indépendante, non seulement elle ne serait plus un membre de l’Union européenne, mais elle ne serait plus non plus un membre du marché unique de l’Union européenne ni un membre du marché unique du Royaume-Uni », a-t-elle dit devant une commission du Parlement.

Un porte-parole de la Première ministre britannique Theresa May avait souligné auparavant que le gouvernement était « déterminé à obtenir un accord (…) qui soit valable pour le Royaume-Uni dans son ensemble – ce qui inclut clairement l’Écosse ».

 

L’OPINION – 22/12/2016

L’Inde devient la sixième économie mondiale et détrône le Royaume-Uni

 

Theresa May et Narendra Modi à New Delhi le 7 novembre 2016

Le pays talonne désormais la France si l’on en croit les prévisions de croissance du produit intérieur brut

Depuis le 23 juin dernier et le résultat du référendum sur le Brexit, les interrogations demeurent quant à l’avenir de l’économie britannique et sa croissance future. Malgré la chute de la livre sterling, et les incertitudes sur les marchés, le Royaume-Uni arrivait jusqu’à présent à maintenir son rang de sixième puissance économique mondiale. Elle vient cependant de se faire doubler par l’une de ses anciennes colonies.

Est-ce un malin retour de bâton ou une simple ironie du sort ? Pour la première fois depuis plus de cent ans, l’Inde vient de détrôner le Royaume-Uni pour devenir la sixième économie mondiale par son produit intérieur brut, rapporte Foreign Policy. Le pays arrive après les États-Unis, la Chine, le Japon, l’Allemagne et la France.

2016 est l’année des records pour l’Inde. En février, elle avait supplanté la Chine pour devenir l’économie à la croissance mondiale la plus rapide. Et en octobre, le Fonds monétaire international estimait que le pays conserverait ce titre pendant quelques années encore. Selon les projections de l’organisation, le PIB de l’Inde devrait en effet croître de 7,6 % en 2017. À l’inverse, le Royaume-Uni table sur une croissance pour 2017 d’environ 1,1 % après une croissance déjà timide de 1,8 % en 2016. Des résultats reflétant en partie la tiédeur de l’économie et de la monnaie britanniques post-Brexit.

Des réformes qui marchent ? L’économie indienne jouit des bénéfices des investissements directs étrangers élargis en 2014 aux secteurs de la défense et des assurances, et d’une inflation plus modeste que prévue, indique le FMI. Et il semblerait que les réformes économiques mises en place depuis 2014 par le Premier ministre indien Narendra Modi produisent enfin leurs effets. Certaines se sont montrées complexes dans leur mise en place, et d’autres ont fait polémique en Inde, rapporte le Center for Strategic and International Studies. En 2014, Narendra Modi n’avait pas caché sa volonté de mener son pays sur la voie de la modernisation économique, en créant notamment un nouveau système d’impôt national, ou en libéralisant une partie de l’industrie agricole, de la grande distribution, ou encore des transports aériens.

Quel danger pour l’Inde ? L’une des réformes les plus polémiques de ces derniers mois reste sans doute celle concernant la monnaie indienne. Dans un effort de lutter contre le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale, Narendra Modi a annoncé en novembre dernier que les plus grosses coupures de roupies indiennes, celles de 500 et 1 000, seraient retirées de la circulation alors qu’ils représentaient près de 86 % du cash en circulation dans le pays. Une mesure jugée nécessaire par le gouvernement qui disait perdre des milliards en impôts sur le revenu à cause d’un système monétaire trop laxiste. Ce faisant cependant, la pénurie de billets a entraîné une chute des transactions commerciales, et des suspensions de salaires, de même que de longues files d’attentes devant les banques. Une situation qui pourrait donc se retourner contre le gouvernement si celui-ci ne parvient pas à trouver de solution durable. Certains économistes évoquent un possible ralentissement de croissance lié à un possible gel des embauches si cette pénurie de cash venait à persister trop longtemps.

 

 

 

Vous souhaitant une bonne journée.

 

Cordialement,

 

 

Elena NATALITCH

Service Presse, Communication / Formation

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Hand-Ball : Un 10e match sans défaite pour le MEHB, dauphin de Proligue !

2017-06-05T10:27:16+02:00Mots-clés : , |

 

Le MEHB reste invaincu après 10 matches !

Massy n’a pu faire mieux que match nul en déplacement à Caen pour le compte de la 12e journée de Proligue (25-25). Les Lions restent invaincus depuis 10 matches et terminent à une incroyable 2e place à la poursuite du leader Tremblay.

Les Vikings de Caen entament bien le match et mettent en difficulté la défense massicoise 13-9 pour les locaux après 20 minutes.

Les bleu et or font preuve de caractère et réagissent par l’intermédiaire de Junior Réault impeccable (5 buts 100% de réussite).

A la pause le MEHB revient à un but 14-13.

En seconde période Luc Steins et Jesper Meinby sonnent la révolte. Les Lions reprennent le dessus 17-20 à la 39e minute.

Malgré la très belle entrée de Nicolas Gauthier dans ses buts (11/22 50%) les Lions ne peuvent faire mieux que match nul 25-25.

Ce point du nul permet aux Lions de pointer à une superbe 2e place de Proligue et d’enchaîner un 10e match sans défaite.

En attendant la reprise de la Proligue, l’ensemble du MEHB vous souhaite de joyeuses fêtes de fin d’année.

Nous vous donnons rendez-vous le :

Samedi 4 Février

à 20h30 au COS

Massy Essonne Handball vs Istres

pour suivre ce match qui s’annonce palpitant !

Excellente semaine à tous

Allez Massy !

 

Rugby : l’école de rugby recherche des lots pour son loto annuel

2017-02-05T09:01:19+01:00Mots-clés : , |

L’école de rugby recherche des lots pour son loto annuel

Afin de financer les déplacements et stages pour nos graines de champions, différentes manifestations sont organisées tout au long de la saison, par une équipe dynamique de dirigeants et des parents impliqués pour collecter des fonds.

L’Ecole de rugby du RCME organise ainsi, son traditionnel LOTO le vendredi 3 février 2017 à Massy (Espace Liberté).

 

Afin d’attirer les foules, nous sommes à la recherche de lots, comme chaque année.

 

Nous recherchons différents lots, petits ou grands, gadgets ou de luxe, dans les rayons brico/jardin, plaisirs gourmands, jeux&console, techno&multimédia, … Si vous avez la possibilité de nous offrir quelque chose, n’hésitez pas … Tous les lots sont les bienvenus !

 

Par ailleurs, si vous souhaitez y participer, avec des voisins, amis ou de la famille … Inscrivez-vous en téléphonant au : 07 88 92 69 28 ou par mail loto.rcme@hotmail.fr.

 

Didier Rochcongar – Président de l’EDR, en copie du mail, se chargera de vous renseigner et de revenir vers vous si des lots sont retirables auprès de votre enseigne.

 

Revue de presse du MEDEF IDF du jeudi 12 décembre 2016

2017-01-07T08:56:23+01:00Mots-clés : , |

Revue de presse du MEDEF IDF du jeudi 12 décembre 2016

 

::: ILE-DE-FRANCE

LE JDD – 11/12/2016

Pic de pollution : Anne Hidalgo répond à Valérie Pécresse

 

Les effets visibles de la pollution atmosphérique à Paris

La maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo contre-attaque face à Valérie Pécresse, la présidente (LR) de la Région. Elle réclame par ailleurs « l’interdiction totale du diesel » en France en 2025.

La maire de la capitale, Anne Hidalgo (PS), a dû gérer cette semaine une crise sans précédent après les alertes aux particules fines dans l’air, doublée d’une polémique liée à sa décision de piétonniser une partie des berges de Seine. De quoi raviver la querelle qui l’oppose à la présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse (LR), qui estime que cet épisode de pollution « inhabituel à cette date » s’explique par « les conséquences de la fermeture des voies sur berges sur les embouteillages ». Rien n’exaspère davantage Anne Hidalgo : « La concentration de polluants actuelle touche la moitié de la France, rétorque-t-elle. Mme Pécresse pense-t-elle sérieusement que la piétonnisation de 3,3 km d’autoroute urbaine au centre de Paris est responsable du nuage de pollution à Lyon et dans le Grand Est, ou même à Paris? La santé des citoyens vaut mieux que des polémiques politiciennes! »

Fin novembre, la patronne de l’Île-de-France a déposé, avec les présidents de cinq départements franciliens, un recours en justice pour contester cette piétonnisation. Une démarche à laquelle se sont associés 168 maires de la Région. Sur la défensive, l’édile de Paris riposte : « Plutôt que de passer une part considérable de son temps à reprocher à Paris d’agir, Mme Pécresse devrait se décider à agir dans ses domaines de compétence et s’occuper de la régularité des lignes de métro et de RER, mais aussi de leur confort ou encore de leur propreté qui n’est pas satisfaisante. Cela fait déjà un an qu’elle est élue et les seuls actes à son actif en matière de transports sont l’augmentation du prix du passe Navigo et son lobbying en faveur des voitures à énergie fossile. »

« Éradiquer le diesel » en 2020 dans la capitale «Je fais le choix de la science et de la raison»

Il y a « pire » encore à ses yeux. Dimanche, Valérie Pécresse annonçait dans le JDD que « 100% des bus franciliens seront sans diesel en 2029 ». Réponse de la maire de Paris : « La Région reporte la sortie du diesel pour les bus alors que l’exécutif régional précédent avait accepté cette sortie dès 2025. Pourquoi les citoyens de grande couronne devraient-ils attendre 2029 pour avoir un air respirable? Paris ne paiera pas pour ces bus polluants. » Anne Hidalgo rappelle son engagement d' »éradiquer le diesel » en 2020 dans la capitale, et va plus loin : « Je souhaite l’interdiction totale du diesel dans l’Hexagone en 2025 ! »

Afin de montrer qu’elle œuvre « pour la bonne cause, la santé publique », Anne Hidalgo a réuni jeudi à l’Hôtel de Ville de Paris des pneumologues, pédiatres et allergologues. « Ne rien faire, c’est se rendre coupable de non-assistance à personne en danger », martèlent-ils. La maire de Paris a exhorté les automobilistes à « changer leur comportement » pour infléchir la situation. Et d’insister : « Une chose est claire, moins il y aura de voitures, moins il y aura de pollution. Ceux qui prétendent le contraire sont dans l’irrationnel. Je les laisse à leur conte de Noël cauchemardesque. Moi, je fais le choix de la science et de la raison. »

Bertrand Gréco

 

LE PARISIEN – 12/12/2016

Pécresse : «Il n’y a pas d’un côté les Parisiens, de l’autre les banlieusards»

FACE AUX LECTEURS. Lors d’une rencontre avec nos lecteurs, la présidente de la région Ile-de-France évoque l’économie, la circulation et les transports franciliens et affirme qu’elle ira au bout de son mandat.

Elle est arrivée ce vendredi 9 décembre, quatrième jour consécutif de circulation alternée, avec quelques minutes d’avance au « Parisien » à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis)… à quelques encablures du futur siège de la région. Et tout de suite, comme si elle avait pressenti que nous allions vérifier si sa voiture était munie d’une plaque d’immatriculation paire ou impaire, Valérie Pécresse (LR) nous prévient : « Vous voyez, nous sommes trois, on a fait du covoiturage, nous avons donc le droit de rouler ! »

La présidente du Stif (Syndicat des transports d’Ile-de-France) et du conseil régional d’Ile-de-France, intronisée il y a tout juste un an après dix-sept ans de règne socialiste, part aussitôt à la rencontre de nos lecteurs, impatients de la soumettre à la question. Transports, lycées, développement économique, actualité politique, les sujets abordés concernent au plus près les 12 millions de Franciliens.

Les transports, l’environnement

FRANCK NITZEL : Que pensez-vous de la fermeture des voies sur berge à Paris ? Avez-vous le pouvoir d’infléchir cette décision, qui pose de gros problèmes ?

VALÉRIE PÉCRESSE. Nous sommes dans un pic de pollution jamais atteint. L’Etat, les départements, les villes, la région, nous devons tous tirer dans le même sens pour diminuer la pollution. Mais le sujet, c’est la méthode. La mesure a été trop brutale. Les voies sur berge quai bas, ce sont 45 000 véhicules par jour. On ne peut pas fermer une telle voie du jour au lendemain. A partir du moment où on a des millions de personnes dans les transports en commun, qui ne vont pas bien, est-ce crédible de leur demander de lâcher la voiture ? Tous les Franciliens ont une égale dignité, il n’y a pas d’un côté les Parisiens, de l’autre les banlieusards. Il y a ceux qui ont le métro et ceux qui ne l’ont pas.

FRANCK NITZEL : Anne Hidalgo doit-elle faire machine arrière ?

Il faut savoir que c’est une décision conjointe de l’Etat et de la ville, prise sur avis conforme du préfet. Si cette mesure se traduit par davantage de nuisances que de bénéfices, il faut la modifier. Les Franciliens sont vraiment en colère. Entendons-les !

JONATHAN MAGANO : Pour les automobilistes, les transports sont gratuits en cas de circulation alternée. Les titulaires du passe Navigo, eux, ils paient…

Vous avez raison, il y a une vraie insatisfaction de ceux qui paient leur transport et qui disent : « C’est gratuit pour les autres et pas pour nous. » Cette gratuité doit permettre aux Franciliens de lâcher leurs voitures. Ce genre de mesure a un coût très élevé (NDLR : 4 M€ par jour). Si les pics se prolongent comme cela risque de se produire avec le changement climatique, il faut imaginer à la place de la gratuité un forfait pollution ou un tarif réduit les jours pollués.

STÉPHANIE LOISEL : Où en est-on de la proposition de grands parkings relais autour de Paris ?

Il faut des parkings relais en bout de lignes de métro pour que les Franciliens garent leur voiture et prennent le métro. Mais ça ne peut se faire qu’en concertation avec les maires. J’ai aussi proposé à la mairie de Paris d’en créer aux portes de la capitale. Pour l’instant, elle n’en veut pas. J’ai une fin de non-recevoir absolue. La fermeture des voies sur berge est une décision parisienne qui va améliorer le « paysage parisien », ce serait donc normal que Paris, département le plus riche de d’Ile-de-France, accepte des parkings sur son territoire…

JONATHAN MAGANO : Ponctualité, pannes à répétition : vu la qualité des transports, on a vraiment l’impression que les travaux de maintenance sur le réseau ferroviaire sont inutiles.

Il y a une vétusté énorme. La SNCF a fait pendant des années le choix des TGV au détriment du réseau francilien. Or, rien que sur nos RER et nos Transiliens, on a plus de passagers que sur tout le réseau des TER et des TGV ! Il faut absolument redéployer les moyens de la SNCF sur la régénération du réseau de l’Ile-de-France. J’ai poussé un coup de gueule. L’Etat doit tenir ses engagements, être conscient de la gravité de la situation. De son côté, la région a acheté 700 nouvelles rames. En attendant, je ne peux pas promettre la lune : la rénovation des lignes, ça va être beaucoup de tracas pour les voyageurs pendant les dix prochaines années.

JACQUES DROUHIN : La région peut-elle s’inspirer des initiatives locales, notamment pour les transports à la demande ?

Je crois beaucoup aux initiatives locales. Beaucoup de petites sociétés se sont lancées dans le covoiturage. On va mettre ces sociétés sur Vianavigo, le site du Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) de façon à leur donner une visibilité.

FRANCK NITZEL : Que fait la région pour aider les PME à s’équiper en véhicules électriques ?

On vient de mettre en place un fonds d’aide en remplacement des véhicules utilitaires les plus polluants, ceux d’avant 1997 : 3 000 € pour les véhicules utilitaires légers, 6 000 € pour les camionnettes et 9 000 € pour les poids lourds.

Education, santé, économie

FRÉDÉRIC SEITZ : Rénover les lycées est devenu une urgence. Comment comptez-vous accélérer les choses ?

Nous avons près de 500 lycées publics en Ile-de-France. Un audit montre que 30 d’entre eux sont dans un état de vétusté absolue, et 300 nécessitent une rénovation. L’ampleur des travaux est colossale. Je vais déclencher un plan Orsec pour les lycées avec la possibilité de faire de gros travaux de rénovation mais aussi des travaux de maintenance d’urgence. Mais cela veut dire qu’il va falloir réaliser des économies ailleurs. Nous devrons construire des établissements neufs pour accueillir 17 000 lycéens en plus dans les années qui viennent, les enfants du « baby-boom » des années 2000. Aujourd’hui, on met huit ans pour réaliser un nouveau lycée. Ce n’est pas acceptable.

LÉO LEROY : Vous souhaitiez mettre en place des tests salivaires pour lutter contre le cannabis au lycée. C’est une mesure gadget ?

Cette mesure fait partie d’un vaste plan de lutte contre le décrochage scolaire. Notre action antidrogue comprend des lycéens référents, un chargé de prévention, et, si le proviseur le souhaite, la possibilité de pratiquer sur une classe des tests de dépistage pour savoir combien d’élèves sont sous addiction au cannabis. C’est un instrument pour tirer le signal d’alarme. Tout est en place juridiquement… mais le préfet a demandé que les équipes éducatives ne le fassent pas ! On parle de lycées sans tabac et on passe sous silence le problème du cannabis. On est dans le déni. Permettez-moi de vous dire que je sais personnellement que ça existe, moi, j’en parle et je brise les tabous (NDLR : en septembre son fils de 18 ans a été interpellé en possession de cannabis).

JACQUES DROUHIN : Comment inciter les employeurs à prendre des jeunes en alternance ?

La région a réformé les aides à l’apprentissage. On a dit qu’on allait donner les aides aux employeurs tout de suite, ce qui est plus incitatif. Il y a aussi des règles nationales à changer : si l’apprenti ne donne pas satisfaction, il faut qu’il y ait plus de souplesse pour s’en séparer.

LÉO LEROY : Que comptez-vous faire pour l’insertion des jeunes diplômés en recherche d’emploi ?

On a réussi à préciser la carte des 25 bassins d’emploi pertinents en Ile-de-France. Il faut aller plus loin. J’ai demandé à Pôle emploi de permettre à des start-up de créer des sites de rencontre entre l’offre et la demande d’emploi. Des expérimentations sont en cours. Vous pouvez aussi candidater à des préparations opérationnelles à l’emploi financées par la région qui vous donnent le petit plus de compétences correspondant exactement aux besoins de l’entreprise.

JACQUES DROUHIN : Le Grand Paris vampirise tout. Comment la région compte-t-elle relocaliser l’emploi dans les territoires ruraux ?

On a deux fractures territoriales en Ile-de-France, la fracture avec les quartiers ghettos urbains et des quartiers ruraux. Le rural est aussi un lieu de colère et de ressentiment. Je travaille avec ces deux logiques. La ruralité représente 2 millions de personnes donc 15 % de la population, on fera 15 % d’investissements dans le rural. Cela veut dire plus de transports adaptés, de la formation, des pôles d’activité.

La politique, sa vie privée

STÉPHANIE LOISEL : Vous avez soutenu Alain Juppé à la primaire LR. François Fillon n’est donc pas le bon candidat pour la droite ?

J’ai beaucoup d’estime pour l’homme, c’est un chef d’Etat. Ce n’est pas sur la personne que j’avais des divergences, c’était sur la sensibilité des programmes. Je suis d’origine chiraquienne et un certain nombre de choses devaient être dites. Je suis une femme libre, anticommunautariste, une républicaine farouche. Je me bats aussi beaucoup sur les sujets égalité femme-homme et la laïcité. D’ailleurs, j’ai subi dans cette primaire de la droite une forme de misogynie et de machisme. J’ai été la seule qui n’avait pas le droit de choisir son candidat ! Certaines personnalités masculines politiques de premier plan ont fait leur choix et on l’a respecté…

LÉO LEROY : Dans l’hypothèse d’une victoire d’Alain Juppé, la rumeur vous présentait comme future Première ministre. Si on vous proposait un poste au gouvernement, l’accepteriez-vous ?

Cette rumeur flatteuse est partie d’Alain Juppé qui a évoqué une femme à Matignon. Je n’ai pas l’intention de quitter ma région. Si François Fillon devait me proposer d’entrer au gouvernement, je dirais non. Mais je n’ai rien demandé et on ne m’a rien proposé. En tant que présidente de la région, j’ai lancé un nombre important de chantiers que je dois mener à bien. Je me bats auprès de tous les candidats à la présidentielle pour dire : donnez-nous plus de pouvoir. Décentralisez. Nous, les régions, nous sommes capables d’aller chercher un ou deux points de croissance supplémentaires parce que l’on est plus réactifs, on est plus près du terrain. On a des résultats concrets. Je plaide pour le statut de région métropole et pour qu’on lui donne plus de pouvoir.

STÉPHANIE LOISEL : Comment intéresser les plus jeunes générations à la politique ?

C’est un énorme sujet. Le renouvellement du personnel politique est indispensable, mais ça ne suffit pas. On a bien vu dans la primaire que dire : « On est jeunes, votez pour nous », ça ne marche pas. Les réseaux sociaux vont jouer un rôle énorme, mais je ne sais pas lequel. Le vrai sujet, c’est comment les jeunes lisent les informations sur Internet. Avec eux, tout ce qui est sur Internet est vrai et tout ce qui est dans les journaux, à la télé ou dans la bouche des politiques est faux et questionnable. On est dans une crise de défiance totale. C’est un vrai défi démocratique. Et je n’ai pas la solution aujourd’hui.

STÉPHANIE LOISEL : Dans ma vie de femme, je passe mon temps à courir. Comment parvenez-vous à gérer votre vie privée et votre vie publique ?

J’ai un mari exceptionnel ! Qui partage les tâches avec moi. Et la chance d’avoir une famille qui habite en Ile-de-France. Si ma mère et ma belle-mère n’étaient pas là, ce serait beaucoup plus compliqué. Sans ce réseau d’aides, je n’aurais jamais réussi. On a mis en place une organisation de vie qui fait que, pendant des années, j’ai sacrifié tous mes loisirs, tout ce que j’aimais, à ma passion politique. Etre une femme politique, c’est très acrobatique.

FRÉDÉRIC SEITZ : Quelle est, selon vous, la femme qui pèse le plus en Ile-de-France, Anne Hidalgo ou vous-même ?

Ce n’est pas comme cela qu’il faut le voir. Mais plutôt comment porter ensemble des sujets qui feront que la vie sera meilleure en Ile-de-France. On a des divergences de fond, moi, j’étais pour l’ouverture des magasins le dimanche, elle était contre mais a l’air de vouloir changer d’avis. Objectivement, on veut toutes les deux baisser la pollution, résoudre les problèmes de transport. La différence, c’est que moi je suis obligée de défendre les habitants de la banlieue, et de rappeler en permanence Paris à son devoir de solidarité. Il n’y a pas de citoyens de seconde zone qui habitent du mauvais côté du périphérique. C’est pour cela que j’ai été élue, pour maintenir la cohésion d’un territoire de 12 millions d’habitants. Les Français sont tellement exaspérés par l’impuissance des politiques qu’on doit réussir à surmonter nos divergences.

VIDEO. Valérie Pécresse répond à nos lecteurs : http://www.leparisien.fr/informations/il-n-y-a-pas-d-un-cote-les-parisiens-de-l-autre-les-banlieusards-12-12-2016-6443577.php

Entretien coordonné par Frédéric CHOULET, Frédéric MICHEL et Bertrand SCHNEIDER (avec Pascal VILLEBEUF) avec la collaboration d’Elisabeth KASTLER-LE SCOUR

 

 

::: ECONOMIE

LA TRIBUNE – 10/12/2016

Les relations entre les grands groupes et les PME s’améliorent-elles enfin ?

 

Selon l’Observatoire Pacte PME, la satisfaction en matière de délais de paiement est en augmentation depuis trois années.

 

Selon les résultats 2016 de l’Observatoire de Pacte PME, les relations entre les grands groupes et les PME s’améliorent progressivement.

Les relations entre les entreprises françaises et en particulier entre les grands comptes et les autres s’améliorent-elles ? C’est ce qui semble ressortir des résultats de l’Observatoire de Pacte PME qui depuis 2012 permet aux grands comptes adhérents qui le souhaitent de piloter leur stratégie PME, qu’elle soit orientée sur la relation achat uniquement ou qu’elle s’inscrive dans le cadre d’une relation partenariale globale sur des relations élargies avec les PME.

La tendance générale mesurée par l’Observatoire de Pacte PME pour cette année est à l’amélioration de la relation entre les PME et les grands groupes et ce, à plusieurs niveaux. La part des achats effectués aux PME françaises a légèrement augmenté depuis 2013 pour s’élever à 24%, à 21.9 milliards d’euros pour 90.6 milliards dépensés au total.

Les grands comptes de Pacte PME paient en moyenne leurs fournisseurs à 46.1 jours en 2015 soit en deçà de la limite des 60 jours imposés par la loi.  » Cet indicateur est ensuite croisé avec le ressenti des fournisseurs et le résultat démontre que la satisfaction en matière de délais de paiement est en augmentation depuis trois années « , observe Pacte PME. Le taux de satisfaction s’élevait à 69% en 2014 et à 73% en 2015. Ce taux a fait un bond de 8 points en 2016 pour grimper à 81%.

Des relations fournisseurs qui s’améliorent

Deux indicateurs témoignent de cette amélioration de la situation. Le Baromètre Relation fournisseurs PME/ETI et le Baromètre Développement PME construits sur la base des réponses de 38000 PME et ETI aux questions de Pacte PME.

Selon le Baromètre Relation fournisseurs PME/ETI, qui porte sur les thématiques  » échanges en amont « ,  » relation contractuelle  » et  » qualité de la relation fournisseurs « , 74% des fournisseurs PME et ETI se déclarent satisfaits ou très satisfaits en 2016, soit 7 points de plus qu’en 2015.

Selon le Baromètre Développement PME, axés sur les thèmes des  » achats partenariaux « , du  » soutien au développement des PME « , de  » l’innovation et de la co-innovation « , de  » l’international « , des  » ressources humaines « , du  » financement  » et de  » la transformation digitale « , 51% des PME interrogées se déclarent satisfaites ou très satisfaites en 2016, soit 4 points de plus qu’en 2015 et 6 points de plus qu’en 2014.

Les entreprises souffrent toujours des retards de paiement

Ces indicateurs sont certes encourageants mais ils ne donnent pas une image totalement fidèle de la réalité. Si les grandes entreprises qui adhèrent à l’association Pacte PME ont volontairement décidé d’entretenir des relations constructives avec leurs fournisseurs, tous les grands comptes et globalement toutes les entreprises tricolores ne sont pas toutes sur la même ligne, en témoignent les statistiques régulièrement fournies par la Médiation des entreprises et l’Observatoire des délais de paiement. Selon ce dernier, un quart des 60.000 défaillances d’entreprises – environ – observées chaque année depuis 2009 sont provoquées par des retards de paiement.

Fabien Piliu  

 

 

LE PARISIEN – 12/12/2016

Fausses annonces d’emploi… mais vraies arnaques

 

4 700 offres frauduleuses ont été débusquées en un an par Pôle emploi sur son site Internet.

Malgré les efforts de Pôle emploi, des offres bidon visant à soutirer de l’argent aux chômeurs sont publiées sur son site. Un phénomène qui appelle à la plus grande vigilance.

Faire les pochesdes chômeurs en les attirant avec de fausses offres d’emploi rédigées par de vrais escrocs, l’arnaque existait déjà avec les offres version papier. Mais les méthodes sont de plus en plus sophistiquées et Internet a « démultiplié le phénomène », reconnaît Catherine Roux, responsable de la lutte contre ces annonces frauduleuses chez Pôle emploi. Et aucun site Internet n’est à l’abri des offres frauduleuses qui y sont postées, pas même celui de l’opérateur public, qui reste le premier site d’offres d’emploi via les 86 partenaires avec lesquels il a signé une convention. Malgré la vigilance des services de Pôle emploi, certaines passent malheureusement à travers les mailles du filet.

Des centaines, peut-être des milliers de demandeurs d’emploi — aucun chiffre officiel ne permet de mesurer le phénomène — sont tombés dans le piège. Le phénomène a d’ailleurs pu être facilité par les nouveaux services mis en place sur le Web. En mai 2016, Pôle emploi a en effet fait évoluer son site afin de faciliter la recherche de candidats pour les entreprises. Celles-ci peuvent désormais avoir l’accès direct à la cévéthèque (une bibliothèque de CV) et donc aux adresses mail des candidats. Si les demandeurs d’emploi l’acceptent, les employeurs peuvent même avoir accès à leur numéro de téléphone. Le but étant « de favoriser de nouvelles embauches ». Mais, revers de la médaille, cela facilite aussi la tâche des escrocs…

« C’est un problème et un vrai drame. Mais cela reste marginal, même si cela est inacceptable humainement », se défend Pôle emploi, souvent pointé du doigt. Chaque jour, entre 500 000 et 600 000 nouvelles offres sont ainsi publiées sur le site de l’opérateur public, puis épluchées par des millions de demandeurs d’emploi.

En un an, 4 700 fausses annonces débusquées

Pour les escrocs, le marché de « pigeons » est potentiellement énorme : 27 millions de visites par mois, dont 12 millions consacrées à la recherche d’un travail. « Les fausses offres sont de plus en plus trompeuses. Elles sont parfois très bien présentées. Avant, on les débusquait grâce aux fautes d’orthographe, il y en a moins aujourd’hui, ce qui rend la chasse plus difficile pour les repérer », poursuit Catherine Roux.

En un an, à la suite des contrôles de Pôle emploi, 4 700 offres bidon ont été débusquées et 8 000 comptes de fausses entreprises fermés sur le site. Des algorithmes chargés de pister les offres suspectes sont modifiés au gré de l’évolution des ruses des escrocs. « Mais l’algorithme miracle capable de réduire à zéro les fausses annonces n’existe pas », reconnaît une autre cadre de Pôle emploi.

L’opérateur public a lancé cette année un plan d’action et de sensibilisation auprès de ses 45 000 agents. Mais les mesures de prévention et de « débusquage » n’étant pas infaillibles, les demandeurs d’emploi doivent aussi apprendre à chasser les escrocs… Notamment en gardant toujours en tête ce principe de base : on travaille pour être payé, on ne paye pas pour travailler.

Repérer les fausses offres

Comme toujours sur Internet, la meilleure protection est l’extrême vigilance.

Gare aux offres trop belles

Un emploi ne nécessitant aucune expérience, avec la promesse d’un salaire élevé, doit vous alerter. Les escrocs utilisent aussi souvent les termes « travail à domicile » dans les titres car ils savent que c’est un critère attractif.

Cherchez les fautes dans le SIREN ou les mots-clés de l’annonce

Chaque entreprise a un numéro SIREN d’identification unique; il doit comporter 9 chiffres. L’adresse SIRET d’un employeur, elle, est composée de 14 chiffres : le SIREN plus 5 chiffres supplémentaires.

Refusez les demandes injustifiées

Tout recruteur qui vous demanderait vos données personnelles (numéro de Sécu, RIB, etc.) avant de vous avoir rencontré, doit être considéré comme suspect.

Signalez les offres douteuses

Si une offre vous semble bizarre, trop alléchante, alertez le site de Pôle emploi ou le médiateur de Pôle emploi à l’adresse : mediateur.national @pole-emploi.fr.

Catherine Gasté et Marjorie Lenhardt

 

 

LE FIGARO – 12/12/2016

Retenue à la source : l’épargne retraite dévisse

Par peur de ne pas bénéficier en 2017 de la déduction fiscale liée à leurs cotisations, les fonctionnaires cotisant à Prefon et les Français détenteurs de produits type Perp ou Perco risquent de délaisser ce type de produits.

Vive inquiétude chez les Français qui ont souscrit à titre individuel et facultatif des produits d’épargne retraite, type Perp ou Perco, pour préparer leurs vieux jours. La mise en place du prélèvement à la source à compter de janvier 2018 devrait en effet «zapper» non seulement les revenus ordinaires de l’année 2017 qui ne seront pas imposés, mais également la déduction fiscale liée au versement de cotisation à ces plans d’épargne retraite.

Or c’est pourtant un des grands attraits de ce type de produit: chaque année, les sommes versées sur un Perp ou un Perco, produits mis en place après la réforme Fillon de 2003, sont déductibles des impôts (dans la limite d’un plafond). L’année dernière, quelque 2,6 milliards d’euros collectés en épargne retraite ont permis de financer l’économie et les entreprises.

Lors d’une réunion en fin de semaine dernière à Bercy, réunissant assureurs et responsables de l’administration fiscale, le sujet a été mis sur la table… mais sans qu’une solution ait été trouvée. Pourtant, le gouvernement a maintenu les crédits d’impôt (type dons aux associations, emplois familiaux, etc.) de 2017 qui seront pris en compte en 2018. Mais les déductions passeront quant à elle toujours «à la trappe».

Résultat, alors que les modalités d’exécution du prélèvement à la source sont en cours d’examen au Parlement dans le cadre du projet de loi de finances 2017, l’inquiétude grandit chez les futurs retraités, en particulier… chez les fonctionnaires. Et pour cause, ils sont en effet 900.000 agents à cotiser à des plans d’épargne retraite complémentaires, dont 400.000 à Prefon, la Caisse nationale de prévoyance de la fonction publique, les autres se répartissant entre le Corem (complémentaire retraite mutualiste) et le CGOS-CRH (complémentaire retraite des hospitaliers).

«C’est un très mauvais signal donné à des gens qui font un effort d’épargne en vue de leur retraite», regrette Denis Lefebvre, le président de Prefon. De fait, les gestionnaires craignent que les cotisants stoppent leurs versements en 2017, faute de «carotte fiscale», et ne les reprennent pas ensuite. «On sait très bien que quand les gens arrêtent de verser, ils ont du mal à reprendre», poursuit Denis Lefebvre.

Or il semblerait que le désengagement ait déjà commencé. Les services de Prefon reçoivent déjà un flux de courriers d’adhérents demandant de suspendre leurs prélèvements au 1er janvier prochain. «Ce n’est pas encore un raz de marée, mais c’est très significatif. Nous avons réuni 300 adhérents la semaine dernière et un tiers des questions portaient sur le sujet», confirme Christian Carrega, directeur général de Prefon, qui apporte en moyenne 200 euros de complément de retraite par mois à ses adhérents.

Un petit plus jugé «indispensable» par 80 % des fonctionnaires affilés, qui touchent en moyenne 1400 euros de retraite. Espérant un sursaut, ses responsables ont écrit à tous les parlementaires membres des commissions des finances de l’Assemblée et du Sénat pour les alerter alors que les députés seront à nouveau amenés à débattre du projet de budget pour 2017 vendredi prochain.

Marie-Cécile Renault

 

::: ENTREPRISES

LE FIGARO – 12/12/2016

Le secteur du transport maritime en recomposition

En raison de leur fragilité financière, plusieurs armateurs sont devenus des proies accessibles. Les rachats se multiplient.

Les grandes manœuvres s’accélèrent. Le marché atomisé du transport maritime est pris dans un mouvement de consolidation qui touche tous les continents. Il y a un an, le français CMA CGM, numéro trois mondial, mettait la main sur le singapourien NOL. En juillet, l’allemand Hapag Lloyd avalait l’armateur du golfe UASC, donnant naissance au 5e groupe mondial. Il y a quelques jours, le danois Maersk, leader mondial, s’emparait de son concurrent allemand Hamburg Süd qui occupait jusqu’à présent le 7e  rang mondial. Et ce n’est pas fini.

En raison de leur fragilité financière, plusieurs armateurs sont devenus des proies accessibles. Pour rester dans la course ces dernières années, les acteurs ont dû investir dans des navires plus grands pour charger toujours plus de marchandises et contenir leurs coûts alors que les taux de fret ont plongé. Mais tous ne peuvent débourser 120 à 150 millions de dollars pour acquérir l’un de ces géants des mers.

Les transporteurs maritimes ont contribué à créer des surcapacités. «Au cours des quinze dernières années, la croissance du marché a été multipliée par 4,5 mais la flotte mondiale a été, pendant le même temps, multipliée par 9», souligne Paul Tourret, directeur de l’Institut supérieur d’économie maritime (Isemar). Les armateurs ont commandé des bateaux toujours plus grands: le cap des 20.000 EVP (équivalent vingt pieds) doit être franchi en 2017 par le japonais MOL.

Alliances mondiales

Et la crise de 2008 n’a pas ralenti la frénésie d’achat de nouveaux bateaux. «De nombreux armateurs ont pensé que la croissance resterait aussi forte alors qu’en Europe, la demande s’est ralentie. Les grosses commandes de navires ont été stoppées et les plus anciens ont été détruits», rappelle Paul Tourret. Les bâtiments de 25 ans dans un premier temps, puis ceux de 20 et 15 ans. De nombreux armateurs n’ont pas réussi à se maintenir à flot financièrement. «Il y a dix ans, on comptait une vingtaine de grands acteurs. Aujourd’hui, ils sont moins de dix», pointe le directeur de l’Isemar. Ensemble, les six ou sept premiers représentent 70 % du marché, contre 50 % il y a trois ans.

Avant d’envisager des acquisitions, les armateurs s’étaient d’abord lancés dans la création d’alliances avec des compagnies concurrentes pour optimiser leur flotte. Il y a trois ans, Maersk, MSC et CMA CGM avaient envisagé de donner naissance à «P3», en prenant exemple sur les alliances commerciales des compagnies aériennes. Mais l’initiative avait tourné court faute d’accord avec les autorités chinoises. Malgré le mouvement de consolidation, ces alliances mondiales restent toujours pertinentes. «Si nous voulons mettre en place un service hebdomadaire entre l’Europe et la Chine, par exemple, il nous faudra douze navires puisqu’il faut douze semaines à chacun d’eux pour effectuer une boucle complète, explique une porte-parole de CMA CGM. Créer une alliance permet d’augmenter nos fréquences et de répondre aux besoins de nos plus grands clients mondiaux.»

CMA CGM a ainsi réuni Cosco Container Lines, Evergreen Line et Orient Overseas Container Line (26 % du marché des conteneurs) au sein d’Ocean Alliance qui démarrera en avril 2017. «Nous aurons ainsi la plus grande capacité et la plus grande fréquence», se félicite CMA CGM. En face, TheAlliance, formée autour de Hapag Lloyd et de cinq transporteurs asiatiques (dont le coréen Hanjin était censé faire partie), regroupe 620 navires et 18 % du marché des conteneurs. Une troisième 2M associe les deux géants européens Maersk et MSC.

Ces alliances qui couvrent la planète aident aussi les groupes à faire face aux aléas de la conjoncture sur certaines routes maritimes. Depuis 2011, celle entre l’Asie et l’Europe est la moins dynamique, alors que la transpacifique qui relie les États-Unis et l’Asie est en croissance.

Valérie Collet

 

 

LES ECHOS – 12/12/2016

Eurotunnel va augmenter ses tarifs pour les camions

Le tunnel est devenu indispensable à certaines industries, selon une étude.
La hausse sera aussi un signal sur la solidité de l’activité malgré le Brexit.

Le tunnel sous la Manche a acquis une telle importance dans le transport des marchandises entre le Royaume-Uni et le continent que son exploitant, Eurotunnel, va revoir à la hausse ses tarifs pour le transit des camions. Une mesure destinée à augmenter ses revenus, mais également à rassurer la Bourse sur le faible impact du Brexit sur son activité.

Il y a quelques mois, le groupe a commandé au cabinet de consultant EY une étude sur les retombées économiques générées par le tunnel. Selon ce rapport, dévoilé le mois dernier, les échanges commerciaux circulant sous la Manche représentent 115 milliards d’euros sur un an. Mais l’étude s’est également intéressée à la nature des marchandises transportées par les quelque 1,4 million de poids lourds qui ont emprunté le tunnel en 2014. Et a identifié, parmi les plus gros clients, trois grands secteurs pour qui la fiabilité et la rapidité permises par le tunnel sont indispensables : la messagerie express, les industries fonctionnant en juste-à-temps (comme l’automobile) et le transport de produits frais alimentaires.

Selon EY, par exemple, 60 % des exportations britanniques dans l’agroalimentaire passent par le tunnel. Pour garantir la fraîcheur des produits, «  nous devons être sur le marché le plus tôt et le plus rapidement possible, indique un producteur cité dans le rapport. Et les ferries prennent deux fois plus de temps qu’Eurotunnel pour traverser la Manche ». En clair, ces industriels auraient bien du mal à se passer du lien fixe. Même cas de figure pour les usines automobiles anglaises, qui s’approvisionnent largement sur le continent (40 % des pièces utilisées viennent d’Allemagne), avec des stocks très réduits et un besoin de réapprovisionnement constant. «  Le Brexit n’aura pas d’impact sur ces flux, qui vont continuer à se développer », indique aux « Echos » Jacques Gounon, le PDG d’Eurotunnel. A ce stade, les chiffres de trafic lui donnent raison, le nombre de camions transportés chaque mois volant de record en record.

Surtout, l’étude, en soulignant la dépendance de certaines industries au passage par le tunnel, donne à son exploitant la latitude d’augmenter plus largement ses tarifs. C’est ce que les Anglo-Saxons baptisent le « pricing power ». «  Jusqu’à présent, notre règle pour fixer l’augmentation annuelle des tarifs était d’appliquer l’inflation majorée de 1 %. Ce sera un peu plus dans les années à venir », confirme Jacques Gounon. Cela devrait se traduire par des augmentations moyennes du prix de la traversée plus prononcées, mais surtout par une augmentation du nombre de « jours de pointe », ces jours où le tarif pour traverser est sensiblement renchéri. II y en aura 44 de plus en 2017.

Cette hausse des prix ne concernera que le trafic marchandises. Les navettes dédiées au transport des voyageurs ne sont pas concernées. A court terme, le principal sujet de préoccupation d’Eurotunnel est du côté d’Eurostar. La compagnie a vu le nombre de voyageurs reculer de 10 % en un an au troisième trimestre, et les péages acquittés à Eurotunnel sont fonction du nombre de passagers transportés. «  Mais le trafic a commencé à remonter, et les perspectives, entre l’arrivée des nouvelles rames qui comptent 150 sièges de plus et la future desserte d’Amsterdam, sont très favorables », estime Jacques Gounon.

Lionel Steinmann

 

 

LE FIGARO – 12/12/2016

Union sacrée pour l’avenir de PagesJaunes

Les créanciers, les dirigeants, les salariés et une partie des actionnaires de SoLocal se mobilisent pour faire approuver le plan de restructuration de la dette.

Cégétistes, responsables de fonds anglo-saxons, salariés, dirigeants, actionnaires activistes… Qui d’autre qu’un annuaire pouvait réunir tant de personnalités dissemblables? SoLocal (PagesJaunes, Mappy, A Vendre A Louer) vient de réussir cette prouesse, à quelques jours d’une assemblée générale cruciale.

Jeudi à 16 heures, à la Grande Arche de la Défense, les actionnaires de l’ex-filiale de France Télécom sont invités à voter sur un projet de plan de restructuration de la dette: à 1,16 milliard d’euros, elle ne permet plus à l’entreprise d’investir. Les créanciers ont validé le plan ; pour être mis en œuvre, il doit recueillir 67 % des votes des actionnaires présents ou représentés. «L’alternative à ce projet, c’est d’énormes difficultés financières, commerciales et sociales, prévient Jean-Pierre Remy, le patron de SoLocal. C’est blanc ou noir. Il n’y aura pas de nouvelles négociations avec les créanciers.» L’appel à voter «oui» est on ne peut plus clair.

«L’échec n’est pas une option, renchérit Arnaud Marion. Nous nous devons de réussir. On ne peut pas jouer avec une société de 4500  salariés.» Jadis opposé à la direction, ce spécialiste du redressement d’entreprise a été nommé administrateur le 19 octobre, lors de l’assemblée générale qui a retoqué un projet de restructuration faisant la part trop belle aux créanciers. Et contribué à bâtir un plan plus équilibré. Las. Le conseil d’administration reste aux prises avec un duo d’actionnaires activistes. Benjamin Jayet et Didier Calmels, qui furent associés à Marion lors de l’assemblée générale d’octobre, assurent détenir 12 % des droits de vote et multiplient les appels à retoquer ce qu’ils estiment une spoliation des actionnaires.

«Ceux qui prônent l’opposition au plan amèneront la société au redressement judiciaire. Ils vont voter contre leurs propres intérêts financiers», poursuit Arnaud Marion. «Le plan a été amélioré deux fois, il est désormais au-dessus des standards du marché, abonde Alexandre Loussert, représentant d’une association de 1700 petits porteurs, lui aussi ex-opposant élu administrateur en octobre. 70 % des redressements judiciaires se terminent par une liquidation.»

Même si beaucoup, au board de SoLocal, doutent que Benjamin Jayet et Didier Calmels puissent réunir 12 % des droits de vote, tout est fait pour limiter leur pouvoir de nuisance.

Avec un taux de participation de 38 % (celui de la dernière assemblée générale), il suffit de 14 % des droits de vote pour retoquer le projet. «Il y a une très forte mobilisation pour le projet et contre les activistes, assure Jean-Pierre Remy. Le taux de participation sera cette fois sensiblement plus élevé.»

Menace des créanciers

Vendredi, plus de 500 salariés ont manifesté devant le siège de SoLocal à l’appel de tous les syndicats représentés dans la société, FO et CGT compris. «Les salariés se mobilisent pour garantir l’avenir de l’entreprise et de l’emploi face aux prédateurs qui veulent mettre la main dessus», assure Belhassen Essaadi, représentant de la CFDT, premier syndicat du groupe. Coup de pression supplémentaire, les créanciers, fonds anglo-saxons en tête, ont fait savoir qu’en cas du rejet du plan, ils exigeront dès vendredi le paiement de l’intégralité de la dette.

Une telle issue est peu probable, vu la mobilisation en cours, SoLocal devrait pouvoir passer à la prochaine étape. «Nous avons des discussions avec des investisseurs intéressés par notre projet d’augmentation de capital, assure Jean-Pierre Remy. Ils n’attendent qu’une chose, c’est la réduction de l’incertitude sur l’avenir de la société. Si le plan est adopté jeudi, leur intérêt va se renforcer.»

Ivan Letessier

 

 

LA TRIBUNE – 10/12/2016

Notre-Dame-des-Landes : nouveau report de l’évacuation

 

Les opposants, baptisés « zadistes », occupent en effet encore le vaste terrain de 1.200 ha.

 

Un contentieux avec la Commission européenne doit encore être réglé. L’évacuation pourrait intervenir après la présidentielle de 2017.

Le ou la prochain(e) président(e) de la République va-t-il « hériter » de la « zone à défendre » (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes ? L’hypothèse paraît de plus en plus probable. Ce vendredi, le gouvernement a en effet repoussé la perspective d’une évacuation de la zone, occupée par les opposants à la construction d’un aéroport.

« Il n’y a pas d’évacuation possible tant que le contentieux avec Bruxelles n’est pas réglé » a indiqué une source gouvernementale à l’AFP, enterrant de fait la promesse de Manuel Valls. Avant de quitter Matignon, ce dernier tablait en effet sur une évacuation avant l’hiver.

Etre « irréprochable juridiquement »

Quel est alors le problème avec Bruxelles ? En fait, depuis avril 2014, la France est mise en demeure par la Commission européenne pour ne pas avoir réalisé d’évaluation des impacts cumulés des infrastructures du projet d’aéroport. Elle n’a toujours pas régularisé son infraction.

Pour se mettre en conformité avec la réglementation européenne, le SCOT (schéma de cohérence territoriale) de la métropole Nantes-Saint Nazaire a dû être révisé et va être soumis au vote le 19 décembre. « Cette opération doit être préparée méticuleusement et les étapes doivent être préparées. Il faut être irréprochable juridiquement et opérationnellement« , a encore fait valoir Matignon.

Évacuation impossible ?

Outre le problème bruxellois, une autre obstacle de taille pourrait encore retarder l’évacuation. En pleine alerte terroriste en France, qui mobilise à plein les forces de l’ordre, l’évacuation du futur site de l’aéroport nécessiterait des centaines voire des milliers de gendarmes mobiles pendant plusieurs jours voire semaines.

De fait, malgré un « oui » au projet au référendum local en juin, les opposants, baptisés « zadistes », occupent en effet encore le vaste terrain de 1.200 ha sur lequel doit être construit l’aéroport, mené par le géant du BTP Vinci.

 

 

::: POLITIQUE

LE PARISIEN – 11/12/2016

Manuel Valls : «Ma candidature est une révolte»

 

Paris (IIIe), hier. Manuel Valls, qui n’a pas encore investi ses locaux de campagne, nous a rencontrés dans un café au cœur de Paris.

PRIMAIRE. Manuel Valls, qui a commencé cette semaine une campagne-sprint de 40 jours, appelle à une primaire massive… pour renverser les pronostics.

Une berline s’arrête en toute discrétion hier à midi au coeur de Paris. Il n’y a plus de gyrophare, plus de cortège officiel dans son sillage : depuis mardi, Manuel Valls, 54 ans, n’est plus Premier ministre. Sous sa pression – bien qu’il s’en défende -, François Hollande a dû jeter l’éponge : il ne sera pas candidat à sa succession. Valls n’est pas redevenu pour autant un citoyen ordinaire.

S’il a démissionné, c’est pour briguer l’investiture de la primaire de la gauche. L’homme qui nous accorde son premier grand entretien dans la presse, apparaît libéré. Concentré, il s’apprête à livrer une bataille incertaine. «Rien n’est écrit», répète-t-il comme un leitmotiv. Et pour se rassurer, il ajoute aussitôt : «J’aime les campagnes électorales.»

Avant d’endosser pour la présidentielle les couleurs de la gauche, il lui faudra d’abord s’imposer dans cette primaire et rassembler un camp déboussolé tant par les lignes politiques que par les multiples candidatures. Dernière en date, celle de l’ancien ministre de l’Education, Vincent Peillon, qui devrait se déclarer ce soir, sur France 2. «Je demande aux Français de choisir, pas d’éliminer», souligne Valls en jurant qu’il s’interdira les attaques personnelles.

Les sept, voire huit, candidats auront l’occasion de se jauger lors de trois débats très rapprochés avant d’être départagés par les électeurs de gauche (22 et 29 janvier). D’ici là, l’ex-collaborateur de Michel Rocard et de Lionel Jospin, qui se revendique «social-réformiste et homme de gauche», se prépare. «Pour le moment, je suis nomade», sourit-il, après voir choisi un café du IIIe arrondissement pour l’interview. Dans quelques jours, lui et son équipe vont prendre possession de leurs 350 m 2 de locaux de campagne, près de la bibliothèque François-Mitterrand (Paris XIIIe). Faut-il y voir un symbole ? «Un hymne à la culture», appuie Valls qui dit vouloir reprendre «une politique de grands travaux».

Mardi soir, c’est à la Maison de la chimie, à Paris (VIIe), que ses soutiens se réuniront. Le lendemain, l’organigramme (resserré) de campagne du candidat sera dévoilé. En attendant, le candidat Valls ne semble pas enclin à trop dévoiler son intimité : «La transparence est indispensable. Mais il faut qu’il y ait de la dignité.» Un aspirant président ne devrait pas dire ça…

Lors de la primaire de la droite, on a parlé d’un phénomène «tout sauf Sarkozy». Redoutez-vous dans celle de la gauche un «tout sauf Valls» ?

MANUEL VALLS. Non car mon objectif, c’est de rassembler pour gagner. Je veux la réussite de cette primaire. Ma candidature est une révolte face à une disqualification annoncée de la gauche à la présidentielle. La gauche peut se réveiller, retrouver de l’espoir. Rien n’est écrit, rien n’est joué. La gauche est challengeur dans cette élection. Mais, moi, je crois que nous pouvons gagner.

On annonce entre sept et huit candidats à la primaire de la gauche. Pourquoi cette inflation ?
Il est normal que des candidats expriment des sensibilités différentes. La gauche, c’est le débat. Mais dans ce moment-là, avec les déséquilibres du monde, avec une extrême droite aux portes du pouvoir, et le programme particulièrement dur de François Fillon, qui incarne une droite rétrécie et rabougrie, ma responsabilité est de créer l’unité. Et les candidats qui ne participeraient pas à la primaire doivent prendre conscience du risque qu’ils feraient courir à la gauche d’être éliminée. Cette primaire est une occasion extraordinaire d’aller à la rencontre des gens. Plus il y aura de monde, plus la dynamique sera forte. J’appelle toutes les femmes et les hommes de gauche, de progrès, mais d’une manière générale tous les Français à venir voter massivement les 22 et 29 janvier !

Vous êtes candidat à la primaire, Emmanuel Macron, lui, ne l’est pas. Pourtant, un duel s’installe entre vous…
Les seuls combats qui m’intéressent sont ceux qui m’opposent à la droite et à l’extrême droite. J’ai placé ma candidature sous le sceau d’une vision, d’une incarnation, d’une expérience et d’une autorité. Je pars du principe que tous ceux qui ont gouverné ensemble depuis 2012 ne sont pas des adversaires…

Avez-vous contribué à empêcher François Hollande d’être candidat ? Avez-vous peur de le payer ?
Ça suffit avec cette thèse ! Laisser penser que François Hollande se serait fait imposer ce choix est insensé… Il faut le respecter et ne pas l’instrumentaliser. Ma relation avec lui est faite de respect, d’affection, nous avons tant partagé notamment au moment des attentats… Cela crée des liens à tout jamais.

Pensez-vous que le président vous soutienne ?
Je ne peux m’exprimer à sa place. Mais ne doutez pas un instant qu’il s’engagera le temps venu.

Arriver après la désignation de François Fillon, est-ce un avantage ?
Le sujet n’est pas là. Je suis frappé par le refus massif des Français du programme de François Fillon. Ils ont très bien compris sa remise en cause du modèle social et de ses deux piliers essentiels : la sécurité sociale et la santé. La manière de parler des fonctionnaires, des policiers, des enseignants, des agents hospitaliers est méprisante. Ils sont au service de l’intérêt général. Ne l’oublions jamais !

Lorsque le candidat des Républicains veut changer le statut de l’hôpital public, ce qui enlèverait le statut de fonctionnaires à ses agents, c’est selon vous la même logique ?
Oui. c’est une remise en cause du principe d’égalité ! Moi, je crois au rôle de l’Etat, c’est la colonne vertébrale de notre nation. Je crois à nos services publics pour assurer la solidarité dans nos territoires urbains et ruraux. Je crois à l’hôpital public car il garantit – surtout aux plus fragiles et aux plus démunis – un même accès aux soins.

Et sur le plan fiscal ?
Les propositions de François Fillon sont au service exclusif de ceux qui ont le plus : moins d’impôts pour les plus riches, moins de services publics pour les classes moyennes et les ménages modestes. Ce projet libéral, qui est le même partout depuis trente ans, a échoué car il étouffe la croissance et se solde par davantage d’inégalités, de déficits et de dette. Et porter ce projet, c’est mal connaître la France, car nous ne sommes pas un pays libéral sur le plan économique.

Vous ne pensez pas que la France a envie de droite ?
Non, je ne le crois pas. Nos compatriotes veulent plus de protection, de sécurité, de solidarité, de souveraineté, être davantage associés aux choix qui les concernent. C’est cette gauche crédible que j’incarne qui est la bonne réponse. C’est cette République ferme et bienveillante que je défends depuis toujours et que je porterai.

Quel président seriez-vous ?
Dans notre pays, il y a de la défiance et aussi un sentiment de mépris, voire d’humiliation que ressentent beaucoup de nos concitoyens… Je veux redonner de la fierté. Je veux être un président garant de l’esprit français : un esprit indocile et rebelle, une grande générosité, une affirmation farouche de l’indépendance de notre nation, une laïcité qui nous protège, mais aussi une langue universelle, le français, une exception culturelle et, enfin, un génie créatif, celui de nos entrepreneurs, de nos chercheurs. Je veux aussi être un président qui emmène la France plus loin. Car, malgré le scepticisme, rien n’est écrit ! Je veux que l’on redevienne acteurs de notre destin. Qu’on reprenne la main : dans nos vies avec le revenu décent ; dans notre travail avec des heures supplémentaires défiscalisées qui redonnent du pouvoir d’achat ( lire page 2) ; dans le monde avec une France en tête en tant que nation éducative ; sur le dérèglement climatique avec la priorité à la transition énergétique.

A quel moment de votre vie avez-vous songé à briguer cette fonction ?
Je ne suis pas né avec l’idée que je serais président de la République… J’ai une chance : j’ai appris à devenir français. Je suis né à Barcelone, d’un père catalan, d’une mère suisse et espagnole. Je suis allé à l’école de la République. Mes parents m’ont appris l’amour de ce pays. J’ai été naturalisé français. J’aime mon pays par-dessus tout…. Mon expérience d’élu local comme maire d’Evry est irremplaçable. Elle vaut toutes les écoles, les grandes écoles. J’ai exercé le pouvoir depuis 2012, dans un contexte marqué par le terrorisme. Je suis prêt.

Heures sup défiscalisées et «revenu minimum» de 800€

«Il faut dire la vérité aux Français : entre 2010 et 2014, les impôts ont augmenté bien trop fortement. Et on a fait entrer dans l’impôt (CSG, fiscalité locale, etc.) des personnes qui n’y étaient pas.» Cette «forme de rupture civique, les Français l’ont subie de plein fouet», estime Manuel Valls. En dépit des «quatre baisses successives de l’impôt sur le revenu depuis 2014», d’autres mesures prises en 2012 ont été «incomprises», estime Valls, qui cite notamment la «suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires» (pour les 9 millions de Français concernés, les heures sup sont désormais soumises à impôt) ou la «fiscalisation des majorations des pensions pour les veufs».

«Pour redonner du pouvoir d’achat aux classes moyennes et populaires, je veux revenir sur ces mesures. Je veux aussi revenir sur la suppression injuste de la demi-part des veuves voulue à l’époque par le gouvernement de François Fillon. Même si nous en avons diminué une part des effets, je veux aller plus loin en la rétablissant totalement.»

Manuel Valls a aussi affiné, hier, son idée d’un «revenu décent» pour tous. Si son objectif reste une «société du travail qui crée plus d’emplois, il faut par ailleurs de solides mécanismes de solidarité». Or, le système actuel des minima sociaux (qui en compte une dizaine) est «trop complexe et suscite par ailleurs de la suspicion parmi les Français». Il détaille cette mesure : «Chaque personne de plus de 18 ans aura droit, sous condition de ressources, à un revenu minimum décent autour de 800 €.» Ce «tremplin pour rebondir» sera «complémentaire» de la prime d’activité, entrée en vigueur début 2016 (fusion du RSA activité et de la prime pour l’emploi). Sa mise en place se fera «progressivement». Précision de taille : «les étudiants qui travaillent en bénéficieront, sous condition de ressources». Le coût global de ce dispositif avoisinerait «entre 30 et 40 Mds€».

Propos recueillis par Ava Djamshidi, Philippe Martinat, Odile Plichon et Muriel Pleynet

 

 

LES ECHOS – 12/12/2016

Macron-Valls : le duel des héritiers de Hollande

Les deux hommes ont décliné leurs premières propositions ce week-end. Ils jouent une place au second tour l’année prochaine, et l’après-Hollande.

Le premier a réuni 15.000 personnes samedi, porte de Versailles à Paris, pour démontrer sa capacité de mobilisation et présenter plusieurs mesures phares de son programme. Le second s’est lancé dans la primaire de la gauche la semaine dernière immédiatement après le retrait surprise de François Hollande, et a précisé sa démarche et détaillé ses premières propositions dans une longue interview accordée dimanche au « Parisien ».

Entre Emmanuel Macron, ancien ministre de l’Economie, et Manuel Valls, ancien Premier ministre, la confrontation a commencé. Les deux hommes se placent sur le même terrain politique, celui d’une gauche réformiste assumant l’exercice du pouvoir. Se posant en leaders de cette gauche, ayant les mêmes adversaires politiques – François Fillon et Marine Le Pen – l’un comme l’autre veulent lutter contre l’idée d’un scénario déjà écrit, celui d’un second tour de la présidentielle entre le candidat investi par LR et la présidente du FN.

« Ma candidature est une révolte face à une disqualification annoncée de la gauche à la présidentielle », a déclaré l’ancien locataire de Matignon au « Parisien ». Au cours de son meeting porte de Versailles, Emmanuel Macron s’est pour sa part inscrit contre la fatalité d’un pays qui, dans quelques mois, aurait le choix « entre une droite extrême et une droite conservatrice ». Les deux hommes visent une place au second tour de la présidentielle et, ensuite, l’incarnation de l’après-Hollande après le renoncement du chef de l’Etat. Avec le PS pour Manuel Valls, sans pour Emmanuel Macron.

Mais leurs divergences sont aussi importantes que leur animosité réciproque est forte. Sur le fond, ils n’ont pas la même approche. Emmanuel Macron entend dépasser les clivages gauche-droite. « Ce que nous voulons, ce n’est pas rassembler la gauche, ce n’est pas rassembler la droite, c’est rassembler les Français », a-t-il scandé samedi devant ses partisans. Prenant à la gauche et à la droite, il articule ses propositions autour d’un assouplissement des règles et d’un renforcement des droits des plus faibles. Manuel Valls fait, lui, le pari de rassembler la gauche sur son nom, à commencer par le PS où il est encore loin de faire l’unanimité. D’où des propositions que ne renierait pas la gauche du parti, à commencer par le revenu universel.

Des écueils ayant pour noms Arnaud Montebourg et Vincent Peillon

Leurs différences sont aussi stratégiques. Emmanuel Macron exclut de passer par la primaire, jugeant l’exercice stérile et inutile. Il l’a dit et répété, rejetant les accusations de contribuer à la défaite de la gauche par sa démarche. Manuel Valls compte bien faire de la primaire de la gauche un tremplin pour sa candidature. A condition pour lui de passer des écueils ayant pour nom Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, ce qui n’est pas encore acquis.

Emmanuel Macron dispose déjà d’une longueur d’avance. Il est lancé depuis plusieurs semaines et ses troupes, fortes de 120.000 adhérents (gratuits), ne sont pas virtuelles comme le meeting de la porte de Versailles l’a montré. Manuel Valls doit, lui, compter avec un PS exsangue et divisé, mais dont la capacité de mobilisation peut encore se réveiller avec la primaire. D’ici au printemps 2017, la campagne sera longue et pleine de surprises. Les éliminations de Nicolas Sarkozy, d’Alain Juppé ou encore de Cécile Duflot de leurs primaires respectives et la décision de François Hollande de se retirer l’ont déjà montré.

Grégoire Poussielgue

 

 

LE FIGARO – 12/12/2016

Les 8 propositions économiques d’Emmanuel Macron

Le «candidat du travail» veut améliorer la compétitivité des entreprises françaises en poursuivant la réduction du coût du travail pour augmenter leurs marges.

Emmanuel Macron veut aussi donner du pouvoir d’achat aux salariés tout en maintenant les 35 heures.

  • Transformer le CICE en allégement de charge de 6 points

Emmanuel Macron veut continuer «à réduire le coût du travail pour les entreprises». Il propose de transformer le CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) en baisse de charges pérenne de 6 points. Elle serait généralisée à toutes les entreprises et pas seulement à celles soumises à l’impôt sur les sociétés ou à l’impôt sur le revenu comme c’est le cas pour le CICE. En sont exclues, par exemple, les entreprises de l’économie sociale et solidaire comme les coopératives agricoles et leurs 165.000 salariés. En outre, cette baisse de charges s’appliquerait à tous les salaires et pas uniquement aux employés dont la rémunération ne dépasse pas 2,5 fois le smic. Enfin, cette diminution de charge serait plus simple à percevoir pour les entreprises qu’un crédit d’impôt.

  • Supprimer les cotisations salariales chômage et maladie

Les salariés bénéficieraient d’une baisse de leurs cotisations, celles liées au chômage et à la maladie. Elle serait financée par une augmentation de la CSG (contribution sociale généralisée) qui ne toucherait ni les chômeurs ni les 40 % de retraités les plus modestes. Un effort serait demandé aux revenus du capital dont le taux de CSG augmenterait de 1,7 % et ceux des retraités les plus aisés, «pour leurs enfants et petits-enfants».

  • Maintenir la durée légale du temps de travail à 35 heures

Marquant sa différence avec le gagnant de la primaire de la droite et du centre, François Fillon, Emmanuel Macron veut maintenir les 35 heures. «La durée légale hebdomadaire du travail doit rester à 35 heures.» Dans la pratique, les entreprises qui voudraient allonger la durée du temps de travail pourraient le faire par le biais d’un accord majoritaire.

  • Simplifier le droit du travail

Plus généralement, Emmanuel Macron veut assouplir le droit du travail en mettant en place des «règles simples et lisibles». Il veut aussi déplacer le dialogue social des branches «au plus près de l’entreprise et du terrain». L’objectif est de définir «les bons compromis, les bons accords qui permettent de créer des emplois, parfois de modifier les seuils». Il s’agit notamment du seuil des 10 salariés qui impose dans les entreprises la présence d’un délégué du personnel ou la mise en place d’un comité d’entreprise dans celles de 50 salariés et plus.

  • Réformer Pôle emploi

Candidat de la flexisécurité – un dispositif autorisant une plus grande facilité de licenciement en contrepartie de formations et d’indemnités plus longues et importantes pour les salariés -, Emmanuel Macron veut accompagner les chômeurs grâce à un «service public de la formation et de l’activité» qui reprendrait entre autres le périmètre de Pôle emploi.

  • Rembourser tous les soins

À la différence des propositions avancées par François Fillon dans le domaine de l’Assurance-maladie, Emmanuel Macron promet que pendant la durée de son quinquennat «pas un seul soin utile ne se sera déremboursé». Reste à savoir ce que recouvre la notion d’«utile» dans ce domaine.

  • Libérer la fonction publique

Plutôt que de stigmatiser les fonctionnaires, le candidat d’En Marche!, veut les séduire. «Nous devons être fiers de notre fonction publique et la libérer, la laisser inventer.» Toutefois, Emmanuel Macron s’est dit partisan d’une refonte du rôle de l’administration. «Il faut passer d’une administration du contrôle et de la sanction systématique, à une administration (…) du conseil et de l’accompagnement.»

  • Poursuivre la décentralisation

Pour rendre l’État plus facile à gérer, Emmanuel Macron veut «simplifier la structure administrative, pousser la décentralisation avec plus d’autonomie pour les universités, (…) les établissements scolaires et (…) les hôpitaux».

Eric de La Chesnais

 

 

LE MONDE – 12/12/2016

Vincent Peillon : « Je n’y serais pas allé si Hollande avait été candidat »

Dans un long entretien au « Monde », l’ancien ministre de l’éducation nationale revient sur sa décision de se présenter à la primaire de la gauche.

On l’avait quitté, au printemps, en écrivain de roman policier. Vincent Peillon est de retour en politique, mais cette fois, surprise, comme candidat à la primaire à gauche organisée les 22 et 29 janvier 2017 par la Belle Alliance populaire. L’ex-ministre de l’éducation nationale s’apprête donc à affronter d’autres anciens membres du gouvernement, comme Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, et l’ancien premier ministre Manuel Valls. Un scénario inattendu provoqué par la renonciation de François Hollande.

Pourquoi vous présentez-vous à la primaire de la gauche ?

Vincent Peillon : Je suis candidat à l’élection présidentielle pour que la gauche gagne. Je pensais que François Hollande serait candidat parce que je considérais que l’appréciation de son bilan, comme celle de sa personne, était injuste par rapport à la réalité. Il me semblait que quelle que soit la difficulté, François Hollande était le mieux placé pour expliquer aux Français ce qu’il avait fait. Je suis peut-être dans cette primaire le seul qui n’y serait pas allé s’il avait été candidat. Le fait qu’il ne le soit pas est la marque d’une crise politique inédite. C’est la première fois sous la Ve République qu’un président décide de ne pas se représenter. Ma volonté, c’est de m’attaquer aux causes profondes de cette crise pour que le pays puisse retrouver un élan républicain, une sérénité.

Que voulez-vous apporter de différent des autres candidats ?

Je veux d’abord apporter une exigence de vérité. J’ai entendu ces dernières années des critiques radicales, manichéennes, brutales, venant parfois de notre propre camp. Elles nous ont affaiblis. Or, on ne peut rien construire de sérieux si on se dénigre soi-même, si on ne mesure pas ce qu’on a fait. Aujourd’hui, si je regarde ce qui s’est produit en Europe, un pays comme la France qui a rétabli ses comptes publics et sociaux sans attaquer le modèle social, c’est unique. Mieux, des réformes de progrès ont été faites, avec le compte pénibilité, l’embauche de fonctionnaires dans la police ou l’école, la garantie jeunes, la complémentaire santé pour tous, la contraception gratuite pour les jeunes filles, l’encadrement des loyers, la COP21, le mariage pour tous… Je crois qu’il faut dire les choses.

Vous êtes donc candidat pour défendre le bilan du quinquennat ?

On ne construira rien sur des insincérités successives, sur des attaques ad hominem, sur des approximations intellectuelles qui nourrissent le désaveu du politique. Mais je sais aussi ce qui a posé problème. On peut regretter qu’il n’y ait pas eu des contreparties suffisantes au pacte de responsabilité. Continuer d’accroître la charge fiscale via l’impôt sur le revenu au-delà de l’effort initial nécessaire pour réduire les déficits laissés par la droite en 2012, n’a pas été compris. J’aurais préféré que l’on choisisse en fin de quinquennat de baisser la taxe d’habitation payée par tous les Français plutôt qu’un impôt payé par la moitié d’entre eux.

Il y a eu aussi la méthode de gouvernement, avec une base politique trop étroite : les Verts ne sont restés que deux ans, le Front de gauche et les communistes n’y ont jamais été associés, le Mouvement républicain et citoyen a été absent, la main tendue par François Bayrou en 2012 a été ignorée. Même de grandes familles du PS sont parties avec le temps, cela n’a jamais existé dans notre histoire. Tout le travail que nous avions fait avec Lionel Jospin entre 1997 et 2002, c’était de toujours rassembler, comme l’avait fait avant lui François Mitterrand. Il y a eu aussi des brutalités, comme le 49.3 lors de la loi travail. On ne peut pas réformer un pays comme le nôtre sans concertation avec les syndicats et sans respecter le Parlement.

En défendant M. Hollande, ne craignez-vous pas de subir le même rejet ?

Je suis parti du gouvernement en 2014. Personne ne peut imaginer que le débat sur la déchéance de nationalité ne m’ait pas profondément heurté. Il y a dans notre pays un risque immense : que le Front national, qui vient encore de dire qu’il voulait aller chercher certains enfants dans les écoles [Marine Le Pen a déclaré jeudi 8 décembre vouloir barrer l’accès à l’école aux enfants étrangers en situation irrégulière et faire payer la scolarité pour ceux dont les parents en situation régulière ne travaillent pas], joue un rôle à l’avenir. Dans notre passé, cela a existé d’aller chercher des enfants dans les écoles. Je ne veux pas entendre à nouveau de tels discours. Il faut protéger la France et les Français de ces aventures de la haine.

En face, la droite, qui a fait une belle primaire, a un candidat qui dit des choses qu’il ne pourra pas faire. Les Français disent qu’il n’y a pas assez d’enseignants et François Fillon voudrait en supprimer encore plus que ce qu’il avait fait de 2007 à 2012. Les Français disent qu’ils ne gagnent pas assez et il voudrait les faire travailler plus en les payant moins. Est-ce que vous croyez vraiment que le pays va l’accepter ? M. Fillon flatte un électorat, il dresse les gens contre les fonctionnaires, ce n’est pas ce que j’attends d’un homme d’Etat. Et je ne parle pas de ses propos sur la Russie, alors que les populations civiles sont bombardées à Alep. Il tient un discours de campagne, pas un discours de vérité. Pour toutes ces raisons, j’ai décidé de prendre mes responsabilités.

Au risque d’ajouter à la division à gauche ?

Il faut se rassembler et la primaire est le bon instrument pour cela. Cela a marché en 2012. Je suis socialiste, je ne veux pas changer le nom de mon parti. Mais je sais que les socialistes ont toujours gouverné avec d’autres. C’est notre histoire, notre culture. Il y a deux candidats respectables hors de cette primaire. Jean-Luc Mélenchon a été longtemps un dirigeant du PS, il a été un ministre talentueux de Lionel Jospin. Il y a aussi Emmanuel Macron, ancien conseiller du président devenu ministre – après moi – du gouvernement, qui a donc été associé à toutes les mesures du quinquennat. Il n’est pas notre ennemi, il incarne une proposition politique. Nous avons des désaccords. Mais si nous voulons battre la droite et l’extrême droite, nous aurons à poursuivre le rassemblement après la primaire.

Pourquoi ne pas soutenir directement Manuel Valls ?

Parce que je pense que je peux gagner et rassembler la gauche. J’ai mon identité politique, mon projet. Je n’ai jamais changé de ligne. J’ai toujours défendu les 35 heures, je n’ai jamais dit que je voulais supprimer l’ISF. Je porte aussi une idée humaniste de la laïcité républicaine qui est celle de 1905. Elle fait très attention à ne pas utiliser la neutralité de l’Etat pour brutaliser certaines minorités. Elle respecte d’abord la liberté de conscience, et veille à faire vivre tout le monde ensemble dans le respect de chacun. Je ne comprends pas qu’on ait pu soutenir des arrêtés contre le burkini. Cela n’a rien à voir avec la loi de 1905 ni avec l’idée même de laïcité.

Pensez-vous incarner le centre de la gauche socialiste ?

Pas le centre, mais le cœur. Je ne suis pas dans la conquête d’un espace mais dans l’expression d’une authenticité. La primaire est utile en ce sens qu’elle va permettre de présenter nos idées, de les confronter et les Français choisiront. Je ne viens pas pour un nouveau congrès du PS. Je ne suis instrumentalisé par personne. Je suis candidat pour être président de la République.

Avoir un discours nuancé est-il audible ?

L’important est d’avoir un discours juste et ferme. Je tiendrai l’exigence de vérité, l’exigence de responsabilité et l’exigence de rassemblement. Je veillerai à ne proposer dans cette campagne que des choses réalisables. Les Français se détournent de la politique parce qu’ils ont l’impression qu’on leur dit beaucoup de mensonges pendant les campagnes électorales. Chacun va devoir porter sa cohérence et ne pas dire tout et son contraire. J’ai eu des divergences politiques, je les assume, je suis parti du gouvernement mais je n’ai pas critiqué de l’extérieur. Le pays a besoin de clarté, de dignité, et je ne crains pas de m’adresser à l’honnêteté, à la sincérité, à l’intelligence des Français de gauche, des écologistes et de tous les Républicains de progrès.

Les enjeux identitaires seront-ils au centre de la campagne ?

Les Français ont réagi de façon extraordinaire au moment des attentats, et contrairement aux discours de beaucoup de responsables qui veulent surfer sur les peurs, ils se sont bien tenus à l’égard de nos compatriotes de tous horizons et de toutes confessions. Ils ont été solidaires et exemplaires. Cette France doit être portée et défendue.

On veut nous imposer un débat identitaire, et je crois que cela a été une des erreurs du gouvernement : plutôt que de mettre en avant notre action économique et sociale – sur l’éducation, le logement, la santé, l’environnement –, nous sommes venus sur un terrain qui n’est pas le nôtre. Nous avons heurté ceux qui partagent nos valeurs républicaines et qui n’attendaient pas cela de nous. Je ne crains pas le débat identitaire, mais je pense que ce n’est pas le bon. Notre identité c’est la République. Ma campagne, c’est la République pour tous. La République démocratique, sociale et laïque est notre patrimoine commun.

Vous vous déclarez tardivement, mais êtes-vous prêt ?

J’ai travaillé et je suis prêt. J’ai exercé des responsabilités lors des quatre dernières présidentielles, je sais comment on mène une campagne. Comme député européen depuis deux ans, je me suis consacré aux questions internationales. Je me suis éloigné des appareils, des querelles entre socialistes. J’ai préféré écrire des livres plutôt que de faire des petites phrases tous les matins. Je ne changerai pas. J’ai pu trier l’important et l’accessoire, tranquillement reprendre mon RER, enseigner, parler avec tout le monde, renouer avec une vie différente. Ministre de l’éducation nationale, mon seul intérêt a été les élèves, nos enfants. Président, mon seul intérêt sera les Français et le destin du pays.

Quelles propositions mettrez-vous en avant dans votre campagne ?

Je veux renouer avec la promesse républicaine. Je proposerai des mesures précises pour permettre le bon fonctionnement de notre démocratie, une lutte plus radicale contre les inégalités sociales et territoriales et assurer la transition énergétique absolument indispensable. Je veux protéger la France des désordres du monde et protéger les Français des violences de l’extrême droite et des régressions de la droite. Mais chaque fois je le ferai dans une cohérence d’ensemble en assurant la crédibilité des mesures proposées. Je ne ferai pas le concours Lépine de la mesure à 30 ou 50 milliards d’euros qui ne sera pas réalisable.

Reviendrez-vous sur la loi travail ?

Deux points ont posé problème, et il faudra les revoir. D’abord la hiérarchie des normes. Le système français des branches fonctionnait très bien, et j’estime qu’il ne faut pas désarmer les salariés. L’autre problème, c’est celui des heures supplémentaires. Au moment où le pouvoir d’achat redémarre, il ne faut pas baisser les revenus des Français. C’est d’ailleurs ce que veut faire François Fillon. C’est une erreur profonde de penser que le modèle thatchérien des années 1980 est un bon modèle.

Ferez-vous de l’Europe une cible, comme beaucoup d’autres candidats ?

L’enjeu pour les générations futures, c’est de construire des régulations sociales, économiques, environnementales au niveau européen. L’Europe ne peut pas résoudre tous les problèmes. Elle en provoque quelques-uns aussi. Mais c’est dans l’Europe que nous devons mener nos combats. Nous ne pouvons pas sortir du jeu politique européen. Il correspond à nos valeurs. Nous devons au contraire y peser davantage, prendre des initiatives. Menacer de faire les choses unilatéralement n’est pas la bonne option. Il faut convaincre !

Cela ne veut pas dire que tout va bien. Je suis un Européen ardent mais lucide : ignorer les problèmes, comme par exemple celui de la directive sur les travailleurs détachés serait un aveuglement. Je sais que le combat européen prendra de l’énergie et du temps. Je veux l’engager dans la clarté dès cette campagne présidentielle.

Cédric Pietralunga et Bastien Bonnefous

 

 

::: INTERNATIONAL

LE FIGARO – 12/12/2016

Italie : Paolo Gentiloni chargé de succéder à Matteo Renzi

VIDÉO – Le président italien a demandé au chef de la diplomatie de tenter de former un gouvernement.

Le président italien a chargé, dimanche, le comte Paolo Gentiloni Silveri (62 ans), ministre des Affaires étrangères depuis le 31 octobre 2014, de tenter de former un nouveau gouvernement. Il a accepté avec la réserve d’usage en se promettant d’en rendre compte «au plus vite» au chef de l’État. À temps, espère-t-il, pour représenter l’Italie au Conseil européen de mercredi.

Le chef de l’État a ignoré les appels de la Ligue du Nord et du Mouvement 5 étoiles à retourner tout de suite aux urnes, ce qui, pour lui, est «inconcevable» sans une nouvelle loi électorale

Huit jours à peine se sont écoulés depuis que Matteo Renzi, qui gouvernait l’Italie depuis février 2014, a annoncé sa démission de manière spectaculaire dimanche 4 décembre, une heure après le rejet de sa réforme constitutionnelle par une large majorité d’Italiens. À la demande du chef de l’État, il avait «gelé» cette démission jusqu’à l’approbation définitive de la loi de finances par le Sénat, intervenue mercredi soir. Matteo Renzi aurait repris cette démission s’il avait pu constituer un «gouvernement de responsabilité nationale» comprenant l’ensemble des forces politiques. Les oppositions s’y étant toutes refusées, il a fait savoir samedi qu’il rentrait chez lui à Pontassieve, près de Florence : «Jusqu’au mois de février, je ferai le chauffeur de mes enfants.»

Sans perdre de temps, le président Sergio Mattarella, un ancien juriste constitutionnel de 75 ans, a entrepris ses consultations, recevant entre vendredi et samedi les représentants des 23 formations politiques composant l’arc parlementaire, à raison de vingt minutes pour les plus petites, une demi-heure pour les grands partis. Le chef de l’État a ignoré les appels des populistes de la Ligue du Nord et du Mouvement 5 étoiles (M5S) à retourner tout de suite aux urnes, ce qui, pour lui, est «inconcevable» sans nouvelle loi électorale.

Sergio Mattarella a dicté sa feuille de route à Paolo Gentiloni: constituer un gouvernement «dans la plénitude de ses fonctions», déterminé à «se confronter aux urgences politiques, économiques et sociales, internationales et internes» auxquelles le pays est confronté. Autrement dit un gouvernement qui ne soit ni technique, ni conditionné par des échéances temporelles. Il lui a assigné pour tâches prioritaires d’élaborer une nouvelle loi électorale «en harmonie» entre le Sénat et la Chambre des députés et de s’acquitter de tâches urgentes, comme l’aide de l’État aux 40.000 sinistrés des séismes des six derniers mois ou le sauvetage par l’État de la banque siennoise MPS, au bord de la faillite.

Gentiloni s’est dit soucieux de constituer un gouvernement «dans le même cadre» que celui de son prédécesseur. Catholique de centre gauche, député du Parti démocrate (PD), ministre des Communications dans le gouvernement Prodi (2006-2008), puis aux Affaires étrangères depuis la nomination de Federica Mogherini à Bruxelles, Paolo Gentiloni est un personnage bien connu et apprécié sur la scène internationale. Avec le secrétaire d’État américain John Kerry, il a lancé le 2 décembre 2015 à Rome l’initiative sur la Libye qui a conduit aux accords de paix de Skhirat et contribué à l’amorce d’une stabilisation en Tripolitaine. Très proche de Matteo Renzi, il ne jouit d’aucune influence prépondérante au sein du Parti démocrate, ce qui rassure la formation, confrontée aux turbulences internes et qui a mis son nom en avant.

Vidéo : http://premium.lefigaro.fr/international/2016/12/11/01003-20161211ARTFIG00123-gentiloni-charge-de-succeder-a-renzi.php

 

Richard Heuzé

 

 

LES ECHOS – 12/12/2016

Trump lorgne les milliards offshore des entreprises américaines

Pour échapper à l’impôt, les entreprises américaines ont stocké entre 1.000 et 3.000 milliards de dollars à l’étranger. Donald Trump espère les rapatrier, mais ces milliards ont peu de chances d’être réinvestis en créations d’emplois.

Les estimations varient, mais pas l’unité de mesure. Ce sont des « trillions », autrement dit des milliers de milliards de dollars, que les entreprises américaines stockent à l’étranger depuis des années pour échapper à l’impôt. Ce magot ­conservé hors des Etats-Unis, sous forme de trésorerie en Europe, en Asie, ou dans des paradis fiscaux, pèserait entre 1.000 et 3.000 milliards de dollars, selon les sources.

Contrairement aux règles en vigueur dans la plupart des pays industrialisés, les Etats-Unis taxent en effet les entreprises américaines sur leurs bénéfices mondiaux. Mais l’impôt ne s’applique que lorsque l’argent gagné à l’étranger revient – il est alors soumis à l’impôt américain sur les sociétés qui, à 35 %, est l’un des plus élevés du monde. Les multinationales comme Apple, Microsoft, General Electic ou Pfizer ont ainsi choisi depuis plusieurs années de thésauriser leurs milliards hors des Etats-Unis, souvent en le plaçant en bons d’Etat. Ce trésor croît si vite qu’il a doublé depuis 2008, selon le cabinet Audit Analytics, pour dépasser les 2.400 milliards de dollars, soit l’équivalent de 13 % du PIB américain.

Un impôt de 10 %

Ce magot, que les autorités américaines convoitent depuis des années, intéresse aussi Donald Trump. « On parle de 2.500 milliards de dollars à l’étranger, moi je pense que c’est plus ! » avait-il lancé avec gourmandise dès l’automne 2015, expliquant ne pas pouvoir ramener ses propres « millions » stockés à l’étranger. Sa solution ? Appliquer un impôt au taux unique de 10 % sur ces sommes pour inciter les entreprises à les rapatrier et à les réinvestir aux Etats-Unis. En parallèle, l’impôt sur les sociétés serait ramené à 15 %.

Donald Trump n’est évidemment pas le premier à tenter de mettre la main sur cet argent qui dort. Début 2015, Barack Obama, en quête de ressources pour financer son plan d’infrastructures, avait lui aussi proposé de taxer ces sommes à 14 %, mais il n’avait pas obtenu le compromis nécessaire au Congrès – le taux était alors jugé trop élevé par les républicains et les chefs d’entreprise. La seule tentative couronnée de succès fut celle de George Bush qui proposa une sorte d’amnistie temporaire avec une taxe de 5,25 %, adoptée par le Congrès deux semaines avant les élections de 2004. Séduites, les entreprises renvoyèrent quelque 312 milliards de dollars aux Etats-Unis, soit 65 % de plus que ce qui avait été anticipé.

Hausse probable de rachats d’actions en 2017

Mais le résultat ne fut pas celui attendu : alors que la loi spécifiait que les fonds rapatriés devaient être fléchés vers des créations d’emplois et des dépenses en R&D, plutôt que vers des rachats d’actions ou des rémunérations de dirigeants, le gros des sommes fut distribué aux actionnaires sous forme de rachats d’actions et de dividendes. Au final, très peu de créations d’emplois furent attribuées à cette opération.

C’est aujourd’hui la principale difficulté à laquelle risque de se heurter la prochaine administration. Les analystes, qui tablent sur une réforme fiscale dès l’an prochain, anticipent déjà un boom des rachats d’actions en 2017. Ceux de Goldman Sachs parient sur le rapatriement de quelque 200 milliards de dollars, dont 150 serviraient à des rachats d’actions. De fait, les multinationales américaines n’ont pas réellement besoin d’argent. « La plupart des grandes entreprises ont déjà de larges réserves de cash aux Etats-Unis, et empruntent à des taux historiquement bas », rappellent les analystes de Capital Economics.

Elsa Conesa

 

 

 

Vous souhaitant une bonne journée.

 

Cordialement,

 

 

Elena NATALITCH

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